CHAPITRE PREMIER
Lo spiritismc chez Victor Hugo. — Premieres objections. — Enlevement de ia lable sans contact. — Rapport de la Societe Dialcctique de I-ondres. — Mesure de la force psychiqne. — La mediumnitd. — La levitation hnmainc.
Nous avonsvu, dans la premiere partie, que les phonomfenes spirites ont commence par des coups frapp^s clans les murs el dans les planchers, niais que, bientot, les Esprits indi<^ii^renteux-m6mes un moyen plus facile et plus prompt de communiquer, ce fut au moyen de Ja lable. Les investigaleurs s'asseyaient autour, posaient les mains sur le plateau, et bientot des coups frapp^s dans le meuble ou des mouvements de bascule de I'un des pieds,donnaient le moyen de correspondre Jiivec I'inlelligence qui se manifestait.
Voici un r6cit qui fera coraprendre de quelle maniere les choses ont lieu d'habitude ; il est d^ a Auguste Vacquerie et tir6 de son beau livre : Les Miettes de Ihisloire.
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Le Spipltisme chez Victor Hugo
M"* de Girardin fit une visite a Victor Hugo, alors en exil a Jersey, et lui parla du ph^nomfene nouvellement imports. d'Am^rique ; elle croyait fermement aux Esprits et h leurs manifestations. « Le jour m6me de son arriv^e, on eut de la peine a lui faire attendre la fin du diner ; elle se leva dfes le dessert et entralna un des convives dans leparloift ou ils tourmentferent une table qui resta muette. Elle rejeta la faute sur la table, dont la forme carr6e contrariait le fluide. Le lendemain, elle alia aclieter elle-m6me, dans un magasin de jouets d'enfants, une petite table ronde a un seul pied termini par trois griffes, qu'elle mit sur lagrande et qui ne s'anima pas plus que la grande. Elle ne se decouragea pas et dit que les Esprits n'^taient pas des chevaux de fiacre qui attendaient patiemment le bourgeois, mais des 6tres libres et voloulaires qui ne venaient qu'a leur heure, Le lendemuin^ m6me experience et m6me silence. Elle s'obstina, la table s'entfeta. Elle avait une telle ardeur de propagande qu'un jour, dinant chez des Jersiais, elle leur fit interroger un gu6ridon,quiprouvason intelligence en ner^pondant pas h des Jersiais. Ges insucc^s r^p^tes ne Tebranlerentpas ; elle resta calme,confiante, soariante, indulgente a I'incr^dulite; ravant-veille de son depart, elle nous pria de lui accorder pour son adieu une derniere tentative. Je n'avais pas assists aux tentatives pr6c6dentes ; je ne cruyais pas au phenom^ne et ne voulais
pas y croire. Je ne suis pas de ceux qui font mauvais visage aux nouveaut6s, mais celle-la prenait mal son temps et d^tournait Paris de pens6es que je trouvais au moins plus urgentes. Gette fois, je ne pus pas refuser de venira ladernifere ^preuve, mais j'y.vins avec la ferme resolution de ne croire qu'a ce qui serait trop prouv^.
M™' de Girardin et un des assistants, celui qui voulut, mirent leurs mains sur la petite table. Pendant un quart d'heure, rien, mais nous avions promis d'etre patients ; cinq minutes aprfes, on entendit un l^ger craquement : ce pouvait 6tre Teffet involontaire des mains fatigu6s ; mais bientot ce craquemen t se r6p6ta, et puis ce futune sorte de tressaillement 61ectrique, puis une agitation febrile. Tout a coup une des griffes du pied se souleva. M™* de Girardin dit : — a Y a-t-il quelqu*un? S*il y a quelqu'un et qu'il veuille nous parler, qu'il frappe un coup. • La griffe retombaavec un bruit sec. — « II y a quelqu'un I s'ecria M"* de Girardin : faites vos questions. »
« On fit des questions, et la table r6pondit. La t6ponse 6tait br6ve, un ou deux mots au plus, h^sitante, ind6cise, quelquefois inintelligible. Etait-ce nous qui ne la comprenions pas ? Le mode de traduction des r6ponses prfitait h Terreur. Voici comment on proc6dait : on nommait une lettre de I'alphabet, a, 6, c,etc., a chaque coup de pied de la table ; quand la table s'arrStait, on marquait la derni^re lettre nomm6e. Mais, souvent, la table ne s'arrfitait pas nettement sur une lettre ; on se trompait, on notait la prdc6dente ou la suivante ; Tinexp^rience s*en mfilant, et
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M™" de Giranlin intervenaiiL le moins possible pour que le r6sultat fiH moins suspect, touts'embrouillail. A Paris, M"* tie Girardin employait, nous avait-elle dit, un proc6d6 plus sur et plus exp6ditif : elie avait fait fairc expr^s une table avec un alphabet k cadran et une aiguille qui d^signait elle-mSme la lettre. — Malgr6 I'lmperfection du moyen, la table, parmi les r^ponses troubles, en fit qui rae frapperent.
