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Pupe des mâles immobile, femelle brune coriace, per

dant sa forme d’insecte et se desséchant sur ses

œufs.6 e genre : Lecanium.

Pupe des mâles mobile; femelle blanche farineuse, gardant sa forme d’insecte et ses organes même après

la ponte.'.7 e genre : Dactylopius.

On doit compter comme nuisibles à nos vignes les insectes Homoptères suivants :

Cicada concina G-erm. (lou Cigalou), pondant sur les sarments secs et suçant les racines à de grandes profondeurs ; peu nuisible.

Penthimia atra Fab., piquant les feuilles comme larve et comme insecte parfait.

Typhlocyba viridula(?) Fall., piquant les feuilles comme larve et comme insecte parfait.

Aphis vitis. Le Puceron vert de Scopoli. Pique les feuilles.

Lecanium vitis. La Cochenille de la vigne de Réaumur. Pique le sarment de deux ans.

Dactylopius vitis. La Cochenille farineuse de la vigne, ou Pou de Strabon. Pique les feuilles et le sarment d'un an.

Phylloxéra vaçtatrix . Pique les racines et produit des galles sur les feuilles.

Passons rapidement sur les Cicadaires, dont l'effet nuisible ne se fait que rarement sentir dans nos vignobles,

La Cicada coneina est une petite Cigale chanteuse, de la grosseur d’un Taon, qui dépose ses œufs au mois d’août, dans les sarments secs des souches qui ont éprouvé quelque accident. Ces œufs éclosent dans dix ou quinze jours,’et la larve qui en sort s’enfonce en terre très-profondément. Nous n’avons pu l’observer par nous-même ; mais il est probable qu’elle reste plusieurs années avant d’arriver à l’époque où elle sort de nouveau du sol, pour quitter sa coque de nymphe et prendre la forme ailée.

La Penthimia atra est une petite Cigale non chanteuse, mais qui sauté très-bien. Aplatie et les membres ramassés sous elle^ elle a l’air d’une petite tortue ou d’une tache de vernis noir sur les feuilles, et échappe prestement aux doigts qui veulent la saisir ; elle a quelquefois deux taches rouges sur le thorax. La larve est brune, et, tout comme l’insecte parfait, elle pique les feuilles de la vigne et de beaucoup d’autres plantes. Elle est presque moitié plus petite que l’Altise.

La Typhlocyha viridula (?)se présente sous la forme d’une très-petite Cigale, verte à l’état parfait, et blanche sous la forme de nymphe. Plus petite encore que la Penthimia, on la voit mieux cependant en automne, parce qu’elle vole à tout instant d’une souche à l’autre. Elle nous a été apportée, au mois d’avril, par un de nos horticulteurs, qui nous a dit qu’elle faisait flétrir les feuilles et les bourgeons des vignes. A l’état de larve, elle marche souvent de côté comme les Crabes, et se dérobe en passant sous la face inférieure des feuilles. On a quelquefois, sans raison aucune, attribué à cet insecte l’origine de l’oïdium.

UAphis vitis, de Scopoli, n’est guère connu que par ce qu’en ont dit l’auteur de l’espèce et quelques compilateurs après lui 1 , tous en copiant leur prédécesseur :

C’est un Puceron fort ressemblant à celui du Rosier, vert dans sa jeunesse, et devenant brun plus tard. Scopoli l’indique en Carniole, et Gêné en Italie, oùPasserini ne l’a pas retrouvé; nous ne l’avons jamais trouvé ici, non plus que Koch en Allemagne. Mais M. Riley nous écrit

1 En réalité c’est une espèce fort douteuse, dont nous donnons ici la diagnose et la description d’après Scopoli, Entomol. Carniol. p. 137.

Diagn. Virens; oculis nigris, ad latera abdominis punctulis nigris. Hab in vite vinifera sub foliis.

Larva virens ovata villosula ; oculis fuscis. Aphis dorso demum fusecscente et nitido : punclo nigro utrinque rétro antennas; alis venu ma, ramis tribus instructa, oculis nigris, abdominis incisuris tribus mediis supra nigris.

qu'il est aussi en Amérique, et fait du mal aux jeunes bourgeons dans le sud des États-Unis.

Les Aphidiens sont des Pucerons vivipares en été, à antennes presque toujours allongées portant généralement les ailes en toit et ayant deux articles aux tarses.

Les Coccidiens, par contre, ou Cochenilles, sont ovipares, portant de longues antennes aussi, quand ils sont ailés ; mais les mâles seuls ont des ailes, et ils n’en ont que deux, qu’ils portent à plat sur le dos. Ils n’ont qu’un article aux tarses.

