PERIODE
ÉCOULÉE depuis la maladie
Armées 1 Mois
Actuellement malade.
Actuellement malade.
DILUTION Dl
• SÉRU.M
OBSERVATIONS
La maladie aurait été légère. La réaction est nette mais peu intense.
Dilutions au-dessus de 1/30 n'ont pas été essayées.
Réaction légère à 1/23 et 1/60.
Dilutions au-dessus de 1/10 n'on pas été essayées.
Reaction légère.
La réaction agglulinanle a donc été rencontrée dans la fièvre de Malte au cours de la maladie et chez des sujets guéris depuis 5, 6, 7, 8, 9, ii, 20, 21 mois. Elle existait même chez un sujet ayant eu la fièvre de Malte 3 ans auparavant.
Le pouvoir agglutinatif, en général assez intense a oscillé entre i pour 10 et i pour 1000. Il est intéressant à noter que les chiffres les plus élevés ont été rencontrés pendant la période d'infection.
8 fois (I-VIII) il s'est agi de cas de fièvre de Malte cliniquement avérés. Les cas IX, X, XI, avaient été pris pour des cas de fièvre typhoïde. Mais le sang de ces malades n'avait aucun effet sur le bacille d'Eberth alors qu'il agglutinait d'une façon typique le microcoque de Bruce. Les malades auxquels se rapportent les observations XII, XIII, XIV, avaient été en général considérés comme atteints d'infection paludéenne. C'est la réaction agglutinante qui a permis de reconnaître la véritable nature de la maladie. M. Wright rapporte diverses observations montrant tous les services que peuvent rendre les méthodes de sérodiagnostic de la lièvre typhoïde et de la fièvre de Malte combinées.
Voici une de ces observations qui nous paraît digne d'être relatée :
Le sergent F..., soigné h l'hôpital de Malte pour une fièvre typhoïde, mourut le 20 novembre 1896 après 7 semaines de maladie. A l'autopsie, on ne trouva aucune lésion de dothiénentérie.
Un beau-fils du précèdent, âgé de 9 ans, est mort à la fin de novembre 1896, après 10 jours de maladie. Le cas fut également étiqueté fièvre typhoïde.
Bensaude. 11
Un deuxième beau-fîh, âgé de 7 ans, fut pris d'une fièvre grave au commencement de décembre 1896. Le diagnostic est resté en suspens : on a hésité entre une fièvre de Malte et une fièvre typhoïde. Son sérum examiné pendant la convalescence n'a aucune action sur le microcoque de Bruce, mais agglutine le bacille d'Eberth dans des dilutions de i pour 100.
La femme du sergent F..., tombée malade au mois de septembre 1896, a gardé le lit pendant 10 jours. Son sérum examiné après la guérison n'agglutine pas le bacille d'Eberth, mais donne une réaction caractéristique avec le microcoque de Bruce dans une dilution de i pour 5o.
Une enfant du sergent F,., a. souffert de la fièvre jusqu'à la fin de septembre 1896. Son sérum examiné pendant la convalescence et dilué dans la proportion de i pour 200 agglutine fortement le microcoque de la fièvre de Malte et n'exerce aucune action sur le bacille typhique.
On comprendra facilement l'utilité du sérodiagnostic pour résoudre un problème clinique aussi comj)lexe que celui présenté par cette série de cas ! Le sérodiagnostic de la fièvre de Malte est donc appelé à rendre de réels services en clinique, mais ce n'est pas là le point le plus intéressant de son histoire. Cette méthode vient de permettre à M. Wright de découvrir que la fièvre de Malte n'est nullement limitée au bassin de la Méditerranée et qu'elle existe également dans l'Inde ; bien plus, M. Wright a montré par le sérodiagnostic que la station indienne de Sabathu est un foyer ori la fièvre de Malte règne à l'état endémique. Cet auteur a en effet constaté l'agglutination du microcoque de Bruce par le sérum des soldats n'ayant servi que dans les
stations anglaises de l'Inde. Depuis que le sérodiagnostic a été pratiqué, plusieurs de ces malades ont souffert des suites habituelles de la fièvre de Malte ; telles que, douleurs rhumatoïdes, orchites, accès fébriles. On peut donc dire que l'évolution clinique est venue confirmer pleinement les indications formées par le sérum. MM. Wright et Smith font remarquer d'autre part que depuis longtemps certains médecins ont insisté sur la fréquence des formes anormales de la fièvre typhoïde dans l'Inde. Or, en relisant les observations ces auteurs ont pu s'assurer que ces prétendues fièvres typhoïdes anormales présentaient tous les caractères cliniques de la Fièvre de Malte (i).