TU
entre Îes eaux du
dé en hiver qu'en
(299 ) thermomètre, se donnent {a peine de faire la comparaison de la température de l’eau avec celle de l'air, toutes les deux heures, ils pourront aisément reconnaître quand ils entrent dans le gulf-stream et quand ils en sortent. Elle ajoute qu'elle a fréquemment eu recours à ce procédé lors des tra: versées qu'elle a eu lieu de faire, et qu'elle a pu ainsi découvrir immédiatement quelques indices du courant, dont elle déterminait ensuite la valeur et Ia direction à l’aide des observations astronomiques. Îl est, dit-elle, de {a plus haute importance ,i dans les voyages en Europe et réciproquement, de bien connaître les propriétés particulières au gulf-stream , attendu qu'en se soumettant volontairement à l'influence de cecourant, lorsqu'on se dirige vers lE., on abrége la longueur de:la route; tandis que, faisant ses efforts pour l'éviter, quand on vient dans l’O., on facilite la marche du navire d’une. manière inconcevable : à tel point, que cette personne do..ne lassurance d’avoir rencontré en dehors des’ bancs de Terre-Neuve | New-Found-Land] des bâtimens venant d'Europe, auxquels elle a parlé, et qui n'ont rejoint les ports que fort long-temps après elle; parce qu’au lieu d'éviter, comme elle, [es obstacles que présente fa permanence des courans, ils s'étaient livrés à toute l’action de ceux-ci, et en avaient suivi fa conséquence. Le cours ordinaire du gulf-stream étant tracé sur la carte, elle engage à
| ne pas se rapprocher de pius près que de dix ou quinzelieues | de son bord intérieur, lorsqu'on vient d'Europe par le N.,
parce qu’en agissant ainsi, i! devient probable qu'on sera favorisé par un contre-courant qui règne souvent dans la
l région que l’on vient de désigner. Si l'on prend le large,
en partant du S., elle invite à gouverner au N. O., si le
| vent le permet, quand on serapproche du gulf-stream, et de 4 M4 L \ L L] x , | poursuivre de même, jusqu’à ce qu’on l'ait atteint ; ce qu'il
est facile de reconnaître à la température de l’eau, comine on l’a indiqué précédemment. Le même officier a toujours considéré comme une chose urgente de traverser le courant
(300 ) le plus promptement possible:lors.des retours en Amérique, dans la crainte d’y être surpris par des calmes ou des vents contraires, ou toute autre contrariélé susceptible d'entraîner en dehors de Ja route, ce qui prolonge les voyages de beaucoup, sur-toui dans la mauvaise saison,
L'avantage de s'assurer de Ja distance à faquelle un na vire peut approcher la côte, joint à celuï de. reconnaître les eaux qui font partie du gulf-stream, ainsi que celles qui sont interposées entre Îa terre er. lui, vient se réunir à la certitude que l’on a de jouir d’un courant:favorable sur l'une ou l'autre route; si bien qu'un petit bâtiment est ainsi,én position de faire un prompt.voyage:d'Halifax à ha Georgie, lequel a été long-temps considéré comme devant être d'une plus grande longueur que celui d'Europe. En supposant. que vous ayez vent debout, pendant toute là traversée, prenez votre point de départ et gouvernez pour
‘le courant ; aussitôt que vous trouvez que la chaleur de l’eau augmente d’une quantité égale à Ja moitié de celle que vous supposez devoir y rencontrer, changez d’amures, et rappro* chez-vous de Ja côte; vous aurez Abe dent connals-
sance de l'accore des sondes à l’aide du refroidissement de B"!! l'eau; prenez alors le large, et poursuivez ainsi jusqu’à ce BP que vous soyez parvenu au terme que vous vous proposez Æ ÿ° d'atteindre. Îl est à peu près certain que vous au beaucoup abrégé votre chemin, en usant, comme on vient & de l'indiquer, du remous, ou contre-courant intérieur. Si, ba au coniraire, vous êtes appelé près d'un point directement Le opposé, courez au large jusqu'à ce que vous soyez arrivé ki dans la plus haute température des eaux du gulf-stream, R ** ce qui indique son milieu, et, dès-lors, manœuvrez pour pe vous maintenir sous son influence. | :
