LOUIS BONNET
VEXPJ{ESSWJ\ DU MODÈLE
La plupart des expressions que les yeux prennent dans le portrait photographique peuvent être difficilement décrites. Elles rendent donc malaisé l’établissement d’une méthode de contrôle. Une démonstration à l’aide d’un sujet vivant serait beaucoup plus commode. Seulement, je n’ai pas encore trouvé le moyen de vous servir un sujet vivant en même temps que le numéro de votre journal, fût-il ou non accompagné de ma modeste personne. Je vais essayer d’y suppléer par le petit diagramme ci-dessous. C’est une méthode qui a été indiquée par M. Hough.
Le sujet est supposé assis au centre d’un système de lignes imaginaires, rayonnant comme les rais d’une roue dont le sujet serait le moyeu. L’objectif, placé sur la circonférence de cette roue imaginaire, à 2 m. 5o ou 3 mètres de distance, est isolé des rayons qui, sur ladite circonférence se trouvent distants l’un de l’autre d’une trentaine de centimètres environ. De cette façon, en regardant d’un côté ou de l’autre, la tête se tournera naturellement des deux tiers, et le regard du dernier tiers. Face et regard seront donc dans le rapport de 2 à ] .
En d’autres termes, si le sujet faisant face à l’objectif est invité à regarder le point n° 3, il tournera instinctivement la tête vers le point n° 2. C’est une règle constante, que l’on regarde en haut ou en bas.
Elle est naturelle, et sans doute plus commode, car la nature ne dépense jamais de force inutilement, même dans le mouvement d’un œil.
Essayons de comprendre l’effet de cette loi dans l’expression du portrait photographique. Si le sujet est assis sur le moyeu de notre roue imaginaire, le corps, le visage, les yeux faisant face à l’appareil, les yeux regardant dans l’objectif, l’expression pourra être d’indifférence et d’indolence, ou de hardiesse ou d’assurance, mais elle sera plutôt passive et gourmée. Si la tête est tournée légèrement du côté du n° 2, par exemple, et les yeux la moitié en plus vers le n° 3, une expression d’activité naturelle et d’aisance gracieuse apparaîtra tout aussitôt sans effort ni apparence de contrainte. En tournant la tête davantage, disons vers le n“ 4, et les yeux la moitié de plus, vers le n° 6, l’expression paraîtra abondante de vie et d’énergie, pleine de feu et de force vitale. Et ainsi de suite.
Le même effet sera produit en changeant la position du corps. Le met-on face au n° 3, la figure au n” 1 , le regard dans l’objectif ou sur les alentours de son parasoleil, vous verrez soudain le modèle présenter un effet d’attention gracieuse. On obtiendra ainsi, quasi immédiatement, toutes les variations possibles dans l’expression, avec plus ou moins d’effet, selon qu’il faudra moins ou plus d’effort pour les produire.
Le corps est-il tourné vers le n° 4, la figure vers l’objectif et les yeux fixes, vous aurez un effet d’effroi et d’attention concentrée paraissant provoquée si subitement que le corps n’eut pas le temps de suivre la tête, tant l’impression fut soudaine.
Il en sera de même, que l’on regarde en haut, en bas ou de côté, dans une position naturelle, non affectée, les yeux sei'ont levés ou baissés proportionnellement au mouvement apparent du corps et de la tête.
Dans l'étude du portrait le profit est une difficulté. 7/
faut d’abord que le modèle en ait un joli et bien accusé. C’est le cas ici. Mais l’artiste doit encore le mettre en valeur par un éclairage bien compris et propre à détacher la ligne nettement .
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VEXPTiBSSJOJ\ DU MODÈLE TEJWE SOUS LE COTiTT{OLE DE VAEJISTE
Ces remarques s’appliquent aux poses non recherchées ni contraintes, aux mouvements spontanés, empreints de franchise, de sincérité et librement exprimés. Toute dérogation à cette loi naturelle d’harmonie entre le corps, la tête et le regard produira des expressions toutes différentes, très désagréables le plus souvent. Si, par exemple, les yeux ne sont pas assez ou un peu trop tournés, l’expression spontanée fera place à une expression affectée, gênante.
Toute vérité étant mieux exprimée par ses extrêmes, nous supposerons que le corps et la tête font pleinement face à l’objectif, tandis que les yeux sont tournés vers le n° 3, ou plus loin ; nous aurons aussitôt une expression de ruse et d’attention méfiante très désagréable. Ou bien encore supposons le corps faisant face à l’objectif, la tête est tournée légèrement vers le point n° i , et le regard dirigé vers l’objectif, nous aurons la même expression furtive qui peut paraître dans la tête rusée et jalouse ou circonspecte ou coquette, mais jamais confiante et franche ainsi qu’on aime généralement à la voir.
