LE PU OTOGJ^JIP JUSTE
LES TRAVERSES DE LA PHOTOGRAPHIE
Pyrénées. Une dizaine de châssis-presse était employée. La besogne marchait rapidement, par un tirage au soleil, que je ne prisais guère. Mais, justement, parce que cela marchait vite, on en profitait pour faire défiler devant moi toute la collection des négatifs et me demander mon avis. Un peu roublarde, la petite jeune fille! Mais bast! Avec une grâce parfaite, toutes les jeunes filles ne le sont-elles pas toujours un peu?
Le papier sensible, coupé aux dimensions voulues, était mis en pile, gélatine en dessous, et recouvert d’un gros livre. Les épreuves tirées s’entassaient à côté, de la même façon. Quand le tirage était à point, les châssis étaient apportés sur la table; on enlevait les gros livres; l’épreuve terminée allait rejoindre sa pile; un autre négatif était substitué au premier et l’on faisait glisser dessus une feuille non impressionnée. Mouvements faciles et économisant le temps.
Or, dans l’un de ces mouvements, j’entendis ma charmante petite questionneuse pousser un cri de surprise qui fusa en éclat de rire. Gravement, comme il convient à un monsieur que l’on consulte, je vins à elle et je vis... une ville surgir d’un lac. Interrogations muettes d’abord, puis parlées... Qu’était-ce?.. Nous vérifiâmes ensemble et nous trouvâmes ceci :
Une épreuve du lac de Gaube, avec un personnage de premier plan regardant les brumes s’élever avait été tirée et mise à la pile. Au négatif du lac de Gaube, on avait substitué une vue de Fontarabie. Mais — voyez, mesdemoiselles, comme la roublardise des questions peut être punie — notre jeune tireuse, tout en bavardant, se trompa de pile et glissa sur ce négatif l’épreuve qu’elle venait de prendre, au lieu d’une feuille non impressionnée... Voilà comment vous pouvez voir ; Tontarabie émergeant du Tac de Gaube. L’étourdie avait eu, cependant, beaucoup d’heur dans son malheur, puisque l’épreuve composite offrait une image originale. Elle n’avait pas à se plaindre... ni moi non plus, d’ailleurs ; j’enregistrais une traverse à laquelle je ne croyais guère une heure auparavant.
A. ja Cote des basques jules Tallandier
'Biarritz, ce port d’attache des hardis marins du moyen âge qui harponnaient la baleine dans les mers voisines, n’est plus que la superbe station balnéaire, ayant possédé toutes les faveurs de l’hnpé ratrice "Eugénie. Elle est double dans son unité : Le Port "Vieux et la Côte des Basques. Le Port Vieux est placide. La Côte des Basques est dangereuse. "Devant sa belle ligne de falaises abruptes rien n'amortit la grosse lame du large. Jîu contraire, elle s’irrite sur les basses roches semées sur la grève, se gonfle des lames de fond et déferle toujours furieuse, même en temps calme. Le deuxième dimanche du mois de septembre, une vieille coutume nous y amuse. Les Basques, au son du fifre et du tambourin, dévalent par centaines les escarpements rocheux et se baignent tous a la t'ois. o o o o o o
En Pâture
J. HUCHEDÉ
Sur le pre s'étendant près de la rive prochaine, encore enveloppee des brumes matinales, les moutons paissent au soleil. Que nous
dit donc Trévoux, quand il affirme que le mot mouton vient de l’italien montone, qui dérive de mont, parce que les moutons paissent en lieu haut et sec? TVe vaut-il pas mieux admettre l’étymologie du savant Huet qui insinue que mouton vient de mutus ; muet, parce que cet animal est fort silencieux?... Vovez à quelles discussions étymologiques peut conduire une aimable épreuve photographique !... o
Wettetisme, Floaisme,
Réalisme, Impressionnisme,
. . . Barbarismes.