Or, entre ces deux familles si distinctes d 'Aphidiens et de Coccidiens, entre les Pucerons et les Cochenilles, est venu se glisser une toute petite famille qui, par ses caractères, forme un lien tout naturel entre les Aphidiens et les Coccidiens : c’est la famille des Phylloxériens.

Le genre Phylloxéra a été crée, en 1834, par M. Boyer de Fonscolombe, qui le détermine ainsi :

Genre Phylloxéra (de . yûMov, feuille, fvjpcuvw, je dessèche). Antennes très-courtes, presque cylindriques, trois articles distincts au moins; une trompe courte, large’à sa base, prenant sa naissance au même point que la première paire de pattes ; point d’appendices distincts à l’anus; ailes incombantes, croisées, couchées l’une sur l’autre et sur le même plan 1 2 .

M. Boyer Fonscolombe ne connaissait qu’une espèce de ce genre, qu’il trouvait sur le Chêne blanc, dont elle pique les feuilles.

Celle qui vit sur les racines, et quelquefois dans les galles des feuilles de la vigne, ressemble beaucoup à celle du Chêne, surtout à l’état de jeune larve. Plus tard, celle du Chêne prend une couleur rouge cra-, moisi, rehaussée parla couleur blanche de ses petits tubercules blancs ; tandis que le Phylloxéra de la vigne reste jaune, avec des tubercules noirâtres. Chez l’insecte ailé, le corselet est comme cerclé d’une’ bande circulaire grisâtre, occupant le metathorax.

1 D’après cette étymologie, qui fait allusion au dessèchement des points de la feuille de chêne blanc ou les Phylloxéra quercus ont plongé leur suçoir, il est évident qu’il ne faut pas écrire, comme on le fait souvent : Philoxera ou Philloxera. Ce nom, du reste, ne convient pas bien au Phylloxéra de la vigne; mais nous avons dû l’adopter pour rester fidèles à la loi de priorité qui régit la nomenclature des sciences naturelles.

2 On peut compléter ces caractères en ajoutant les traits suivants: Antennes de l’insecte aptère coupées en bec de flûte à leur troisième article, lequel est le plus long des trois. Un disque ou chaton circulaire (membrane olfactive?) enchâssé dans la dépression en bec de flûte de l’antenne. Antenne de l’insecte ailé plus grêle, à trois articles (sans compter un article basiliaire) : deux disques ou chatons enchâssés l’un dans le second, l’autre dans le troisième article de l’antenne. Tarses à un article chez les larves jeunes, mais à deux articles (dont un basilaire incomplet) chez l'insecte ailé. Deux ongles aux tarses, qui portent en outre des poils à boutons (digitules) comme, du reste, beaucoup de Cochenilles et d’Acarions.

Ainsi donc le Phylloxéra , tout en étant un Hémiptère de la section des Homoptères, n’est pas un Aphidien, parce que (-outre les caractères ci-dessus de Boyer de Fonscolombe) il n'est pas vivipare : il n’a dans le jeune âge qu’un seul article aux tarses et porte au bout des pieds des poils terminés par un bouton.

Ces trois caractères lui sont communs avec les Coccidiens; mais ceux-ci n’ont que deux ailes ; la femelle n’est jamais ailée et a une forme toute différente de celle du mâle.

On voit donc clairement que le genre Phylloxéra forme le passage des Aphidiens aux Coccidiens.

Le Phylloxéra vastatrix (Planchon) a été trouvé en 1868, sur les racines des vignes en France. Il a été décrit en 1854, par Asa Fitch, à New-York, sous le nom de Pemphigus vitifoliœ; par M. Shimer, à Philadelphie, en 1863, sous le nom de Dactylosphœra vitifoliœ ; en 1863, par M. Westwood, à‘Londres, sous le nom de Perytimbia vitisana . ; Tous ceux qui ont été à même de comparer ces types n’ont point trouvé de différence entre le puceron d’Amérique et celui d’Europe.

Les Coccidiens nuisibles à la vigne sont* représentés chez nous par deux insectes très-faciles à distinguer : l’un estle Dactylopius vitis Nob.; la femelle se présente sous la forme d’un pou blanc, dentelé tout autour du corps, ( Dactyl. longispinus Passerini ? ) fort ressemblant au Puceron farineux des serres {Dactylopius adonidum ). Elle forme de petits amas cotonneux à l’aisselle des feuilles ou dans les raisins, etle remplit d’œufs qui éclosent en juin ; les petits qui en sortent se fixent alors le . long (les nervures des feuilles, en dessous, les piquent et les font jaunir.

