‹ Le Pifferaro, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 15 sur 16 · SCÈNE XIV Les Mêmes, CASCARIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV Les Mêmes, CASCARIN

CASCARIN, entrant par le fond.

Qu’est-ce que tu me veux encore? *

BONSORBET, l’amenant îi l’avant seine.

Cascarin, je pourrais employer de nombreuses circonlocutions... te dire ceci et puis ça... j'y renonce et je vais droit au fait ! L’enfant, de Romanina existe.

CASCARIN, stupéfait.

Qu’est-ce que tu me chantes...

BONSORBET.

Je ne chante pas... en ténor... il existe... il est là dans le coin...

CASCARIN, regardant Antonio,

Ce Pifferarol...

BONSORBET.

Oui tu ne peux pas le renier il a tes lettres et ton nez, ce PilTeraro... c’est frappant...

CASCARIN.

S’il a mon nez... qu’il le garde... je ne lui réclame rien.

Mais songe donc que je lui ai promis son père, il est au septième ciel.

CASCARIN.

Mais... est-tu bien., sûr?

BONSORBET,

Vois... tiens!... (n lui donne les lettres.)

CASCARIN.

En effet! ces lettres?...

BONSORBET.

Ces pattes de mouche...

CASCARIN.

Les miennes... Et c’est celui-là...

BONSORBET.

Quoi ! tu serais encore perplexe !... non... tu fléchis, je le vois... La paternité te travaille : ton œil s’humecte.

* Case. Bons. Ant.

CASCARIN, ébranlé.

Ah J je n’y résiste pas !...

Enfin!... (AAntonio lui montrant Cascarin.) Antonio, ton père te tend les bras...

CASCARIN, s’avançant les bras ouverts.

Mon fils...

BONSORBET. *

Précipite-toi...

ANTONIO

Mon père!... (Il le tient embrassé et pendant que Cascarin a la tête sur l’épaule d'Antonio, Cascarin s’adresse à Bonsorbel.)

CASCARIN.

Que dira mon neveu de tout ça ?...

BONSORBET.

J’augmente la dot et dans huit jours il épouse Emmeline.

ANTONIO, repoussant Cascarin.

Emméline !... la marier !... dans huit jours !...

CASCARIN.

Qu’est-ce qui te prend ?

BONSORBET.

C’est le bonheur !...

ANTONIO, saisissant violemment Bonsorbet.

Le bonheur... ah! ouiche !... vous avez voulu me rendre heureux c’est vous qui êtes cause de tout et pour en finir avec le guignon qui s’acharne après moi... fil va h la panoplie de droite et en détache deux pistolets.)

BONSORBET, courant à lui.

Malheureux ! ils sont chargés... qu’est-ce que tu veux faire deçà?

antonio *.

Ça, c’est pour me détruire.

BONSORBET ET CASCARIN, ensemble. '

Te détruire !

ANTONIO

J’adore votre fille, et comme vous la donnez à un autre... (Levant son pistolet.) je n’ai plus qu’à dire adieu à la société. Bonsoir la compagnie, éteignons la bouzie l

BONSORBET, lui baissant le bras.

N’éteins pas I

ANTONIO, le relevant.

Si... adio... adio 1...

BONSORBET, même jeu.

Nonl...

CASCARIN, mémo jeu.

Mon fils !

* Case. Ant. Bons.

JLE PIFFERARO.

ANTONIO

Si... (U relève ses pistolets et le coup part. Ils tombent tons les trois et poussent un grand cri.)

BONSORBET, (l’une voix éteinte.

Y a-t-il quelqu’un de mort ?

CASCARIN.

Je ne crois pas.

BONSORBET.

Je vais faire l’appel nominal (Appelant.) Cascarin !

CASCARIN.

Présent.

BONSORBET.

Antonio.

ANTONIO

Présent !

BONSORBET.

Bonsorbet... personne ne répond... où est-il? Ah! que je suis bête I je perds mes facultés... (Répondant.) Présent !...

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