A-T-iL vraiment autant de modes de traduire un sujet que ce titre semble le laisser supposer? Je vois d’ici bon nombre de points d’interrogation boucler leurs courbes insidieuses dans les prunelles des lecteurs. Ce n’est pas fait pour me surprendre. Par ces temps d’appareils à main, à foyer fixe, combien ignorent qu’il peut même exister une mise au point? Ou du moins, s’ils savent qu’il en existe une, ils ne supposent pas que le fait puisse les affecter. Les fabricants ne leur livrent-ils pas leurs appareils avec une mise au point fixe dont ils n’ont plus à se préoccuper?
11 en va autrement pour ceux qui voient dans la photographie autre chose qu’un sport de bon ton, qu’un document pris à la volée, qu’une image anecdotique occasionnellement saisie. Les uns, s’ils possèdent seulement des appareils à main, les ont à foyer variable; les autres n’utilisent que des chambres noires munies d’une glace dépolie sur laquelle ils font eux-mêmes leur mise au point. Cela, chaque fois qu’ils éprouvent le besoin de photographier un motif. 11 y aurait, de ce chef, plusieurs mises au point, puisque la mise au point a des recommencements avec chaque sujet, de la variété vraisemblablement.
Pourtant, dans le tréfonds de la chose, il ne devrait exister qu’une seule et unique mise au point : celle laissant à l’image la sensation absolue de l’objet vu par notre œil. Mais, voilà bien le nœud de l’affaire : notre œil ne voit pas comme notre objectif. 11 n’y verra probablement jamais de la même manière. L’objectif et l’œil, si semblables qu’ils paraissent, sont étonnamment dissemblables au fond.
Dans la sensation que notre œil ressent devant un objet, la vision complète, c’est-à-dire la netteté, ne saurait exister que sur le point de l’objet particulièrement touché par le regard. Cela, à cause
lE PHOTOGT^JIPIHJSTE
NETTETISME, FLOUISME, RÉALISME, IMPRESSIONNISME, ... BARBARISMES
du phénomène oculistique dit d’accommodation. Autour de ce point, les autres parties de l’objet s’en sont allées, radialement, de moins en moins nettes. Notre objectif, si peu profond que soit son champ, n’a pas du tout cette sensation. 11 voit net le point visé et nette aussi une série de plans en avant et en arrière de ce point (i).
Je dis : série de plans. L’objectif, en effet, s’il est bien corrigé des aberrations d’astigmatisme, ne nous fournit pas une déperdition de netteté, partant radialement du point visé, mais une égale netteté, ou très approchante, de tout le plan vertical passant par ce point et de tous les plans antérieurs ou postérieurs participant de son degré de netteté, donc de sa profondeur de champ.
Or, cette différence de vision entre notre œil et l’objectif, que tous les progrès de l’optique n’ont pu encore égaliser, conduit naturellement à des variations de mise au point, s’affirmant d’une façon très différente, suivant le tempérament de l’opérateur et aussi un peu, notons-le en passant, suivant
une mode générale, ou le snobisme des uns, ou les tendances artistiques des autres.
L’objectif restant impuissant, à l’heure actuelle, à nous fournir la sensation perçue par l’œil, on a voulu exagérer la différence de cette sensation, soit en augmentant partout la netteté, soit en la diminuant également partout. De là, le nettetisme qui réclame le sujet net, depuis le premier plan jusqu’à l’infini ; ou le flouisme, exigeant une déperdition complète de netteté, mettant tous les plans hors de foyer, quelle que soit leur situation. Pour donner à ces deux modes de procéder les gants d’un travail profondément raisonné, on a clamé que les nettetistes faisaient du réalisme et crié bien haut que les flouistes se complaisaient dans Vimpressionnisme. A mon avis, tous ces différents is/nes sont, à tout prendre, de simples barbarismes, artistiquement parlant.