Les faits suivans peuvent servir à expliquer les propriétés de ces directions, En juin 1798, le paquebot destiné pour | Charleston employa vingt-cinq jours à s’y rendre, et nen mit que sept à revenir. Le capitaine attribuait ce prompt &
en Amérique
ou des vents ole d’entrainer ages de beau-
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ominedevant d'Europe. En dant toute {1 )UvVErnez pour aleur de l’eau elle que vous es, et rappros nent Connaisidisseinent de nsi jusqu’à ce ous proposez 2 vous aurez nine on vient intérieur, Si, t directement SOyYeZ arrivé
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( 301 ) retour aux Calmes et aux légères brisés qu'il avait rencontrés, ainsi qu'à un Courant qui portait vers le N. Cette dernière cause était la véritable, IT s'était trouvé au milieu du gulf: stream, où l’on n'éprouve le plus généralement que des calmes ou des petits vents, tandis que ses bords, en contact avec des régions plus oides. sont orageux. De la latitude du cap Hatteras, il se trouva porté par celle du cap Henry, à trente-sept lieues plus au N. Cependant, le bätiment arriva , et, lors du voyage suivant, Îe capitaine persistant dans la même route rétrograde, elle fut accompa- |
née des mêmes circonstances, et il accomplit cette traversée
en dix jours. Si l'usage du thermomètre avait été porté à h connaissance de cet officier, aurait-il eu besoin d’un {aps de temps plus long pour aller que pour revenir!
On a pu supposer dès-lors que le thermomètre était non-seulement précieux pour s'assurer de [a présence du courant du golfe, mais qu'il pouvait le devenir encore davantage s’il était susceptible de différencier l’approche des sondes d'avec les plus grands fonds.
Un navire parti de Marble- Head pour la Havanne se
vit, après avoir atteint la latitude de 23° $6° N., entraîné
par le moteur qui nous occupe toujours, jusque par les 3 2°
so’ N., et réduit à relâcher à Charleston.
En juin 1791, le capitaine W. Billings, de Philadelphie ,. étant par 39° de latitude et 5 6° de longitude, par le traversdes
bancs de Terre-Neuve! New-l'ound-Land |, trouva que le | mercure descendait de 10° dans le thermomètre. Cet officier était placé à peu-près dans le même lieu où une observation semblable avait été faite par le docteur Franklin, en novembre 11776, ainsi que par M. Williams en novembre 1789: celui-
ci a conclu de Ja coïncidence de ces trois journaux, séparés
| par un si grand intervalle de temps, et n'ayant aucune con-
nexité entre eux, l'existence presque assurée de ce fait im-
B portant, que, l'ean étant plus froide sur les bas-fonds qu'elle
ne l’est dans l'océan mème, le navigateur peut, en examt.
( 302) nant avec attention la température de.la, mer, reconnaitre s' approche d’un corps ou d'un objet dangereux, lorsqu'il en.est encore à une distance suffisante pour qu'il puisse ai. sément l'éviter. ; On a trouvé l'eau plus froide de $° sur l'accore du grand banc de Terre-Neuve que dans la pleine mer qui lui cor.
respond vers l'E. Sur la partie la pius élevée du banc, l|
température de l’eau s’abaisse encore de 10°, ce:qui établit une différence de 1 $° avec le terme de comparaison que nous avons énoncé.
Sur la côte de Ia Nouvelle-Angleterre, près du cap Cod {1}, |
l'eau, en dehors des sondes, est e 8 à 10° plus chaude que sur les sondes mêmes; et, dans le gulf-stream, sa tempé. rature s'élève encore de 8° : si bien qu’en venant de l'E.,un abaissement de $° indique que l'on a quitté le courant du golfe, et, lorsque le mercure descend une seconde fois de Ja même quantité, on en peut induire que l'on est sur les sondes.
