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Le photographiste

- — Z-es harengs donnent. Des bancs nombreux miroitent au large. 11 faut partir, pour les capturer. Toutes voiles tendues, prêts à ramasser ta moindre brise soufflant au delà des jetées, tes bateaux pécheurs se font remorquer pour gagner au plus vite ta haute mer. oooaooao

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quoi vise un bon développement, rationnel ou non? A produire? un négatif dont les transparences des diverses parties soient inversement proportionnelles aux éclats des parties correspondantes du sujet. Qu’a-t-on imaginé pour atteindre ce but? De faire varier les divers constituants du développateur. Ce n’est cependant point dès l’aube du gélatinobromure que cette pensée a fulguré dans l’imaginative des photographes. A ce moment, en effet, on développait les plaques à l’oxalate ferreux, développateur toujours uniformément constitué et automatique s’il en fût, surtout à cet âge de prime enfance. Pour exacerber le pouvoir réducteur de l’acide pyrogallique on lui adjoignit un alcali. 11 fut l’ammoniaque. Mais l’ammoniaque demeure un produit éminemment volatil. Pour peu que le développement durât, on se trouvait obligé de rajouter de l’ammoniaque, faute de quoi il y avait ralentissement, jusqu’à arrêt, dans le développement des détails de l’image, par diminution du pouvoir réducteur et montée considérable d’opacité, dans les parties déjà venues, par oxydation à l’air. Cette remarque amena à penser que l’acide pyrogallique seul poussait à l’intensité et que l’ammoniaque travaillait sur les détails. Voilà du coup l’idée née du développement rationnel. Par malheur l’action de l’ammoniaque se montre toujours violente. Une addition un peu trop forte amenait des voiles redoutables. On découvrit alors l’action retardatrice du bromure de potassium. Eminent bienfait des Dieux! On ajouta du bromure au développateur pour conti'ecarrer la tendance au voile que présentait l’alcali.

Tout ce rationalisme avait grandement sa raison d’être. J’en conviens. Mais cette raison d’être devait totalement disparaître le jour où l’on substitua à l’ammoniaque un alcali fixe, comme les carbonates alcalins ou les alcalis caustiques. Par la non-volatilité de ces derniers produits, le bain de développement restait tel à la fin comme au début. 11 n’y avait plus lieu de remplacer l’alcali perdu par volatilisation, par cette raison lapalissière qu’il ne s’en volatilisait point. On le fit

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cependant. Etait-ce habitude moutonnière, snobisme ignorant ou conviction sincère qu’en agissant ainsi on était rationnel et que l’image développée pouvait être amenée de cette façon, et de cette façon-là seule, à son complet développement, aussi bien qu’à une bonne harmonie et à sa meilleure intensité? Qu’importe la cause : la manie y fut. Evidemment tout ce] que j’indique se produit quand le rationalisme est bien conduit, c’est-à-dire quand les divers dosages de révélateur, d’accélérateur et de retardateur, sont soigneusement et judicieusement faits.

Mais véritable-

Château de Chillon

HENRI PETTRE

ment est-ce que tout cela : développement complet, harmonie et bonne intensité, ne se produirait pas pour le moins aussi bien, avec un développateur dont les divers dosages d e révélateur, d’accélérateur et de retardateur resteraient fixes, la proportion d’eau demeurant seule susceptible d’être modifiée; avec un développateur, en un mot, que d’aucuns nomment dédaigneusement automatique? A priori, il me semble bien

qu’on puisse répondre par l’affirmative puisque autrefois on n’agissait pas autrement avec l’oxalate ferreux et qu’on avait de bons phototypes négatifs. L’expérience aidant, le dubitatif de l’à priori disparaît. 11 se change en une parfaite affirmation. Seulement — oui, il y a un seulement — il faut que le développateur soit originellement constitué de façon à fournir l’action nécessaire, suffisante et maxima. Cela n’a pas souvent lieu pour les développateurs du commerce. Ce manque de proportions raisonnées explique pourquoi l’automaticité ne donne rien de bon avec eux, mais fournit des arguments contre le développement automatique.