Combien, ah! oui, combien I ai-je vu d’exemples probants de ces deux formes d’erreur dans des études de photographes très renommés. Elles proviennent sans doute du souci d’obtenir d’abord de bons contours et un effet de lumière et d’ombres pour la figure; cela obtenu, ils donnent à la tête une direction leur semblant conforme à la pose sans tenir compte des yeux dans l’ensemble de la physionomie. Que l’on regarde en haut ou en bas, le même effet antinaturel sera produit.
Si la tête est légèrement baissée et que les yeux soient levés vers l’objectif, on aura une expression farouche et réservée, ou rusée et mystérieuse ; tandis que la tête jetée en arrière et les yeux abaissés vers l’objectif fourniront une expression plus ou moins dédaigneuse et hautaine, suivant l’attitude du corps. La tête relevée, ainsi que les yeux, donneront une expression d’adoration, de supplication ou tout autre sentiment analogue, selon l’attitude des autres membres. La tête inclinée et les yeux plus bas exprimeront la pénitence, l’humilité ou une profonde méditation, selon la contenance des autres membres.
On pourrait multiplier ces indications avec profit, elles suffiront cependant à ceux qui peuvent être appelés à les appliquer et qui savent se les adapter ; pour ceux qui les connaissaient déjà ou qui ne sauraient en tirer parti, rien ne servirait de les étendre.
L’objet principal d’un portrait est sans conteste de mettre en relief et d’accentuer les meilleures tendances d’un caractère par les traits et l’expression et d’en éviter les moins agréables. L’opérateur devra donc, à cet effet, tourner soigneusement la difficulté en s’attachant à ce que son modèle présente toujours une expression de sincérité, de cordialité et de franchise. Cette expression, il peut en tout temps la lui faire prendre, pour ainsi dire à son insu, en appliquant purement, simplement, naïvement même, le petit système de contrôle que je viens d’indiquer. Dans ses débuts, qu’il trace sur le sol la circonférence et les rais dont il est question, pour se guider avec certitude. 11 sera tout étonné du résultat obtenu. Ses amis et connaissances ne manqueront de déclarer tout aussitôt'qu’il a fait subitement des progrès considérables dans l’art du portrait... Je ne lui demande jnême pas de m’en être reconnaissant.
TÉUX
COMMEm
Ojy F A JT UN OBJECTIF
Historique de la
Tabrication des Yerres d’optique
ASSEMBLER 3u fond d’une chambre noire les rayons lumineux émanés des objets pour en obtenir une image visible est un problème simple et qui, de fait, a été résolu il y a plusieurs siècles; il suffit de placer une lentille de verre à l’orifice de la chambre :
c’est, longtemps avant la photographie, l’objectif photographique.
D’ une telle lentille au moderne objectif de marque, il y a aussi loin que du char à bœufs à l’automobile. Cette merveille, cette âme de nos appareils, donne des images très lumineuses, d’une grande étendue, d’une étonnante finesse, achromatiques, anastigmatiques, sans spectres secondaires, sans distorsions, sans déformations d’aucune sorte ; elle permet des instantanées au millième de seconde, saisit le cheval dans sa course, l’oiseau dans son vol; on lui demande toutes les qualités, même celles qui semblent s’exclure les unes des autres; il
faut qu’elle soit plus parfaite que l’œil lui-même; nous trouvons qu’elle ne fait jamais ni assez vite, ni assez bien ; comme les enfants, nous voulons la lune ; verriers, opticiens, fabricants s’ingénient à nous la donner.
Sans nous occuper des combinaisons de lentilles, des courbures savantes qui ont contribué à l’actuelle perfection de l’objectif, nous allons voir comment on obtient les précieuses matières dont il est formé.
Ce sont le flinJ zX le crozun. Le premier disperse et réfracte fortement les rayons lumineux; le second faiblement. De leur union naissent l’achromatisme et toutes les autres corrections. Leur composition est diverse, mais, d’une manière générale, on peut dire que les crowns sont des borosilicates de potasse, de soude et de chaux ; les flints des borosilicates de potasse et de plomb.
Les pouvoirs optiques de ces verres, ainsi que les rapports de leurs indices de réfraction et de dispersion, doivent être calculés avec le plus grand soin pour que l’opticien puisse déterminer exactement ses-rayons de courbure et obtenir l’achromatisme. Ces matières optiques doivent être inaltérables, laisser passer tous les rayons de lumière sans en faire dévier aucun, c’est-à-dire être homogènes, exemptes de ces stries, de ces fils qui, lorsqu’on regarde les objets à travers une
Oui! qui la veut sa « Vadette n? 7/ ne sera peut-être pas vole celui qui la prendra, emportant, avec le souvenir de l’espiegle marchand, la réalisation tangible d'une charmante inspiration de George Sand : La petite Fadette.
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Qui veut ma Fadette ?
LE PTîOTOGT{JlP JUSTE