M. Williams invite les navigateurs à se munir de trois thermomètres. Placez-les, dit-il, dans un lieu convenable, afin de vous assurer de leur uniformité pendant les jours qui doivent précéder celui du départ. La plaque doit être d'ivoire ou de métal, car le bois étant susceptible de se
(1) Les bancs qui existent en dehors, et sur le prolongement du cap Cod, s'étendent presque jusqu’au cap de Sable, où ils se réunissent à ceux de la Nouvelle-Ecosse, et s’abaissent graduellement depuis vingt jusqu’à cinquante ou cinquante-cinq brasses; cette profondeur correspond à la latitude de 43°. Lorsqu'on traverse ces bancs entre les 40° 40° et les 43° , on rencontre des fonds dont les différences sont remarquables: sur la partie extérieure, où le brassiage diminue progressivement pendant plusieurs lieues, le sable est très-beau; sur leur milieu, il devient 6 gros et mêlé de pierres et de gravier; enfin, dans leur région intérieure, on ne trouve plus que de la vase chargée de débris de coquilles, et la sonde tombe rapidement de quarante-cinq ou quarante-huit brasses à cent cinquante ou cent soixante brasses.
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olongement du ble, où ils se issent graduele-cinq brasses; Lorsqu’on tra- Dntre des fonds extérieure, où teurs lieues, le ros et mêlé de ‘rieure, on ne oquilles, et la te-huit brasces
gonfler à la mer, et Île verre du tube n'étant pas de na-
ture à céder, celui-ci serait exposé à se briser : la composition qui sert à faire les cloches est celle qu’on doit préférer. L'instrument doit être fixé dans une boîte carrée, en métal,
dont l’intérieur, jusqu’à la trentième division, soit parfiite-
ment étanche, afin qu'en examinant quel est le degré de chaleur de l'eau, on y puisse maintenir la boule ou cuvette; le reste, dans toute son étendue, doit être conservé à découvert, et seulement défendu par deux ou trois petites barres en croix, pour éloigner ou prévenir les accidens qui pourraient être causés par Îa percus-ion des corps étrangers, ainsi qu'on a la coutume de disposer les thermomètres qui sont à l'usage des brasseurs. L’instrument ainsi disposé doit être placé dans une partie quelconque du navire, à l'ombre et en plein air, et, sur-tout dans un endroit aussi sec-et aussi abrité du vent qu'il est possible. La partie extérieure de la muraille sous le vent peut remplir ces conditions, si l'on
ne peut disposer d'un lieu plus opportun.
Le second sera lancé sdroitement, avec une quantité de ligne suffisante pour qu’il puisse atteindre Îa région inférieure des eaux du sillage.
Quant au troisième, on le renfermera soigneusement pour qu'il soit en état de remplacer celui des deux autres qu'un accident quelconque pourrait mettre hors de service.
Des contre-courans.
Il existe, ainsi qu'on l’a mentionné déjà, un remous ou contre-courant , de chaque côté, et agissant dans une direction inverse de celle du gulf-stream. On à remarqué
[qu'entre celui-ci et la côte, dans le golfe de la Floride, ce remous porte dans le S. O. ou dans le sens opposé à |celui du courant principal; et que, de même que da..3 des latitudes plus élevées, il se manifeste un reflux sur chacun
des bords de ce dernier, On a observé que quand le cap Henri, qui forme la pointe
( 304 } S. de Ia Chesapeak , reste à cent soixante lieues dans le N. O., on est soumis à un courant qui porte dans le S, d'une quantité égale à dix ou douze milles par jour; ceci subsiste jusqu’à ce qu'on ait amené le même cap à PO. 22° 3 N., à la distance de quatre-vingt-dix lieues. Le courant pren alors la direction du N. E. avec une vitesse de trente-trois; trente-quatre milles par vingt- quatre heures, ce que l'on continue d'éprouver jusqu’à moins de trente ou de trente. deux lieues de terre, où l’on en rencontre un autre qui $e replie vers le S., en dépendant de l'O., et prolonge la cô à moins de douze à quinze milles , en subissant des modi. fications qui lui sont apportées par les inflexions de cette dernière. Ce courant, qui est considéré comme un remow du gulf-stream, porte plus ou moins au S. ©. , en raism de la configuration de la côte.
