D' VIVIER
Enfant B.., à Tusson (Charente), sexe masculin, 11 ans. IL présentait à sa naissance un double pied-bot varus équin. Ses parents se préoccupèrent de cette difformité.
À l'âge de 2 ans, on pratique donc une ténotomie suivie de manœuvres modelantes. Le résultat ne se maintient pas.
A 4 ans, un chirurgien lui fait une ténotomie cunéïforme. Pendant quelque temps le pied semble s'être corrigé ; mais peu à peu, la difformité se rétablit ; puis elle s’accuse ; elle devient considérable quand, en août 1911, le Dr Vivier voit l'enfant.
Le degré de varus est extrêmement marqué, l'enfant marche sur le bord externe de son pied incapable de courir, il accroche ses pieds l’un à l'autre. Une opération est proposée aux parents. Elle est tout d'abord refusée tant on redoute, après les malheureux résultats des deux premières tentatives, qu’une troisième soit encore pratiquée en vain. Puis, persuadés, les parents donnent enfin leur consentement.
C'est à la thérapeutique de l’évidement que l'on a recours. L'un après l'autre l’astragale, le calcanéum et le cuboïde sont
vidés de leur contenu osseux, Le pied s’assouplit, on peut corriger le varus. On masse énergiquement et l'on obtient l'hypercorrection.
Un plâtre, conservé deux mois, est Re par S souliers ordinaires.
A l'heure actuelle, l'enfant a 14 ans. Ses pieds, te Fer corrigés, reposent nettement sur le sol ; il peut marcher assez longtemps sans fatigue et courir. Il se trouve tellement peu gêné qu'il a pu devenir apprenti coiffeur, profession dans laquelle il est indispensable de se tenir debout pendant de longues heures, et, spontanémnt, il exprimait, ce premi:r janvier encore, sa satisfaction au D' Vivier dans une lettre où l'enthousiasme cotoie l'hyperbole. I1 se vante en effet de pouvoir maintenant « courir comme un papillon » !
Conduite à tenir en présence d'un pied-bot