SUR LE GULF-STREAM (COURANT DU GOLFE DE FLORIDE
La marche de cet immense cours d’eau, qui se porte continuellement des golfes du Mexique et de la Floride vers le Nord et le N.E., demande à être bien comprise des marins, attendu que tous ceux qui fréquentent la côte de l’Amérique du Nord ressentent plus ou moins son influence.
A trois degrés dans le N. N.E. de Vera Cruz, il charrie au N. E. avec une vitesse d'un mille par heure ; puis, il incline au N. N.E. et au N. I N.E., et reprend de nouveau la direction du N.E. presque jusque par 25° 30° de latitude et 93° 30’ de longitude. Là, il se répand davantage vers l’Est ; par 26° de latitude, il court à l'E. { S. E., et rallie ensuite le Sud jusqu’au S. E. }S$. Par 25° 30’ Nord, dans la direction de la rivière Mississipi, le courant charrie avec quelques variations au S. E. En cet endroit, son étendue et sa direction exactes sont inconnues; mais il est certain qu’en portant vers la partie N. O. de l'ile de Cuba, et en se heurtant contre les bancs Zsabella et Colorados, il se divise en deux parties : l’une contourne le cap Antonio et va vers leS. E., tandis que la masse principale se répand dans l’Est par le Nord de ladite île, en arrondissant à VE, N. E, , au N. E. et au Nord, pour gagner l'océan Atlantique par le détroit de la Floride.
Le Routier des Antilles s'exprime ainsi : « Nous entendons par Détroit de la Floride l'intervalle compris entre le méridien du groupe Dry Tortugas et le parallèle du cap Canaveral. La simple inspection de la carte montre que cet espace sert de lit à une masse d’eau qui, semblable à une rivière, se porte vers le Nord. Cette rivière, ou plutôt ce courant général, se dirige d’abord à VE. N. E., jusqu’à la hauteur du méridien de la partie occidentale des cayes Double Shot. En cet endroit, il dévie de l'E. N.E.
PILOTE COTIER DES ÉTATS-UNIS. -425 au N. £N. E., et poursuit ainsi jusque par la latitude du cap Flo- j rida. De là, jusqu’au cap Canaveral, il court au Nord, en incli- , | nant un peu à l'Est.
«On rencontre de temps à autre, sur le méridien de la Ha-
LFE vane, des lignes de courant venant des sondes des Tortugas, et charriant à l'E. S. E. et au S. E, Il faut faire bien attention à ne pas confondre les différences Sud qu'occasionne cette branche du courant , avec celles causées par le contre-courant du voisi- | nage des Colorados : les unes portent à l'Est, les autres à l'Ouest. ; con La distinction est au reste très-facile à faire et ne permet aucun le Nord doute, attendu que le contre-courant se rencontre seulement | attendu depuis les méridiens de Cavanas et de la baie Honda ( Honda | u Nord Bay) jusqu’au cap Antonio, et pas plus au large de la côte que le parallèle de 23 degrés.
au « La vitesse du courant étant variable, il est indispensable que . line au les marins s’assurent de sa force aussi fréquemment que possible, ction du quand ils sont dans le Guf-Stream. Quiconque donne dans le le longi- canal de ce nom doit, après avoir déterminé avec soin son point latitude, de départ, soit à l’aide des terres de Pile de Cuba, soit à l’aide .E. LS. du récif de la Floride, doit, disons-nous, calculer, dès la pre-
miere journée, la vitesse du courant, au moyen de la différence “0 dt en latitude déduite de Pestime et de observation. Nous disons — es: mais | dans le cours de la première journée — parce que la généralité le Cuba, des navigateurs ordinaires ne font usage que de hauteurs méridiennes et du soleil pour obtenir leur latitude. Mais il est bien
issipi, le
ji EN évident que les hauteurs de planètes et d’étoiles fixes ne doivent | l'Est par pas être négligées; non-seulement parce qu’elles ne laissent N. E. et aucun doute sur la latitude réelle, mais encore parce que les réoit de la sultats qu’elles donnent peuvent être plus exacts que ceux dé--
duits des hauteurs méridiennes du soleil, quand cet astre passe | dons par près du zénith, et parce que ces observations répétées durant lu |
didier di nuit établissent, autant que possible, la situation du navire. En prenant ces précautions, on poursuit sa route avec une idée nette
pH de la marche du courant et du chemin que l'on fait. Une fois sûr | le Nord. de la vitesse du courant, on peut s’en servir pour corriger Pes- | d'abord à time, et cette ressource est précieuse, si on n’a pu faire des ob- | > occiden- servations. Dans un cas pareil, en effet, si on n’a pas la diffé- ù
VE. N.E rence de latitude occasionnée par le courant, on manque de
tout; si, au contraire, on connaît la vitesse et la direction du courant, on peut déterminer la différence en latitude et corriger l'estime de l'influence dudit courant. Bien que ce mode d'appréciation n’ait pas la précision d’une latitude observée, il approche cependant assez de la vérité, pour permettre aux marins d'éviter les dangers, surtout s’ils y joignent la prudence et la connaissance de leur métier.» Pour ceux qui ont peu d'expérience de la navigation, nous ajouterons :
1° La meilleure marche à suivre dans le détroit de Floride est de faits route au milieu du canal, non-seulement parce que c’est la partie la plus éloignée de tout danger, mais encore parce que c’est celle où l’on trouve le plus fort courant , avantage toujours désirable. (Voyez les Observations de M. Romans sur le Guif-Stream.)
2 Comme il est impossible de connaître avec toute l’exactitude nécessaire la position du navire, malgré les règles données pour diminuer les erreurs dues aux courants, il faut écarter avec le plus grand soin la partis orientale de la Floride, à cause des vents alizés qui y battent en côte. Il n’y a au contraire pas le moindre danger à faire route le long du banc Salt Key et des bords du banc Grand Bahama. On a d’abord Pavantage de rencontrer sur ce dernier de bons mouillages, où on peut étaler commodément les grands coups de vent de la partie du Nord qui sévissent de novembre à mars; coups de vent qui manquent rarement d’occasionner des avaries aux navires, et qui les forcent même quelquefois à laisser arriver, Cette alternative est toujours dangereuse : le temps est généralement couvert dans les circonstances en question, et on court le plus grand risque, en laissant porter, de se jeter à la côte de Cuba, au lieu d’atterrir, comme on l’espérait, sur la Havane ou sur Matansas. Auski, dès qu’il y a apparence de coup de vent de Nord, la meilleure conduite à tenir, si l’on est près du banc Saif Key, est d'y mouiller ; et si l'on est près du banc Grand Bahama, de rallier ses bords, afin d’être en mesure d'y jeter l’ancre, si cela devient nécessaire. Nous disons si cela devient nécessaire; car, bien qu’on ait un vent très-vioient, tant qu’on peut capeyer, on doit rester sous voiles, attendu que le courant porte sûrement le navire hors du détroit.
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3° Il est très-nécessaire de prendre connaissance des caÿes du banc, même quand on n’a pas à craindre un coup de vent de Nord; et il peut se présenter tel cas où il faille faire tous les efforts possibles pour les voir, surtout si, faute d'observations, on ne. connaît pas bien la position où on se trouve,
4 Quand, par suite du calme ou de petits vents. un navire qu s’est pas destiné pour le Nord se voit menacé d’être entraîné dans le détroit par le courant, il doit immédiatement rallier les bords des bancs Salt Key ou Grand Bahama, et de là regagner la côte de Cuba par le canal Santaren, sans essayer de rattraper le terrain perdu; car, en tentant cette dernière manœuvre, il ne ferait que rendre plus certaine la probabilité d’être drossé dans le détroit.
e Si on vient à approcher involontairement de la côte ñe Floride, il faut mettre un soin particulier à s’assurer si on est sorti du courant général et si l’on est dans le contre-courant. Pour cela, on doit remarquer qu’il existe entre ces deux courants une ligne de séparation qui, en plusieurs endroits, est hors de vue de terre ; que généralement on ne trouve plus de sondes sur cette ligne, et qu’on la reconnaît immédiatement non-seulement à sa couleur différente, mais encore à une espèce de bouillonnement et de dénivellement d’eau qui se manifeste même dans les plus grands calmes. À partir de ladite ligne de séparation, l'eau change graduellement de couleur : près des cayes de la Floride, elle est d’un beau vert de mer et devient ensuite presque aussi blanche que du lait.
6° Quand on est dans le contre-courant, les corrections à faire aux routes sont complétement différentes de celles applicables à la navigation dans le Gulf Siream. Cette observation est de la pius grande importance ; car beaucoup de navires ont naufragé pour n’y avoir pas eu égard.
7° Quand on vient du banc des Zortugas attaquer le canal ou détroit de Floride, avec l'intention d’y passer, il faut avoir soin de prendre connaissance de la terre de Cuba ou de quelque partie du récif de Floride, afin de s’assurer ün bon point de départ. Car, bien que les latitudes jointes aux sondes du banc des Tortugas soient plus que suffisantes pour établir exactement la position du navire, les variations qu’éprouve, comme nous Pa-
428 PILOTE COTIER
vons dit, le courant on se dirigeant vers la Havane, peuvent produire une erreur sérieuse, si l’on n’y a pas convenablement égard. j
Le méridien de cette ville est en un mot le meilleur point de départ que puissent prendre les navires destinés pour le N. E.
A 3° } environ dans le Nord du cap Antonio, on trouve
quelquefois le courant portant au S. O., et inclinant vers le bord septentrional du banc du Yucatan, tandis qu’à un degré de là dans l'Est, il charrie presque au S. E. Au large de l'extrémité Ouest de Cuba, à 10 lieues dans le N.0. du cap Sant-Antonio, on la vu porter au S. 0. } O., avec une vitesse d’un mille par heure. Mais ces directions ne peuvent être considérées comme générales.
‘ Sur le méri@ien de la Hrvane, le Gulf-Stream prend , au milieu du canal, la direction du N. E. et acquiert une vitesse d’environ 2 milles . Sur Ja méridien de la pointe la plus Sud de la Floride, à } environ du détroit, en partant des récifs de Floride, cette vitesse est communément de 2 milles & à 3 milles }; elle est la même entre les îles Beminé et le cap Florida, et la direction est à peu près le N.4+N. E.