D'autres personnes ont aussi reconnu un courant dont Ja direction est celle du S. ©. ; il agit constamment, dax les hautes latitudes, entre le courant du golfe et la côte,
et plùs particulièrement sur les sondes. Sa marche habituelk® o
est d'un demi-mille à l'heure; elle se précipite quelquefoi lorsqu'elle est activée par les vents.
Un officier expérimenté, que l'on a déjà cité, s’'énoncelk ainsi : « Les observations que j'ai eu lieu de faire pendant
cinq ans, employés à croiser sur les côtes d'Amérique, ne
m'ont jamais fait connaître l'existence d’un courant qui por: tât vers l'E. dans Îes parages correspondans aux latitude
inférieures à 36°, et, une fois seulement, j'ai reconnu
présence d’un semblable phénomène, par une aussi bass
fatitude. IL se fait le plus généralement sentir entre le trente. septième et le quarantième parallèles, depuis les 60° jus qu'aux 69° de longitude ». Le même officier ajoute qu'il
fréquemment eu occasion de remarquer, par les 36° ou 37, }
et par les longitudes désignées ci-dessus, un fort courant R qui portait au S. et au S. O. C'est pourquoi les bâtimen
qui viennent d'Europe et sont destinés pour l'Amérique,
ues dans le N ans le S. d'une r; ceci subsiste
PO. 22° 3 Courant pren le trente-trois } s, ce que l'y ou de trente.
n autre qui « olonge Ja côte ant des mod.
exions de cette me un remow ©. , en raison
courant dont amment, dan lfe et Ja côte, rche habituelle ite quelquefoi
cité, s’énonce
faire pendu
Amérique, ne urant qui por.
es 36° ou 37
1 fort courant À
les bâtimen r l'Amérique,
( 305 } doivent faire tous leurs efforts pour passer ou au S. des 37°, ou dans le N. des 40°; c’est-à-dire, que, rendus à l'O. des bancs i de Terre-Neuve, ils doivent éviter, autant que possible, de lutter contre les vents d'O., entre les latitudes qui correspondent au 37."° et au 40.” parallèles.
Sur les Sondes.
Le courant, le Iong des côtes de Ia Géorgie, de la Caroline, de [a Virginie, du New-Jersey et de .Jew-York, suit ordinatrement une direction qui est successivement parallèle aux sinuosités de chacune d’ellesi 1[ est aussi influencé par les vents : ceux qui prévalent communément viennent du S. ou de l'O., et produisent un faible courant qui remonte d'un demi-nœud à l'heure vers le N. E. Mais quand les vents du N. et de l'E. surviennent, sa vitesse, près de la côte, s'élève à deux nœuds, dans le sens qui est opposé à ces derniers. Quoique cette circonstance se présente rarement, Jes pilotes lamaneurs savent l’apprécier et reconnaître une très-
| grande différence entre les courans les plus habituels, qui portent au N. E. assez lentement, et ceux du S. et du S. | O. qui acquièrent une beaucoup plus grande rapidité,
If est probable que les marées ont quelque influence sur ces courans dans le voisinage des grandes baies et des rivières. On a observé, en traversant le gulf-stream par Îa
| latitude du cap Henri, dans les mois d'avril et de maï, que aux latitude ai, reconnu |:
1e aussi bash entre le trente-W is les 6o° jux-W ‘ajoute qu'il 1
le flot se dirigeait du N. E. vers la côte; que, près du bord intérieur du courant du golfe, l’eau commençait à prendre une couleur verte plus foncée ; et enfin, qu'entre cette altération et l’accore des sondes, on éprouvait un fort courant qui entraînait vers l'E. Arrivé sur celles-ci, l’eau change encore d'apparence; de verte qu’elle était en dernier lieu, elle devient väseuse; cependant, le courant, qui se maintient toujours jusqu’à ce qu’il se trouve maîtrisé par les marées, ne saurait être attribué à d'autre cause qu’à l’affluence des eaux de la Chesapeack, accrues de fa fonte des neiges dans
( 306 ) l'intérieur du pays, ce qui se présente à diverses époque; de l’année , mais principalement et avec une plus grande énergie pendant la durée des mois que l'on a désignés. || est vraisemblable que les mêmes effets se font sentir à l'ouverture de la Delaware.
