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D'aprèsles observations que l’on vient de consigner, l'importance du thermomètre marin ne saurait être contestée. Le 16, le bâtiment traversa le banc, et Ia température de x*
l'eau se trouva plus basse { c’est-à-dire, plus froide) de 1; 40° que celle qu'on lui reconnut dans les jours qui précédè. rent et qui suivirent. Indépendaminent de beaucoup de services journaliers, le plus précieux avantage qu'offre cet instrument est celui d'annoncer d’une manière indubitable la présence des sondes.
Nous empruntons au Dictionnaire d'histoire naturelle de Déterville l’article Courant, dû au savant distingué qui, toute sa vie, a consacré ses veilles au perfectionnement de l'art nautique. M. le chevalier de Rossel s'exprime ainsi :
« On appelle en général courant tout mouvement progressif et sensible, qui a lieu dans une masse entière de fluide, ou dans quelques-unes de ses parties. La direction de ces mouvemens peut varier à l'infini, et les courans
peuvent suivre toutes Îles lignes courbes imaginables; ils
peuvent aussi être produits d’une multitude de manières différentes, par toutes les causes qui sont propres à communiquer du mouvement à un fluide quelconque. Parmi ces causes, il y en a d’accidentelles, dans lesquelles ïl faut comprendre toutes les espèces d'impulsions que peut recevoir un fluide contenu dans un espace plus ou moins rétrécr : cellesci sont en très-grand nombre; et quoique les effets qu'elles produisent puissent servir, si l'on n’en considère que les résultats, à expliquer les phénomènes qui ont fieu dans [a nature, nous nous abstiendrons d'en parler, parce que les détails dans lesquels il faudrait entrer nous mèneraient audelà des bornes que nous devons nous prescrire.
» Les causes générales des courans tiennent aux lois qui régissent l'univers; elles agissent sur l'air de notre atmosphère, dont la mobilité est extrême, et y produisent les vents qui ont lieu dans les hautes régions, ou se font sentir à [a surface de la terre; elles exercent aussi leur
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» La loi de la gravitation qui regle le cours des astres et les vicissitudes des saisons, est fa première cause de presque tous Îes phénomènes produits par les courans. Tantôt elfe
| agit directement sur les eaux , en vertu de l'attraction des
astres Qui ont un cours réglé autour de notre globe; d'autres fois elle agit par l'influence qu'elle exerce sur le retour périodique du froïd et de fa chaleur. Son effet 1e plus sensible se remarque dans fes eaux des fleuves qui, en vertu de fx pesanteur, roulent avec rapidité ou glissent doucement sur des plans plus ou moins inclinés, et vont se jeter dans Ja mer. La masse d'eau de Ja mer, qui est contenue dans des limites, doit au contraire rester en repos, par l'action de cette même force qui sert à l’alimenter. Pour comprendre comment elle
| peut y causer de Fagitation, il ne faut plus la considérer
d'une manière absolue , mais envisager d'abord que Îes centres d'action de la force attractive, quels qu'ils soient, ne pouvant pas être à égale distance de tous les points de la surface du globe, cette force ne doit pas être la même dans tous les lieux. On s’apercevra facilement ensuite que, si les centres principaux d’action, qui sont le soleil et la lune, changent à chaque instant de position par rapport à un même lieu, la pesanteur doit aussi varier à chaque imstant dans tous les lieux. Les parties les plus pesantes doivent donc sans cesse tendre à se réunir à celles qui le sont moins, pour rétablir l'équilibre : il en résulte une agitation qui produit des courans, dont la cause agit avec régularité, et qui doivent par conséquent être réguliers comme faction qui les produit.
» Tels sont les courans des marées qui IMmondent deux fois par jour les côtes de l'Océan, Le mouvement de trans-
| ( 326 ) lation des eaux, qui est si rapide près des côtes, n’a pas jusqu'ici paru sensible à une grande distance de terre, peutêtre parce que nous manquons de moyens pour le mesurer; car il est difficile de croire qu'il n’en existe pas un, quelque petit qu'il soit. Néanmoins il doit être si léger, que l'on est fondé à dire que le mouvement des marées se commu niquë par des ondes qui se succèdent les unes aux autres. Dès que l’une de ces ondes est arrêtée par quelque terre, Veau s’amoncelle à l'endroit où elle a frappé, l'impulsion de l'onde qui succède vient ensuite empêcher la première de rétrograder, et les eaux qui ne peuvent plus retourner au large, sont obligées de s'écouler le Jong du rivage pour reprendre leur niveau. L'obliquité du choc des ondulations de la marée favorise souvent cet écoulement, et il en résulte des courans, tels que ceux qui ont lieu deux fois par jour sur toutes nos côtes.
