PUNAISES. — CIGALES. — PUCERONS. — COCHENILLES
Pour compléter l’histoire du Phylloxéra en tant qu’elle peut l’être aujourd’hui, nous croyons devoir y annexer un petit appendice entomologique, indiquant, à côté des caractères du genre Phylloxéra, ceux des insectes du même ordre qui font du mal à la vigne dans notre pays.
Nous extrayons ces notes d’un travail plus important, que l’un de nous se propose de publier un jour, sur tous les insectes qui sont signalés en Europe ou en Amérique comme nuisibles aux vignobles. Aujourd’hui nous ne parlerons que des Hémiptères, en laissant de côté, par exemple : YAltise, le Gribouri, les Charançons verts, bleus oug ris, qui sont des Coléoptères; la Pyrale, les Cochylis, qui sont des Lépidoptères, etc.
Les Hémiptères (mot dont les racines grecques signifient demi-ailé) ont reçu ce nom de Linné, parce qu’une partie d’entre eux (la Punaise des choux, par exemple) ont les ailes de dessus par moitié transpa. rentes et par moitié coriaces et opaques; mais, comme ce càractëré manque chez beaucôup d’insectes de cet ordre, Fabricius et Latreille y rangèrent tous les insectes à quatre ailes, dont la bouche est formée par un bec ou rostre garni intérieurement de soies très-fines, qui permettent à l’insecte de sucer les sucs végétaux ou animaux qui forment sa nourriture. Les Hémiptères ne peuvent donc absorber que des liquides, et nos observations nous permettent d’ajouter des liquides frais et sains, soit végétaux, soit animaux.
Sauf le. caractère constant du bec garni de soies à l’intérieur, les Hémiptères offrent dans leurs diverses familles les plus grandes variétés de forme et de grandeur qu’il soit possible d’imaginer, et leurs
métamorphoses sont des plus bizarres : tantôt complètes, avec chrysalide ou pupe immobile; tantôt, et le plus généralement, incomplètes, avec larve et pupe actives, ne différant de l’insecte parfait que par l’absence d’ailes.
La présence ou l’absence de l’aile moitié coriace, moitié transparente, permet de faire d’abord, dans l’ordre des Hémiptères, deux grandes coupes, qui sont :
1° Les Hétéroptères (ailes différentes), aile supérieure en partie ■coriace, en partie membraneuse ;
2° Les Homoptères (ailes semblables), toute l’aile homogène.
Les Hétéroptères
Dans le groupe d’insectes Hémiptères dont les ailes supérieures sont en partie coriaces et en partie membraneuses, et auquel appartiennent la Punaise des lits, la Punaise des choux, la Punaise bleue [Zicrona cœrulea, qui dévore les Altises,) etc., etc., on n’avait pas jusque dans ces derniers temps signalé d’insectes nuisibles à la vigne, lorsque, dans la séance du 22 mai 1867 de la Société entomologique de France, il fut donné lecture d’une lettre d’un M. A. Baudel, conducteur des ponts et chaussées, à Constantine (Algérie), constatant que, dans la propriété de M. de Launoy, sur la route de Batna, en avril 1867, des myriades de Punaises avaient,, sous ses yeux, fait périr les bourgeons des vignes. L’insecte envoyé avec la lettre était le Nysiuscymoïdes .
En 1869, lorsque nous fîmes la tournée dans les vignobles de Vaucluse, avec la Commission de la Société des agriculteurs de France, nous trouvâmes ce même Nysius cymoïdes par myriades dans les vignes envahies par le Phylloxéra et nous pensions qu’il était là peutêtre pour dévorer notre ennemi.
A la même époque, M. Desmartis (de Bordeaux) signalait ce Nysius comme faisant du mal aux vignes du Narbonnais.
Enfin Riley, à Saint-Louis, parle d’un Nysius destructor comme nuisible aux pommes de terres et au x vignes, à Tanney County et Kansas i .
Nous croyons qu’il faut encore observer, avant de classer définitivele Nysius comme fin ennemi. En tout cas, voici sa description : Nysius cymoïdes Spinola [Senecionis Schilling,) petite Punaise grise, tachetée de noir, de 2 { / i mill.; membrane brun clair; ventre noir; commune sous toutes les plantes; répandant, quand on l’écrase, une forte odeur de punaise.
Ce genre fait partie de la famille des Lygéides , et la forme du corps
1 Report ofC. V. Riley. Jefferson; City, 1873, f* 112.
des Nysius rappelle en petit celle des Punaises rouges tachées de noir, si communes au pied de nos malvacées pendant toute l’année.
Homoptères
(nuisibles à la vigne)