ANTIQUITE
lange dans un coBur pur, peut compter sur I'amour d.e Dieu et la faveur des hommes ; son nom inspire le respect, sa science ne craint pas I'oubli, et il se trouve rh^ritier de deux mondes : celui ou nous vivons maintenant et le monde h venir.
En Grfece, la croyance aux Evocations Etait g6n6rale. Les temples poss6daient tons des femmes nommees pythonisses, charg6es de rendre des oracles en Evoquant les dieux ; mais parfois le consultant d6sirait voir et parler lui-m6me a Tombre d6sir6e, et, comme en Jud6e, on parvenait a le mettre en communication avec I'fitre qu'il voulait interroger.
Homfere, dans TOdyss^e, d^crit minutieusement par quelles c6r6monies Ulysse put converser avec Tombre du divin Tir^sias. Ge cas n'est pas isol6 et ces pratiques ^talent fr^quemment employees par ceux qui d^siraient entrer en relation avec les ames des parents ou amis qu'ils avaient perdus. Apollonius de Thyane, savant philosophe pythagoricien et thaumaturge d'une grande puissance, poss6dait des connaissances irhs 6tendues sur les sciences occultes ; sa vie fourmille de faits extraordinaires ; il croyait fermement aux Esprits et a leurs communications possibles avec les vivants.
Chez les Romains, les pratiques d'evocation Etaient excessivement r^pandues, et^ depuis la fondation de Tempire, le peuple ajoutait la plus grande foi aux oracles. Les sibylles romaines 6voquant les morts, interrogeant les Esprits, sont sans cesse consult^es par les g6n6raux, et nulle entreprise un peu impor-^ tante n'est d6cid6e sans qu'on ait, au pr^alable, pris Tavis de ces pr6 tresses.
6 LE PHiNOMENE SPIRITE
II arrivaen Italie ce qui avail eu lieu dans I'lnde, en figypte et chez lesH^breux. Le privilege d'6voquer les esprits, primitivement r6serv6 aux membres de la classe sacerdotale, se r^pandit peu k peu dans le peuple, et, si nous en croyons Tertullien, le Spiritisme s'exerQait chez les anciens par les m6mes moyens qu'aujourd'hui. , -^
u S'il est donn6, dit-il, a des" magiciens de faire apparaltre des fantdmes, d'6v9quer les amesjdes naorts, de pouvoir forcer la bouche des ei^fants a rendre des oracles, si ces charlatans 'c6ntrefont un grand nombre de miracles, s'ils envoi^nt des songes, s'ils ont a leurs ordres des Esprits mehagers et des demons par la vertu desquels les ch^'vres Q\lles tables qui propMtisent sont un fait vulgaire^ avec quel redoublement de zfele ces esprits pui^nts he s'efTorcent-ils pas de faire pour leur propre compte ce qu'ils font pour le service d'autrui (1). ^ A Tappui des affirmations de Tertullien, on pe^ciier un passage d'Ammien Marcellin, au sujet de Pafficius et d'Hilarius traduits devant un tribunal roimin pour, crime de magie, qui se d6fendirent en^acontant u quails avaienl fabriqu6, avec des morceaux de laurier, une petite table [mensulam) sur laquelle ils avaient plac6 un bassin circul^e, fait de plusieurs m6taux,et contenantun alphabet grav6-sur lesbords. Alors, un homme v6tu de lin^ aprfes avoir r6cit6 une formuleet fait une Evocation au dieude la divination, tenait suspendu au-dessus du bassin un anneau en
(1) Tertullien, Apologdtique, 23.