» Toute impulsion prolongée doit aussi communiquer un mouvement à l’eau de [a mer, et déterminer un courant, Les vents qui soufilent pendant long-temps doivent donc en produire : l'expérience le confirme. Cette seconde cause agit constamment de fa même manière dans certains climats; dans d’autres, elle est assujettie aux vicissitudes des saisons ; par-tout elle émane du soleil, et dérive par conséquent, quoique moins directement que la précédente, des lois qui gouvernent la nature entière. Ainsi, lorsque l'artraction n'agit pas directement sur les eaux pour produire les courans, elle règle le cours de lastre qui, par sa chaleur, raréfie successivement l'air dans tous les lieux sur les: quels il passe, et détermine des courans d'air et des vents qui deviennent à leur tour fa cause immédiate d’autres courans qui se forment à fa surface de la mer. L'effet en est sensible dans la mer Atlantique, entre les tropiques, où les vents alisés soufilent constamment de VE. ; il y règne aussi un courant constant qui suit la mème direction et transporte les eaux dans FO,, au fond du golfe du Mexique.
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( 327 ) Sur toutes les côtes où les vents sont constans, il y.existe un. courant semblable, qui suit à peu près [a direction du vent, Le vent de N. est presque continuel à la partie de Ia côte d'Afrique qui avoisine les Canaries ; il ne se détourne de cette direction que pour suivre, à mesure quil s’avance, toutes les inflexions de cette côte, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à l’équateur, et conduit les vaisseaux qui [a prolongent dans ce sens, sans jamaïs [es abandonner ; les courans qui obéissent à son impulsion, [eur sont aussi constamment favorables et contribuent à accélérer leur marche. Le vent du $. souffle, au contraire, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu’à l'équateur, et le courant prend cette nouvelle direction contraire à la première, et suit la côte en allant du S. vers le N.
» Les vents appelés meussons soufflent dans les mers des Indes six mois de l’année, dans une même direction, et pendant Îles six autres mois, dans une direction presque opposée. Les courans éprouvent les mêmes changemens, et se dirigent alternativement pendant le même temps dans ces deux mêmes directions, presque contraires. Ceux-ci nous «-prennent que l’action des vents n'agit que lentement, et par sa continuité ; car [es courans qui portent dans un sens ne commencent que long-temps après les vents qui les ont déterminés, et ils ne sont amortis que long-temps après qu'ils ont cessé de souffler. Ils éprouvent d’ailleurs, dans [eur vitesse, les mêmes changemens successifs que Îles vents avaient précédemment éprouvés ; ils sont faibles en coimmençant, augmentent peu à peu, et ont acquis Îeur plus grande force lorsqu'ils sont parvenus au milieu de leur durée; ensuite ils diminuent et finissent après que les vents ont cessé; mais l'intervalle qui sépare la fin des uns et des autres est égal à l'intervalle qui sépare les deux époques où ils ont commencé,
» Les courans occasionnés par les vents n'ont pas généralement autant de force que ceux des marées, excepté Îes
(528) courans du canal de Bahama, qui est à la côte de fa Flo. ride ; mais ce canal est celui par lequel s’écoulent toutes les eaux qui sont poussées par les vents alisés au fond du golfe du Mexique.
» Buffon attribue en général les courans aux deux causes précédentes. Daniel Bernoulli à traité cette question en géomètre, dans un mémoire publié, en 1751, dans sa collection de l'académie des sciences. IT croit que Feffet du mouvement diurne de [a terre peut produire des courans dans l'Océan, et pense que l'adhésion des molécules qui sont proches du fond de Ja mer étant plus grande que ladhésion de celles qui en sont plus éloignées, toutes [es couches concentriques de ces molécules doivent prendre des degrés de vîtesse différens, et qu'il doit en résulter un courant plus fort à la surface que dans l’intérieur de [a mer. Ce courant devrait, d'après cette théorie, se diriger de l'E. à l'O., c'està-dire, dans le même sens que celui qui est mis en mouvement par les vents alisés. Les moyens de soumettre sa vitesse au calcul lui ont manqué, et il nous serait bien diffcile de [a reconnaître par expérience ; car, dans les parages des moussons, l’on ne s’est jamais aperçu que les courans qui se dirigent à l'O. eussent sensiblement plus de vitesse que ceux qui vont dans l'E.