Du côté de Cuba, le Gulf-Stream est faible et porte à l'Est. Du côté opposé, le long des récifs de Floride et des caves, il règne un contre-courant qui charrie au 8. O. ou à l'Ouest, Beaucoup de petits navires venant du Nord franchissent le détroit à l’aide de ce contre-courant ; mais c’est une navigation trop dangereuse pour que des étrangers puissent la tenter. Les marées passent evec une grande vitesse parmi les récifs en question, et sont plus particulièrement décrites dans le cours de l’ouvrage.
Les vents ont une influence considérable sur la position du Gulf-Stream : entre Cuba et la Floride, ceux de Nord le refoulent dans le Sud vers la côte de l’ile, tandis que ceux du Sud ont un effet contraire. Dans la partie du détroit où le courant se dirige au Nord, les vents de l'Est le pressent contre la côte de Floride, et ceux de l'O. contre les Bahamas ; les vents du Sud ont pour résultat de l’élargir, et ceux du Nord produisent le même effet.
Quand, dans le détroit de Floride et en dedans des Bahamas, un coup de vent de Nord acquiert l'intensité d’une tempête, le
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DES ÉTATS-UNIS. 429 courant est contrarié dans sa direction; et cette opposition d’efforts, qui remplit les canaux et ouvertures situés entre les iles on récifs, détermine l’inondation de toutes les terres basses. IL est mème, en cas pareil, arrivé à des vavires de se trouver drossés sur les cayes peu élevées, et d’y rester ensuite à sec. On dit que le niveau de Peau s’est quelquefois élevé de 9 mètres, et que la vitesse du courant a atteint, en dépit de la furie du vent contraire, une vitesse de 7 milles à l'heure. Dans ces circonstances,
le détroit de Floride offre un spectacle terrible, impossible à décrire.
Observations faites sur le Gulf-Stream, etc. ; par le capitaine J. Steele Park,
« Parti de la Jamaïque pour Londres, le 20 mai 4824. Le 27 à midi, étant au large de la partie S. O. de Cuba, trouvé 24° 26’ de latitude et 87° 07’ O. de longitude par les montres et les distances lunaires. Constaté en cet endroit un courant N. O. d’une vitesse de 2 milles par heure. A 7 heures 30 minutes, relevé le cap Antonio à 5 ou 6 milles dans le N. O. Le courant N.O., dit le capitaine Park, nous entraina dans le golfe du Mexique, et là nous fùmes contraints de louvoyer pendant environ trois ou quatre jours, faisant du Nord et de l'Ouest en dépit de nous. Le vent fut, tout le temps, de la partie de l'E. ; et nous aurions pu croiser dans ces parages jusqu’à Noël, si, en ralliant un peu le Sud, il ne nous eût permis de gagner dans le N. E. Là, nous trouvâmes le courant d’une direction précisément contraire à celle que nous avions éprouvée avant : nous étions alors dans le Stream de Floride.
« Après avoir arrondi le cap Antonio, perdu la terre de Cuba de vue. A cette époque (derniers jours de mai 1824), le courant n’était pas, à beaucoup près, aussi fort le long de la côte de Floride et même dans le détroit, qu’on l'y trouve généralement. Dans la partie la plus resserrée, où nous dévions naturellement nous attendre à rencontrer la plus grande vitesse, celle-ci n’était que de 2 milles 4 à l'heure. L’exactitude de ces observations fut confirmée à l’aide de hauteurs méridiennes de soleil et de lune et d’un bon chronomètre.
ce varie 24 + +4 be me
430 FILOTE COTIER
a Qnand nous débouquâmes du détroit de la Floride , ajoute le capitaine Park, nous tenions à rester dans le liu du courant et à passer près de la queue du bonc de Terre-Neuve; mais, par 34 3% de 'atitude et 74° 40! de longitude, Cans VE, + S. E. du cap Hatteras (1), nous essuyâmes de si grands vents de Nord, que nous fùmes drossés dans l'Est, en dehors de la ligne que nous ‘ot:.ions tenir, et que nous passâmes à 300 milles dns le No: es Vermudes Durant ce coup d° vent, le courant acus at peidant plusicurs jours de l'Est à PO. 8, O.; mais, par 38° de 4 ‘ude at 64° 20 environ de longitude, nous rencontrâmes hu ASream, qui se dirigeait en dernier lieu au N.E.
« Le %* : in, à midi, trouvé 37° 54’ de latitude et 64° 44 de longitude ; le 24, 39° 55 et 59° 46 (par les hauteurs et les montres). En cet endroit, le navire s’avança réellement de 4° 28’ dans l'E., en 24 heures ; et de 3° 46’ seulement par le loch. Quant au changement en latitude, il fut de 2 5 par l’observation et de 4° 20’ seulément par l'estime. La route avait été tout le temps JE. + N.E. du compas, et le chemin parcouru était de 473 milles. En comptant un demi-quart de variation, la route corrigée valait VE, N, E. ÆN. Plus tard, en atterrissant sur Scilly , la montre ne donnait pas un seul mille d’erreur.
« Après le mauvais temps du Nord, les vents devinrent variables du N, O. au S. O. Le navire passa près de la queue du grand banc et continua à faire route avec un joli courant N. E. de 30, 25 et 20 milles par jour, qu’il perdit dans les parages de 43 35’ de latitude et de 39° 40 de longitude, »
(1) Un navigateur éclairé dit : « Quand je suis dans le Guf-Stream, à l'Esi du cap Hatteras, je fais ordinairement tout mon possible pour en sortir au plus vite, surtout si les veuts sont forts du N. E. Je pense en effet que, dans un cas pareil, l'avantage que lun tire du courant ne compense pas les effets de la mer dangereuse et du temps à grains que l’on rencontre généralement dans cette partie de l'Océan. » (Auteur)
ajoute ant et s, par E. du Nord, 1e que 1:08 le it ACCUS par 38° trÂmes
A4! de s mon- 28’ dans uant au n et de e temps 173 milcorrigée cilly , la
nt variaqueue du ot N. E. arages de
n, à l'Est du rtir au plus dans un Cas ts de la mer t dans. cette
Courants obsorvés en janvier 1824, par le capitaine W. 4, Capes, ei venant de la bare de Honduras, ef en passant par le détroit
de
la Floride,
Janvier, Latitude,
LE
À partir du coin 8. O. du banc des Zortugas, : quelquefois au 8. S. O., droit sur les Colorados ; mais, entre les Tortugas et Bahia Honda ou port Cavanas, il prend une direc-
Longitude.
tion régulière vers l'Est.
Les vents furieux de l’Est, du N. E. et du Nord, qui affectent plus particulièrement le courant du Gulf-Stream, commencent en septembre et continuent jusqu’en mars. |
Sur le bord méridional des sondes des Zortugas, par 24° 30’ de latitude et 85° 0’ de longitude, le courant charrie à peu près à VE, 8. E. avec une vitesse de 20 milles en 24 heures; et, par 24° de latitude et 84 40° de longitude, à l'E. 4 N. E, avec uns vitesse de 42 milles.
En juin 4827, entre les parallèles de 25° 40’ et de 28e 20 le capitaine Monfeath trouva la vitesse du courant, dans le détroit,
Courant de
{6 milles au Sud en 24 heures,
14 Id, 16 Id, 5 Nord.
6 Id.
ÿ Nord et 20 Est.
29 Nord.
11 Id.
pas de courant.
9 Nord :: :5 :
49 Norc 29 0 37 EUR 24 ri,
Observations faites sur le Gu!f-Stream, par le capitaine W. 3. Monteath.
courant porte
432 PILOTE COTIER
de 80 milles en 24 heures. Le 6 juillet 4820, par 35° 20’ à 36° 30/ de latitude et 74° 50’ à 74 23 de longitude , aur la limite 1aéridionale du Gul/-Stream et dans le Nord du cap Hatteras, il le trouva portant au N. E., à raison de 75 milles duns le même temps; le jour suivant, 7, par 37° 40’ de latitude et 71° 20’ de longitude, de 86 milles dans le N. 53° E.; le 8, par 28° 38’ et 69° 20", de 30 milles dans le N. 58° E, ; enfin le 9, par 39° 40/ et 68° 30’, de 12 milles seulement, dans l'O. Les jours suivants les observations furent continuées au chronomètre, et les points de l'estime étaient, à peu de milles près, d'accord avec ceux du calcul.
Depuis le 26° jusqu’au 28° parallèle , le Gulf-Stream charrie généralement au Nord, en dépendant un peu vers PEst. Du 28° au 31° environ, il paraît courir au Nord, et incliner un peu dans la direction de la côte, en dépendant vers l'Ouest. De là, il tourne brusquement au N. E. } E., même un peu plus à V'E., jusqu’au 95° parallèle, qui est celui du cap Hatteras environ. En cet endroit il poursuit sa route à moins de 18 milles du cap.
Dans le voisinage de la côte du cap Haïteras, le Gulf-Stream incline davantage à l'Est, à raison de 2 nœuds 4 par heure; puis il rencontre les bancs de Vantucket, qui paraissent lui opposer une barrière et le rejeter dans l'E. N. E. ou un peu au Nord de PE. EN. E. Sur le parallèle de 3% 30’ et par 65° 50’ de longitude, il se dirige à l'E. } N. E. et à l'E. N. E., en faisant 2 nœuds à l'heure,
Le colonel Williams dit, dans son ouvrage intitulé : Navigalion thermomélrique, que les tourbillons de la limite Nord du Gulf-Stream ont été vus jusque par M° 57 de latitude et 67° 24’ de longitude. Il a observé aussi une grande quantité d’herbes marines, par 41° 53 de latitude et 67° 53° de longitude dans un endroit qu’il suppose placé sur le bord septentrional de ce même courant. Le lieutenant Charles Hare, de la marine anglaise, a depuis acquis la certitude que, dans la saison d’été, par 59° 20° de longitude, la limite en question s’étend jusqu’au parallèle de 49° 45', et dans les mois d’hiver, au delà même du 42° de latitude. Cette observation a été confirmée par vingt-cinq traversées de l'océan Atlantique, dont la dernière eut lieu vers la fin de 4824,
36e 30’ 1néri- 8, il le môûme pe 40/et ants les jints de "eux du
charrie Est, Du “un peu De là, il s àlE., environ.
illes du
Stream ire; puis
opposer Nord de de longi- 2 nœuds
Naviga-
Nord du et 67° 21° d'herbes e dans un ce même nglaise, a ar 59° 20" arallèle de le latitude.
versées de n de 1824,
DES ÉTATS-UNIS. 4355 et qui toutes furent faites avec le seccurs de montres, thermomètres, etc.
