BERNARD
est bien solidement maintenue, avec deux mains, très près des malléoles. »
« b). Mettons l’avant-pied sur le même axe antéropostérieur que l’arrière-pied en agissant sur la médiotarsienne et en maintenant solidement l’arrière-pied d’une main, tandis que vous agissez avec l'autre sur l'avant-pied ». |
« €). Repoussons de notre mieux le calcanéum en dehors de l’astragale. » |
«2° L'enroulement du bot interne du pied. — Si l'enfant est tout petit, nous accrochons avec les derniers doigts de nos deux mains le calcanéum, d’une part, et le premier métatarsien et le gros orteil, d'autre part, pour re‘resser, pour tirer en dehors ces deux extrémités de l'arc interne du pied ;.et nos deux pouces, réunis en dehors sur la convexité du bord externe, vont agir par pression pour repousser en dedans ce sommet de l'arc. »
« Recommencçons dix fois, vingt fois, trente fois. »
« Si cela résiste encore, procédez comme il suit vous aurez plus de force. »
« Vous appuierez le bord convexe du pied sur un billot rond ou plutôt sur un coin de bois recouvert d’une couverture. »
« Le bord interne du pied présente sa concavité en haut : sur ses deux extrémités, appuyons les éminences thénars de nos deux mains de tout notre poids, comme si nous voulions amener au contact de la table de chaque côté du billot nos deux mains, c'est-à-dire les deux extrémités de l'arc. »
« Ne craignez pas de le briser ; faites, au contraire,
comme si vous vouliez le briser ; vous n'y arriverez pas. ». s
« Appuyez donc de toutes vos forces et, chez les en- - fants âgés de huit ans et au-dessus, faites mettre les deux mains d'un aide sur les vôtres. Pressez systématiquemént aussi vigoureusement que vous le pourrez, pendant huit, dix, douze minutes, jusqu’à ce que le pied ne fasse plus ressort, ne revienne plus à sa forme défectueuse, ne fasse plus l'arc en dedans ; ou tout au moins Jusqu'à ce que, avec deux doigts, un au talon et un au gros orteil, sans effort, vous effaciez la concavité et la mainteniez dans l'hypercorrection. »
« Cette manœuvre non seulement déroule le bord: interne du pied, mais agit utilement sur l’adduction de l'avant-pied et un peu sur la concavité de la plante. »
« 3° Le bord interne du pied est relevé et le bord externe abaissé. Relevez celui-ci et abaissez celui-là. »
« C’est difficile et cependant capital. Vous ferez immobiliser solidement la jambe par un aide, et vous saisirez les deux bords du pied avec vos deux mains, dont les éminences thénars et les pouces seront sous la plante, tandis que les autres doigts embrasseront le: deux moitiés interne et externe de la face dorsale du pied. Vous ferez basculer le pied, l’arrière-pied surtout, en abaissant la main qui tient la moitié interne du pied et en relevant l’autre. Vous insisterez longtemps, vigoureusement, méthodiquement. Une bonne manœuvre cherchez avec la main interne à accrocher le scaphoïde et la partie interne du calcanéum et tirez dessus de toutes vos forces de haut en bas, comme pour déchirer le ligament interne qui les rive au tibia. »
« Vous sentirez bientôi ce ligament s'étirer, grincer,
craquer, se rompre, — ce qui est une très bonne chose, car ce ligament est le principal obstacle ici. »
« 4° Restent l'équinisme et le pied creux. En relevant la pointe du pied, vous cherchez à faire rentrer l'astragale dans sa mortaise. Il faut écarter les ‘ deux branches de la mortaise pour y arriver ; cette diastase passagère n'a aucun inconvénient. »
Mais le calcanéum n'est pas encore assez äescendu, bien qu'il le paraisse. « C'est le panicule adipeux souscalcanéen qui vous Îait illusion. »
Pour amener à sa place le calcanéum, « vous accrocherez de votre mieux cet os et l’abaisserez par un effort prolongé, tandis que la jambe est maintenue solidement par un aide ; vous saisissez donc avec les doigts recourbés de l’une de vos mains la saillie postérieure du calcanéum et vous tirez en bas, tandis qu'avec l'autre main, étalée sous la plante, vous poussez d'un mouvement énergique le pied de bas en haut, et cherchez ainsi à faire rentrer l’astragale dans sa mortaise et à faire basculer d'avant en arrière et de bas en haut tout le massif astragalo-calcanéen. »
« Répélez cette manœuvre pendant trois, quatre cinq minutes, avec grande force, ét vous arriverez presque toujours, chez les tout petits au dessous d’un an, à obtenir un abaissement suffisant, par distension du tendon d'Achille et ces fibres ligamenteuses puissantes qui fixent le calcanéum aux os de la jambe. »
Chez les enfants plus âgés, ei dans les cas où le tendon résiste, Calot en pratique la ténotomie sous-cutanée d'avant en arrière.