« Je n'avais encore <5t6 que t^moin, il fallut 6tre acteur a men tour ; j'6tais si peu convaincu que je trailai le miracle comme un ane savant a qui Ton fait (leviner « la fille la plus sage de la soci6t6 » ; je dis a la table : Devine le mot que je pense. Pour surveiller la r^ponse de plus pros, jo me mis a la table moim6me avec M™* de Girardin. La table dit un mot : c'6tait le mien. Ma curiosil^ n'en fut pas entam^e. '3e me dis que le hasard avait pu soiiffler le mot a M"*de Girardin, et M"' de Girardin le souffler a la table ; il m'^tait arrive a moi m^me, au bal de rOp6ra, de dire a une femme en domino que je la connaissais, et, comme elle me demandait son nom de bapt^me, de dire au hasard unnom qui s'^taittrouv^le vrai ; sans mfime invoquer le hasard, j'avais tr^s bien pu, au passage des lettres du mot, avoir malgr(^ moi, dans les yeux ou dans les doigts, un tressaillement qui les avail d^nonc^es. Je recommengai Tc^preuve : mais, pour 6tre certain de ne pas trahir le passage des lettres, ni par une pression machinale ni par un regard involontaire, je quittai latable et je lui demandai non lemotque je pensais,mais sa traduction. La table (lit : « Tu veux dire souffrance. » Je pensais amour.
LA FORCE PSYCHIQUK 51
« Je ne fas pas encore persuaded. En supposant quoii aid&t la table, la souffrance est tellement le fond de tout, que la traduction ponvait s'appliquer k n'importe quel mot que j'aurais pens(5. Souffrance auraittraduit^rawrfewr, maternity, poesie,patriotisme, etc., aussibien qw'amoiir, Je pouvaisdonc 6tre dupe, a la seule condition que M^'^de Girardin, si serieuse, si g6n6reuse, si amie, raourante eut pass6 la mer pour mystiflerdes propcrits.
« Bien des impossibles 6taient croyables avant celui-li ; mais j'elais d6termin6 a douler jusqu'^ Tinjure. D'autres interrogferenl la table et lui flrent determiner leur pens6e ou des incidents connus d'eux seuly ; soudain elle sembla s'impatienter de ces questions pudriles; elle refusa de p^pondre, et, cependant, elle continua de s'agiter comme si elle avait quelque chose a dire. Son mouvement devint brusque et volontaire comme un ordre. Est-ce toujours le m^me esprit qui est \k ? demanda M"® de Girardin. La table frappa deux coups, ce qui, dans le langage convenu, signifiait non. — « Qui es-lu, toi ? » La fable r6pondit le nom d'une morte, vivante dans tous ceux qui 6taient la...
« Ici, la defiance renon^ait ; personne n'aurait eu le coBur ou le front de se faire, devant nous, un trdteau de cette tombe. Une mystification dtait d6ja bien difficile a admettre, mais une infamie ! Le soup^on se serait m6pris6 lui-m6me. Le fr^re questionna la soeur qui sortait de la mort pour consoler Texil ; la mere pleurait; une inexprimable Amotion etreignait toutes les poitrines; je sentais distinctement la pr6-
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sence de celle qu'avait arrache6 le dur coup de vent. Oil 6lait-elle ? Nous uimait-elle toujours ? Etait-elle heureuse ? Elle r6pondait a toules les questions ou r^pondait qu*il lui 6tait iuterdit de r^pondre. La nuit s*6coulait, et nous restions la, I'ame clou6e sur Tinvisible apparition. Enfin, elle nous dit : Adieu ! et la table ne bougea plus.
« Le jour se levait, je montai dans ma chambre, et, avant de me coucher, j'6crivis ce qui venait de se passer, comme si ces choses-la pouvaient 6tre oubliees. Le lendemain, M™' de Girardin n'eut plus besoin de me solliciter, c'est moi qui Tentralnai vers la table. La nuit encore y passa. M"'" de Girardin partait au jour, je Taccompagnai au bateau, et, lorsqu'on Iftcha les amai'res, elle me cria : Au revoir 1 Je ne I'ai pas revue, mais je la reverrai.