» Ce grand géomètre a cru devoir prendre également en considération une quatrième cause, qui est à peu près de même nature que la précédente ; c'est celle qui provient de Ja condensation de l’eau par le froid, et de sa dilatation par la chaleur. En effet, si deux températures très-differentes agissent en même temps aux deux extrémités d’une vaste étendue d'eau, coinme Île froid des pôles et la chaleur de l'équateur agissent sur l'océan Atlantique, l'équilibre doit être rompu : les eaux dilatées chercheront à se répandre dans la partie où la condensation a lieu, et il en résultera un courant allant du S. au N. Cet effet est très-sensible dans l'atmosphère, parce que l'air, par sa nature, est de tous les
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deux causes question en dans sa colte l'effet du des courans blécules qui de que l’ades couches des degrés ourant plus Ce courant l'O., c'esten mouveettre sa vit bien diff les parages les courans s de vîtesse
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fuides le plus susceptible de dilatation ou de condensation. au moindre changement de température; aussi doit-on reparder cette cause comme celle qui a le plus d'influence sur les vents. Mais l'expérience ne nous a fait connaître rien d'analogue dans le mouvement des eaux de Îa mer; et si les courans qui en proviennent existent, on est fondé à croire, qu'ils sont, ainsi que les précédens, bien faibles en comparaison de ceux qui résultent des deux premières causes. On. na pas cru pouvoir se dispenser d'en faire mention, parce que leur existence est fondée en principe; mais, d'un autre coté, il est si difficile de fa constater, qu’il serait inutile de sy arrêter davantage.
» Les courans peuvent prendre toutes Îles directions en pleine mer; mais près de terre, ils suivent en général celles des côtes.
» Toutes les parties des courans qui ont lieu en pleine mer, ne prennent pas le même degré de vitesse. Celles qui se trouvent au milieu, et qui forment ce qu’on appelle /e fil de l'eau, sont aussi celles qui acquièrent le plus de rapidité ; ensuite [a vitesse va en diminuant peu à peu, jusque près des bords où les molécules d'eau sont retenues en partie par l'adhésion d’autres molécules qui sont en repos ou peuvent ètre considérées comme telles. 11 paraît qu'il se fait près de ces limites une décomposition de forces, en vertu de laquelle les eaux qui s’y trouvent tendent toujours à s’écarter du principal fil du courant; elles y forment sans cesse de petits tourbillons qui tournent avec rapidité, ou bien des courans circulaires d’une plus grande étendue. I suit naturellement de tous ces faits, qu’un lit de courant doit s’élargir à mesure qu'il s'avance, et qu'il ne doit jamais se terminer avant d’avoir formé un grand nombre de tournans d'eau.
» Les lits de courans ne changent jamais brusquement de direction, à moins qu'ils ne rencontrent un obstacle d’une trés-grande étendue, et qui se présente directement à leur impulsion, Les moindres obstacles leur font prendre succes-
(330) sivement de légers degrés d’inflexion, et les obligent à suivre des lignes courbes. C’est pourquoi les courans prennent toujours des mouvetnens circulaires ou à peu près tels, dans les espaces circonscrits; l’obstacle qui les détourne perpépuellement, les oblige à se courber toujours'dans le méme sens, et leur fait décrire une courbe qui tend constamment à rentrer en ell:-mêne, ou une spirale au milieu de laquelle il se forme un petit tourbillon s:mblable à ceux qui se détachent des lits de courans, lesquels doivent vraisemblablement se former d’une imanière analogue.
