partie extérieure des bancs jusqu’au bord du courant qui leur
| correspond. - La naturr et les propriétés de cet immense cours d’eau,
qui se porte constamment des golfes du Mexique et de Ia
| Floride vers le N. et le N. E., en prolongeant la. plus
grande partie des lieux dont la navigation est décrite dans
cet ouvrage, bien qu’indiquées, ainsi que ses effets, dans :
les instructions relatives à plusieurs routes, semble appeler
| sur la totalité de sa course et sur son ensemble une inves-
tigation entière et non interrompue.
Entre le vingt-sixième et Îe vingt-huitième parallèles, ce
courant porte le plus généralement à peu près au N. 11°
| 15" E.; dans l’espace compris entre le vingt-huitième et. le
trente-unième, il semble se diriger au N. 22° 30 E., en
| déviant cependant un peu dans la direction de Ja côte, et se décomposant ainsi pendant quelque temps; puis, il tourne
| soudain au N. 33° 45' E., ou même un peu plus vers l'E,
jusque par les 35°, ou Ia latitude du cap Hatteras. À partir
de ce cap, il se répand vers l'E. 11° 15° N. et un peu plus
au N., jusqu’à ce qu'ayant atteint la longitude de 70°, ïl
| se détourne vers l’E., en dépendant du S,, et, perdant tou-
| jours de son énergie, achève sa course en déelinant à l'E.
Des écrivains habiles ont établi, en règle générale ,
d'après des informations prises des caboteurs américains, que le courant conserve son influeice jusque par Îa latitude de 41° 20° ou 41° 30", et par une longitude correspondante au méridien de l’île de Sable ; toutefois, cette assertion à été contestée par d’autres personnes qui ont donné comme une chose avérée que ses dernières limites vers le N. ne s'étendent jamais au-delà du quarantième paraiièle, et aussi qu’elles ne confinent pas perpétuellement avec les banc de Nantueket. Nous nous en tenons à la première opinion, que nous croyons exacte.
On doit cependant prendre en considération faction des ‘vents sur le courant : ceux du N., du N. E. et dé lE., le pressent vers la côte, resserrent sa largeur, et accroissent ainsi -sa vitesse. Au contraire, lorsqu” ils soufflent du S. O., de l'O, ou du N. O., ils le repoussent dans l'Océan et diminuent son ‘intensité. Îl est donc évident que le gulf-stream est entrainé dans des fluctuations diverses, tant sous le rapport de à force que sous celui de sa direction, en raison des circons
tances environnantes auxquelles il est soumis, et qu'il et
de toute impossibilité d'assigner une règle absolue, relative à ses délimitations. IT suit de ce qui précède, qu'une des- “éription des procédés susceptibles de répandre sur ce phénomène Îles renseignemens qui peuvent amener à Îe mieux ‘connaître dans ses résultats, et à tirer de ceux-ci le parti le plus avantageux, est de Ja plus haute importance. L'apparence et [a température de l’eau s'offrent d’abord aux
méditations de l'observateur. Le courant [ gulf-streain], dans R les basses latitudes, où il coule’sa.:s interruption sous un beau È
‘ciel, conserve une surface bleu-clair et unie, à faquelle on
le peut aisément reconnaître; d'autant mieux, qu'en dehors R de fa ligne formée par le clapotage qui règne sur ses bords, E
l'eau, d’une couleur plus foncée, semble bouïllonner en quelques endroits, tandis que, dans d’autres , elle écume à légal de celles d'une cataracte, même par un calme plat, et dans des lieux sans fond.
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quand Îe temps est beau, un clapotage très-marqué aux abords et à l'extérieur du courant. On a observé qu'en
dedans de ses limites, l’eau n’était pas étincelante pendant la nuit : on peut aussi reconnaître ces dernières dans l'autre moitié du jour, à l'aide d'algues, qu'on nomme gulf-weed ( mauvaises herbes du golfe ).