Aux alentours de l'extrémité de l'E. de Long-Island, « de [à à la partie semblable des bancs de Nantucket, de même aussi que par le travers de ceux de Saint-George, jus. qu’au cap de Sable, il règne un courant irès-marqué. Le flot se dirige entre le N. et l'O. pour remplir les baies, les divers passages, et remonter les rivières ; le jusant se replie en sens opposé. Les marées, qui portent, par le travers du banc de Saint-George, dans la baie Française ou de Fundÿy, sont singulièrement influencées par les vents, et particulièrement lorsque, après avoir soufflé avec violence du S. ou du $. E., 1ls tournent soudain à l'O. ou au N, O., circonstance qui se présente souvent; les bâtimens qui qui y sont exposés se voient entraînés dans le S. E. de cinquante à soixante milles par vingt-quatre heures. Il faut également porter une attention particulière aux suites inévitables des vents de S. et de S. E. qui tendent incessaminent à vous engolfer.
Près des côtes de la Nouvelle-Ecosse, où les marées sont régulières, et sur lesquelles le flot vient de l'E. 22° 30 N. , les courans prolongent le rivage parallèlement à Jui, et proviennent plus ordinairement de l'E. que de la partie | contraire, sur-tout dans le printemps. Les vents de S., qui refoulent les eaux sur la côte, les contraignent à remplir les baies et les détroits, tandis que ceux du N. et du N. O. produisent un effet totalement différent et les en éloignent.
Nous terminerons ces considérations sur le gulf-stream par les observations de sir Charles Blagden, extraites des Transactions philosophiques.
» Dans le printemps de l’année 1776, pendant un voyage
rses époques plus grande désigués. || sentir à l'ou-
g-Island, et ntucket, de George, jus- -marqué. Le les baïes, les ant se replie le travers du ju de Fundy, , et particuviolence du . ou au N\, bâtimens qui S. E. de cinures. IT faut x suites Inéicessaiminent
marées sont VE. 22° 30 ent à fui, et de la partie ts de S., qui nt à remplir
.et du N.
les en éloi-
gulf-stream extraites des
t un voyage
(307 ) en Amérique, j'avais contracté l'habitude d'examiner souvent la chaleur de l’eau de la mer, fraîchement tirée, dans l'intention de [a comparer à celle de l'air. Nous demeurimes Jong-temps dans les basses fatitudes. Dans cette situation , la plus grande chaleur de l’eau, autant que je le pus reconnaître, faisait monter le mercure du thermomètre de Fahrenheit à 77° et demi. Ce maximum se renouvella deux fois : la première eut lieu le 10 avril, par 21° 10' de Iatitude N., et par 52° de longitude ©., estimée ; Ja seconde se présenta trois jours après, par 22° 7 de latitude et 5 $° de longitude. Toutefois, la température de la mer près du tropique du cancer, environ vers le milieu du mois d’avril, fut généralement de 76 à 77°.
» Le rendez-vous indiqué à la flotte étant à la hauteur du
| cap Fear, notre route, en approchant les côtes d'Amérique,
devint le N. O. Ee 23 avril (1), notre latitude, à midi,
égalant 28° 7° N., la chaleur de l’eau était de 74° : le | jour suivant, arrivé par 29° 12° de latitude; elle n’était
plus que de 71°; iminédiatement après, elle décrut trèsrapidement, proportionnellement aux changemens de Jatitude. Le 25, celle-ci était de 31° 3°; mais, quoique nous
| uous fussions élevés de près de 2° vers fe N., fa chaleur se | trouva plus grande ce jour : elle fut de 72° dans [a matinée, | et de 72 et demi après midi. Le lendemain 26 , à huit heures | trente minutes du matin, je plongeai de nouveau lethermo- É mètre dans l’eau de la mer, et je fus grandement surpris de | voir le mercure s'élever à 76°, plus haut qu'il ne l'avait jamais | été à ma connaissance, même entre les tropiques. La diffé- | rence étant trop grande pour qu'il fut possible de F'attribuer | à une variation accidentelle, je conçus qu’il était vraisem- | blable que nous étions tomhés dans le gulf-stream, dont
(1) La différence qui existe entre le temps civil et le temps astronomique nécessite que l’on fasse connaître que Île premier
| est toujours sous-entendu dans cet ouvrage, ( Vote de l'Ediseur),.