En bonne conscience, croyez-vous vraiment que le réalisme, dans une œuvre d’art, consiste à donner une même exactitude de définition à toutes les parties d’un même objet? Oui, bien! La peinture réaliste, nous dit : Peignez tout ce que vous pouvez voir dans la nature. Mais tout ne veut pas dire chaque chose de la même façon. Le dernier terme de la phrase : ce que vous pouvez voir, est là pour le démontrer. On peut voir toutes les parties les plus infimes de l’objet à représenter. Toutefois et justement, par cette fameuse loi de l’accommodation dont j’ai parlé plus haut, ces parties ne sont point vues d’identique manière. Donc le réalisme de l’exécution, quand bien même il correspondrait au réalisme du sujet, ne saurait donner la même minutie de dessin à toutes les parties de 1 objet, puisque, si elles sont vues, elles ne sont point vues identiquement.
Je ne parle pas des valeurs. 11 y aurait plus à dire encore. Je parle seulement de la définition linéaire spécialement fournie par la mise au point. Donc, malgré le grand mot de réalisme, jeté en poudre aux yeux aux profanes, il faut en rabattre. On doit et vous devez considérer comme un véritable barbarisme, \z nettetisme, consistant en une mise au point faite à la loupe et suivie de 1 emploi du plus petit diaphragme possible. Quoique ses dévots veuillent s’en targuer, il n est point le réalisme, même pour une photographie documentaire, où le nettetisme paraît conventionnellement acceptable, car
(i) Voir le n" 2 du Photographiste : Diaphragme utile et utilité du diaphragme.
Statue de Gcethc
VICTOR PETTRE
Le célèbre auteur de Faust et de bien d'autres ouvrages, remarijuabtes à tous points de vue, se peint lui-même ainsi, dans ses Xénies apprivoisées ; <( ^on père me légua sa stature et la conduite sérieuse de la vie ; de ma mère, j'ai l'humeur joyeuse et le goût pour conter.., Jffon grand-père aimait les belles : l’on s’en ressent encore par-ci par-là. Que ma grand’mère ait aimé l'éclat de la parure, mon sang en a gardé maints souvenirs . o o o o o o
LE P'HOTOG'H/IPJUSTE
NETTETISME, FLOUISME, RÉALISME, IMPRESSIONNISME, ... BARBARISMES
là, non plus, on ne doit pas le pousser aux extrêmes, sous peine de platitude, donc sous peine d’enlever tout effet au document.
De cette conclusion, les soi-disant impressionnistes vont se rigoler! Qu’ils se dépêchent vite pour n’en point pleurer. C’est un des bons conseils de maître Figaro. Eh ! quoi! pour éviter l’outrageuse platitude du nettetisme, vous acclamez le flouisme, c’est-à-dire un manque de mise au point sur la partie principale de l’objet, aussi bien que sur les autres parties de cet objet même ! Eh, quoi ! vous nous soufflez, dans une bouffée d’orgueil, que vous êtes ainsi des impressionnistes! Non vraiment! Laissez-moi rire à mon tour. Vous n’avez pas idée des titillations dont vous chatouillez ma rate !
Qui dit impressionniste dit un réaliste dévoyé. J ’entends, par là, un réaliste qui s’applique de toute son âme à compenser, par une fantaisie d’exécution excessive, le réalisme de son sujet. Je concède qu’à prime vue, il semble bien y avoir un peu de cela dans le flouisme. Un peu de cela par la
"Plus l'abreuvoir est ombrage' et plus fraîche est son onde. Les bétes s'y complaisent à rafraîchir leurs pieds brûlés par le sol aride des chemins. Pour peu que leur conducteur se laisse aller à la somnolence, combien d'heures n’y resteraient-ils pas o o
déconcertation où se trouve le spectateur devant l’image, si confuse, d’objets réels, que cette image prend un aspect quasi surnaturel, symbolico-incohérent. Certes, le flouiste, se drapant d’art, nous dira que sa photographie nous apporte sa vision personnelle de la nature. Alors, c’est un cas relevant de l’oculiste au même titre que le daltonisme. Qu’il se soigne ! mon Dieu! qu’il se soigne!
Mais allons plus loin. Si l’impressionnisme est une fantaisie d’exécution, se donne-t-elle jeu sur les lignes mêmes du dessin? D’aucune façon.