« Elle revint en France faire son reste de vie terrestre. Depuis quelques anncejs, son salon 6tait bien different de ce qu'il avait 6ie. Les amis n'^taient plus la. Les uns 6taient hors de Prance, comme Victor Hugo ; les autres plus loin, comme Balzac ; les autres plus loin, comme Lamartine; elle avait bien encore tous les dues et tous les ambassadeurs qu'elle voulait, mais la r6volution de f^vrier ne lui avait pas laisse toute sa foi a I'importance des titres et des fonctions, et les princes ne la consolaient pas des 6crivains. Elle remplagait mieux les absents en restant avec un ou deux amis et sa table. Les morts accouraient a son 6vocation. Elle avait ainsi des soirees qui valaient bien ses meilleures d'autrefois, et ou les gdnies 6taient suppl66s par les Esprits. Ses
invites de maintenant 6taienl Sedaine, M™* de S6vigne, Sapho, Molifere, Shakespeare : c'est parmi eux qu'elle est morte. Elle est partie sans resistance et sans tristesse ; cette vie de la mort lui avait enlev6 toute inquietude. Chose touchante-, que, pour adoucir a cette noble femme le dur passage, ces grands morts soient venus la chercher !
« Le depart de M""* de Girardin ne ralentitpasmon elan vers les tables. Je me preeipitai eperdument vers cette grande curiosite de la mort entr'ouverte.
« Je n'attendais plus le soir, d^s midi je commensals, etje ne flnissaisque le matin; je m'interrompais tout au plus pour diner. Personnellement, je n'avais aucune action sur la table, etje ne la touchais pas,mais je rinterrogeais. Le mode de communication 6taittoujours le m^me, je m'y etais fait. M"*' de Girardin m'envoya de Paris deux tables : une petite, dont un pied etait un crayon qui devait ecrire et dessiner; elle fut essay^e une ou deux fois, dessina m^diocrement et ecrivit mal ; Kautre etait plus grande, c'etait une table a cadran et a alphabet, dont une aiguille marquait les lettres. Elle fut rejet6e egalement apr^s un essai qui n'avait pas rdussi, et je m*en tins exclusivement au procede primitif, lequel, simplifi6 par rhabitude et par quelques abreviations convenues, eut bientdt loute la rapidite,d6sirab]e. Jecausais courammentavec la table ; le bruit de la mer se m61ait a des dialogues, dont le myst^re s'augmentait de Thiver, de lanuit, de la tempfite, de I'isolement. Ce n*etaient plus des mots que rdpondaient la table, mais des phrases et des pages. Elle6tait, le plus souvent, grave
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r»tmagistrale; niais, parni()menrs,sj)irilu(^lle ol m6me comique. Elle avail des acc5s de colore ; je me suis fait insuller plus d'une fois, pour lui avoir p8rl6 avec rr^vdrence, etj'avoueque je n'6tais pas tranquille avant d'avoir obtenu mon pardon. Elle avail des exigences ; elle choisissait son interlocuteur, elle voulnit Hve. interrog(5e en vers, et on lui ob6issait, el alors elle r^pondait elle-m6me en vers. Toutes ces conversations ont 6\6 recueiilies, non pas au sortir de la stance, mais sur place, et sous la dict^e de la table; elles seront publioes un jour et proposeront un probl^me imp^rieux a toutes les intelligences avides de V(^rit6s nouvelles. »
Gette narration est interessante a plus d'un litre; elle monlre que les Esprits ne sont pas aux ordres des 6vocateurs, qu'ils viennent quand et comme bon leur semble. Les hesitations, les d6faillances que prosenlent le ph6nom^ne, ne doivent pas arr^ler les chercheurs ; ils doivent s'armer de patience et savoir pers(§v6rer s'ils veulent obtenir des r^sultats.
Notons aussi que Vacquerie 6tait chez Victor Hugo, lequel assisliJ^ ces manifestations; or, ces 6crivains, bons juges en mati^re de style, qualifient parfois les dict6es de la table de magistrales ; on voit que las Esprits ned^bitent pas toujoursdes banalit^s, comme on leur en fait Ires souvent le reproche.
Premieres Objections
Le mouvement des tables futacceuilli par d'universelles suspicions; Texplicalion la plus simple 6tait que les personnes r6put6es m^^dium appuyaient pure-
merit et simplement sur la table et que les reponses justes ^tdient duesau hasard; quant aux coups, ou les produisait avec le pied .
Mais, quand il futaver^ que des personnes d'une lionorabilite au-dessus de tout soupgoii obtenaient cependant des mouvements du meuble, iliallut trouver quelque chose qui expliqudt les faits en banissant i'hypoth^se d'une fraude volontaire.