Toutefois, il est à remarquer que les vents de Nord, de N. E. et d'E., qui pressent le Gu{f-Stream vers la côte et restreignent sa largeur, augmentent sa rapidité; et qu’au contraire ceux du 8. O., de l’Ouest et du N. O., qui le rénandent plus loin dans l'Océan, diminuent son intensité. Il est donc évident que ce courant éprouve des modifications tant dans sa direction que dans sa force, selon les influences auxquelles il est soumis, et qu’un ne peut donner aucune règle absolue pour déterminer exactement ses limites ordinaires. Il suit de là qu’une description des procédés qui aideront à mieux le çonnaître, est de la plus grande importanre.
Ces procédés consistent dans l’étude de l'apparence de l’eau et de sa température. Par les plus grandes latitudes, le Guif- Stream, coulant sans interruption sous un beau ciel, présente une surface bleue, claire et unie, qui aide à le reconnaître. Sa limite est remarquable par un clapotis continuel : l’eau y bouillonne en quelques endroits; dans d’autres, elle écume comme les flots d’une cataracte, même de calme plat et dans des lieux où on ne trouve pas fond. Par les grands vents de N. E., cette partie du courant brise avec une telle violence, depuis le cap Roman, en allant au N. et à V'E., qu’on l’a souvent prise pour des bancs pendant la ruit.
Il règne sur le bord extérieur du Gu/f-Stream , particulièrement de beau temps, un grand clapotis très-facile à distinguer ; et beaucoup de navigateurs ont observé que, dans le lit même du courant, l’eau ne brille pas durant la nuit, mais que, par les vents de S. E., elle brille autant que dans les autres parties de l'Océan. Un autre indice qu'on est dans le courant on au voisinage, est la rencontre des herbes marines nommées herbes du Gulf (Gulf weed), qui ne se voient jamais à grande distance de lui dans le Nord.
En connaissant bien la distance à laquelle on peut approcher de la côte avec un navire, et la manière de distinguer les eaux du Gulf-Stream de celles situées entre lui et la côte, on a l’avantage de pouvoir faire route avec un courant favorable, soit en montant, soit en descendant le détroit. Ainsi, un petit bâtiment
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peut eflectuer une courte traversée d’Halifaæ à la Géorgie, bien qu'aux yeux de quelques personnes ce voyage soit plus long que celui de l'Europe. Admettons, en effet, qu’il ait vent debout pendant toute la traversée : il prend un point de départ et gouverne pour gagner le courant, Aussitôt qu’il voit la température de l'euu s'élever de la moitié de la quantité dont elle s’élèverait dans le courant, il vire de bord et rallie la côte. Il a infailliblement connaissance de l’accore des sondes par le refroidissement de l’eau, et prend le large de nouveau quand il arrive dessus. En poursuivant ainsi jusqu’au terme du voyage, il est presque certain qu’il abrégera son chemin, grâce à l’aide du contre-courant intérieur qui lui est favorable. — Dans la traversée de retour, il prend son point de départ et court au large jusqu'à ce qu’il atteigne les eaux les plus chaudes du Gul/-Stream, qui sont vers son milieu; puis il fait route de manière à se tenir dans le courant.
Le fait suivant peut servir à mettre en évidence l’utilité des indications qui précèdent : en juin 4798, le packet destiné pour Charleston mit 25 jours à s'y rendre et 7 seulement à en revenir. Le capitaine attribua ces longueurs aux calmes et aux brises légères , ainsi qu’à un courant Nord. Cette dernière cause était la véritable. Son navire s’était trouvé au milieu du Gulf-Stream, où règnent généralement des calmes et de petits vents, tandis que les bords de ce courant, étant en contact avec les régions plus froides, sont seuls exposés au mauvais temps. De la latitude du cap Hatteras, il se trouva porté sur celle du cap Henry, à 100 milles plus au Nord. Cependant il finit par arriver; et lorsqu'il effectua son retour par la même route, il opéra sa traversée en 7 jours, comme nous l’avons déjà dit, malgré les mêmes circonstances de petites brises qu’à l'aller, Si cet officier avait connu l'age qu'il pouvait faire du thermomètre, aurait-il été beaucoup plus longtemps pour aller que pour revenir ?
Le thermomètre est non-seulement utile pour s’assurer si l’on est ou non dans le Guif-Stream, mais il est pareillement commode pour connaître quand on approche des sondes de la côte du Nord-Amérique, entre le cap Canaveral et l'ile de 7erre- Neuve.
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Nous croyons que le thermomètre n'indique de différence de température que quand on entre dans le Gulf-Stream ou quad on en sort , et nous nons fondons en cela sur ce principe qu'une masse d’eau aussi considérable, venant des régions tropicales où la chaleur moyenne.est de 82 (Farenheit), a besoin d'un long laps de temps pour perdre sa température ou pour en changer,
L'eau a été trouvée, sur l’accore du grand banc de Terre- Neuve, plus froide de B° que dans la pleine mer à l'Est. Quant à la partie la plus élevée de ce banc, sa température est plus basse de 10° que celle de l'accore, et par conséquent de 15° que celle de l'Océan.
Sur la côte de New-England, près du cap Cod, l’eau est, en dehors des sondes, de 8° à 10° plus chaude que sur ces mêmes sondes; et, dans le Gu/f-Stream, sa température est de 8° plus élevée encore. Il en résulte qu’en venant de l’Est, un abaissement de 8° indique que l'on a quitté le Gul/-Stream, et un nouvel abaissement de 8, que l’on est sur les sondes.
En hiver, sur la côte comprise entre le cap Æenlopen et le cap Henry, l’eau est, en dehors des sondes, de : plus chaude que sur ces mêmes sondes, et, dans le Stream, sa tempéraure est d’environ 5° plus grande encore. Il en résulte qu'en venant de V’Est, une diminution de 5° dans la chaleur de l’eau indique que Von quitte le Stream, et une nouvelle diminuticn de la même quantité, que l’on est sur les sondes,
M. Williams recommande aux marins de se munir de trois thermomètres, « Mettez-les, dit-il, dans un même endroit durant trois jours, afin de vérifier si leurs indications sont semblables. Leur plaque doit être d'ivoire ou de métal, attendu que le bois se gonfle et que le verre, ne pouvant céder, serait exposé à se briser : le métal des cloches est le meilleur. L’instrument doit être fixé dans une boîte carrée en métal, dont l’intérieur soit étanche jusqu’à la marque de 30°, afin que, tout en examinant le degré de température indiqué, on puisse garder la boule du thermomètre dans l’eau. Quant au reste du tube, il est tenu découvert et protégé seulement par 2 ou 3 petites barres transversales destinées à le préserver de tout choc, comme les thernomètres des brasseurs. L'un des trois instruments est placé
dans un endroit quelconque du navire, à Pombre, en plein air,
436 PILOTE COTIER
mais le plus possible à l'abri du vent et de l'humidité. La partie extérieure et arrière de la muraille sous le vent peut remplir ces c'auitions, à défaut de lieu plus opportun. — Le second 1nstrument est lancé avec soin à la mer, pourvu d’une quantité dc ligne suffisante pour lui permettre d’atteindre la région inférieure des eaux du sillage. Quant au troisième, il est tenu précisément en réserve pour remplacer celui des deux autres qu'un accident viendrait à mettre hors de service. »
ilexiste génére lement, au voisinage des bords du Gul-Stream ; un remous ou contre-courant qui agit en sens inverse du courant principal et dont la vitesse est accélérée ou retardée par le vent, selon la force de celui-ci. Quand le vent souffle à contre du Gulf-Stream, la force du remous augmente; elle diminue quand il souffle dans le même sens.
Dans ce dernier cas, les bords du Gulf-Sfream s’écartent da- ‘vantage.
En hiver, il règne presque constamment, sur la portion de côtes comprise entre Hatteras et le banc George’s de violents coups de vent, qui soufflent communément entre le Nord et l'Ouest , en traversant le Gulf-Stream, et qui inclinent son cours plus vers l'Est. A cette action s’ajoute celle produite par les masses d’eau qui s’échappent des grandes baies et des rivières du littoral ; masses dont la vitesse est encore accrue par les vents en question. Ces diverses causes, jointes à l’augmentation progressive du courant qui longe la côte des Carolines, occasionnent, dans la mer, un mouvement tellement fort vers l'Est, qu’il est de toute impossibilité à un navire d'approcher de la côte, s’il n’est servi par un changement favorable dans le vent.
Quand les vents du Sud au S. E. dominent, on constate que le courant est refoulé vers la terre; ce qui prouve que le Gulf- Stream subit d’une manière notable l'influence des vents. Pressé dans ce dernier cas, entre le vent et les hauts-fonds voisins de la côte, sa largeur diminue considérablement et sa vélocité s'accroît en proportion. Ce phénomène a plus particulièrement été constaté depuis la longitude de Block Island environ, en prolongeant les bords des bancs Nantucket, jusqu’au deià du banc Georges; et il en a été de même le long de la côte de Géorgie ainsi que d’une partie de celle de la Caroline du Sud.
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constafe que que le Gulfvents. Pressé ds voisins de et sa vélocité ticulièrement 1 environ, en qu’au delà du de la côte de roline du Sud.
DES ÉTATS-UNIS. 457 Dans le premier endroit, où les vents de Sud avaient entraîné le courant jusque sur l’accore des sondes, sa vitesse était de 1 mille ! à 2 milles; elle était la même dans le dernier, où les vents d’Est l'avaient porté jusque sur les sondes.
Par les vents de N. O., le Gu/j-Stream est, au contraire, entrainé de quelques lieues plus au large.
Ces remarques suffisent à établir l'incertitude qui règne dans la position des bords du courant. Les changements qui affectent le bord intérieur sont peu considérables; mais ceux auxquels Vautre est exposé, sont très-grands et s’étendent fort loin de beau temps.