A quoi se résument les dosages dans le développement rationnel?

Principalement et, par conséquent, premièrement, à atteindre à la bonne dose d’alcali ou de révélateur, suivant que l’on a commencé l’attaque de la plaque par un bain fort en révélateur et faible en alcali, ou par un bain fort en alcali et faible en révélateur. Les deux méthodes sont, en effet, employées. Les uns préfèrent celle-ci; les autres celle-là. L’une vaut-elle mieux que l’autre, ou amènent-elles également à un résultat identique? Je pourrais le discuter en les étudiant simultanément toutes les deux, je ne le ferai point. Cette étude n’est pas aujourd’hui notre but. Ce que nous avons à examiner, c’est ce qui se passe. Il est vrai que cet examen nous donnera un aperçu sur les deux méthodes.

Les révélateurs acalins n’agissent, sans alcali, qu’extrêmement lentement. Donc, en agissant avec un bain fort en révélateur et faible en alcali, l’image se silhouettera d’abord par les grandes lumières. Comme l’alcali est en très faible proportion, elle sera assez longue à monter en intensité pour laisser, avant cette montée, le temps aux détails de paraître. Quand on les verra nettement venir, on cherchera à fouiller davantage encore les détails dans les ombres, en ajoutant progressivement de petites quantités de la solution alcaline. Le révélateur se trouvant activé par cette

Torteresse des ducs de Savoie sur le ïac Léman, reconstruite en 1248. C'est une des curiosités du lac.

'Elle est célèbre par la captivité du Genevois Bonivard ( j 53o-j 536) immortalisé par un poème de Lord Byron : Le Prisonnier de Chillon. ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

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addition, les détails cherchés, si toutefois la plaque a reçu l’exposition suffisante, se montreront, mais alors aussi les lumières monteront vite en intensité. Toute la délicatesse de l’addition consiste donc à obtenir tous les détails avant que l’intensité nécessaire et suffisante des lumières soit dépassée.

Agit-on avec un bain fort en alcali et faible en révélateur? Les lumières se silhouettent comme précédemment. Néanmoins, le révélateur est en trop minime proportion pour les intensifier. L’action du développateur continuera sur les détails en laissant l’image faible. Pour activer la venue des détails et leur visibilité sur la plaque, donc leur intensité, on ajoutera progressivement de petites quantités de la solution révélatrice, et l’on continuera ainsi jusqu’à l’intensité nécessaire et suffisante des grandes lumières.

Remarquons, en passant, que c’est là tout le secret d’une autre méthode de développement, méthode excellente en soi, dite développement à deux cuvettes. Elle n’est autre au fond qu’un développement automatique, fondé sur le développateur en deux solutions. Aussi la tient-on pour développement rationnel. L’épithète d’automatique étant, pour ainsi dire, exclusivement réservée aux développateurs en solution unique.

Dans l’une ou l’autre méthode que nous venons de voir, si la dose de la solution additionnelle dépasse une certaine quantité, il y a immédiatement production de voile.

Pour y obvier, on ajoute au développateur, préalablement d’abord et progressivement ensuite, une solution de bromure de potassium. Si l’on en ajoute trop on arrête l’action développatrice, et on annihile les détails qui étaient encore susceptibles de venir.

Il résulte de ces faits qu’un moment arrive où le révélateur et l’alcali sont en proportions telles que leur réunion produit le maximum d’effet, et que toute autre proportion rompt l’équilibre de l’action développatrice. Proportion en deçà, laissant agir assez lentement pour qu’on ait un contrôle; proportion au delà diminuant l’action mais activant celle de la montée du voile.