Ces petits Pucerons lancent à tout moment, par des orifices excréteurs, des gouttelettes de liqueur sucrée, qui salissent les feuilles, les sarments et les raisins d’une matière gluante, noircissant comme de la suie, parce qu’il s’y développe un cryptogame qui forme ce qu’èn appelle la [Fumagine. Les raisins pris par cette espèce de moisissure superficielle ne mûrissent pas, et, dans quelques vignobles, le mal occasionné par cette Cochenille est considérable. C’est très-probablement le Puceron dont a parlé Strabon, sous le nom de et qui fait encore aujourd’hui des ravages en Crimée, d’après Nèdelsky.

Nous pensons que, dans les hivers doux, ces insectes restent actifs sur les racines et ne périssent pas.

L un de nous (J. Lichtenstein) a fait une observation curieuse sur le

1 Voir sur ce sujet : Planchon, La Phthiriose on pédiculaire de la vigne etc , in, Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, n° du 15 juillet, 1870, p. 267-275

mâle de cei^ insecte : il vit caché sous l’amas cotonneux tout le temps qu’il est sous forme de larve, et .s’y change en nymphe mobile; tandis que, chez, les autres Coccidiens, la nymphe reste immobile dans un cocon.

Cette mobilité du mâle et de la femelle rattache le genre Dactylopius au genre Phylloxéra; mais les autres caractèr.es de : deux ailes, longues antennes et œufs placés dans des amas cotonneux, le lient au dernier genre dont nous ayons à nous occuper :

Le Lecanium vitis, la Cochenille de la vigne de Linné et de Réaumur. Ici, la femelle adulte se présente sous la forme d’une petite coque brunâtre et coriace, reposant sur un amas cotonneux et ne gardant plus aucune formé d’insecte ; car, quand elle s’est fixée pour pondre sur les sarments, elle fait passer ses œufs sous elle, et tous les organes s’atrophient et disparaissent, de telle sorte qu’il ne reste plus qu’une petite pellicule brunâtre, coriace,'qui recouvre les œufs.

Les petits ressemblent aux jeunes Phylloxéra et encore plus aux jeunes Dactylopius -, mais ils sont rouges, comme aussi les œufs. Nous ne savons pas où ils passent l’hiver ; mais, au printemps, on les voit apparaître et se fixer, les uns (les femelles), pour se transformer comme nousvenons de le dire ; les autres (les mâles), pour former une petite coque plus allongée et plus étroite, d’un blanc brillant, dans laquelle a lieu sa métamorphose, d’abord en chrysalide immobile, et puis en petite mouche ailée, à longues antennes; avec deux filaments blancs au bout de l’abdomen,(entre lesquels on trouve un appendice recourbé fort visible (pénis).

Nous avons évité, à dessein, dans ces courtes notes, d’employer le langage scientifique et les diagnoses latines, écrivant ceci plutôt pour les agriculteurs que pour les entomologistes, et nous croyons en avoir assez dit pour que chacun puisse reconnaître si sa vigne est atteinte par un Hémiptère, quel est celui auquel il a affaire, etc.

Il est fort rare qu’un Puceron attaché à une plante en attaque d autres ; et, quand on trouve des Pucerons aux racines des Haricots, des Graminées, des Conifères, il ne faut pas croire que ce sont des Phylloxéra II y a parmi les vrais Aphidiens plusieurs genres, comme les Tychea, Forda, Rhizobius, Trama, etc., qui ont une vie souterraine et piquent des racines ; mais leur forme générale et les antennes de six à sept articles les distinguent de suite des Phylloxériens.

F.nfin disons encore, pour terminer, que ISs déformations aux feuilles de vigne sont souvent causées, chez nous, par des insectes qui ne sont pas de l’ordre des Hémiptères. Les galles lenticulaires enchâssées dans l’épaisseur des feuilles et ouvertes, ou du moins trouées, par-dessous (quand l’insecte est sorti), sont l’œuvre d’un petit Diptère (Mouche),

Cecydomya vitis, signalé par l’un de nous,, pour la première fois, en

Les bosselures garnies d’un feutre argenté au printemps, et devenant brunes en été, sont causées par le Phytoptus vitis, un Acarien microscopique. Cette maladie avait été anciennement considérée comme une production végétale cryptogamique et appelée Erineum necator.

Les déformations causées par ces deux petits animaux n’ont pas encore été considérées comme sérieusement nuisibles.

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