les eaux conservaient une grande partie de Ia chaleur qu'elles avaient acquise dans la zone torride, Je fûs confirmé dans cette idée par la diminution prompte , mais régulière, de cette chaleur : le vaisséau avait à peine fait route pendan un quart d'heure qu’elle s'était amoindrie de 2°, A neuf heures , le thermomètre, placé dans de l’eau nouvellement tirée, indiquait seulement 76° ; à neuf heures un quart, il ne s'élevait plus qu’à 73°; et un quart d’heure après, il ne dépassait pas la soixante-onzième division : pendant tout ce temps nous filions sept nœuds, avec une brise fraîche du N. O. L'eau commença dès-Jors à perdre la transparence et la belle couleur bleue de l'Océan, et à prendre une teinte qui, ayant quelque rapport avec le verd olive, est un indice bien connu des sondes. Effectivement, le plomb annona le fond , entre quatre et cinq heures après-midi, à une pro. fondeur de quatre-vingt brasses : [a chaleur de l’eau était réduite alors à 69°. Le chemin que nous fimes dans Ia nuit, ainsi que le jour suivant, nous ayant conduits par un moindre brassiage et plus près de Îa terre, la température de Ja mer s’'abaissa successivement jusqu'à 65°, et se trouva ainsi à À peu près de niveau avec celle de Pair.
» Malheureusement, le mauvais temps nous priva d'observations dans la journée du 26 ; mais le lendemain, quoique le ciel füt nuageux , nous déduisîmes notre latitude de deux hauteurs du soleil, et nous reconnûmes qu’elle était de 33° |
26" N. La différence qui se montrait entre cette latitude «R.
celle que nous avions obtenue Le 25 , s’élevant à 2° 23, était de beaucoup trop grande pour qu’on pût l’attribuer à une erreur commise dans évaluation de la route du navire, inscrite sur le livre de lock ou casernet, et cependant suffisante pour convaincre que nous avions été entraînés par le courant, de plusieurs milles dans le N.
» Le2$ à midi, notre longitude estimée avait été de 74” O., et je suis persuadé que la supputation n’était pas dépourvue d’exactitude ; toutefois, les sondes, réunies et com-
haleur qu'elle, confirmé dans régulière, de route pendant e 2°, À neuf nouvellement un quart, il après, il ne endant tout ce ïse fraîche du ansparence et jré une teinte est un indice omb annonça di, à une pro.
de l’eau était s dans Ja nuit, ar un moindre ure de Ja mer rouva ainsi À
s priva d’oblain , quoique tude de deux > était de 3; te latitude et 12° 23, était ribuer à une > du navire, pendant sufentraînés par
it été de 74° était pas dénies et com-
parées aux latitudes, déterminèrent la situation du lieu où l'on avait observé les unes et les antr2s avec beaucoup plus de rectitude que flestime ne l'avait pu faire. La route, dans lh journée du 26, depuis neuf heures du matin jusqu’à quatre heures après midi, avait été d'environ dix lieues au N. 33° 4;' O.; peu après cette dernière heure, nous mîmes en panne pour sonder et nous trouvâmes fond; nous diminuâmes de voile et réduisimes le sillage pendant toute la nuit, jusqu’au lendemain matin, »
» Je pense que l’on peut inférer de ces ohservations que le gulf-stream , parvenu par les 33° de latitude N. et les 76° de longitude, à l'O. de Greenwich, est, dans le mois d'avril, de 6°, au moins, plus chaud que les eaux de la mer qu'il traverse. La chaleur de ces dernières ayant évidemment commencé à s’accroître dans la soirée du 25, et les observations faites sur Jeur température dans leur matinée du 126 nous ayant fait connaître que nousétions parvenus en dehors du courant, il est plus que probable que Ia route du
Dbâtiment avait coupé, sur une ligne oblique, le gulf-stream, pris dans le sens de sa largeur. La brise étant très- fraîche , il
[n'était pas possible que nous eussions fait moins de vingt- Jcinq lieues en quinze heures, laps de temps écoulé entre les observations faites sur la chaleur de l’eau : d’où l’on peut jconclure que la largeur du courant est vraisemblablement ide vingt lieues. Celle du golfe de la Floride, qui sert inicontestahblement de limite au courant à son origine, semble, | d'après l'inspection des cartes, devoir être moindre que la }sienne de deux à trois milles. On ne comprend pas dans cette évaluation les roches et Îles bancs de sable qüi environnent les îles de Bahama, ainsi que les eaux peu proondes qui s'étendent à une distance considérable des côtes : de la Floride. La correspondance de ces mesures est d'autant | plus remarquable que, d’après les principes bien reconnus de l'hydraulique, le courant doit se répandre davantage vers l'es bords, ou dans le sens de sa largeur, à mesure qu'il s’é-
stone ads mur à
( 310) loigne à une plus grande distance du canal qui lui a don Issue.