Ou l’impressionniste dessine bien et se pique même d’honneur de le faire, ou il sacrifie les contours et déforme sciemment l’aspect réel. Dans l’un ou l’autre cas, il néglige le détail, accuse la masse, et cherche.à produire, avant tout, l’effet physiologique dû à la couleur. Le flouiste ne néglige pas le détail, puisque son objectif le lui donne forcément. 11 l’accumule tout autant que le
LE PTiOTOGTiAV'tUST'È
NETTETISME, FLOUISME, RÉALISME, IMPRESSIONNISME, ... BARBARISMES
nettetisme, mais le rend mal défini également dans toutes les parties. Le flouisme n’accuse pas les masses, puisqu’il est gêné par les détails. Il mélange, en confusion inextricable, les ombres et les lumières.
Qu’en résulte-t-il? Absence complète de hautes lumières; disparition totale des ombres profondes, donc accusation impossible des masses, monotonie inéluctable, de dessin et de ton, incapable de suggérer, par ses valeurs en brouillamini, l’effet physiologique de la couleur.
Comme vous le voyez, le flouisme ne cousine en aucune façon avec l’impressionnisme. Mais il est très cousin, en barbarisme, avec le nettetisme. Or, pour ceux qui sont sincères dans leurs travaux photographiques, et répugnent à tout barbarisme, ils doivent éviter le flouisme tout autant que le nettetisme. Ces deux méthodes ne nous donnent nullement une image s’approchant de la
sensation absolue de l’objet vu par notre œil, et ne possèdent aucune raison de satisfaire la vanité artistique de ceux qui les emploient, puisqu’elles n’ont point la moindre affiliation avec le réalisme ni avec l’impressionnisme.
Pour que l’image, prise par l’objectif, confine à l’image impressionnée dans le pourpre rétinien de notre œil, il faut qu’elle ait des parties nettes et des parties qui ne le soient pas. Elle doit combiner en elle un peu de nettetisme et un peu de flouisme, sans être uniformément nette ou uniformément floue.
La mise au point nécessite donc un travail spécial. 11 consiste, surtout, à mettre exactement au foyer le sujet principal, ou la partie la plus saillante de cet objet, sans chercher, par l’emploi d’un petit diaphragme, à faire venir les autres parties aussi exactement au foyer.
De cela, il résulte que les objectifs bien corrigés de l’astigmatisme et de la courbure du plan focal, pouvant travailler avec une grande ouverture — objectifs dits lumineux — et possédant, conséquemment, une assez faible profondeur de champ, seront les mieux indiqués pour nous fournir une image nous procurant une sensation analogue à celle produite par la vision humaine, donc une image susceptible de nous offrir des qualités artistiques.
Tant que les lointains ne nous présenteront pas des masses formées par une succession de petits ronds, formation tout à fait antinaturelle, on gardera la pleine ouverture.
S’il en était autrement, il faudrait diaphragmer, mais seulement juste assez pour faire disparaître cette anomalie.
Le diaphragme ne doit donc être utilisé que pour augmenter la profondeur de champ de la quantité nécessaire et suffisante pour l’annulation des petits ronds dans les lointains.
En agissant ainsi, non seulement vous ne pourrez être taxé de barbarisme ou de solécisme, mais encore vous mettrez votre objectif, autant que sa construction le permet, dans les conditions les plus voisines de l’œil, donc l’image dans les conditions les plus voisines de l’image artistique, en tant que définition.
FRÉDÉRIC DILLAYE.