Les effets produits par différens vents sur Îe courant qui avoisime la Floride, sont aussi dépendans d’une autre cause qui tend également à le rapprocher de la côte ou à l'en éloigner : cette dernière n’est autre chose que l'influence exercée par la lune, laquelle, relativement aux positions successives qu’elle occupe tour à tour, imprime au gulfstream des mouvemens qui, bien qu'inférieurs à ceux que la première cause, celle des vents, a sollicités, n’en sont pas moins sensibles, et donnent lieu à un accroissement considérable lorsqu'ils viennent à se combiner avec ceux qui sont Ja conséquence du moteur principal. Car, lorsque Jes eaux de l'Océan viennent à s'élever au plus haut degré, Ja lune modifie le flot et le jusant, elle les divise lun et l'autre, leur assigne des intervalles proportionnés, et les dirige , les diminue ou les augmente à l’aide des vents. Quand, étant voisine de son lever, ceux-ci viennent à souffler de VO, ou bien encore, lorsque, étant sur le point de se coucher, ils agissent en sens opposé, il en résulte que les rivages qui, regardent Je levant ou le couchant resient à sec ou sont inondés, et sont alternativement soumis aux vicissitudes contraires.
Les vents inpétueux de l’'E., du N. E. et du N., qui sont ceux qui affectent plus particulièrement le gulf-stream, commencent communément en septembre, et continuent jusqu’en mars, c’est-à-dire, pendant que le soleil demeure dans l'hémisphère S. S'il ariive qu’au changement de saison la lune soit pleine ei nouvelle, ces vents se terminent fe plus ordinairement par une tempête.
On peut conclure dé ce qui précède que fées marées doivent éprouver, dans Îes environs du courarit ; des variations’qui conserven. un rapport direct avec les circonstances qu'on vient de retracer, Il existe presque par-tout, le fong des bords du gulf-siream, et principalement sur celuf ‘qui lui est extérieur, un courant dont la diréction est en sens contraire de celle du courant principal, et dont la vitesse est accélérée ou retardée par Île vent, dans ün rapport fondé sur l’action plus ou moins prononcée-de celui-ci, Lorsque Îles vents agissent dans le sens du courant principal, qui alors se répand davantage, le contre-courant ‘se voit réprimé et retardé dans sa marche, et réciproquement.
Lorsque, pendant l'hiver, la terre est comprimée par un froid plus intense, ce qui a le plus ordinairement lieu entre les mois de décembre et de mars, que des brises pesantes et continues, qui se font communément sentir entre le N. et l'O., dans une direction perpendiculaire à celle que suit le gulf-stream , prévalent depuis le cap Hatteras jusqu’au delà des bancs de Saint-George, il faut, de toute nécessité , que ce courant se détourne vers l'E. ; d'autant qu'à ces causes vient se joindre l’afluence des eaux qui proviennent des grandes baies et des rivières : poussées elles-mêmes avec violence par des vents qui accroissent Jeur niasse et leur vitesse, elles se réunissent à l'augmentation progressive du courant qui prolonge les côtes des Carolines, et, se mélant à lui, produisent dans la mer un entraînement si puissant vers l’E., qu'il est impossible à un bâtiment quelconque d’approcher la côte, s’il n’est servi par un changement de brise qui lui soit favorable,
On a observé que les vents qui dépendent du S. et de l'E, ce qui n’est pas très-commun dans ces parages , ont la propriété de refouler le courant sur les accores des sondes, et même, en quelques endroits , jusque sur elles. On‘tient d'un navigateur recommandable les renseignemens qui suivent. « Placés par dix-sept brasses d’eau, en déhors ‘du
les marées ant ; des vales circons. ue par-tout, alement sur diréction est Î, et dont la dans ün rape-de celui-ci, t principal, rant se voit uement, imée par un nt lieu entre ses pesantes entre le N.
