a pointe de Mont-Ferate
. . . N. tO E.
Et l’on est par neuf brasses d’eau , fond de sable ; la grande quantité d’ancres perdues dans cette baie rend nécessaire de garnir et de visiter soigneusement les câbles.
Le mouillage des bâtimens de commerce est en dedans de la ligne qui joindrait le fort do Mar à la pointe de Mont-Ferate. On doit éviter , en s’y rendant, la basse Panella , que nous n’avons pas reconnue nous-mêmes, mais que les pratiques du pays placent à cent cinquante toises dans l’Ouest ^ Nord-Ouest du fort do Mar, et sur laquelle ils disent qu’on ne trouve pas plus de trois brasses et demie d’eau, de basse mer.
Le meilleur endroit, dans le mouillage des bâtimens de guerre, est par le travers de l’obélisque du jardin public; on affourché sur la direction Nord-Nord-Est et Sud -Sud -Ouest, qui est celle du Ilot et du jusant.
Il est rare que les vents régnans, pendant le jour, ne permettent pas de venir mouiller directement devant la ville de San-Salvador ; le plus ordinairement, de l’Est au Sud-Est, ils conduisent presque toujours les bâtimens à la bordée. Pen dant la nuit, les brises viennent de divers points de l’horizon et principalement du côté de la terre; si elles sont assez fortes pour permettre de louvoyer, on aura à examiner si l’on est assez pilote de la baie pour y entrer de cette manière. On voit au surplus, par notre carte, que les difficultés sont peu importantes.
La baie de Tous les Saints, en la considérant dans toute son étendue , forme un golfe très-profond dans le continent : ce golfe, qui porte le nom de Reconcavo , a près de trente lieues de circuit ; la mer y pénètre par-tout , et il reçoit les eaux de plusieurs rivières, dont quelques-unes sont considérables.
Les plus grandes Hottes seraient en sûreté dans Bahia:
Mouillage des bâtimens de commerce.
Manière
dont
on doit affourcher à Bahia.
Les vents qui régnent sur cette rade.
De'tails sur la baie de
T ous les Saints.
clans plusieurs parties, les vaisseaux , mouillés sur d’excellens fonds , résisteraient à tous les vents, en même temps que la fertilité des côtes environnantes leur procurerait abondamment toutes les ressources qu’il est possible de clesirer.
Details sur la niie Au C(^ oriental de l’entrée principale, la terre s’élève en San-Saivudor. amphithéâtre depuis le rivage. La ville de San-Salvador, quon désigne aussi souvent par le nom de Bahia } comme la baie meme, y occupe un grand espace et renferme de beaux édifices. Elle est bâtie sur un terrain inégal, entrecoupé de jardins, et elle se divise en ville haute et en ville basse. Après Rio Janeiro , la ville de Bahia est la plus grande et la plus importante de tout le Brésil : on y compte au moins cent mille âmes. Plusieuis forts, bâtis tant, sur le haut qu’au bas de la côte, dominent le mouillage et protègent la ville; l’arsenal de Le fort do Mar. fo marine est défendu par le fort do Mar , ouvrage circulaire , construit sui un banc de sable , a deux cents toises du rivage. Sa position. La position de ce fort est comme il suit:
Latitude ( mât de pavillon ).. . . . 5g1 23// g
Longitude . 40. 51. 0. O.
La déclinaison de l’aiguille aimantée était, près de lui, de 1° 58 Nord-Ouest, au mois de novembre 1819.
La différence de niveau entre la haute et la basse mer , observée au mouillage ci-dessus indiqué , a été trouvée de sept pieds dans les syzygies, et de trois pieds seulement dans les quadratures : la mer est pleine dans le même lieu, à 4h 15' les jours de nouvelle et pleine lune.
Le système ordinaire des marées est parfaitement régulier à Bahia : au mouillage devant la ville, le flot égale le jusant, et leur direction alternative est le Sud-Sud-Est et le Nord-Nord- - Ouest; la vitesse de l’un et de l’autre, dans les circonstances
ordinaires, n’excède pas 1,5 demiliepar heure; dans les grandes marées, elle va quelquefois jusqu’à 2,5 de mille.
La baie de San-Salvador offre, comme nous lavons dit, un abri sûr : dans la rade ordinaire, la mer n éprouvé aucune agitation pendant la plus grande partie de f année : les vents du Sud au Nord par l’Est, qui régnent le plus fréquemment, étant toujours affaiblis par les hauteurs , sous lesquelles les bâ-
timens sont mouillés, et les brises de 1 intérieur avant rarement de la force.
Dans la mousson du Sud seulement, et principalement dans les mois de juillet, août et septembre, les vents, passant quelquefois au Sud-Ouest, pénètrent dans (a baie et y amènent du laige une grosse houle qui est très-incommode, sur-tout dans les reversemens de marée. Mais ces circonstances ne sont pas durables ; elles arrivent ordinairement pendant les nouvelles et pleines lunes, et ne subsistent guère au-delà de trois ou quatre jours consécutifs.
Les bâtimens trouvent à Bahia les moyens de pourvoir à tous leurs besoins; ils peuvent s’y caréner, s’y remater, y réparer toute sorte d avaries ; mais la main-d œuvre y est chère comme dans les autres grands ports- du Brésil.