Rue à Stamboul
^ Malgré sa nature essentiellement cosmopolite, Constantinople garde encore, comme ici, des rues pittoresques frappées à fleur de coin indigène. On y rencontre le peuple de cet empire Ottoman, qui n'a jamais pu entrer dans le courant de la civilisation européenne. coooccooco
=?= Nos
Produits Chimiques
L’HYPOSyirJTE 5/S DE SOmUM '
UELLE action présente l’hyposulfite de sodium sur les sels d’argent? Cette action, principe du fixage, est assez complexe. Selon les concentrations relatives des bains, plusieurs cas doivent être envisagés et, pour les étudier, faisons abstraction de l’émulsion, comparons ce qui se passe, en plaçant nos solutions d’azotate d’argent et d’hyposulfite dans un verre d’expérience. En ajoutant quelques gouttes d’hyposulfite dans un excès d’azotate argentique, une poudre insoluble d’hyposulfite d’argent S’0’Ag% instable car elle se transforme rapidement en sulfure, se dépose. Au contraire, si l’hyposulfite est en grand excès, le premier précipité disparaît, à ce moment la dissolution contient un sel double (S'O’Ag iS-'O-'N a’) c’est-à-dire constitué par une molécule d’hyposulfite d’argent, liée à deux d’hyposulfite de sodium. Ce sel est très soluble dans l’eau.
Si l’addition d’hyposulfite a lieu peu à peu, le sel double formé est peu soluble dans l’eau et même dans l’hyposulfite en excès; il disparaît très lentement; ce composé est un hyposulfite également formé de sel de sodium et de sel d’argent (S 0’Na% S’O’Ag’). Nous verrons, plus loin, que ce sel est un danger pour le photographe, celui-ci devant éviter à tout prix la formation de cette matière encombrante par son insolubilité.
Dans la couche sensible, au moment où la plaque sera plongée dans le bain fixateur, ces mêmes sels, principalement les sels doubles, vont se former : si le bain est vieux, épuisé, l’hyposulfite n’étant plus en excès suffisant, le sel double insoluble prend seul naissance et, pauvre amateur! croyant arriver à un bon résultat, vous laissez vainement votre épreuve, même plusieurs heures dans la cuvette, sans qu’aucun éclaircissement se produise, le dos du négatif reste laiteux avec persistance. Que faire pour entraîner sûrement l’argent dans une combinaison soluble, en un mot, comment conduire le fixage?
Les conditions de formation du sel double sont de précieuses indications sur le modus operandi. Il faut opérer avec un excès d’hyposulfite.
La meilleure méthode, dont nous nous trouvons bien, consiste à prendre deux bains successifs de fixage, le premier à 20 pour 100 d’hyposulfite comme d’habitude, en l’utilisant même légèrement coloré, en le filtrant de temps en temps; dans ce. bain nous commençons l’élimination de l’argent en y plongeant le négatif, révélé mais lavé, par immersion, quelques minutes dans un bassin d’eau.
Après un quart d’heure de séjour dans ce fixateur, le négatif est traité par un nouveau bain d’hyposulfite à 20 pour i 00 mais neuf; de cette façon, l’argent disparaît parfaitement, surtout si le travail a lieu à la lumière rouge du laboratoire.
Cette dernière' remarque est essentielle; plus d’un négatif fut compromis par un examen trop hâtif
(j) Voir 1< n" 5 du Photographiste.
LE T>TiOTOGT{APmSTE
L’HYPOSULFITE DE SODIUM
à la lumière blanche; le sel double, enserré dans les mailles de la gélatine, se réduit partiellement, provoquant le voile dichroïque, vert par réflexion, rouge par transparence, voile difficile à détruire, enlevé seulement par l’usage d’oxydants (eau oxygénée, persulfate, etc.)
L’hyposulfite, bien que très soluble, ainsi du reste que le sel double, est assez long à éliminer complètement de la gélatine ou des papiers; cette élimination est cependant nécessaire; des traces d’argent peuvent altérer le sujet; la lumière réduisant cet hyposulfite double, donne naissance à des sulfures, eux-mêmes transformés en sulfates; les traits peu à peu disparaissent, l’image s’efface, en vérifiant les liquides de lavage par addition de quelques gouttes d’une solution de permanganate de potassium (la moindre trace d’hyposulfite détruit la superbe coloration rouge de ce sel). MM. Lumière ont indiqué un excellent mode de lavage.
