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LA FUSION DES VERRES D’OPTIQUE

Lac de Loewertz albert delaune

ES procédés de fabrication des verres d’optique sont très différents de ceux qu’on emploie dans les verreries ordinaires. Tandis que dans ces dernières les fours marchent à feu continu, les fours de verrerie d’optique ne contiennent jamais qu’un seul creuset à la fois, qu’il faut laisser refroidir pour obtenir la matière qu’il renferme ; enfin, ce creuset est perdu à chaque opération. Mais voyons les détails de la fabrication de ce précieux cristal.

Dans un four à réverbère, complètement froid et ouvert, on introduit un creuset en terre réfractaire, parfaitement sec, ayant la forme d’un cylindre d’un mètre de haut, terminé par un dôme et portant sur l’avant une ouverture, gueule, en terme technique. Un tel creuset peut contenir environ 600 kilogrammes de crown ou i .000 de flint, la densité des deux verres étant fort différente. Le four est muré, ne laissant passer que la gueule du creuset; on le chauffe lentement, puis de plus en plus fort, jusqu’au rouge blanc, atteint au bout de trente heures environ. Toutes ces précautions ont pour but d’éviter sa rupture.

C’est alors seulement qu’on commence à enfourner par la gueule du creuset les matières vitrifiables : sable, potasse, soude, acide borique, minium, etc., il se produit un bouillonnement et un gonflement des matières tels, que si l’on emplissait trop le creuset, la plus grande partie de la composition coulerait dans le four. Il faut donc opérer par très petites quantités, laisser tomber les bouillons, faire des enfournements successifs. Le creuset n’est plein qu’au bout de quinze à dix-huit heures de ce travail.

La matière s’est bien vitrifiée, mais elle est remplie de bulles et ressemble, en quelque sorte, à de la mousse de savon. Huit à dix heures après le dernier enfournement, on chauffe à outrance, surtout pour les crowns. La température atteint 1 .600 à 1 .800 degrés C, faisant fondre parfois les briques du fourneau ou la terre du creuset.

Après cette période de chauffe ou affinage, qui dure de vingt à trente heures, des échantillons de verre sont prélevés dans la masse à l’aide de petites cuillers. Après refroidissement, on les examine a la loupe dans des conditions d’éclairage variées, pour juger de leur degré d’affinage.

Quand plusieurs échantillons sont dépourvus de bulles, on suspend la période de grand feu, on débouche le creuset, on enlève une certaine partie de la surface du verre; c’est V écrémage qui a pour but de faire disparaître les impuretés.

Le brassage, qui vient ensuite, est la plus importante des opérations. Nous avons vu qu’il a été imaginé par Pierre Louis Guinand, et non Guinaud, comme il a été dit par erreur, dans le premier article, le créateur de la verrerie d’optique. 11 a pour but de mélanger toutes les parties vitrifiées d’une façon intime, il s’oppose à la liquation qui engendre les fils, car les verres ont une constitution analogue à celle des alliages, ils sont formés de silicates de composition définie, maintenus en dissolution dans des silicates basiques qui servent de fondants et s’opposent à la cristallisation des premiers. Le brassage, en somme, mélange le verre de telle sorte, qu’il ait, après solidification, la même composition chimique et la même densité dans toute sa masse.

(i) Voir le n*’ j du Photographiste.

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