» Ces mouvemens cirçulaires ou en spirale ne se font pas seulement sentir dans des espaces rétrécis; on peut aussi les remarquer dans les me:s d'une grande étendue. E’océan Atlaritique nous en donne un exemple. Cette vaste étendue d’eau est bornée à l'E. et à l'O. par les deux continens ; on peut la considérer, du moins quant à l'effet de la transmission des eaux, coinme bornée au N. par les glaces des pôles, ét au S. par les courans de la zone torride, Ce dernier courant, qui sort du golfe du Mexique par le canal de Bahama, acquiert une nouvelle force dans ce passage étroit, et représente [a plupart des phénomènes dont on vient de parler. Il s'élargit à mesure qu'il s’'avance fe long de [a côte d'Amérique, dont il s’écarte, par conséquent, insensiblement, et se dirige en ligne courbe du côté du N.; sa direction se tourne vers l'E. avant d'arriver au banc de Terre- Neuve ; ensuite elle se recourbe au S. avant qu'il ait atteint les côtes d'Europe ; de là ses eaux viennent se mêler au courant conitant de la zone torride, qui semble devenir la continuation d’un seul et même courant. [l est vrai de dire que si ce mouvement circulaire reçoit, d’un côté, la première inpulsion par les vents alisés, il est extrêmement favorisé, de l'autre, par les vents d'O. qui dominent au N. des tropiques. Le savant voyageur M. de Humboldt à réuni les observations de navigateurs qui ont traversé la mer Atlantique dans tous ces sens, et a indiqué la marche que suit ce courant,
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(33) 5 dns le premier volume de [a relation dé son voyage.
» Nous terminerons ici ce qu'il y avait à dife sur les causes principales des courans et sur la marche générale à laquelle is semblent assujettis ; nous allons indiquer €e qui en résulte dans quelques cas particuliers.
» Lorsqu'un iit de courant se dirige en travers d'un trèsgrand golfe, peu profond, il en suit exactement les contours. Si louvertuire est moins grande, le principal fil de l'eau Ja: traverse ; mais alors, il s’en détache de petits filets d’eau qui donnent lieu à un courant beaucoup plus faible, qui suit également les côtes de ce golfe.
» Lorsque l’eau entre directement dans une'baie, comme elle ne peut pas s’accumuler au fond, elle s'échappe par l'un des côtés ou par tous les deux en même temps, et il's'établit un ou deux contre-courans qui vont en sens contraire. du premier. Quelquefois la direction de la côte ou d’autres courans fatéraux s'opposent à l'écoulement des eaux, et il sétablit alors un courant au-dessous de la surface de ja mer, qui va également en sens contraire, comme à [a côte d'Angleterre, dans la baie de Torbay, où ce courant sous marin: acquiert d'autant plus de force que! les vents du large ont plus de violence. Il diminue les dangers des vaisseaux qui y sont mouillés dans le mauvais temps, parce qu'il pousse feur carène contre le vent, et contribue à affaiblir Feflort que les ancres et les cäbles ont à supporter. |
» Ce qui se passe sous nos yeux dans les grands fleuves; nous offre, en général, l'image dés principaux phénomènes de la marée et des courans, dans les lieux rétrécis en dans, les canaux. Le courant a moins de force près des rives qu'à une plus grande distance ; c'est au milieu qu'il acquiert sa plus grande rapidité. Le courant qui suit Pune des rives,.ne chinge pas de direction brusquement, si cette rive se délourne beaucoup; mais il va frapper l’autre rive. Le cobrant de la marée, lorsqu'il n'est arrêté par aucun obstacle, conunue à peu près dans la mème direction; il s’en détache,
du côté de Ia côte dont il s'éloigne, des filets du courant, qui commencent par former de petits tourbillons et donnen: lieu à Ja fin à un courant circulaire, dont les eaux, après avoir achevé leur tour, viennent se réunir en partie au principal fil du courant qu'elles avaient quitié, ou bien continuent à se mouvoir en spirale comme on la dit plus haut
» Les mêmes phénomènes se reproduisent, lorsque le courant rencontre une île ; il est toujours plus fort près des bords que plus au large; de sorte qu'il se sépare à une certaine distance de Îa pointe qui se présente à lui. Les deux branches de courant prolongent ensuite les deux côtés de l'île ; lorsqu'elles sont parvenues aux deux extrémités de sa plus grande largeur, elles s’en écartent, si la côte se détourne beaucoup, et vont ensuite se réunir à une assez grande distance au-delà de l’île. Les filets de courant qui s’en échappent, forment, dans l’espace circonscrit par le principal courant, des tourbillons ou des courans circulaires plus lents ; semblables à ceux dont on a déjà parlé. Si une île étroite se présente au courant dans le sens de sa longueur, l'eau produit le même effet que le sillage d’un vaisseau; elle en suit exactement les côtés, et vient former à Ia secohde extrémité un remous qui s’affaiblit de plus en plus à mesüre qu’il s’en éloigne, et finit par disparaître à une assez grande distance. Des remous semblables se font remarquer, quand fa mer est agitée, sur les bords des deux branches de courans qui, dans le premier cas, vont se joindre à une grande distance de l’île. Si le temps est calme, on peut encore les distinguer par des traces d’un blanc argenté qui se prolongent sur la surface des eaux.
