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LE CALVAIRE DE PONTCHATEAU

mystérieuses, et l’on put bientôt constater qu’il s’arrêtait au point le plus élevé de la lande de la Madeleine. On les y a suivies et, à l’endroit même d’où, après s’être reposées un instant, elles reprennent leur vol pour ne plus reparaître, on voit toute une ruchée de terre fraîchement déposée sur la lande desséchée. Montfort ne doute plus. C’est là qu’il va établir son Calvaire.

A partir de ce moment, les ouvriers volontaires affluent autour de Montfort. On travaille avec une ardeur incroyable.

Les travailleurs y sont tous les jours par centaines. On a compté jusqu’à cent bœufs attelés en même temps sur la lande pour traîner les plus lourds fardeaux.

Les travaux durèrent quinze mois. On y vient, non seulement de dix et vingt lieues àda ronde, mais des provinces les plus éloignées. On en voit des Flandres et de l’Espagne.

Grand nombre de miracles s’opérèrent pendant l’érection de ce calvaire et au moment même où les ennemis de Montfort poursuivaient la destruction de son œuvre, on présentait à l’Evêché de Nantes, une liste de plus de cent cinquante miracles opérés.

Ce monument gigantesque entrepris par le saint missionnaire, sans être terminé, atteint les

Le Sommet du Calvaire ; Le Christ entre les deux Larrons Ernest Carpentier

proportions qu’il lui voulait pour le moment. La sainte montagne s’élève à vingt mètres au-dessus du sol. Elle se termine par une plate-forme assez large pour recevoir les trois croix, celle de Notre-Seigneur, et celles du bon et du mauvais larron.

L arbre géant de la contrée, dont on a fait la croix principale, a été conduit, au Calvaire, du domaine de la Brétesche, sur un traîneau attelé de douze paires de bœufs.

On voit sur cette croix, le beau Christ sculpté à Saint-Brieuc. Au pied, les statues de Notre- Dame de Pitié, de saint Jean et de la Madeleine. Les deux croix du bon et du mauvais larron, mettent sous les yeux d’une manière expressive le repentir plein de confiance de l’un, et le sombre désespoir de l’autre.

(Jl suivre) ERNEST CARPENTIER.

Comment on fait

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