Alors pourquoi ne pas agir tout de suite avec un développateur dont le révélateur et l’alcali soient combinés pour le maximum d’action, en le diluant suffisamment afin que cette action soit lente et permette un contrôle facile et efficace? En réalité tout est là. Certains développateurs, comme ceux à l’hydroquinone, font silhouetter l’image relativement lentement, mais la montent presque aussitôt en intensité. D’autres, comme ceux au métol, amènent un silhouettage rapide, brusque même, mais ne montent que lentement l’image à l’intensité voulue. Ce serait là, au demeurant, une façon, et non des moins bonnes, de classifier les révélateurs. Or, on sait qu’en ajoutant de l’eau à un développateur, en le diluant, on augmente la durabilité de son action sans en modifier la finalité. Plus donc cette durée d’action sera augmentée, plus nous aurons le temps de contrôler la venue de l’image, et de la soustraire à l’action du développateur, juste au moment où nous jugerons que l’intensité du négatif est suffisante pour faire rendre, au sujet qu’il représente, l’effet que nous désirons lui voir fournir.

Les Confitures paul horde

— ^ La cuisine est chaude ou la bassine rougeoie. Jffieux vaut couvrir en plein air les confitures faites. Sous le clair du soleil, on ne pense pas aux brumes d'hiver pendant lesquelles on les mangera, oocooooooocoo

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Soit, direz-vous, c’est parfait pour l’intensité, mais les détails, les aurons-nous tous aussi bien? Certes oui. Nous partons, rappelez-vous-le, d’un développateur à son maximum d’activité. Mais son maximum d’activité présente un minimum d’action puisque le développateur est très dilué par une forte addition d’eau. Avant qu’il ait eu le temps de silhouetter quoi que ce soit de l’imag«, le développateur aura pénétré amplement la couche entière de gélatine.

Son attaque se fera donc dans toute l’épaisseur de cette couche et les détails se développeront et apparaîtront presque en même temps que les hautes lumières, attendu que celles-ci, exigeant plus de révélateur, appauvriront beaucoup plus vite le développateur, déjà faible, en contact avec elles. Pendant que celui-ci se renouvellera, dans l’épaisseur de la gélatine, par question de différence de densité, les détails continueront à se développer. Ce phénomène explique pourquoi un développateur très faible peut amener à la platitude des sujets notablement heurtés, pourquoi, conséquemment, un développement lent, en cuvette verticale, améliore et tend à harmoniser les images instantanées, soit nécessairement sous-exposées de ce chef.

C’est donc une image complète que nous aurons d’abord, avec ce mode de développement automatique, et aussi complète que peut la donner le développement rationnel, puisque ce complètement, dans le rationnel, n’est obtenu qu’au moment où les dosages ont amené progressivement le maximum d’énergie. Encore, pour cause d’intensité arrivée trop vite, ce maximum d’énergie peut ne pas être toujours atteint. Alors, tout l’avantage reste au développement automatique qui, ayant ce maximum dès le début, n’a dû épargner aucun détail, et nous a, par sa dilution, laissé tout le loisir d’atteindre ou d’amener à notre gré l’intensité visée.

Ce qu’il faut au départ, c’est cette condition sine qua non : le dosage des constituants produisant le maximum d’énergie.

FRÉDÉRIC DILLAYE

Jeune, elle se sent devenir jolie et désire c^u on lu trouve bette. Ç est un penchunt de son hutnuine nuture, l^e bien

et le mut peuvent en ressortir également. Çe n'est encore ici qu’une inclination naturelle. Que te destin garde le modèle de transformer cette inclination en un art! ocoooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Tirage des "Epreuves

N recherche beaucoup, aujourd’hui, des modes de tirage fournissant des épreuves présentant des caractères variés et différents de ceux procurés par l’emploi des sels d’argent seuls. Il semble bien qu’on pourrait faire, en ce sens, un retour vers les sels d’uranium qui ont d’ailleurs été très étudiés dès les débuts de la photographie.

Au point de vue photographique, les sels d’uranium ont beaucoup d’analogie avec les sels de fer. Leurs protoxydes, à l’égal des protoxydes de fer, présentent une forte propriété réductrice. Ils extraient facilement l’or et l’argent de leurs mélanges et les amènent à l’état métallique.

Donc, en combinant des sels d’uranium avec des sels d’argent, d’or ou de fer, tout comme dans la callitypie, on peut obtenir des épreuves positives d’après des négatifs.