G'est alors qu'apparurent les theories dans lesqueJles les mouvements produits 6(aient le r^sullnt d'une action musculaire inconsciente. Faraday pv6tenditqu'une fois Tadhdrence des doigts stabile avec la table, la trepidcition musculaire est assez puissante pour imprimer au meuble une certaine rotation. Ghevreul, frapp6 par cette id6e, publia dans un livre intitule : la Baguette divinatoire et les tables toiirncai' tes, des experiences sur le peadule d'au il r^sullait que les impulsions multiples et rep6[(§es dans un m§rae sens peuvent ebranler un corps dont la masse est hors de proportion avec la cause motrice : c'est ce que M. Babinet appela les mouvements iiaissants et inconscie7its.
11 semblait done que la science avait decouvert la veritable cause de ces faits, qui ^merveillaient les badauds, lorsque le ph^nomene rev6tit un caractere nouveau : la table se levait maintenant et se mouvai sans auciin contact de la part des operateiirs ! Adieu I'explication soi-Jisant scientifique. La nouvelle force semblait se jouer a plaisir des plus ingdnieusos theories-
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Enlevement de la table sans contact
On croirait certains savants alleints de c6c\[6 pour lous les fails qui d(§rangent leurs syst^mes. La Invitation de la table, sans contact, fut observ^e des Torigine, mais ne parvint pas, il faut le croire, jusqu*a MM. Faraday, Chevreul ot Babinet. Voici en effet ce que relate Robert Dale Owen (i), homme fort instruit, logique et extrfemement circonspect, au dire de Wallace :
« Dans la salle i\ manger d'un genlilhomme frangais, le comte d'Ourches, habitant auprfes de Paris, je vis, le 1" oclobre 1858, en belle clarte du jour, a la fin d'un dejeuner a la fourchetle, une table, a laquelle avaient pris place sept personnes, s'^lever charg6ede fruits et de vins, et demeurer suspendue en Tair, pendant que les convives ^taient debout autour d'elle et pas undecenx-cine la louchant. Tous les assistants virent la mSme chose. »
M. de Morgan, professeur de malh6matiques a Tuniversitn de Londres, esprit froid et m6lhodique s'il en fut, relate I'expdrience suivante (2) :
u Le plus 6lonnant exemple de tables 5^ mouvant dans un certain but, qui soil jamais venu a ma connaissance, se pr6senta chez un ami, dont la famille s6journait comme la mienne propre au bord de la
(1) Faux-pas sur la frontUre d'un autre monde.
(2) De Morgan, de la Question de Vesprit, risuUat de di'jc anntes d'expMences spirit es, l«63.
mer. La famille de mon ami comprenait six personnes, et un gentleman, qui a ^poiis^ depuis Tune des fiUes, s'y itait joint. Pour moi, j'^tais accompagn^ d'un membre de ma propre famille. NuUe personne pay6e n'^tait pr6sente.
« Un gentleman, qui s'6fait exprimS d'une maniere tr^s sceptique, non seulement quant aux manifestations spirites, mais sur le sujet de Tesprit en g^n^ral, 6tait assis sur un sopha h deux ou trois pieds de la table de la salle a manger, aiitour de laquelle nous etions places. Aprfes 6tre demeur^s immobiles quelque temps, nous sommes invites par coups frappes k joindre nos mains et a nous tenir debout autour de la table safis la toucher,
« Cela dura ainsi un quart d'heure ; nous nous demandions s'il se produirait quelque chose ou si nous 6tions mystifies par le pouvoir invisible. Precis6ment comme un ou deux de la compagnie parlaient de se rasseoir, la vieille table, qui ^tait suflisamment large pour huit ou dix personnes se deplaca entierement (felle-mSme, et, sans que nous cessions de Tentourer et de la suivre les mains unies, se porta hors du cercle vers le gentleman et le poussa litt^ralement contre le dossier du sopha, jusqu'a ce qu'il cridt : « Arrdtez, assez. »
Le mouvement d'objets inertes, sans aucun- contact humain, s'exerce journellement dans les experiences spirites.
Les sceptiques les plus endurcis sonta m6me dele
constater aussi souvent qu'ils le veulent. Ainsi Lom-
broso a publi6 le 7 f^vrier 1892, dans la Vie moderne,
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le idcit dcs fuits iiQinbreux donl il a 6{& le l^moin a Naples ; nous en extrayons les passages suivanis :
« Ayant fail robscurit^, nous commenQons a sentir plus puissants les coups au milieu de latable; er.suite une sonnelle pos6e sur un gueridon a plus de 1 m^lre d'Cusapia (le medium) semil&sonner en tournant audessus de nos I6tes, seposa sur noire table, etquelques inslants apr&s sur uu lit distant de 2 metres du medium.