» Si la chaleur de l'atmosphère dugolfe du Mexiqueéti bien connue, on pourrait déduire des conséquences curieuses de la comparaison que l'on serait à même d’établir entre cette chaleur et celle qui est propre au gulf-stream. Quant à k première , celle de l'air, on a reconnu qu’elle n’excédait pa #1°{1) à Spanish-Town, ainsi qu’à Kingston, dans l’île de Jamaïque ; celle qui est propre à la côte de Saint-Domingue peut être évaluée à cette quantité, d'après les observations faites par M. Godin (2). La chaleur, sur la côte du continent, qui sert de limite aux eaux du golfe, vers l'O. et le S., étant probablement plus grande, peut-être est-il convenable d’ajouter 5 ou 2°, pour arriver à une appréciation plus exacte de la température habituelle des régions diverses qui ceignent ce vaste bassin ; elle se trouve ainsi portée à 82 ou 8 3°. Main-B tenant, if semble très-probable que la chaleur de l’eau, à une petite distance au-dessous de sa surface , correspond, à peu de chose près, dans cette partie du monde et pendant le cour entier de l'année, à la température de l'air extérieur ; d'ou l'on peut conjecturer que la chaleur des eaux, à l'instant ou
(1) Les diverses observations faites sur la chaleur, et mentior-hk nées dans l’ÆHistoire d'e la Jamaïque, imprimée à Londres en 1774 ne cadrent point entre elles; mais celles que l’on cite en ce mt-kk ment sont extraites de plusieurs séries qui ont paru très-correcte:
(2) Les expériences de M. Godin sur le pendule eurent lieu au petit Bocage; elles durèrent depuis le 24 août jusqu’au septembre, et la chaleur moyenne pendant cet espace de temp: fut de 25° , d’après le thermomètre de Réaumur ( Voyez les Ait E noires de l’Académie des sciences , année 1735, pages $ et 7 ); th qui , d’après le calcul de M, de Luc ( Voyez les Modifications &Æ l'atmosphère , 1.°* volume , page 378), correspond à 85° enviro: de Fahrenheir; mais la chaleur ordinaire à la Jamaïque est aus E égale à cette quantité (85°) pendant les mois d'août etde septembre: d'où l'on peut conclure que durant l’année entière elle est à pt} de chose prés la même sur les côtes des deux îles.
| ( 311) elles sortent de la baie pour former le courant dit du golfe, est d'à peu près 82° (1) ; la variation légère de la température, à la surface, n'étant pas suffisante pour affecter sensiblement [a masse, considérée dans son entier. Le même observateur continue et s'exprime amsi. « Placé sous le tropique du cancer, je trouvai une chaleur de 77°; cependant, le courant, dans la totalité de sa course, à partir du golfe de la Floride , devait indubitablement avoir traversé des eaux plus froides que les siennes de 4 à 6°, et ne se trouvait avoir perdu que 4° de chaleur, bien que les eaux
1 lui a donné
1 Mexiqueét ences curieuses blir entre cette 1. Quant à h n’excédait Pas dans l’île de ka int-Domingue s observation
+ du continent R environnantes, comme j'eus lieu de m’en assurer, fussent etieS., étan@ de 10° au-dessous de Îa température qui est attribuée à ce renable d’ajou-R courant à son origine. » Une aussi faible diminution de cha-
plus exacte de S qui ceignent ou 8 3°. Main.
