CONCLUSIONS
Nous avons, au cours de ce travail, cherché à donner, ou!re une étude générale du pied-bot varus équin congénital, un exposé assez complet des différents procédés que les chirurgiens et les orthopédistes opposent à cette difformité. | Ho
Peut-être nous reprochera- t-on cette abondance ?
Nous voulons paraitre maintenant un peu moins didactique et, nous‘adressant au praticien qui ne possède pas l'outillage coûteux et parfois compliqué des spécialistes du bistouri ou du plâtre, nous allons dégager l’enseignement à tirer des pages précédentes.
Il semble bon de se montrer éclectique. Rappelant que le temps est un facteur d'irréductibilité de plus en plus grande des pieds- -bos varus équins par la fixité qu'il donne à la déformation, nous distinguons trois périodes, suivant l’âge auquel le petit infirme est présenté au médecin ; | R
a) de 0 à 2 ans,
b) de ? à 4 ou 5 ans,
SO
c) de 5 ans et au-dessus.
À chacune de ces périodes nous semble correspondre un traitement bien déterminé. Il nous importe peu que, suivant une classique division, le pied-bot soit ligamenteux, musculaires -ou osseux ; la souplesse des tissus à transformer, l'élasticité des ligaments à modifier, la malléabilité des os à modeler, en un mot la plus où moins grande force des résistances à vaincre, nous occupent davaniage.
Il est sans contredit qu'un pied de 6 mois se laisse mieux pétrir qu’un pied de 5 ans.
Nous ne prétentons certes pas imposer exactement à l'opérateur la division que nous avons adoptée. Nous laissons à son jugement le soin de classer un pied limite dans la série ou a ou b ou €, tenant compte ainsi du coefficient personnel d’ossification de chaque sujet.
1re Période. Enfants de 0 à 2 ans. La malléabilité des tissus est considérable chez les enfants de cet âge. Le pied est d'une souplesse qu'autorise la structure toute cartilagineuse du squelette. Bornons donc notre action thérapeutique à des manœuvres modelantes avec ténotomie &u tendon d'Achille, s’il y a lieu. Aussitôt le diagnostic posé, le médecin, par des massages tendant à porter le pied en hypercorrection, cherche à modifier peu à peu la difformité. Il enseigne la technique aux parents qui, chaque jour, doivent masser et modeler le pied de l’enfant. Chaque séance est suivie de l’application d'un bandage au leucoplaste suivant la méthode de Frælich. On persisie ainsi jusqu'à ce que, de lui-même, le pied reste dans l'hypercorrection. On ordonne alors l'emploi de l'appareil léger en celluloïd ou en gulta-percha, puis le
port de souliers orthopédiques, jour et nuit, pendant un an. Rée # Est
2e Période. Enfants de 2 à 4 ou 5 ans. — Déjà la ditformité s'est aggravée : le pied se fixe de plus en plus dans la position du varus, l'équinisme s'accuse davantage. De simples massages ne peuvent plus ‘suflire. Adressons-nous au redressement manuel forcé. Pratiquons cette iniervention sous anesthésie générale, en une ou Geux séances, suivant la technique de Calot avec achillotomie consécutive. Fixons dans un plâtre l’hypercorrection avant laquelle on ne doit pas arrêter les manœuvres du redressement forcé. Par la suite, de mois en mois, appliquons un nouveau plâtre jusqu'à complète correction, que l'on maintient quelques temps encore, pour achever de la rendre fixe, en faisant porter à l’enfant, même pendant la nuit, des souliers orthopédiques à bord externe surélevé.
3° Période. Enfants de 5 ans et au dessus. — Ce n'es plus à cet âge une simple malformation quil faut redresser, c'est une véritable infirmité qu'il faut guérir. Voyez ce durillon du bord externe du pied, ces plis profonds de la face plantaire creuse et interne ; constatez la rigidité et la fixité du pied. Quelles interventions manuelles pourraient vaincre cette résistance ! “Il faut intervenir chirurgicalement, et c’est à la thérapeutique de l'évidement que nous avons recours. Creusant, minant, fouillant tour à tour les os de ce squelette déformé, rendons-le malléable et modelons un pied nouveau dont une lénotomie rétablit Ja flexion. Fixons-le pendant deux mois dans un plâtre. Enlevons ensuite ce plâtre ; faisons pendant une année enrore, appel au sou-
RERNARD 1
ce
Her ‘ofthopédique ét nous aurons la joie de constater les heureux efleis d’une thérapeutique éclairée.
. Vu, le Président de la thèse, | RECLUS
Vu : le Doyen, LANDOUZY
Vu et permis d'imprimer :