Un ouvrage ingénieux qui porte pourtitre : Navigation thermométrique, écrit et publié en 1799, à Philadelphie, par M. John Williams, nous apprend que le commodore Truxton s’est souvent assuré de la rapidité du Gulf-Stream dans le Nord du cap Hatteras; — qil a rarement trouvée moindre que 1 mille, et jamais plus grande que deux; que la température de l'air et celle de Veau, en dehors du courant, étaient généralement les mêmes, c'est-à-dire que lez différence excédait rarement 2 ou 3 degrés, soit dans un sens, soit dans l'autre.
Le capitaine Livingston dit : « Le courant me porta au large du cap Hatteras de 1 degré et 8 milles dans l'espace de 16 heures, d’après des observations du soleil et des astres ; le capitaine J. Collast, de Philadelphie, m'a assuré que sa vitesse est quelquefois plus grande encore. »
M. Williams ajoute : « La température de l’eau dans le Gul/- Stream est de beaucoup plus élevée que celle de l'air, et il m'est arrivé de trouver la différence de 10°; mais aussitôt qu'on est en dedans du courant, c'est-à-dire entre lui et la côte, l’eau devient plus froide que l'air, et sa température s’abaisse à inesure qu’un avance sur les sondes en rapprochant de la terre (1).— Si les navigateurs qui n’ont pu se procurer la longitude à l’aide d'observations astronomiques, sont pourvus d’un bon thermomè-
cu—
(i) D'après les journaux du capitaine Billings, de Philadelphie, il parait qu'en juin 1791 la température de l'eau, sur la côte d'Amérique, était de 61°, tandis que, dans le Gulf-Stream, elle allait jusqu’à 77° ; ceux de M. 7, Wil-
tre, ils n’ont qu’à comparer toutes les deux heures la chaleur de l'eau avec celle de l'air, et ils savent toujours aisément le moment où ils entrent dans le Gulf-Stream, comme celui cù ils en sortent. J'ai fréquemment eu recours à ce procédé dans les traversées que j'ai faites, et j’ai pu prendre ainsi connaissance du courant, dont je déterminais ensuite la force et la direction par des observations célestes. Il est de la plus grande importance pour les voyages en Europe, et réciproquement, de bien se familiariser avec le Gulf-Stream. En se tenant dans son lit, lorsqu'on a à aller vers l'Est, on abrége son chemin; tandis qu’en l’évitant, lorsqu'on retourne vers l'Ouest, on obtient des avantages semblables. C’est à tel point que, dans mes traversées d'Europe en Amérique, j'ai fréquemment rencontré, au large des bancs de Terre-Neuve, des bâtiments européens auxquels jai parlé et que j'ai de beaucoup devancés au port, en me tenant hors du courant, tandis que leur ignorance de sa force et de ses dimensions les y avait fait rester inal à propos. Le cours général du Gulf-Stream est iadiqué sur la carte publiée par G. E. et G. W. Blunt, en 1847; et j'engage les marins qui viennent d'Europe par le Nord à ne jamais s’approcher volontairement
liams établissent qu’en novembre 1789 les eaux étaient, près de la côte, à 47°, et, dans le Gulf-Slream, à 70°. | — 1791, juin, près de la côte. .. 61°!
dans le courant. ..,... 77 . é | Différence entre juin et novembre :
Excès de chaleur du courant.,., 16° vf 7 A la côte.......,,. 14° …— 1789, novembre, côte...... 47 | Dans lecourant.... 7° courant.... 70
Excès de chaleur du courant. .. 23
La différence en question est donc plus grande en hiver qu’en été.
Le capitaine Livingston dit : « Dans mon voyage de Philadelphie à Kingston (Jamaïque), en octobre 1817, j'eus particulièrement égard aux indications du thermomètre. En face de l’ernbouchure de la Delaware, par 16 brasses environ, il marquait 60°; sur le hord intérieur du GuwlfStream, il monta assez rapidement jusqu’à 66°, et, dans l’espace d’une heure, jusqu'à 76°. Le lendemain il était à 78°, et cette température se maintint jusque dans le Sud des Bermudes. À cet endroit elle commença à augmenter graduellement, jusqu'entre Cubu et Saint-Domingue, pour devenir de 82° à la Jamaïque : cette dernière paraît être la température moyenne de la mer aux environs de ladite île. »
h chaleur
» la côte, à 47°,
et novembre :
été.
phie à Kingston indications du 16 brasses enil monta assez °, Le lendemain le Sud des Berut, jusqu'entre : cette dernière ladite Île. »
à moins de 10 ou 45 lieues de son bord intérieur. De cette manière, ils ont des chances pour être favorisés par le contre-courant qui règne souvent en dedans du courant principal. Ceux qui viennent du Sud doivent, si le vent le leur permet, gouverner au N. E., quand ils approchent du Gujf-Stream, et continuer cette route jusqu’à ce qu’ils soient en dedans de son lit, ce dont ils s’assurent facilement, comme nous l’avons déjà dit, par Pexamen de la température de Peau. J’ai toujours considéré comme de la plus grande importance, quand je me rendais en Amérique, de traverser ledit courant le plus tôt possible, de peur d’y être surpris par des calmes ou des vents contraires, et de me voir par là entrainé loin de ma route, ce qui aurait beaucoup allongé le voyage, surtout dans la mauvaise saison. »
La route des navires qui vont d'Europe aux ports des États- Unis, est gravement influencée par le courant de la Floride, Nous n'avons, toutefois, que fort peu de chose à ajouter sur ce sujet : ceux destinés pour les ports du Nord et du centre doivent, lorsqu'ils doublent les hauts-fonds du banc Georges, avoir soin de passer entre eux et le courant. La même recommandation s’applique aux bancs Nantucket.
Ainsi qu’on l’a vu ci-dessus, les bâtiments qui, en allant dans l'Ouest, traversent le Gulf Stream, doivent le faire aussi rapidement qué poscible, sans qupi il est évident qu'ils seront entrainés loin de leur route.
I est remarquable que « les navires venant du large qui attaquent un point quelconque de la côte d'Amérique entre Long Island et le cap Hatteras, et qui doutent de l'exactitude de leur estime, ont un excellent guide dans ce qu’on appelle communément l'Aerbe du Gulf (Gulf weed).» Cette herbe se montre en plus grande quantité, et en paquets plus considérables, dans l’Est du Gulf- Stream que sur le Gulf-Stream lui-même, où on ne la rencontre qu’en brins petits et rares. Dans l'Ouest, c’est-à-dire à terre du Gulf-Stream, on ne voit pas du tout cette herbe, du moins fort rarement, et l’eau prend une teinte plus sombre, d'apparence vaseuse. Le bord extérieur du plateau de sondes d’atterrage correspondant à cette partie de la côte paraît être fort accore : on à fréquernment constaté, en tenant le plomb dehors, 82 mètres d’eau ; bientôt après 64, et 1 mille plus à terre, seu-
' au PILOTE COTIER lement de 45 à 36 mètres. A partir de ces brassiages jusqu’à la côte, la diminution de profondeur variait selon les directions.
Sir Charles Blayden s'exprime comme suit sur le Gu/f-Strecm, dans les Annales de la Société philosophique : « Pendant un voyage que je fis en Amérique, au printemps de 1776, j'observai souvent la température de l'eau fraîchement tirée de la mer, afin de la comparer à celle de l’air. Dans ce voyage, nous nous répandimes loin vers le Sud, et la plus grande température de l’eau que je constatai fut de 77° } Fahbrenheit. Ce fait se renouvela deux fois: la première, le 10 avril, par 21° 40" de latitude et par 54° 20’ de longitude estimée ; la seconde, trois jours après, par 22° T'et 57° 90’. Toutefois, la chaleur de la mer, près du tropique du Cancer, fut, en général, de 76° à 77°, vers le milieu d’avril.
« Les parages du cap L'ear ayant été fixés pour rendez-vous à la flotte, notre route devint le N. O. quand nous approchâmes des côtes d'Amérique. Le 23 avril, par 28° 7’ de latitude, à midi, la chaleur de l’eau était de 74°. Le jour suivant, par 29° 12’, elle n’était plus que de 71° ; puis elle diminua très-rapidement, selon les changements en latitude. Le 25, nous nous trouvions par 31° 3", et, bien que’nous eussions gagné près de 2° dans le Nord, la température s'était augmentée : nous la trouvâmes de 72° dans la matinée, et de 72 4 dans l'après-midi. Le lendemain, 26, ‘rs 8 heures + du matin, je plongeai de nouveau le thermomètre dans la mer, et je fus fort étonné de voir le mercure monter à 76°; c’était plus qu'il n'avait jamais marqué, à ma connaissance, même sous les tropiques. La différence étant trop grande pour qu'il me fût permis de l’attribuer à une variation accidentelle, je pensai immédiatement que nous devions être entrés dans le Gulf-Stream, dont les eaux gardent toujours une grande partie de la chaleur qu’elles ont acquise dans la zone torride. Ce qui me confirma dans cette opinion fut la diminution rapide, mais régulière, de cette température : après } d’heure de route, elle avait baissé dé 2°, et à 8 heures À, le thermomètre, plongé dans de l’eau nouvellement tirée, ne marquait que 76°, à 9 heures 73°, et & heure plus tard seulement 74°. Pendant tout ce temps, la brise était fraîche, et nous faisions 7 nœuds, le cap au N. 0. L’eau commença alors à perdre la belle couleur bleue
jusqu’à la tions.
Streuin, pndant un j'observai e la mer, ous nous érature de se renoule latitude burs après, er, près du s le milieu
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DES. ÉTATS-UNIS. 44 transparente qu’elle a dans POcéan et à prendre une teinte assez semblable au vert olive, indice bien connu des sondes. Le plomb accusa effectivement fond par 146 mètres, entre 4 et 5 heures après midi; le thermomètre n’était alors qu’à 6%. Le chemin parcouru dans la nuit suivante et le lendemain nous plaça sur des brassiages moindres et plus près de terre, et nous vimes lu chaleur de l’eau diminuer graduellement jusqu’à 65°, c’est-à-dire presque jusqu’à celle de Pair en ce moment.