L’azotate d’uranium peut être employé à cet effet. Il est vendu en cristaux jaunes verdâtres qui se dissolvent facilement dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. En contact avec des substances organiques, ces dissolutions, à la lumière active, se réduisent en protoxyde d’uranium (azotate d’uranium).

Cette réaction dégage naturellement de l’oxygéne.

La connaissance de ce phénomène l’a fait employer autrefois pour obtenir des positifs. C’était un procédé d’impression qui méritait une attention particulière. On l’a dénommé la wothlypie, selon son inventeur Wothly.

Voici comment on pratiquait : on préparait tout d’abord un collodion d’uranium et d’argent selon la formule suivante :

Jl. Alcool : 65 cm ; Azotate d’argent : i g.; Azotate d'uranium : 24g.

B. Collodion brut : 200 cm^. - Mélanger Jl et B.

On peut, comme pour le procédé à la celloïdine, ajouter un peu d’huile de ricin au collodion, afin de lui donner une plus grande souplesse.

Avec ce mélange, bien agité, on couvrait, comme pour le procédé à la celloïdine, du papier préparé à l’avance avec de l’amidon et de l’albumine, et on le laissait sécher.

On obtenait à l’impression sous un négatif, une image d’un beau ton brun que l’on pouvait, après un lavage dans l’acide chlorhydrique bien dilué, fixer comme une épreuve à l’albumine, et virer avec de l’or.

Ce procédé n’a pas eu de vogue. Au demeurant, il ne présentait aucun avantage sur le procédé ordinaire aux sels d’argent, et s’offrait comme plus coûteux que ce dernier.

T outefois, en tenant compte de ce procédé, et en remarquant que le protoxyde d’uranium forme aussi des précipités avec des sels métalliques autres que les sels d’or et d’argent, on peut obtenir des images positives par d’autres moyens.

Ainsi, en laissant flotter l’épreuve verdâtre, obtenue à l’insolation sur une solution concentrée

Rue de village italien paul pettré

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T'ITiJlG'E DES ÉFJiEUrES JlUX SELS D in{JimilM

de fetricyanure de potassium, l’image apparaît en brun foncé. On a préconisé un procédé d’impression fondé sur cette réaction, pour obtenir des épreuves sépia sur papier mat.

Pour obtenir ce résultat, on sensibilise du papier photographique brut tel qu’on l’emploie pour la platinotypie, en le trempant, pendant deux minutes, dans la solution suivante :

Azotate d’uranium : z3 g.; Azotate de cuivre :6 g. 1/2; Eau : Q. S. pour p5 cm’.

On peut aussi l’enduire de la liqueur sensibilisatrice à l’aide d’un pinceau ou d’une houppe de coton, au lieu de le plonger dans la solution.

L’impression peut être faite à la lumière diffuse aussi bien qu’à la lumière directe du soleil; on la poursuit jusqu’à ce que les contours de l’image se dessinent, ce qui prend de 1 5 à 20 minutes à la lumière diffuse. On peut développer ensuite avec le développateur suivant :

Ferricyanure de potassium : i5 g.; Eau : Q. S. pour 600 cm’.

Le ton obtenu sera brun rouge, avec une légère teinte de bronze.

On enduit le papier sensibilisé, non développé encore, avec la solution suivante et on obtient un ton noir pourpré :

Chlorure d'or brun : 1 g.; Eau : Q. S. pour 5oo cm’.

Si l’on remplace la solution de chlorure d’or par cette autre solution, le ton obtenu est d’un

beau noir velours :

Chlorure de platine : i g. ; Eau : Q. S. pour 1 00 cm.

On fixe, en tous cas, comme dans le procédé au platine, avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique (1 : 80).

Si l’on sensibilise le napier avec un mélange d’azotate d’uranium et de chlorate de fer au lieu d’azotate de cuivre, le chlorate de fer se changera en chlorure sous l’action réductrice du sel d’uranium. Si l’on traite le papier avec l’acide gallique, toutes les parties de fer, non combinées, réagiront sur l’acide gallique et produiront un précipité noir. On obtiendra ainsi, par l’emploi d’un négatif une image négative, et par l’emploi d’une diapositive une image positive.

