SCÈNE TÏI
GUILLAUME, TÉRÉZINE. i
GUILLAUME. I
Un seul mot, par pitié!
TÉRÉZINE.
Non vraiment, et pour cause.
Entendre soupirer me devient odieux.
GUILLAUME
Eh! puis-je, hélas ! faire autre chose?
Je voudrais fuir, et je ne peux !
Un sort jeté sur moi me retient en ces lieux. Mon oncle Richardet, précepteur à la ville, Me voulait près de lui donner un poste utile ; J'ai refusé.
TÉRÉZINE.
Pourquoi?
GUILLAUME
J'aime mieux, c'est plus doux, Souffrir en vous voyant qu'être heureux loin de vous.
Mais votre oncle est malade... on le dit.
GUILLAUME
Et je reste En ces lieux; c'est fort mal !
TÉRÉZINE.
Très-mal, je vous l'atteste.
Contre vous il se fâchera î
El s'il meurt, tout son bien... il vous en privera.
GUILLAUME
Qu'importe ?
TÉRÉZINE.
Et vous mourrez de fatm après cela.
GUILLAUME, tristement.
Ou de faim... ou d'amour... cela revient au même.
TÉRÉZINE.
Guillaume, écoutez-moi : vous êtes bon et franc ; Vous n'avez pas, comme ce beau sergent, La vanité de croire qu'on vous aime ;
Aussi je vous estime et vous plains, et je veux, Pour vous guérir de cet amour extrême,
Vous parler franchement, si du moins je le peux.