‹ Le phénomène de l'agglutination des microbes et ses applications à la pathologie (le sérodiagnostic)Chapitre 26 sur 79 · II. — Fièvre de Malte · texte numérisé non relu

II. — Fièvre de Malte

La fièvre de Malte ou fièvre méditerranéenne est une maladie infectieuse, caractérisée cliniquemeut par de la fièvre, des sueurs profuses, de la constipation et des rechutes fréquentes. Elle est accompagnée ou suivie de douleurs rhumatoïdes avec gonflement des articulations et souvent aussi d'une orchite.

Confondue jusque dans ces dernières années soit avec la fièvre typhoïde soit avec la fièvre intermittente, cette affection a été isolée par Bruce (i) qui en a découvert le microbe pathogène.

Ce micro-organisme appelé par Bruce Micrococcus Melitensis est rond ou légèrement ovale. Il présente d'actifs mouvements moléculaires mais pas de mobilité spontanée. Une prend pas le Gram et pousse en 3 jours à 87° sur du bouillon de bœuf gelosé et peptoné. Inoculées aux singes les cultures de ce microcoque produisent une maladie analogue à celles de l'homme.

La fièvre de Malte n'est pas une afPection rare. Bruce en a observé 4oo cas pendant les 5 ans qu'il a passés à Malte.

(i) Bruce. Note on the discovery of a micro-organism in Malta fever. Septembre 1897. The Fractionner.

Sur une nouvelle forme de fièvre rencontrée sur les bords de la Méditerranée. Ann. de l'Institut Pasteur, avril 1898, p. 289.

La maladie a été rencontrée dans divers points des bords de la Méditerranée.

Malgré sa longue durée, la mortalité dans la fièvre de Malte ne dépasse guère 2 pour 100.

Nous empruntons au mémoire de Bruce (Annales de l'Institut Pasteur, avril 1898) la courbe de température ci-contre qui montre la longue évolution de la maladie et ses fréquentes rechutes.

FiG. 1. — Microcoque de la fièvre de Malte (d'après les Annales de l'Instiut Pasteur).

On voit sur ce tracé 3 élévations de la température dépassant chaque fois [\o° se produire dans l'espace de 81 jours.

Les rechutes peuvent se montrer plus tard encore, et Bruce en a vu entre le iiÔ" et le 160^ jour de la maladie. Ces rechutes tardives paraissent pouvoir être expliquées par la longue survie du microcoque de Bruce dans l'organisme

des malades.

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Courbes de température d'un cas de fièvre de Malle.

existence longtemps après la guérison dans la rate des singes infectés expérimentalement.

C'est à cette affection particulière que M. Wright vient d'appliquer la méthode du sérodiagnostic. M. Wright, professeur à l'école militaire de Netley a eu l'occasion d'étudier cette méthode sur des soldats anglais rapatriés ayant eu la fièvre de Malte ou l'ayant encore.

11 a pu ainsi constater la réaction agglutinante 21 fois.

Sur 9 cas cliniquement indiscutables cet auteur n'a vu manquer la réaction qu'une seule fois chez un sujet ayant eu 5 années auparavant une attaque de fièvre de Malte. On peut donc admettre que dans ce cas le sang avait déjà perdu la propriété agglutinante.

Le tableau suivant résume les observations rapportées par M. Wright dans un premier travail.

Tableau V. — Agcflatination du microcoque de Bruce par le sérum des malades atteints de fièvre de Malte.

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