le l'eau, à une espond , à peu ndant le cour Xtérieur ; d'ou B à l'instant ou
leur, après un trajet qui était probablement de trois cents milles , est susceptible de donner quelque idée de la vaste | étendue de ce fluide, qui se fait jour en dehors du golfe du Mexique , ainsique de la vitesse de son mouvement. De nombreuses observations qui auraient pour but de s’assurer de a température qui est propre à ce courant, faites dans chacune de ses parties, et dans les différentes saisons de l’année, comparées avec la chaleur de l’eau des mers adjacentes, tant en dedans qu’en dehors des tropiques , offriraient les données les plus convenables à lappréciation de sa nature, et aussi, donneraient la faculté de déterminer chacune des circonstances évaluables de sa marche, sur-tout, si l’on portait l'at-
ne
ur, et mentiorondres en 1774 R cite en ce mc u très-correctes W ule eurent lil oût jusqu’au 4 space de temp:
"Voyez les Aï-Wh ges $ et 7 ); «h Todifications de à 85° enviro:
naïque est auss tde septembre: à : elle est à pi 1
(1) L'évaluation la plus basse de la température habituelle du golfe est celle que lon préfère émettre ici, en raison de l’affluence non interrompue des eaux de l'océan Atlantique, perpétuellement entraînées par les vents alisés; lesquelles, longtemps éloignées de toute terre, doivent, je pense, être sensiblement plus froides que celles qui sont demeurces quelque temps renfermées dans la baie. Il est bien de consulter à ce sujet les observations faites par Alexandre Dalrymple, Esq., relativement à la chaleur de la mer prés des côtes de Guinée. ( Voir les Transactions philesophiques, 68.° volume, page 394 et suivantes. )
( 312) tention la plus scrupuleuse à mettre en parallèle les effets de son impulsion sur les bâtimens qu’il rejette vers le N. , ave
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les observations que lon pourrait faire en même temps su M fo
la chaleur qu'il conserve.
Le 25 septembre 1777, Îles bâtimens qui avaient trans. porté l’armée de sir William Howe dans Ia Chesapeack, effectuant leur retour vers la Delaware, furent surpris, entre le cap Charles et le cap Henlopen, par un coup de vent qui, après quelques variations, se fixa définitivement au N. 22° 30° E., et continua cinq jours entiers sans interrup. tion. IE ventait si fort, dit une personne du convoi, que nous fûmes constamment entraînés au large, et que now dérivâmes ainsi dans le S. Nous nous répandîmes à dessein dans VE. pour parer les bancs dangereux qui existent en dehors du cap Hatteras.
Le 28, à midi, notre latitude était de 36° 40'N.:l chaleur de l’eau fut de 6 5° dans le courant du jour. Le lendemain 29, sa température continuant à être de 65°, nous eûmes 36° 2° de latitude; nous avions donc été repoussé par le vent de trente-huit milles dans le S. Le 30, la hauteur méridienne nous donna 35° 44’ de Jatitude, d’où il suivait que nous n'avions êté portés que de dix-huit milles au S. depuis la veille, quoique, dans l’opinion de chacune des personnes du bord, ainsi que dans la mienne propre, i{ eût venté au moins aussi fort que les jours précédens, et que nous n’eussions pas eu Ja faculté de mettre plus de voile dehors; d’où l’on pouvait inférer qu'un courant quelconque avait porté Je navire de vingt milles dans le N. Afin de savoir s’il appartenait au gulf-streari, nous eûmes
recours au thermomètre. À neuf heures trente minutes du matin, le même jour, la chaleur de l'eau était de 76°, c’està dire supérieure de 11° à celle que la mer avait avant que ous eussions rentontré ce courant.
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