D'ARNAUD
Et puis vous êtes garçon, vous, et moi aussi
c'est-à-dire, non, je suis demoiselle, et vous... Non, ce n'est pas ça... Enfin, vous me comprenez? :m A R T H E .
Pas du tout.
BERNARD
C'est pouit-int bien clair... Vous n'êtes pas mariée, je ne le suis pas non plus, alors...
MARTHE
Alors?...
BERNARD
Alors, comme nous ne sommes mariés ni l'un ni l'autro; peut-être pourrions-nous... peut-être pourriez-YOus...
M .V II 'r H 10 .
Quoi, monsieur, quoi?
IM'accoriler vntre main, et moi vous accorder la mienne! (a part.) Ouf! Ç,à y est!
LE PKonUE 35
M A KL' H K, rêveuse.
Une (leiiKiuilo en uuu'iage!...
HEUNARD.
No vous y Irompez pas, c'en est une.
M A UT ni':.
Vous voulez vous marier?
BERNARD
Avec vous, oui.
E\cusez-iu )i, mais je ni'altendais si peu!...
li E R N A R D .
C'est toujours au moment où l'on s'y attend le moins que ces choses-là arrivent!
MARTHE
Songez que nous nous connaissons à peine...
BERNARD
Nous ferons connaissance quand nous serons mariés... Nous aurons lo temps!.. Consentez- vous ? ^r A R T 1 1 E .
Coui ne ci.'l:), l'iiit de suite, c'est impossible.
IJI'MIXARD.
Pourquoi ?
Laissez-moi au moins rjuelques jours de ré- Uexion... .
A quoi Ijon réiléchii" ?. .. Ou je vous déplais...
MARTiii':, vivement.
Je n'ai pas dit cela.
36 LE PHOijUE
BERNARD
Alors, je VOUS plais?
MARTHE, souriant.
Je n'ai pas dit cela non plus.
BERNARD
Votre réponse, au moins?...
MARTHE, hésitant.
Ma réponse?,..
BERNARD
Je vous en prie !
MARTHE
Eh bien...
BERNARD
Eh bien?
MARTHE
Je refuse.
Sérieusement?
Sérieusement.
BERNARD, tristement.
Ah? (Remontant la scène.) Adieu, alors, (prenant son portrait.) Allons, viens, toi...
MARTHE, à part.
Pauvre garçon!... Il me fait de la peine... J'ai peut-être tort.
BERNARD, redescendant.
Pardon!... Mon portrait, vous ne l'avez pas signé.
MARTHE
C'est juste. — Donnez.
BERNARD
C'est le seul souvenir que j'aurai de vous, mademoiselle Marthe.
MARTHE, lui rendant le portrait.
Vdllà, monsieur Bernard.
BERNARD, regardant la signature.
Qu'ai-je lu?,.. Marthe Bernard !.., Mon nom à côté du vôtre I.... Ah! Marthe!.... Nous le suspendrons dans la chambre nuptiale !
MARTHE, souriant.
C'est entendu, mais vous me jurez que jamais plus vous ne convoiterez le bien d'autrui? BERNARD, gaîment. Je vous le jure et pour ne pas manquer à mon serment, je n'aurai qu'à me rappeler toute ma vie...
MARTHE
Quoi donc?
BERNARD