Dans la belle saison, le mouillage à l’Ouest de la ville peut permettre d y faire toute espèce de réparations; durant l’autre partie de I année, il serait, plus prudent de les aller faire à Tapagipe , petite baie située à l’Est de la presqu’île de Mont- Ferate, où l’eau est tranquille comme dans un bassin.
Les aiguades sont bonnes sur plusieurs points de la côte intérieure de Bahia; l’eau s’y fait aisément, soit près du fort Gombo, sous le jardin public, soit à quelque distance au Nord de I arsenal de la marine : mais lorsque le nombre des bâtimens établit une .^rande concurrence, il vaut mieux aller à Tapa-
Ressources que les marins peuvent trouver à Bahia.
Aiguades.
Route pour sortir de Bahia.
Du canal entre la basse tle Saint-Antoine et le continent.
gipe chercher l’eau , si l’on en veut une grande quantité.
Le bois à brûler est assez abondant à Bahia, et, en 1819, on pouvait déjà le remplacer à bord par le charbon de terre , que le commerce étranger commençait à introduire à assez bon compte dans le pays.
Les vivres et les rafraîchissemens nécessaires pour la navigation s’y trouvent aussi facilement, à-peu-près au meme prix qu’à Rio Janeiro; ils consistent principalement en bestiaux, farine de manioc et de froment, eau-de-vie de sucre, volailles, cochons, poisson sec, fruits et légumes des tropiques.
Enfin l’air est très-sain à Bahia ; les hauts de la ville sur-tout sont de la plus parfaite salubrité, et, sous un très-grand nombre de rapports, cette baie est une des plus salutaires et des plus agréables qu’on puisse choisir.
La route pour sortir de Bahia est indiquée par ce qui a été dit pour entrer. II faut cotoyer la terre, d’un demi-mille à un mille de distance, jusque par le travers à l’Ouest du fanal du cap Saint- Antoine : on aura dans ce trajet , depuis le fort do Mar , de neuf à vingt brasses d’eau ; on en trouverait davantage, et jusqu’à vingt-huit et trente, si l’on se tenait un peu plus au large. Parvenu à un mille dans l’Ouest du cap Saint- Antoine, et gouvernant quatre milles et demi au Sud-Sud- Ouest, on prolongera, par une bonne profondeur, la basse du même nom, après quoi on pourra sans crainte mettre le cap à l’Est.
La basse de Saint-Antoine, que nous avons décrite plus haut, n’est pas absolument adjacente au rivage; il y a entre elle et lui un petit chenal de six à douze brasses de profondeur, où la vase prédomine et que la plupart des bâtimens pourraient fréquenter, s’il y avait à cela quelque avantage; mais les vents permettant presque toujours d’atteindre à la bor-
LE PILOTE DU BRÉSIL. m
dee le mouillage devant la ville, même quand on passe dans le
Sud de la basse, il y a très-peu de cas où il serait utile d’en passer au Nord.
La basse de Saint- Antoine s’arrondit entièrement à sa pointe Sud ; on trouve de treize à vingt-quatre brasses à peu de distance de cette partie de ces accores ; et à un ou deux milles délies, dans IEst, la profondeur est régulière de vingt à quarante brasses.
Les fonds voisins de ce banc sont mélangés de sable , de madrépores et de gros graviers ; la vase ne paraît abondamment (pie dans le Noid-Est, en s approchant de terre. A trois lieues de la côte , dans les directions comprises entre le Sud et l’Est- Sud-Est du cap Saint- Antoine, on na plus le fond à quarantecinq brasses, et un peu plus loin , dans cette même direction , on le perd tout-à-fait.
Toutes les terres qui composent le promontoire terminé au Sud par le cap Saint-Antoine , sont d’une assez belle élévation , terre* £ b.w comparativement à celles de l’autre côté de la baie ; leur aspect est agréable, à cause des arbres et de la verdure dont elles sont couvertes, et elles peuvent être reconnues, de beau temps, à la distance de dix lieues.
La pointe occidentale du cap Saint-Antoine est distinguée, pendant la nuit, par un phare élevé sur le fort le plus Sud; ce feu est faible et ne s aperçoit guère a plus de quatre ou cinq lieues : de jour, lorsqu’on le relève à l’Ouest, le fort Saint-Antoine paraît séparé de la terre par un petit intervalle.
A deux milles et demi dans l’Est quelques degrés Sud du phare , on voit une autre pointe sur laquelle est une vigie de signaux , qui transmet a Bahia la correspondance sémaphorique de la côte Nord : cette pointe est la plus méridionale du promontoire; et elle forme avec celle d’ Itapuanzinho , qui est
Apparence îles
Du cap Saint-Antoine et
du phare du même nom.
à un mille dans l’Est, une petite baie occupée par un armaçaô ? et défendue par des rochers, comme la presque totalité de cette côte. Plusieurs habitations se remarquent sur le rivage depuis le cap; mais le débarquement est difficile. La chaîne de récifs dont nous avons dit plusieurs fois que le littoral du Brésil est bordé , se retrouve ici , et continue presque sans interruption de prolonger et de border la côte.
Position du phare du cap
Saint-Antoine.
Le phare du cap Saint-Antoine est placé ainsi qu’il suit :
Latitude . 13° 0' 44" S,
Longitude . . . 40. 51. 51. O,