Généralement, les plaques ou les papiers plongent dans un panier au milieu d’un seau, dont l’eau est soi-disant renouvelée par un courant d’eau ; outre que cette manière de faire use sans profit une quantité considérable d’eau, cauchemar de nos propriétaires dans nos grandes villes, difficulté pour les installations de campagne, l’hyposulfite n’est enlevé qu’après un temps très long. Il vaut mieux laver par immersion dans une cuvette d’eau durant 3 à 4 minutes et renouveler l’eau 7 ou 8 fois, en égouttant chaque fois complètement le papier ou les négatifs. En moins d’une heure, avec quelques litres d’eau, nous faisons plus de besogne et moins de dépense.
Pour être sûr de réaliser complètement le départ de l’hyposulfite, souvent on lave les épreuves au sortir du fixateur, par une substance oxydante destructive du sel fixateur. Parmi les corps les plus employés se trouvent les hypochlorites (eau de Javel), le sel iodé Mercier, etc.; l’opération est terminée par un lavage à l’eau.
Lorsque l’action fixatrice se prolonge, la gélatine peut se colorer en jaune brun, tandis que l’argent de l’image s’attaque légèrement ; en opérant comme nous l’avons indiqué, ces défauts de l’hyposulfite disparaissent.
Dans les formules de fixateur, viro-fixeur, l’hyposulfite est très fréquemment associé à l’alun ; une grave question embarrasse souvent le praticien. Chacun a pu constater l’abondant précipité formé soit d’alumine, soit du soufre, soit mélange des deux, selon la température, mais résultant de la destruction d’une certaine quantité, soit d’alun, soit d’hyposulfite.
Comment préparer les solutions.
Comme ces mélanges sont variables, les liquides contenant des sulfures, des sels thioniques, etc., le mieux est d’éviter leur emploi en écartant l’alun pour le remplacer par le formol ou aldéhyde formique. Les bains plus stables risquent moins d’entraîner l’argent dans des composés fragiles voués à une destruction future.
MJlJiCEL MOEimÉ.
Une Rue ]a nuit
CARL CLAUDJUS
- -- C'est l'effet de nuit plein. Le ciel se distingue juste à peine des murailles. Une boutique attardée, jette seule ses lueufs par ses devantures. Jmpre.ssion profond^ du sommeil prochain des choses, qui va s'identifier au sommeil actuel des êtres, o o
A l'Exposition des Mondes ellis kblsey
— 7{epresenfation d'une vue prise par une pose de 20 minutes. La partie du ciel où se trouvait la lune a été masquée pendant la pose. La lune a été photographiée ultérieurement par une pose très courte et sans faire emploi d'un objectif à plus long foyer que celui ayant servi à la prise de la vue, pour que la lune garde sa vraie grandeur relative. oocoooo 00000
COnSIDÉRATIOnS GÉnÉRflLES SUR LES EFFETS DE HUIT"' ^
OMME la lune change de position au cours des durées de temps de pose assez longues, elle ne produit pas, si on la comprend sur l’image, un disque rond sur le négatif, mais une bande oblongue. Il est donc préférable de l’exclure toujours du champ du tableau.
Par truc, on peut cependant l’y amener. Voici le moyen ; Prenez avec soin votre paysage, la lune ayant été exclue du champ du tableau à l’aide d’un cache. Fermez l’objectif et pointez votre chambre vers la lune; au moyen du viseur, jugez du meilleur endroit qu’elle doive occuper. Posez alors i 4 ou i 8 de seconde. De cette façon, la lune marquera nettement sur la plaque.
Elle paraîtra ainsi plus petite qu’on ne la voit, d’habitude, dans les estampes ou sur les tableaux; si on veut l’obtenir avec les dimensions un tantinet exagérées que les peintres lui donnent, on se servira, pour la prendre, d’un objectif possédant une distance focale plus grande que celui employé pour la prise du paysage. En usant de ce truc, méfiez-vous de ne pas mettre la lune en discordance avec les reflets qu’il pourrait y avoir dans votre paysage. S’il se rencontre des ombres très intenses dans des paysages lunaires, on se gardera d’une exposition trop prolongée. Le changement de place de la June, pendant la pose, brouillerait les extrémités des clairs et des ombres.
(>) Voir le n® 5 du Photographiste.
LE PTlOTOGT^JlPmSTE