AVANT-PROPOS
La vie et l'œuvre de Thémistios n'ont été étudiées, en dehors des commentaires de Petau, d'Harduin et d'A. Mai rapportés à la fin de l'édition Dindorf, que dans la thèse latine de E. Baret : De Themistio sophista et apitd imperatores oratore (Firmin Didot, Paris, '18o3). Dans la première partie de ce travail, Baret s'est efforcé d'établir avec précision, suivant l'ordre chronologique, les principaux événements de la vie de Thémistios et la suite de ses discours. La seconde retrace les caractères de l'enseignement de Thémistios à Gonstantinople, mais ce n'est guère qu'une esquisse.
Or la physionomie de Thémistios, telle qu'elle se dégage de ses discours, mérite d'être étudiée avec- plus de détails. Elle présente des traits fort intéressants. Ce n'est pas en tant qu'orateur officiel ou panégyriste des empereurs, ni même en sa qualité de directeur de conscience auprès des souverains que Thémistios est une figure vraiment originale. Il nous apparaît dans ces rôles convenus comme un esprit distingué, mais sans grand relief. Ce qui en lui nous fait bien voir l'homme, ce qui le dessine dans une altitude curieuse et vivante, c'est son rôle de philosophe. Ses diseours nous le montrent essayant de disputer à la sophistique et de rendre à la philosophie l'éducation du public.