« Le mauvais temps ne nous permit malheureusement pas d’avoir d'observations dans la journée du 26; mais, le 27, en dépit d’un ciel nuageux, nous eûmes vers midi une latitude par deux hauteurs, et nous la trouvâmes de 36° 26’ Nord. La différence entre cette latitude et celle observée le 25, étant de % 23, dépassait tellement celle déduite du chemin parcouru, telle qu’elle ressortait du carnet de bord, que tous les marins furent convaincus que le courant nous avait portés de plusieurs milles dans le Nord.
« Le 25, à midi, notre longitude estimée avait été, pour l’estime, de 76° 20’, et je crois que le calcul était passablement juste. Toutefois, en venant de l'Est, les sondes jointes aux latitudes déterminent le lieu où les observations ont été prises mieux qu'aucune estime ne peut le faire. Le 26, de 9 heures du matin à 4 heures de l'après-midi, le navire avait parcouru environ 40 lieues dans le N. O. E N. ; bientôt après, nous mîmes en panne pour sonder, et, ayant trouvé fond, nous fimes très-peu de voile toute la nuit jusqu’au lendemain à midi.
«Je pense que lon peut conclure de ces observations que le Guif-Stream, par les 33° de latitude et les 78° 20’ de longitude, est, au mois d’avril, de 6° au moins plus chaud que les eaux qu’il traverse. La température de la mer ayant commencé à augmenter sensiblement dans la soirée du 95, et les premières observations que je fis, dans la matinée du 26, sur le degré de chaleur de leau,-m’ayant montré que nous étions sortis du courant, il est extrêmement probable que la route du bâtiment avait coupé le cours du Gulf-Stream obliquement à sa largeur.
à «Or, comme la brise était fraîche, iln’était pas admissible que cette rrute eût été de moins de 95 lieues en 15 heures, intervalle de temps écoulé entre les deux observations de température ; et
442 ; PILOTE COTIER
on peut en conclure que la largeur du courant est d’à peu près 20 lieues. Quant à celle du golfe de Floride, qui sert évidemment de limite audit courart à son origine, elle semble, d’après Vinspection des cartes, être mumdre que la sienne de 2 à 3 milles, abstraction faite des roches et bancs de sable qui entourent les ‘les Bahamas, ainsi que des hauts-fonds qui s’avancent à grande distance au largi de la côte de Floride. La proportion de ces mesures est d'autant plus remarquable, que, selon les règles bien connues de l'hydrostatique, le courant doit s’élargir davantage à mesure qu’il s’éloigne pic du canal d'où il est sorti.
«Si la température du goife du Mexique était connue, on pourrait tirer des conséquences intéressantes de sa comparaison avec celle du Gulf-Stream. La chaleur moyenne de Spanish Town et de Kingston, dans l’île de la Jamaïque, ne dépasse pas 1°; et celle dela côte de Santo- Domingo est à peu près la même, si l’on en croit les observations de M. Godins. Toutefois, comme la côte du continent qui limite les eaux du Gu/f-Stream dans l’Ouest et dans le Sud, a probablement une température plus élevée, il est peut-être prudent d'ajouter 4° ou 2 au chiffre ci-dessus, afin d'obtenir une appréciation plus exacte de la chaleur moyenne des régions qui avoisinent l’ensemble de ce bassin ; et celle-ci serait alors de 82° à 83°. Maintenant, comme il est trèsprobable que la température de la mer, à petite distance de sa surface (comparativement à la profondeur totale), est sensiblement, dans ces parages, égale durant toute l’année, à la température de l’air extérieur , on peut conjecturer que la plus grande chaleur des eaux, au moment où elles surtent du canal pour former le courant, est d'à peu près f®, attendu que la variation légère qu’elles éprouvent à la surface, n’est pas suffisante pour affecter sensiblement la masse générale. Sous le tropique du Cancer, je trouvai une température de 77°; cependant le courant avait, dans la totalité de sa course, depuis le Gulf de Floride, traversé des eaux plus froides que les siennes de 4° à 6°, et n’avait perdu que 4° de chaleur, bien que le milieu environnant où je pris més observations fût de 10° au-dessous de la température du courant à son origine.
« D’après ce que nous voyons de la faibis diminution de chaleur des eaux du Guif-Strenm, après ‘in trajet d’environ
DES ÉTATS-UNIS. M45 pu près 300 milles, on peut se faire une idée de la masse immense de à videm- ce fluide qui sort du golfe du Mexique, et de la grande vid’après tesse dé son mouvement. De nombreuses observations de la à 3 mil- température dudit courant, faites dans toutes les parties comme l tourent dans toutès les saisons de l’année , et comparées à des observa- I cent à tions semblables prises dans les eaux de mer adjacentes, tanten 1 rtion de dedans qu’en dehors des tropiques, seraient, je crois, le meil- | s règles | leur moyen d'acquérir des notions certaines sur sa nature, et de davan- : déterminer chacune des circonstances physiques de sa marche, rti. surtout si l’on ajoutait avec soin auxdites observations celles des ue, on quantités dont les navires sont portés dans le Nord. » paraison Voici d’autres documents fournis par le même auteur : Spanish « Le 25 septembre 1777, lorsque les bâtiments qui avaient asse pas transporté à la Chesapeake l'armée de sir William Howe re- il a même, tournaient vers la Delaware avec les malades et les approvision- | , comme nements, ils furent surpris, entre le cap Charles et le cey Henloam dans pen, par un violent coup de vent qui, après quelques variations, \ plus éle- ; se fixa définitivement au N. N. E., d'où il souffla sans interrup- | e ci-des- tion pendant cinq heures. Il ventait si fort, que la {lotte fut cons- i à chaleur tamment entraînée au lerge, et dériva vers le Sud : elle se répanassin ; et dit d’ailleurs à dessoin un peu dans l’F;t 5:11 éviter les bancs est très- dangereux qui sont en dehors du cap à +1: <, ice de sa «Le 28, à midi, la latitude était de 36° Av; eu la température de | sensible- l’eau fut, pendant tout le jour, de 65° environ. Le 29, la latitude a tempé- était de 36° 2’ : nous avions été drossés de 38 milles dans le Sud. 1 grande . Le 30, !‘: saiitude fut de 35° 44’, c’est-à-dire que nous n'avions été nal pour ° portés que de 48 milles vers le Sud, bien que, dans l’opinion des variation marins du bord, ainsi que dans la mienne, il eût venté au moins inte pour autant que les jours précédents, et que nous n’eussions pu porpique du ter aucune toile : il était donc évident qu’un courant quelconque e courant nous avait portés de 20 milles dans le Nord. Afin de nous assurer Floride, si cette influence provenait du Gu/f-Stream, nous eûmes recours 3°, et n’a- au thermomètre : à 9" 30% du matin, ce même jour, il marquait “TE vironnant 76° dans l’eau, c’est-à-dire 41° de nlus que dans la mer, avant que | tempéra- nous entrassions dans le courant. (ni « Vers le soir, le vent tomba, et nous tinmes le vent, le cap au n de cha- N. 0.4 N.; mais, comme ja mer était encore fort grosse, et que d'environ le bâtiment filait à peine deux nœuds, nous n’eûmes pas moins
nr mrnt aires cs érartititécmnimete caiéomcs htm
4 PILOTE COTIER
de ? de dérive sur ce bord, ce qui donnait pour route corrigée l'O, N. O., et pour chemin Nord, le lendemain, 46 milles, Toutefnis ce jour, 1°" octobre, notre latitude fut de 36° 2% N., et nous nous tronvâmes par conséquent de 38 milles plus au Nord que la veille; ce qui faisait une différence Nord de 22 milles, attribuable au Gulf-Stream. Quoi qu'il en soit, ce n’est là qu’une partie de l'effet que ledit courant produit sur les bâtiments, si nous étions restés les 24 heures entières dans son lit; car, bien que nous fussions encore «ous son influence le 30, à 5 heures de l'après-midi (comme nous le constatâmes pt. le thermomètre qui marquait 75°, et même 74° à 8 heures du soir), nous en étions certainement sortis le lendemain matin dès 7 heures, moment où la chaleur de la mer était redevenue, comme avant, de 65°. Dans cette circonstance, nous n'avons pas croisé le courant, mais nous l'avons attaqué obliquement sur son bord Ouest, et nous en étions sortis du même côté, quand le vent avait molli,
« Ces observations ayant été faites à 3° dans le Nord de celles que j'ai déjà précédernment exposées, il est curieux de remarquer qu’elles ont attribué 2° de chaleur de moins que les premières au Gulf-Stream. Les saisons étaient, il est vrai, bien différentes ; mais, tout bien pesé, on doit peut-être considérer les effets comme balancés : lors des dernières , la hauteur méridienne était moindre, mais un été très-chaud les avait précédées ; lors des secondes, au contraire, le soleil était plus ardent, mais l’hiver n’était passé que depuis peu de temps. Raïsonnant d’après cela, nous sommes conduits à supposer que, quand le courant est parvenu au 27° parallèle, c’est-à-dire immédiatement après sa sortie du golfe de la Floride, il commence à perdre sensiblement de sa chaleur, qui est alors de 82, ccmme celle attribuée au golfe du Mexique , et que cette diminution est d'environ 2° Fahrenheit par chaque portion de 3 degrés qu’il s’avance dans le Nord. Cette marche subit probablement quelqués variations par suite du contact de l’air et de l’eau environnants, qui sont eux-mêmes plus ou moins chauds , suivant les saisons.
« Les faits qui précèdent m’avaient rendu très-désireux d’observer la température des eaux du Gulf-Stream, dans une traversée de retour ; mais un violent coup de vent qui nous assaillit
8, MOt, de
Ouest, t avait
.SeCOnr n’était a, nous )arvenu ortie du t de sa olfe du renheit d. Cette tite du mêmes
x d’obine traassaillit
deux jours après notre départ de la rade de San y Hook ôta toute possibilité de se tenir sur le pont aux personnes qui savaient se servir du thermomètre. Quoi qu'il en soit, le master du navire, homme intelligent, auquel j’avais fait part de mes vues , m'assura que le second jour du coup de vent il avait trouvé l’eau d’une chaleur remarquable : nous étions alors par près de 72° 90’ de longitude, ce qui concorde très-bien avec l’observation ordinaire des marins, lesquels affirment avoir fréquemment ressenti les effets du Gu/f-Stream au large des bancs de Nantucket,à plus de 1000 milles du golfe de Floride. Conformément an calcul que j'ai fait précédemment, de 2° d’abaissement de température par 3°.de latitude courus au Nord, la chaleur de l'eau devait être à peu près dans les parages en question de 7%, et le master avait pu aisément constater la différence avec celle de Ja mer qui, vantet après le mauvais temps, était de 59. Ces faits se passa eut dans la saison d'hiver, à la fin de décembre.
