CHEZ LE VOISIN
Comment on travaille le Paysage en Angleterre "
ONC, d’après ce que nous avons vu dans la combinaison de divers négatifs, pour obtenir une seule épreuve finale d’un cachet artistique, il faut combiner les impressions et faire, pour cela, usage de caches. Mais comment doit-on, au mieux du résultat, employer les caches? Voilà certes une question qui vous brûle les lèvres, si vous ne l’avez pas déjà jetée aux paisibles échos de votre home, en lisant la première partie de cette étude. Je me ferais remords de vous garder en embarras. Examinons donc ensemble le jeu des caches et, pour mieux circonscrire l’examen, examinons ce jeu dans le report d’un ciel sur une
image qui n’en a pas de prime origine. Au demeurant, le report d’un ciel est le travail le
plus fréquent, le plus nécessaire, le plus imposé dans la constitution d’une épreuve artistique. Puis, sachant faire un report, on saura, de prime coup, exécuter tous les autres. C’est en somme tout le temps la même chose, comme manoeuvre fondamentale; on n’a, pour les divers cas particuliers,
qu’à s’ingénier à la confection des caches ad hoc. C’est là chose qu’on ne peut définir, parce que
multiple dans ses variations, et qui, par conséquent, reste absolument dépendante de la souplesse et de la fécondité de votre imaginative. Reporter un ciel sur un négatif est à tout prendre œuvre plus facile à faire qu’à décrire. Essayons cependant cette description en raisonnant sur des négatifs pris de telle sorte que les deux négatifs de paysage et de ciel soient éclairés de même manière.
Ces négatifs étant, comment procéder?
Examinez le ciel de votre paysage tout d’abord ; s’il est assez opaque, il n’a pas besoin de traitement spécial; s’il est trop transparent et n’oflFre pas assez d’opacité, il faut le bloquer par un cache découpé dans du papier à aiguilles ou avec un produit opaque quelconque du commerce appliqué ait pinceau, sur le dos du négatif: gouache, jaune ou rouge, ou vernis de mêmes couleurs. Voila tout pour notre négatif de paysage, que nous laisserons sécher le temps suffisant dans le cas d’un bloquage à la couleur. Nous utiliserons ce temps à découper soigneusement, pour être placé sur le négatif du ciel, un cache bloquant tout l’espace blanc de l’horizon jusqu’au bas. Cette façon de procéder n’est pas absolument nécessaire dans beaucoup de cas, mais c’est la plus sûre, car les parties du papier qui ne doivent pas être impressionnées restent, ainsi, parfaitement préservées de toute atteinte lumineuse. Le plus aisé est de reporter des ciels dans un paysage ayant un horizon plat, aussi nous commencerons nos démonstrations par là.
Voyez la gravure n° i ; elle s’explique d’elle-mème. Un morceau de carton, ayant une extrémité dentelée, est tenu au-dessus du châssis-presse dans lequel se trouve le négatif du ciel et contre la limite d’un morceau de papier noir fixé sur le châssis, par mesure de prudence, et destiné à masquer complètement la partie du papier qui doit recevoir ultérieurement le paysage et demeurer, à cet effet, parfaitement vierge de toute teinte. Il ne reste plus qu’à exposer le tout dehors, au grand jour, en agitant doucement, dans
T^ig- I (i) Voir le n* y du Photographiste.
GcJatino-bromurc * Frédéric dillaye