LES SALONS D ART PHOTCGRAPHICUE LT LEUR RAISON D ETRE
Le Photo-Club de Paris est le premier groupe d’individualités qui ait tenté la démonstration de l’art photographique désemmailloté des préjugés d’antan. Aujourd hui, son neuvième Salon est ouvert au Petit-Palais des Champs-Elysées. Ce Salon est annuel. Voilà donc neuf ans que ces expositions durent avec in intérêt inlassable et toujours croissant, par 1 apport de travaux nouveaux faits dans des sens nouveaux. Elles ont lieu à Paris, c est-à-dire dans la ville de France la plus habitée, celle qui renferme le plus grand nombre de gens ayant une mentalité artistique développée par la fréquentation des chefs-d œuvre de toutes sortes. Eh! bien! allez à ce neuvième Salon. Ne manquez même pas d’y aller. 11 vaut la peine que vous l’examiniez lentement et à fond, en tant que photographe. Cet examen fait, faufilez-vous dans les groupes, écoutez ce que l’on y dit. Vous constaterez combien, après neuf ans, est encore peu faite l’éducation de ceux qui y fréquentent. J’entends de ceux-mèmes qui y fréquentent annuellement. 11 serait pourtant intéressant qu’elle se fît, qu’elle fût faite. Combien de jolies choses se trouvent entassées dans ce Salon! Combien d’efforts tentés, de voies essayées, de buts atteints! J entends les efforts tentés, les voies essayées et les buts atteints par les artistes consciencieux, ceux qui ne se moquent pas du public en voulant lui faire avaler, comme œuvre artistique, la plus ratée des positives provenant du plus raté des négatifs. Les révolutions ont évidemment cela de mauvais : elles remuent les bas-fonds et amènent l’écume à la surface. On ne peut l’éviter. C’est dans la nature même de toute révolution, de tout bouillonnement. Sans écume le bouillonnement n’aurait pas suffisamment lieu. C’est affaire aux organisateurs des Salons, d’enlever cette écume au mieux du possible, jusqu’à ce que le bouillonnement soit suffisamment régularisé, comme celui d’un bon pot au feu, pour ne plus produire d’écume.
Donc, il est bon de multiplier les Salons d’art photographique dans toutes les parties de la France pour l’éducation de tous. Mais serait-il bon aussi, comme d’aucuns le réclament un tantinet vertement, de les régler, aux fins d’écumer,par des jurys dont les membres seraient un peu plus rompus à la technique photographique que des confrères en art, habitués à travailler en un autre genre, et fort disposés, par malice ou ignorance, à admettre des œuvres absolument contraires à la photographie et à son art?
Possible!... C’est peut-être un peu à cause de cette admission que l’éducation du public est si lente à se faire.
De cela vraiment, nous ne saurions trop lui en vouloir.
Comment voulez-vous qu’il juge du bon grain, si l’ivraie et la sanve l’étouffent! Mais est-ce bien l’introduction d’une majorité de professionnels ou de techniciens dans le jury qui amènerait à ce but? J’en doute un peu. Ils seraient plus malicieux ou volontairement plus ignorants que certains des autres membres. A moins qu’on ne les choisisse parmi ceux dont les tendances au moderne sont nettement accusées... Alors, nous aurions des jurys de tendance!... Le beau pays gagné !... Laissons donc les choses en l’état. Reconnaissons loyalement qu’il y a des nécessités d’admission pour bien faire comprendre le mouvement. Il suffit que l’ivraie et la sanve n’étouffent pas.^^^
rj^ÉDÉT^lC miLAYE.
Projet de Vase h. de la gilberdière
Eif-ce une gageure? Peut-être.
Qui se serait Joute, en effet, <jue Ij ville Ij plus bourgeoise Ju monde, "Bruxelles, avec sa propreté quasihollandaise, et sa superbe cathédrale de Sainte-Gudule , pouvait servir de projet à une enluminure? On ne sait jamais ce qui peut germer dans la cervelle d'un fantaisiste ! o c o