« Cest une opinion généralement reçue parmi les marins qu’il y a quelque chose de particulier dans l’atmosphère au voisinage du Gulf ‘'tream. Autant que j’en ai pu juger, la chaleur de l'air s’augmente considérablement à ce contact, ainsi qu'on doit s’y attendre; mais que ce soit à un degré suffisant pour produire dans l’atmosphère des changements terribles, c’est ce que des observations nouvelles peuvent seules affirmer.
« Peut-être existe-t-il d’autres courants qui, provenant de lieux plus chauds ou plus froids que la mer ambiante, diffèrent assez de température avec elle pour qu’on puisse les découvrir à l’aide du thermomètre. S'il s’en trouve beaucoup de cette catégorie, cet instrument prendrait rang parmi les plus appréciés à la mer; car la difficulté de constaier l'existence des courants est, on le sait, une des plus grandes lacunes que présente l’art actuel de la navigation.
« Toutefois, j'espère que les observations qui précèdent sont suffisantes pour etablir lé$ avantages essentiels que l’on peut tirer du thermomètre, quand on traverse le Gulf-Séream ; car si un capitaine de navire, destiné pour l’une quelconque des provinces Sud de l'Amérique septentrionale, veut avoir soin de mesurer souvent la température de l’eau, il découvrira avec exactitude le moment de son entrée dans ce courant à l’augmentation
a PILOTE COTIER
soudaine de chaleur qu’elle acquerra ; et la répétition des mêmes expérier * lui montrera avec non moins de précision combien de temp 2ste dans le Guf-Stream,
« Par là, il sera toujours à même de tenir compte du nombre de milles dont il est porté vers le Nord, en multipliant le temps par la vitesse du mouvement. Bien que jusqu'ici cette vitesse soit très-imparfaitement connue, à cause du manque de procédés propres à établir le temps pendant lequel un navire es .oumis à sou action, toute incertitude doit bientôt disparaître de ce côté, attendu qu’un petit nombre d’expériences sur la chaleur du courant , comparées avec la route qu’on a tenue et rectifiées à l’aide de latitudes observées, doivent préciser sa marche d’une manière suffisante. La mobilité des vents, et peut-être aussi d’autres circonstances, doivent vraisemblablement amener quelques variat.ons dans la rapidité du courant. Il serait intéressant d'étudier si ces variations ne sont pas fréquemment signalées par des différences dans la température même des eaux; car plus le courant a de rarïdité, moins vite il doit perdre sa chaleur, et plus par conséquent la température de ces eaux doit être élevée, Toutefois il serait nécessaire, dans de semblables observations, de faire entrer en ligne de compte la saison, en partie, parce qu’elle peut avoir de l'influence sur la température primitive des eaux du golfe du Mexique, mais surtout parce que la chaleur actuelle du courant doit être ps ou moins grande, selon que la masse des eaux qu’il a traversées était elle-même plus ou moins chaude. Je serais porté à croire qu’en hiver la - chaleur propre lu Gulf-Stream doit être sensiblement moindre qu'en été, mais qu’alors aussi la différence entre cette chaleur et celle de la mer ambiante doit être plus grande ; et je concevrais qu’au milieu de Pété, bien que le Guf-Stream ait perdu fort peu de sa chaleur primitive, celle des eaux de la mer pût, en quelques endroits, deveuir presque égale à la sienne, de manière à rendre à peine possible au thermomètre Pappréciation du musnent où on entre dans le courant. »
Les navires peuvent en toute sécurité éviter le contre-courant du Guif-Stream, ou avoir égard à son influence dans leurs calculs; c'est-à-dire que, si après avoir usé de toutes les précautions possibles en sondant dans l’eau bleue après avoir pris le
nôèmes mbien
bre de ps par se soit océdés .oumis de ce haleur ctifiées à d’une e aussi r quelressant gnalées uX; Car sa chaux doit nblables ison, en pérature rce que grande, le-même hiver la moindre chaleur e conceit perdu mer pût, , de maiation du
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DES ETATS-UNIS. 447 large aussité. qu’ils ont trouvé fond, ils ne peuvent éviter de tomber dans le contre-courant, ils auront naturellement à retrancher ce qu’ils y ont fait de longitude de ce qu’ils en avaient fait dans le Guif-Stream, et à prendre un nouveau point de départ, en mettant une grande précision dans leurs observations du matin et de midi. Beaucoup de bâtiments se sont perdus de beau temps en passant par le détroit de la Floride, faute d’être familiarisés avec le contre-courant du Guf-Stream , et de savoir aussi qu’ils avaient fond dans les parages où l'eau est bleue ; ils étaient entrainés peu à peu vers l'Ouest par ce contre-courant ; puis, quand ils estimaient par leurs calculs qu’ils étaient suftisamment au large du cap Florida, ils faisaient le Nord, et au lieu de donner dans le détroit, ils allaient droit sur le récif.
S'il arrive à des bâtiments d’être, par des vents contraires de Nord, de N. E. ou d’Est, à l'entrée du golfe du Mexique, entre la Havane et le cap Florida, ils font mieux de tâcher d’attaquer les iles Bahamas, ou au moins les sondes de ces iles et de faire route le vent elles ; mais s’ils sont au Nord de ces iles, il leur est préférable de se tenir dans la partie orientale du Gu/-Stream, sans quoi ils ne sont pas capables de frayer leur route dans le détroit, ni le long de la côte de la Floride orientale, et peuvent se jeter en plein, soit sur les récifs des caps Florida ou Canaveral , soit sur la grève située entre ces deux cayes; ce dernier cap est moins terrible que l’autre, parce qu'il permet de sauver du moins équipage et chargement, etmême de déséchouer, si le mauvais temps s’apaise avant que le navire ne soit en pièces. Mais si, quand le soleil est dans Phémisphère Sud, ou. à toute autre époque, les vents viennent à souffler de la partie de l'Ouest, c’est la côte de l’Atlantique qui présente le meilleur abri possible contre le vent aux marins qui ne veulent pas faire route avec le courant. Toutefois, ce dernier bien compris facilite considérablement la traversée des bâtiments qui ont à aller dans le Nord.
M. Romans , auquel ses travaux sur la côte de Floride ont
donné une grande autorité, parle dans les termes suivants du.
Gulf-Stream : «Le Créateur tout-puissant de l'univers a disposé de telle manière les différents rivages de ce labyrinthe, qu’ils impriment au courant une direction N. E. et une vitesse de 3 milles à 3 milles L; ce qui fait qu'on est à même d'éviter les
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Canadian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques
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dangers imminerts que présente le récif de Floride, même quand on la sous le vent à soi. En effet, la violence des coups de vent de l'Est refoule les eaux du Gulf-Stream vers ledit récif, avec une telle puissance, qu’elle détruit l'effet des marées de flot, en occasionnant une réflexion constante du courant vers le récif, et qu’un navire à l’ancre sous ce dernier y reste évité l’arrière au vent.
« Je sortais une fois de Matecumbe, et j'avais à peine paré le récif, lorsque je fus assailli par un coup de vent d’Est très-fort. Il était 5 heures du soir, et il faisait trop obscur pour que je pusse tenter de retourner sur mes pas. Je fus donc forcé de mettre en cape sous la grande voile; mon bâtiment était une lourde goëlette de 70 tonneaux , sans qualités. Je passai toute la nuit dans des angoisses inexprimables, ayant sous les yeux, jusques à près d’une heure du matin, les brisants non interrompus du récif. La tempête dura jusqu’au lendemain matin à dix heures; à ce moment, je fis de la toile vers le Nord, et vers midi, à mon grand étonnement, j'eus une hauteur de soleil qui me donna 26° 50’ de latitude; c’est-à-dire que, dans le court espace de dix-neuf heures, dont dix-sept à la cape, j'avais fait 418 milles au Nord.
«Ennemi juré des théories et des systèmes, j’ai une soif insatiable de me rendre compte, par ma propre expérience, de toutes les choses qui paraissent extraordinaires, quelles qu’elles soient d’ailleurs : l’augmentation de vitesse du Guif-Stream dans les coups de vent qui sovfflent en sens inverse de sa direction, n’a pas d’autre cause, selon moi, que la réflexion de courant occasionnée par le gonflement des eaux au voisinage du récif; gonflement tel qu’il éleva leur niveau d’au moins 9 mètres, lors de la mémorable tempête d’octobre 1769, dans laquelle le Ledbury se perdit. »
En outre de la commodité qu’elle offre pour corriger la route du navire, en fuisant connaître de combien il est porté dans le Nord par le courant, la méthode qui sert à déterminer avec certitude le moment où on entre dans le Gulf-Stream, présente l’avantage inappréciable d'indiquer la position que l’on occupe sur l'Océan, même dans les situations les plus critiques. En effet, comme le courant longe la côte d’Amérique et passe en quelques endroits sur les sondes, le navigateur est averti de lap-
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proche de la terre par l'élévation soudaine de la température de l'eau, et a le temps de prendre les précautions qu’exige la sûreté de son navire.
La connaissance de lamasche du Gul/-Stream commence à se répandre davantage, par suite des observations multipliées de température et de latitude; la méthode indiquée pour déterminer
a-position du navire devient aussi d’un usage d’autant plus applicable; elle emprunte d’ailleurs un nouveau degré d’importance aux conditions particulières de localité de la côte d'Amérique qui, depuis la Delaware jusqu'à l’extrémité Sud de la Floride, est partout basse et semée de hauts-fonds très-avancés dans la mer; c’est pourquoi le Gul/-Stream qui, jusqu’à présent , n’avait servi qu’à augmenter les embarras des navigateurs, est susceptible, si les observations qui précèdent sont trouvées justes dans la pratique, de devenir un de leurs principaux moyens de salut, sur cette côte dangereuse.