Tandis que l’azotate d’uranium exerce, s’il domine, une action réductrice sur les sels métalliques, un autre composé de l’uranium, le chlorate d’uranium, a une influence tout autre, très remarquable en photographie. Si l’on substitue dans le procédé au chlorure d’argent (émulsion de celloïdine) le chlorate d’uranium aux sels de chlore ordinaires, tels que les chlorates de lithium et de strontium, on obtiendra une émulsion ayant des propriétés toutes différentes. Son aspect seul la distingue déjà de l’émulsion de celloïdine, car elle possède une nuance vert jaunâtre relativement assez prononcée, quoique faible au demeurant.

Si l’on enduit du papier avec cette émulsion, on constate qu’elle donne une impression très riche en contrastes, produisant ainsi, d’après des négatifs, très mous même, d’assez bonnes photocopies.

La tonalité de l’image n’a pas été changée sensiblement et elle n’a pas l’inconvénient de s’affaiblir fortement au fixage ni au virage comme celle obtenue avec les émulsions de celloïdine contenant un sel de chrome destiné à augmenter les contrastes.

jEAJ^ riLLJim

C’est la Couze qui la forme. Couze est un nom qui s'applique à plusieurs ruisseaux ou torrents de la "France centrale. Il s’agit ici de la Couze de Chaudefour ou Couze de Chambon dans le Puy-de-Dôme. File forme d’autres chutes célèbres en Jiuvergne.

Le Matin au Bois m"* FANNy dillaye

T^our le "Parisien, libre de son temps, il n‘est pas d'exercice d’hygiène plus suave qu'une promenade, le matin, au "Bois de Boulogne. A pied, à bicyclette, à cheval, en voiture, tous les modes de locomotion sont appréciés, surtout au printemps sous les nouvelles frondaisons fraiches et tendres.

UEXPKESS'IOM BU MODÈLE

TEJMUE SOUS LE COMTT{ÔLE DE L’ATiTJSTE

E me garderai bien de contredire M. Frédéric Dillaye lorsque, dans la conférence qu’il nous fit à la Société française de Photographie, sur « le Portrait », il appela très particulièrement notre attention sur la bouche comme siège d’expression simultanée de la vie morale et sensible ainsi que de la vie animale.

Toutefois, il me paraît qu’au point de vue du contrôle constant apporté par l’artiste sur son modèle, la bouche, malgré l’état d’âme qu’elle indique, indubitablement, doit céder la place aux yeux. Du reste, dans la conférence que je viens de rappeler, il y fut dit cette phrase: « Donc, l’œil, à lui seul, suffirait déjà à donner delà vie au portrait. » J’en prends texte.

Par leur rapport avec la figure et la position de leur regard, les yeux, s’ils ne sont pas plus expressifs que la bouche, peuvent bien mieux qu’elle être soumis à un contrôle méthodique, je le répète.

L’expression par la bouche ne saurait s’obtenir qu’en influant sur les facultés mentales du modèle. La chose, malaisée en elle-même, est difficile à vérifier. Au contraire, l’opérateur peut, insensiblement, provoquer par les yeux l’effet qu’il médite de rendre.

Certes, l’artiste expérimenté obtiendra cet effet instinctivement. Son sens artistique n’a pas besoin de la suggestion d’une règle. Et pourtant, ce que je vais dire pour les débutants dans la carrière artistique pourra lui servir.

Que l’artiste le veuille ou non, tout portrait a dans les yeux une expression quelconque.

A moins qu’elle ne soit intentionnellement modifiée, cette expression n’est presque jamais satisfaisante pour le portraitiste. Il y a quelque chose de boiteux dans le rendu du modèle, une sorte de décalement de l’ensemble.

Pourquoi en< est-il ainsi? Dans la plupart des cas, ces résultats insatisfaisants peuvent être attribués à un rapport défectueux des yeux avec le reste de la figure, tout aussi bien et mieux qu’à une pose mauvaise.

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Portrait

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