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lu S. et de rages , ont des sondes, . On'tient emens qui déhors ‘du
(297) ap Lookout, nous éprouvämes l'influence d’un fort couant provenant du S.; il appartenait indubitablement au ulf-stream : d’où nous avons pu conclure, eu égard aux circonstances environnantes, : que celui-ci est entièrement rouverné par les vents. Aïnsi resserré entre ceüx-ci et es bancs qui avoisinent [a côte, sa largeur dimmue d’une manière sensible, et sa vélocité s'accroît dans le même rapport. Ce dernier phénomène a plus particulièrement été remarqué depuis la Jongitude de Block-Island, en pro- Jongeant à: l'extérieur [es bancs de Nantucket, jusqu’au delà des bancs de Saint-Georges ; et, de même, près des ôtes de la Georgie, ainsi que‘sur une partie de celles de ja Caroliné méridionale. Dans le premier lieu désigné, où ls vents de S. avaient entraînée courant sur les accores des sondes, sa vitesse était d’un nœud et demià deux nœuds à l'heure ; elle était égale à ces quantités dans les parages où les vents d'E. l'avaient porté sur les sondes mêmes: quand, au contraire, les vents dépendentde l'O. oudu N. O.,
ils en éloignent le gulf-stream de quelques lieues au large. »
Ces remarques sont suffisantes pour montrer combien sont ncertames les ffmites qu'on voudrait assigner au courant. Les hangemens qui affectent celles de ces limites qui lui sont inérieures sont peu de chose; mais , quant aux variations auxquelles les autres sont expbsées, elles sont très- Érndes et deviennent infinies quand le temps'est beau. |
Il existe un moyen assuré de reconnaître le courant : du. polfe : il consiste dans la comparaison de la chaleur qui
Est propre à ses eaux, avec celle que la mer conserve elle-
ême, La température de celle-ci est toujours très-inférieure à celle du gulf-stream, soit qu'on l'observe de lun ou de autre côté de son cours. Un ouvrage ingénieux, intitulé avigation thermométrique, produit par M. Jon. Williams et publié à Philadelphie en 1799, fait connaitre que le comdore Truxton s’est souvent assuré de la marche du cou-
pant dans le N. du cap Hatteras; qu'il ne la jamais trouvée
inférieure à un nœud, et non plus jamais supérieure u double de cette quantité ; que la température de l'air et celle de l’eau, en dehors du gulf-stream , étaient généralement les mêmes; c'est-à-dire, que rarement la différence excédait deux à trois degrés, tantôt dans un sens et tantôt dans l’autre.
La même personne a observé celle qui existe entre k chaleur des eaux qui appartiennent au courant et Pair libre, Elle assure qu’elle a reconnu que la température du gulf stream était de 10° plus élevée que celle de l'atmosphère, et qu'à mesure qu’on s'éloigne de ses eaux pour;se rapprocher des sondes ou de la côte, elles se refroidissent davan. tige (1); et que, si des navigateurs qui n'ont pas eu ka faculté de déterininer leur longitude par des observations cé. lestes, et qui ont eu la précaution de se munir d'un bon
(1) Il paraît, d’après les journaux du capitaine Billings, de Philadelphie, qu’en juin 1791 la température de l’eau sur k côte d'Amérique, était de 61°, tandis que dans le gulf-stream elle s'élevait à 77°.
Ceux de M. J. Williams font connaître qu’en novembre 1789, les eaux, près de la côte, étaient à 47°, et que dans le même temps celles du golfe correspondaient à 70°,
1791, juin, prés de la cf'e...,. #1° dans le courant.... 77°! Différence entre les mois de juin et de novembre.
Excès de Ia chaleur des eaux du
COUFrANT, or ssssoooosreoses 1060 :
Prés de la côte....,,....
+789, novembre, près de la côte.. 47° Dans le courant...
dans le courant. 70°
Les eaux du courant étaient plus ” chaudes que celles de la côte d'une quantité égale à..,.., 23°
D'où l'on peut conclure que lu différence de chaleur entre Îes eaux di E gulf-streum et celles qui lui sont extérieurés est plus grande en hiver qu'en été, DCE.
supérieure 4u de f’air et celle éralement les excédait deux fans l’autre, xiste entre j1 tet Fair libre, ature du gulf l'atmosphère, Dur; se rapprodissent davan.
ont pas eu là servätions cé.
unir d'un bon
e Billings, de de l’eau sur là gulf-stream elle
ovembre 1789, dans le même
Tes mois de juin jembre.