Gontre-courant du Gulf.Stream.
Depuis la partie supérieure du cours du Gu/f-Stream, ses eaux araissent avoir, aux environs des Bahamas, une tendance vers l'Est, et nous avons lieu de croire qu’il règne, en dehors du récif Maternillo, un contre-courant portant très-souvent, sinon généralement, à PEst et au S. E. Nous n’avons pas de notions exactes sur la marche ordinaire des courants le long de la ligne orientale des îles Bahamas; mais nous ne doutons nullement qu’elle soit S. E. lors des vents de N. O. Le bâtiment de guerre Europa, retournant en 1787 à la Jamaïque par cette route, avec des grands vents d'Ouest après une croisière en dehors de la Havane, gouverna à PEst sur le 30m parallèle jusqu’à ce qu'il s'estimät par la longitude des îles Turks, au Sud’ desquelles il avait Vintention de passer ; mais un courant Est Pavait entraîné jusqu’à la hauteur du passage Mona. Le capitaine Man4Jerson , de la marine anglaise, qui, le premier, constata ce fait, dit: « S'il était une bonne fois établi qu’il règne ordinairement un courant dans cette partie de l'Océan, ne pourrait-il pas être utile aux navires qu: vont de la Jamaïque aux îles Caraïbes, particulièrement en
été, pendant la prédominance des brises de mer? »
LES ANTILLES. — ÎT. 29
LE sh
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Le capitaine 4, W. Monteath, bon observateur de distances, qui commandait le navire Fame, m’a assuré, dit le capitaine Livingston, « qu’il avait été porté de plus de trois degrés à VEs:, dans l'intervalle écoulé entre Pépoque de son départ de la côte d'Amérique et celle où il attaqua le passage du vent; mais que ce fait pouvait en partie provenir du Guif-Stream, qu’il avait peut-être traversé trop obliquement, en venant de Norfolk. » Le navire en question se rendait de Vozfolk (en Virginie), à Kingston (Jamaïque), au mois de mai 1816; et, au bout de treize jours de marche, alorsqu’il était par 29° de latitude et 63° 30’ de longitude, il fut constaté que le courant Pavait.drossé de 3° 40 dans l'Est.
« Le capitaine Hall, du brick Zowiand Lass, croyait de dans le passage Mona, alors qu’il faisait route au vent de Porto- Rico; le capitaine Patterson, du brick Clyde, eroyait aller reconnaitre Mona, et descendait le passage Anegada. »
Le capitaine Romans, dont nous avons déjà parlé, dit : « Il règne, en dedans du bord du Guwif-Séream, un contre-courant dont la surface est unie et dont les eaux, à mesure qu'elles approchent du canal Hawke et des îles voisines, passent gradnellement de la couleur bleue foncée du Séream à un beau vert de mer, puis à un blanc.de lait : à l'endroit des eaux bleues, le fond est généralement de belle marne blanche; à l’endroit des eaux vertes, cette marne présente, soit de l'éponge, soit du corail blanc, soit des plames de mer (sea feathers), soit de l'herbe à tortue (turéle grass), quelquefois des bancs de roches ; enfin, à l'endroit des eaux blanches, la même marne est parsemée de bancs de roches et de, sable blanc. Le contre-courant suit une direction opposée à celle du Gulf-Stream, qui Mi est.contigu, c'est-à-dire qu'il porte au S..0.
« Dans les parages où il n'existe pas de récif entre le Gulf- Stream et le canal Hawke, les sondes du contre-courant varient de 36,60 à 4°,57; et, dans les parages cù le récif sépare le Gulf-Stream dudit canal, les sondes varient en quelques endroits subitement de pas de: fond à 23 ou 23 mètres : on sait que le canal Hewke est compris entre le récif de Floride et les cayes.
« Nous ajouterons aux observations ci-dessuscelles d’un habile navigateur espagnol, qui assure que les navires se‘rendantde la
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Havane en Europe avaient, il y a trente ans, l’habitude de retrancher trois degrés de leur longitude estimée, à cause de ce courant, dont Pexistence était alors parfaitement reconnue. A cette époque, les cartes présentaient environ 4° d’erreur, ce qui réduirait aujourd'hui à 2°, à peu près, la correction de ce navigateur.
« Tous ees documents tendent à prouver qu’il y a un contre» courant Est, partant du Gulf-Stream et passant au Nord des Bahamas. Je suis tellement convaincu de ce fait, que, si je commandais un navire allant de la Havane ou même de la Nouvelle- Orléans à la Jamaique, et que je fusse le maître de suivre mes inspirations, je ferais route pour sortir du détroit de Floride et j'essayerais d'effectuer mon voyage avec l’aide de ce contre-courant : ceci, bien entendu, dar, le cas où je ne trouverais pas de vents d'Ouest sur les parallèles Sud; car ces vents sont, d’après ce qui m’a été dit, plus fréquents aujourd’hui qu’autrefois, et je sais qu’il n’est pas rare du tout de les rencontrer sur la côte S, O. de Cuba. »
Îl a été observé que, quand onest placé de manière à avoir le cap Fenry {pointe Sud de Yentrée de la Chesapeake) à 460 lieues dans le N. O., on éprouve un courant Sud de 40 à 42 milles par jour, qui se fait sentir jusqu'à ce que ledit cap reste à 89 ou 90 lieues dans l'O. N. 0. Là, ledit courant se dirige au N: E. à raison de 33 à 34 milles en 24 heures et se fait sentir jusqu’à moins de 30 ou 32 lieues de la terre; puis, il porte au Sud et à l'Ouest, avec une vitesse de 40 à 45 milles par jour, jusqu’à moins de 12 ou 15 milles du continent. Ce courant, qui n’est autre chose que la continuation de celui du Zabrador, charrie plus ou moins au S. O., selon la configuration de la côte.
D’autres personnes ont observé aussi un courant S. O, agise sant constamment dans les hautes latitudes, entre le Guif-Séream et lu côte, plus particulièrement sur les sondes, avec une rapidité d’un demi-mille par heure, où plus, selon le vent.
Un officier expérimenté de la marine anglaise, que nous avons déjà cité, a dit : « Dans toutes les observations que j'ai faites durant cinqannées de croisière sur la côte d'Amérique, je n’ai jamais trouvé ce courant Est au Sud du 36° parallèle, et je l’ai constaté une fois seulement (celle ci-dessus mentionnée) à cette ha:tcar :
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il se fait plus généralement sentir entre 37° à 40° de latitude, et 62 à 71° de longitude. J'ai souvent trouvé, par 36° et 37° de latitude, et par les longitudes désignées, un fort courant Sud et S. O.; c’est pourquoi les bâtiments allant d'Europe en Amérique doivent s’efforcer de faire leur traversée, soit au Sud du 37° parallèle, soit au Nord du 40°; c'est-à-dire que, quand ils sont à la hauteur ou à l’Ouest des bancs de Zerre-Neuve, ils doivent, autant que possible, éviter de lutter contre les vents d'Ouest, entre les latitudes de 37° et 40°. »
Sur les sondes qui longent les côtes de Géorgie, de Caroline, de Virginie, de New-Jersey et de New- York, le courant suit ordinairement une direction parallèle à la terre, et subit, en général, l'influence des vents : quand ceux-ci dominent du Sud à l'Ouest, ils occasionnent un faible courant N. E. d'environ ur: nœud ou } nœud; mais, quand ils sont du Nord à "Est, cette vitesse atteint, le long de la côte, jusqu’à deux nœuds dans le sens opposé. Bien que cette dernière circonstance de courants Sud et S. O. se présente rarement, les pilotes remarquent que ces derniers sont toujours plus forts que ceux de N. et de N. E., qui sont plus fréquents. Les marées ont vraisomblablement quelqueinfluence sur ces courants, particulièrement au voisinage des grandes bouées et des ouvertures de la côte; le flot vient du N. E. Aux mois d'avril et de mai, j’ai observé, en traversant le Gulf-Stream par la latitude du cap Henry, que, quand j’approchais du. bord intérieur de ce courant, la couleur de l’eau commençait à devenir plus foncée, et que, de là à l’accore des sondes, il régnait un fort courant venant de V’Est. De la teinte verte l'eau passe à la teinte vaseuse quand on arrive sur-les sondes, et le courant se maintient toujours jusqu’à ce qu'il atteigne le cercle d’action des marées. Ce courant de l'Est est, à n’enpas douter, occasionné par laffluence des eaux de la Chesapeake, accrues de la fonte des neiges à l’intérieur du pays ; il se fait sentir pen-
.dant toute l’année, mais son effet est plus grand à l’époque indi-
quée. Un courant semblable doit probablement.exister au large de l'embouchure de la Delaware.
Autour de l’extrémité orientale de Long Island, et de là jusqu'à la partie semblable des bancs de Nantucket, en travers du banc Georges et jusqu’au cap Sable, règne un fort courant de
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marée : le flot se dirige au Nord et à l'Ouest, pour remplir les baies, les rivières, les ouvertures de la côte; et le jusant suit la marche opposéo. Les marées qui traversent le banc Saint-Georges, en portant dans la baie de Fundy, sont singulièrement influencées par les vents, surtout quand, après avoir soufflé violemment du S. ou du S. E., ils sautent tout à coup à l'O. ou au N. O. Dans ces circonstances qui se présentent fréquemment, les navires sont exposés à être entraînés en 24 heures de 50 à 60 milles, ou plus, dans le S. E. Les vents de Sud et de 8. E. demandent aussi une: attention particulière, parce qu'avec eux les courants portent violemment en dedans.
Les courants, sur les côtes de la Nouvelle-Écosse, charrient parallèlement à la terre, mais plus ordinairement de l'Est à l'Ouest que de l'Ouest à l’Est, particulièrement au printemps. Lors des vents de Sud, ils sont refoulés vers la côte par les eaux qui remplissent les baies et ouvertures du rivage; tandis que, lors des vents de Nord et de N. O., ils sont toujours repoussés au large, — 1 règne, dans ces parages, des marées régulières le long du Yivage : le flot vient de l'E. N. E.