« Tandis qu*on entenddit la sonnelle dans Tair, le docleurAscenti, engage par Tun de nous, s'6tant place derri^reEusapia, fll Aamber une altumelte etput voir la clochetie vibrer setde dans lair et aller relomber sur le lit, derri^re Eusapia. »
Le c^lebre physiologiste ajoule plus lorn :
« Aussitol la lumi^re allum^e et la chatne rompue, on vit un gros meuble qui se trou vaitderriere Talcove, environ a 2 metres do distance, se mouvoir lentemefU vers iioKS, comme s*il elait pouss^ par quelqu'un ; il ressemblait vraiment a un gros pachyderme se mouvant lentement de noire c6l6. »
Dans ses experiences, en compagnie de Slade, Tastronome Zo^llner (1), aprfes la relation de differents ph6nom6nes, ajoule ;
« Inopin^ment, un lit plac6 dans la chambre (celle de Zoellner) derri^re uu 6cran, se transporla k 2 pieds da mur, poussant I'^cran en dehors. Slade ^tait ^loign6 du lit, auquel il tournail ledos,ses jambes (Slaient croisees, ceci 6lait visible pour tons. »
^1) Zoellner, Scientifies Papers,
Ces r^cits nous monlrent que les ph6nomenes de mouvemenls d'objets sans contact sont depuis long-lemps observ6s dans tous les pays, par les homnies les plus6minents. Parfois les manifestations de cette force, qui maintient en Tair ou d^piace des corps pesants, sans aucune intervention humaine, affecte on caractfere de grande puissance; citons encore le savant allemand :
« Une seconde seance s'organisa chez moi immediatement avec les professeurs Weber, Schreibner et moi ; un craquement violent, tel que la d6charge d'une forte batterie de bouteilles de Leyde, fut entendu; en nous tournant, assez alarm^s, T^cran mentionn6 cidessus se s6para en deuxpifeces ; lesporte-vis en bois, ipais d'un demi-pouco, 6taient ddchir6s du haut en bas, sans aucim contact visilfle de Slade avec T^cran. Les morceaux cassis se trouvaient a 5 pieds du medium, qui tournait le dos k I'^cran.
« Nous fflmes 6tonn6s tous dans cette manifestation inattendue d'une force m^canique 6norme, et je demandai h Slade ce que tout cela signiflait; il me r6pondit que ce ph6nom6ne arrival t parfois en sa presence. »
Voici encore,sousunB autre forme, une constatation de cette force, toujours par le mfime invesligateur :
« Une boule de m^tal fut suspendue par une corde de soie, h rint6rieur d*un globe de verre : celui-ci 6tant plac6 sous la table, une lumifere fut projetde dessus au moyen de bougies arrang^es k cet eflfet, et, pendant que les professeurs Weber et Schreibner^ aussi bien que le professeur Zoellner^ observaient
atlentivement, la boule comtnenQa a osciller et h frapper, k intervalles r^guliers, centre la surface inl6rieure du globe de verre. »
Notons bien toujours que toutes les experiences relat^es ci-Jessus sont faites par des hommes de science et que, dans tons les c:is, les precautions les plus minutieuses furent prises pour se mettre k I'abri de toute supercherie.
On peut lire, dans le n* 2 des Annales psythiques de 1892, le r6cit du docteur Dariex sur des mouvemenls d*objets sans contact qui eurent lieu dans son propre appartement, et sous les conditions du plus rigoureux controle.
On verra que dans une chambre ferrate, dontles portes ont 6t6 scell6es, et oil personne n'a pu s'introduire, des meubles se, sont d^plac^s sans qu'on pdt donner aucune raison physique de ce ph6nom6ne.
Mais, si les t^moignages, cependant si importants, que nous venons d'enuoierer, ne suffisaient pas a porter la conviction dans T&me du lecteur, nous sommes assures que le travail que nous reproduisons plus loin ne trouvera pas d'incr6dules, 6tant donnas la notoriety et le nombre des investigateurs.
Voici, en effet, une confirmation presque offlcielle de cette force encore peu connue ; elle nous est fournie par la Society dialectique de Londres (1), dont le rapport est ci-joint :
(1) La Soci6t6 dialectique peat 6tre compar^e k notre acad^mie des Sciences ; elle compte parmi sea membrea lea hommea las plua iminents de TAngleterre ; le lecteur comprendra d^a lora l^mportance considerable du document que noua publiona.
RAPPORT DES SOUS-COMITES D'EXPfiRIENCE