Puis on revient sur les différentes manœuvres déjà décrites ; on les complète et on met le pied en hyper-
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correction. Mais, insiste Calot, ne commencez jamais par la ténotomie car, avant le déroulement du pied, le tendon est très près des vaisseaux, et « vous vous pri- veriez d’un appui précieux pour la déflexion de l’avantpied sur l’arrière-pied, c'est-à-dire pour transformer le pied creux en un pied plat convexe. »
Le maintien de la correction, ou plutôt de l’hypercorrection que l'on doit toujours atteindre, se fait au moyen d’un plâtre allant « des orteils à mi-cuisse ». Cet appareil est enlevé au bout de trois ou quatre semaines. Si la correction est insuffisante, on l’achève et on la fixe dans un nouveau plâtre qu'on laisse deux mois en laissant marcher le malade.
. Au bout de ce laps de temps, vérification et nouveau plâtre pour deux ou trois mois ; puis un troisième plàtre de même durée, après quoi le pied est laissé complètement libre.
B. — Tarsoclesie instrumentale. — Il arrive de rencontrer quelquefois des pieds-bots récalcitrants qui résistent aux muscles de l'opérateur. On s'est ingénié à décupler sa force au moyen d'instruments où l'on retrouve encore l'ingéniosité féconte des adversaires de l'opération sanglante. |
C'est ainsi que Bradford recommande, pour pratiquer le redressement forcé du pied-bot, une pince de son invention, sorte de clef anglaise des mécaniciens entre les mors de laquelle on place l’avant-pied. On fixe l'arrière-pied et on déploie son énergie à vaincre les résistances du pied difforme.
Thomas présente, de même, un appareil de redressement. On engage le pied dans un étrier Jusqu'au coude-pied. Cet étrier est fixé à une barre longeant le bord
interne du pied et sur laquelle coulisse un mors qui vient s'appliquer sur la face dorsale de l'avan!-piet. Il suffit’ de quelques violences pour obtenir l'effet utile. |
Ces deux instruments sont d'une remarquable imprécision ; aussi Redard nous offre-t-1l un appareil à points d'applications plus scientifiquement étudiés.
Deux pelotes internes concaves s'appliquent l’une sur la partie interne du talon, l’autre sur le côté interne de l'articulation méta-tarso-phalangienne du gros orteil. Une pelote externe appuie sur le point culminant du bord externe du pied. Un grant levier la mobilise et, par des pressions successives, on doit dérouler ce pied.
Robin (de Lyon), bien d’autres encore, ont fait construire sur ces principes des tarsoclastes variés.
Nous voulons signaler l'iniéressante pince du Docteur Judet, construite par Collin. Ce davier orthopode est articulé comme une tenaille. Chacun de ses mors porte une plaque métallique caoutchouiée. Ces plaques sont interchangeables et de volume différent suivant la grosseur du pied à redresser. L'une d'entre elles peut être animée de mouvements verticaux et l'autre de mouvements de circumduction. On saisit le pied entre les deux mors du davier et l’on fait quelques prises modelantes. Quand les tissus et les articulations sont un peu assouplis, on fixe une prise définitive en serrant un écrou à ailettes situé sur les manches du cavier. On opère alors le redressement forcé.
Malgré quelques bons résultais obtenus, on ne peut s'empêcher de reprocher à cette tarsoclasie instrumentale de soumettre le pied à des violences dont on ne peui mesurer n1 l'intensité, n1 les conséquences. Il est difficile, en cffet, de limiter l’action de ce mode thérapeutique.
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Aussi au cours de ces interventions, a-t-on pu cons- {ater la production de graves lésions. Ce sont parfois de simples ruptures ligamenteuses étendues et quelquefois irréparables ou bien des fractures diverses des os du pied. On a même pu noter de graves fractures des malléoles. |
Seul, le redressement forcé manuel tel que le pratique Calot, offre le minimum de danger pour le maximum d'effet curatif dans les cas où l'infirmité n'est pas rendue irrémédiable par l’âge du sujet .