Remarques sur le caractère général des courants près de la oôte des États-Unis; par W. C. Redfeld,
D'après ce qu’on peut conclure des observations contenues dans le Pilote côtier, il règne, sur la côte des États-Unis, un courant modéré, immédiatement contigu aux limites du Guÿf- Stream, et qui porte dans le 8. O., c’est-à-dire en sens contraire dudit Guif-Stream, parallèlement à la terre d'Amérique. Par une association familière, on appelle ordinairement ce courant un contre-courant ; mais nous arfiverons probablement, avec une attention soutenue, à nous convaincre qu’il n’a aucun droit à ce nom, —- Un contre-courant, comme chacun sait, est généralement occasionné par quelque obstacle fixe qui s’oppose à la marche d’un courant, et son mouvement est rotatoire. De plus, comme il emprunte ses eaux au courant principal d’où il dérive, il doit nécessairement avoir la même température que lui. Les raisons pour lesquelles je diffère de vues avec les per-
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sonnes qui attribuent ce courant à un retour du Gu/f-Streum, sont les suivantes :
4° En pleine mer, il n’a nulle part l'apparence d’un coutecourant, et, quand il n’est pas contrarié par des vents violents, il poursuit son cours vers le 8. E., parallèlement à la direction générale de la côte,
2° Il n'existe sur cette côte, au bord du Guif-Stream, aucun obstacle qui puisse s’opposer à la marche de l’une quelconque de ses parties, et donner lieu à des contre-courants.
3° Si le courant qui nous occupe provenait du Guif-Stream , il aurait nécessairement la même température que lui, ainsi que nous l’avons admis plus haut; or, en quittant le bord du Gulf, on ronstate une diminution soudaine et remarquable de température qui n'a d’égale qu'au voisinage immédiat de glaces.
C’est en vain que nous essayerions d'expliquer ce changement extraordinaire de température par le voisinage de hauts-fonds ou de sondes; car, sans parler du peu de fondement que présente, en général, une semblable explication, elle”’ne saurait avoir aucune valeur si les eaux proviennent du Gulf-Stream luimême. J'ai longtemps été persuadé que le courant en question était tout simplement la continuation directe du courant polaire ou courant de Labrador, qui charrie vers le Sud le lit de glaces flottantes du détroit de Davis, et qui, en gagnant les latitudes plus basses, est maintenu au voisinage constant de la côte d’Amérique, en vertu de la même loi dynamique qui, dans l’hémisphère Nord, incline les courants Sud vers l'Ouest, par suite de la vitesse de rotation croissante de la surface de la terre en sens opposé. Le cas est le même dans les vents alisés des basses
En réunissant les obeervatiqns de plusieurs navigateurs, nous nous croyons fondé à conclure que, dans les conditions ordinaires de temps, ce courant se dirige de la côte de Zerr:-Neuve vers le cap Hatteras, et peut-être jusque vers la Floride. Le retour qui s’y manifeste quelquefois après de violents coups de vent, est de courte durée,
D’après cette manière d'envisager les choses, le GulfStrean, dans son trajet de la Floride au banc de Zerre-Neuve, a une
en question arant polaire lit de glaces les latitudes la côte d’A- , dans l’hést, par suite > la terre en és des basses
rateurs, nous ditions ordi- Terr:-Neuve boride. Le rents coups de
GulfeStream, Veuve, a une
DES ÉTATS-UNIS. 45 partie de son lit sur un courant d’eau plus froide qui charrie «a sens contraire, en descendant des régions polaires. Quant aux impulsions qui maintiennent ces deux courants opposés l’un à l'autre, comme elles sont aussi permanentes et invariables que le mouvement diurne de la terre, cette opposition n’a rien qui doive surprendre plus que celle de deux courants atiosphériques; et ;’on sait que ces derniers vont souvent à contre l’un de l'autre pendant longtemps. et avec de grandes vitesses. De ce que les deux grands courants d’eau qui nous occupent ont pour origine, l’un les mers tropical:s, l’autre les mers polaires, il s'ensuit que le thermomètre sert, dans beaucoup de
cas, à indiquer lenr présence ; en même temps qu’à l’aide de bons :
chronomètres, on détermine avec plus de certitude que cela n’a encore été fait, leur position et leur étendue, particulièrement dans l'intervalle compris entre les latitudes de Nantucket et de la Floride, W v’est, dans cet ordre d’observations, aucun navigateur qui ne puisse contribuer, en quelque caose, à enrichir son art et la science, attendu qu’il n’exige, de la part de celui qui s’y livre , que de l'activité pour multiplier les expériences et une attention convenable pour déterminer la position du navire. Il est par conséquent à désirer que tout capitaine qui traverse ces parages tienne, heure par heure, un relevé des observetions qu’il
fait sur lesdits courants.
Les glaces flottantes du bassin polaire se rencontrent toutes dans la partie occidentale des océans Arctique et Nord-Atlantique, quelle que soit d’ailleurs l'influence des grands vents d'Ouest. Un collaborateur du Nautical Magazine de Londres cappose qu'une portion du courant polaire, après avoir porté les glaces dans l'Atlantique, en passant le long du grand bane, perd. sa foree ou rejoint le courant de Floride. Le grand courant de glace est sans doute ‘entrainé par sa marche dans le milieu dissolvant du .Gudf-Siream; et c’est pou-éire aux dépôts qui sont la suite de cette dissolution , et qu’une longue série de siècles à ainsi accumulés sur le fond, qu'est due la formation du grand banc. — Quant à la jonction de.ce courant polaire avec
le Gulf-Stream, elle n’est probablement qu’un passage des eaux
du preniez.av-dessus et au-dessous de celles du second; super position dont l’ordre est déterminé par la différence de tempé-
roms lnsastnmestétiétessss «> RE
= D eo at anges dpt es enmens rs anaeme > erémr-hie s = 3
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rature ou par la plus grande profondeur du courant polaire. Les masses de glaces, entrainées de la sorte dans le Sud par ce der nier, se fondent rapidement, et le navigateur se trouve ainsi délivré de ces obstacles dangereux qu'il rencontrerait, sans cela, jusque par les basses latitudes de l'Atlantique. Les deux courants ne s'unissent donc pas pour agir dans un même sens ; mais, semblables à d’autres courants, tant dans l'air que dans l'eau, ils poursuivent chacun leur route propre : le Guff-Stream est porté vers l'Est par suite de la rotation de la terre, plus rapide dans les latitudes voisines de l'équateur; tandis que le courant polaire se répand vers l'Ouest le long des bancs des sondes du continent américain et des profondeurs voisines de l'Océan, par suite de la même rotation, qui est moins rapide dans les hautes latitudes.
Le collaborateur dont nous avons parlé dans ce qui précède suppose que la marche naturelle du courant polaire doit être du détroit de Davis à la côte du Maroc (Afrique septentrionale) ; mais il suffit de considérer avec un peu d’attention l'effet du mouvement de la terre sur ledit courant, pour se convaincre qu'il doit, ainsi qu2 les glaces flottantes nées à sa surface, se diriger vers l’Ouest, comme nous l’avons dit, en dépit des forts vents d'Ouest qui dominent dans ces latitudes, Cependant, des objets légers, tels que des bouteilles, abandonnés à sa surface, dans le but de déterminer sa marche, subissent non-seulement l'influence de ces vents, mais finissent, en atteignant le Guif-Stream, par l'accompagner dans sa route vers l'Europe, où une branche de ce dernier pénètre dans la mer du Nord, le long de la côte de Norwége, pour se fondre définitivement, selon toute probabilité, dans le courant polaire. La branche.S8. E. du courant chaud suit une route plus courte et plus directe, par la côte Nord d'Afrique, jusqu'aux latitudes tropicales;-d'où il fait retour dans le courant de Floride. C'est ce mode de compensation, aidé de diverses causes secondaires, telles que le courant Rennel's, qui parait maintenir le grand système mécanique de la circulation de l’Océan; et il est probable que, si l'influence des vents cessait complétement de se faire sentir sur la mer, ce même système conserverait toujours ses caractères essentiels, par suite de l’action combinée de la rotation de la terre et des marées. Les observa-
l'Océan, dans les
l'influence dream, par branche de la côte de robabilité, chaud suit | d'Afrique, ; le courant de diverses
qui parait tion de l’0essait comstème conde l’action
es observa-
tions de température faites sur les bancs et sur les sondes de l'Amérique septentrionale, ainsi que sur d’autres prints placés dans des positions analogues, ont constaté que la chaleur moyenne de la mer est moindre sur les hauts-fonds que dans les eaux profondes ; mais il paraît difficile de se rendre compte d'un semblable résultat autrement que par les raisons déjà mentionnées. Si certaines personnes diffèrent de vues avec nous sur ce sujet, il est de leur devoir de donner quelque système raisonnable pour expliquer la grande diminution de température qu’on rencontre dans les eaux qui baignent la côte atlantique des États-Unis. Si ces eaux étaient un contre-courant du Guf-Stream, il est probable qu’elles ne nourriraient pas plus longtemps ces myriades de morues qui fréquentent nos côtes, et qui, on le sait, ne vivent que dans les eaux les plus froides.
Il a été fait beaucoup d’expériences sur la marche des courants, à l’aide de bouteilles contenant l’indication de la date et des localités où elles ont été abs:données. Ces procédés d'expérimentation ne sont pas sars valeur. Toutefois, il est évident qu’elles exposent l’obrervateur à prendre pour direct un parcourt composé de circuits, et que les mauvais temps, joints à l’action ordinaire des vents dominants, peuvent considérablement modifier la marche d'objets semblables sur la surface de l’Océan. 1! arrive aussi qu’un simple courant superficiel, transversal à celui sur lequel on expérimente, suffit, comme nous lavons déjà fait remarquer, pour causer un changement important dans la direction des objets flottants. Peut-être obtiendrait-on des résultats plus satisfaisants, en suspendant, à l’aide d’une ligne de 20 à 30 brasses, un léger poids aux objets en question. Bien que la duréé de semblables pendules soit hypothétique, on devrait, si on s’en servait, avoir soin d’en faire mention «ur le bulletin intérieur et indiquer la longueur de la ligne qu’on y a employée.
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