ANTIQUITY
que le secret de revocation des morts 6tait reserve a ceux qui pouvaient r^aliser qiiarante arts de noviciat et d'ob^issance passive.
L'initiation comportait trois degrds :
Dans le premier 6taient formes tous les Brahmes du culte vulgaire et les desservants des pagodes charges d'exploiter la cr^dulit^ de la foule. On leur apprenait h commenter les trois premiers livres des V^das, adiriger les c6r6monies, a accomplir les sacrifices ; les Brahmes du premier degr6 ^taient en communion constante avec le petiple, ils ^taient ses directeurs imm6diats, ses gouroiis,
Le second degre comprenait les exorcistes, les devins, les prophetes, les ivocateicrs d'e,$pri(s, qui, a certains moments difficiles, (Staient charges d'agir sur rimagination des masses, par des ph^nomenes surnaturels. Ils lisaient et commentaient I'Atharva- V6da, recueil de conjurations magiques.
Dans le troisifeme degr6, les brahmes n'avaient plus de relations directes avec la foule ; T^tude de toutes les forces physiques et naturelles de TUnivers etait leur seule occupation et, quand ils se manifestaient au dehors, c'6tait toujours pardesph6nom5nes terrifiants, et de loin.
Depuis des temps imm6moriaux, on se livre en Chine k revocation des esprits des ancStres. Le missionnaire Hue rapporte un grand nombre d'exp^riences qui ont pour but de faire communiquer les vivants et les morts, et, de nos jours, ces pratiques sont encore en usage dans toutes les classes de la society.
Avec le temps, et par suite des guerres qui forcfe-
rent une partie de la population hindoue k 6migrer, le secret des Evocations se r6panditdans touts I'Asie, et on retrouve chez les Egyptiens et les H^breux la tradition qui leur vint de Tlnde.
Tous les historiens sont d*accord pour accorder aux prfitres de Tancienne Egypte des pouvoirs qui semblaient surnaturels et myst^rieux. Les magiciens des pharaons accomplissent ces prodiges qui sont racont6s dans la Bible ; mais, en laissant de cotS ce qu'il peut y avoir de l^gendaire dans ces r6cits, il est bien certain qu'ils 6voquaient les morts, puisque Mo'ise, leur disciple, d(5fend formellement aux H6breux de se livrer k ces pratiques : « Que, parmi vous, personnen'use de sortilege et d'enchantements ou n'interroge les morts pour apprendre la v6rit6 (i), »
Malgrfi cette defense, nous voyons Saiil aller consuiter la pythonisse d'Endor et, par son intermEdiaire, communiquer avec I'ombre de Samuel. C'est ce qu*on appelleraitdenos jours une materialisation. Nous verrons plus loin comment on' peut obtenir ces manifestations sup6rieures.
En d6pitde I'interdiction de Mo'ise, il y eut toujours des chercheurs qui furent tenths par ces Evocations mystErieuses ; ils se communiquaient les uns aux autres une doctrine secrete, qu'ils nommaientla Kabbale, mais en s'entourant de precautions et en faisant jurer k I'adepte un secret inviolable pour le vulgaire.
« Quiconque, dit le Talmud, a 6tE instruit de ce secret (revocation des morts) et le garde avec vigi-
(I) Deut^ronome .