CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES EFFETS DE NUIT
A J Avant-scene
Il est intéressant de comparer, sous le rapport de la qualité, les effets de lune authentiques avec les faux effets de lune. On produit ces imitations par une très forte sous-exposition d’un paysage diurne, alors que les nuages lourds et nombreux l’assombrissent et, surtout, cachent complètement le soleil si l’on veut faire un contre-lumière. Au tirage on imprime très vigoureusement pour donner la sensation de nuit. Ces faux effets de lune ont souvent, sur les effets authentiques, cet avantage que les objets en mouvement, tels que les nuages et les vagues, gardent leur définition de contours par la courte exposition du jour, alors qu’ils perdent totalement, la nuit, cette définition à cause de la prolongation du temps de pose. Cette remarque fournit un truchement pour reconnaître un effet vrai d’un effet faux.
11 est bon de noter que les nuits humides sont particulièrement propices pour les paysages urbains. Les lumières dans les flaques d’eau éclairent alors de reflets les parties sombres. Par cette raison même, tous les sujets au bord de l’eau fournissent d’excellents motifs de paysages nocturnes.
Spécialement dans le cas des marines, mieux vaut opérer par beau clair de lune. Les objets alors se profilent bien sur le ciel et donnent plus d’allure au tableau que s’ils se perdaient dans
l’obscurité. Si l’on a à craindre, quelquefois, l’impressionnement sur la plaque de traînées lumineuses provenant du passage lent, devant l’appareil, de lueurs fugitives (lanternes de voitures, lumières tournantes, etc.), par contre il n’y a pas à redouter les promeneurs. La longueur forcée de la pose détruit l’impression que leur passage a pu produire sur la plaque.
Les portraits et tels sujets de genre sont plus difficiles en photographie nocturne que les paysages. Mais combien jolis ils sont : lectures sous la lampe, rêveries au coin du feu; actrice devant la rampe; spectatrice accoudée au rebord de sa loge, etc., etc... Presque toujours c’est l’effet artistique certain. Pour cela, il faut exclusivement faire emploi d’une lumière produite par incandescence du magnésium.
C’est un peu autre chose que le paysage. Aussi réservons-nous ce sujet plus spécial pour une autre fois.
Je terminerai en vous disant quelques mots du développement.
Employez un développateur fortement dosé en alcali, peu dosé en révélateur et assez dilué pour être très lent. Tenez à votre disposition une forte solution de bromure de potassium, pour pouvoir retarder au besoin la venue des parties trop éclairées. Le débutant s’effraiera d’abord de l’aspect sous-exposé du négatif. Les terrains apparaissent avant le ciel. L’image très faible, comme extraordinairement sous-exposée, ressemble un peu à un mauvais positif. Ne vous en inquiétez point. Tirez-la toujours. Le résultat vous montrera qu’elle vaut le tirage; les papiers glacés et les papiers platine et bromure pour les grands formats, sont les mieux indiqués (choisir un ton chaud pour les vues prises à la lampe). 11 va de soi que les papiers à tons noirs, bleus ou roux, doivent être préférés.
Tout ceci dit, essayez des effets de nuit. Si vous attrapez un rhume, vous récolterez aussi des œuvres peu communes. A vous de récolter les unes sans attraper l’autre
— ^ “Double effet de lumière. Celui d’en haut produit par la lumière naturelle du jour; celui d’en bas par un éclair magnésicfue. Ces combinaisons d’éclairage peuvent amener à des compositions aussi curieuses qu’agréables.
FELIX HERVIEU
ttSTNi 88
Devant Guignol Frédéric boissonnas
— Polichinelle rosse te commissaire. T{ien de plus réjouissant que de voir l'autorité rossée, et avec, en plus, tout l’esprit du rosseur. « C’est guignolant «, comme disait à Molière le canut que te grand comique consultait sur sa pièce, Guignotant était de mode. A'e disait-on pas que la fée Guignon Guignolant avait présidé a ta naissance de la duchesse de Mazarin ? "Et guignolant a fait Guignol, l’expression suprême du réjouissemenl pour tous les âges et pour tous les sexes. ooooooooooooo