»'’Tous ces phénomènes sont d'autant plus sensibles que la vitesse du courant est plus grande; maïs 1l paraît qu'ils sort toujours assujettis aux mêmes lois.
» Les faits particuliers dont on vient ne parler nous ont été donnés par la pratique, et sont le fruit d'observations souvent répétées ; Ils ont ensuite été approuvés par la ral-
du courant, s et donnen!:
eaux, après tie au prinà bien conit plus haut.
sque Îe coubrt près des e à une cer- I. Les deux ux côtés de smités de sa côte se déassez grande s'en échaple principal ifaires plus . Si une île a longueur, n Vaisseau :
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(333) son. Les pêcheurs qui conduisent leurs bateaux au milieu des écueils qui bordent nos côtes, près desquels les courans sont si violens , n'en ignorent pas un seul; et [a grande habitude leur a donné une sagaciié merveilleuse pour en démêler et en sentir les effets. La connaissance de [a marche des courans forme une branche importante de l’art nautique: cest elle qui apprend aux marins que si le principal lit du courant leur devient contraire, ils peuvent, dans certains cas, e transporter dans les lieux voisins, où ils en trouveront de favorables. Certains livres de navigation sont destinés à leur indiquer ceux qui se trouvent dans des parages connus; mais une connaissance raisonneée de [a maniere dont ils agissent, peut leur faire juger, à l'inspection des côtes et à l'aide de la direction du principal courant, quels sont Îes lieux qui, dans des parages inconnus, leur procureront le
meme avantage.
Nous avons cru convenable de joindre à la notice sur le gulf-strenm Particle suivant, extrait du Guide du Navigateur, traduit de l'anglais de Blaiht. Ce passage décrit Ia construction du seau que le capitaine Ellis, ainsi qüe le docur Hales, ont employé dans leurs observations thermo- Iieiriques,
« Le seau qu'employa Ellis, et dont je le pourvus moimême, afin qu'il pût constater la température de la mer à des profondeurs diverses, était un seau ordinaire fermé aux deux bouts par des fonds, dans le centre desquels on avait pratiqué des trous d'environ quatre pouces de diaètre; Ces trous avaient des couvercles qui se fevaient par en haut, et les couvercles devaient s'ouvrir ou se fermer en méme temps par l’eftet d'une petite verge de fer qui était fixée, d'un côté, à la partie supérieure du couvercie d’en bas, ct, de l’autre, à la partie inféricure du couvercle d'en haut, Lorsque 1: seau s’enfonçait, l'eau s'ÿ introduisait nécessai-
rément, parce que la force de l’eau tenait ouverts l’un ct l'autre couvercles ;au contraire ils étaient, par la même cause, tenus fermés l’un et l'autre lorsque le seau remontait. Une fois le seau à bord, on bouchait le trou inférieur, afin de pouvoir lever Îles couvercles, et l’on y introduisait un thermomètre qui était fixé par les deux bouts à un bâton droit, de telle sorte que, pour opérer leur scparation, il n’y avait qu'à pousser les deux clous mobiles qui servaient à les unir, Dans une opération de cette nature, il faut avoir grand soin de s'assurer de la hauteur du mercure avant que Îa partie inférieure -du thermomètre ne soit hors de l’eau, car son ne état serait bien vîte changé par le contact de l'air. Afn que le seau soit toujours perpendiculaire, on le maintient avec quatre cordes qui vont, à trois pieds au-dessous de sa
partie inférieure, se fixer au jioids qui le fait enfoncer dans la mer. »