CHAPITRE IX
Description de la côte comprise entre la pointe d’OIinda et le cap Saint- Roch. — Description de ce cap et des bancs du meme nom.
^eiatôtc1 La c°te> a Part*r de L pointe d’OIinda , en allant au Nord, auNojdd ohnda. esj; sensiblement plus élevée que celle qui ïa précède immédiatement dans ïe Sud : cette différence est de nature à faciliter la reconnaissance du point de la terre que Ion attaque; et si c’est la pointe d’OIinda, on peut l’apercevoir et la reconnaître de cinq à six lieues.
La direction de la côte suivante , sur une étendue d’environ trente-trois milles, c’est-à-dire, jusqu’à la pointe de Guict, est le Nord 6° Est: la pointe d’OIinda n’est donc pas, comme toutes les cartes antérieures aux nôtres Pavaient établi, la partie ïa plus orientale de l’Amérique méridionale ; le point le Pointe de Giàa; plus Est de cette côte est la pointe de Guia, située sur ïe kpiusorientde parallèle de 7° 26' 25" Sud, et sur ïe méridien de 3 7° 7'
de i Amérique A 7
du Sud. 29" Ouest.
Sa position. A sept milles au Nord de la pointe d’OIinda, on voit, sur ïa plage , une petite batterie dont la destination , selon le pratique, est de défendre une coupure du récif, par laquelle les bâtimens de six à sept pieds de tirant d’eau peuvent aller, de mer haute , juqu’à Pernambuco, en passant en dedans du récif et des bancs d’OIinda : cette entrée se nommerait Barra Barra Amareiia. Amarella [ Barre Jaune ].
A sept ou huit milles plus au Nord, est une autre ouverture assez prononcée dans le rivage, où des bâtimens de sept pieds
LE PILOTE DU BRÉSIL, de tirant d’eau peuvent mouiller: c’est l’entrée du Rio A ij ; Rio Ay. elle est protégée par un petit fort. Toute cette partie de côte est composée de collines boisées, cultivées et séparées de la mer par une plage de sable blanc, à deux ou trois milles de laquelle on trouve de onze à quinze brasses d’eau, fond de sable et gravier. Dix milles au Nord du Rio Ay , on rencontre à l’embouchure du Rio Goijana , les deux petits îlots de Tamaraca ou Itamaraca. îlots Tamaraca.
Ces îlots, qui sont très-rapprochés l’un de l’autre, «gisent » entre eux Est-Sud-Est et Ouest-Nord-Ouest, et les petits » bâtimens peuvent les contourner par le Nord et par le Sud,
» pour entrer dans la rivière de Goyana. » ( Renseig ne mens des pratiques. ) Ils ont ajouté « qu’une seconde embouchure » de cette rivière est à*sept milles au Nord de celle-là;» mais ils ne nous ont désigné aucune autre île du nom A Itamaraca , quoique nous dussions nous attendre à en trouver une, d’après les renseignemens existans.
Beaucoup de motifs, en effet, prouvent péremptoirement Discussion
1 1 sur l’île Tamaraca
qu’il existe une île de ce nom sur cette partie de la côte; des itamaraca. descriptions détaillées l’attestent (l) ; et il paraît impossible de
(1) Voici, entre autres, celle qui se trouve dans l’ouvrage intitule' Voyage (tans la partie septentrionale du Brésil , par Koster : cet auteur anglais a habite' l’île Itamaraca , et les de'tails qu’il en donne ont tous les caractères de la jye'rite'.
« L’île Itamaraca, dit-il, est très-peuple'e , bien boise'e , et elle peut avoir » trois lieues de long et deux lieues de îarge ; elle renfermait autrefois une « ville conside'rable , qui n’offre plus aujourd’hui que des ruines; c’est celle «de Nossa Senhora da Conceiçaô , de la splendeur de laquelle la ville de «Goyana, bâtie dans le voisinage, sur le continent, a he'rite'. II y a encore,
«dans cette île, quelques villages, dont le plus grand est celui do Pilar, sur «la côte orientale. Des salines abondantes augmentent la valeur d’itamaraca,
«où, d’ailleurs, on trouve des sucreries en bon rapport, et des plantations «de coton. Pedro Lopez de Souza y débarqua en 1531, et y fonda un des plus
LE PILOTE DU BRÉSIL, les révoquer en cloute : mais comme cette île , si elle existe réellement, n’interrompt point le rivage, quelle ne s’en distingue pas à la distance de quatre milles , quelle ne projette aucun danger au large, et que, suivant les descriptions mêmes quon en fait, elle n’offre que des mouillages peu importans pour la grande navigation , nous ne chercherons pas à déterminer sa position , et nous ne portons ses limites Nord et Sud que comme douteuses sur notre carte, laissant à des reconnaissances plus détaillées que les nôtres n’ont dû l’être d’après le plan quelles embrassaient, la solution de ce point , d’un intérêt purement local.
Entre la pointe de Pedras et celle de Guia, à environ
.anciens e'tabtissemens des Portugais au Brésil : prise et reprise ensu.te » plusieurs fois par les Hollandais et tes Portugais, elfe demeura à ceux-ci en .1664. On eut, en 1637, l’idée d'y établir le siège du gouvernement de fa .province, à l'excfusion de fa viffe de Recife (Pernambuco), sur faqueffe » effa a réeffement plusieurs avantages. Le port n’aurait peut-être pas reçu .naturellement d’aussi grands navires que fe Poço, mais if eût été plus sûr » que fe Mosqueiraô même , et Pon aurait pu facifement accroître sa profon- .deur : en outre, rien ne préserverait Pernambuco d’une attaque par mer. . tandis qu'une ville bâtie sur le continent, en face d’Itamaraca, serait à l’abri
” 116 ,oute msu,te Ia Part des vaisseaux ennemis , jusqua ce qu’ifs eussent .vaincu fes obstacles nombreux qu’il eût été facile de leur opposer à leur . entrée dans la rivière. Enfin , cette île , et fes bords environnons de fa terre . ferme, sont abondamment pourvus de bois et d’eau douce, qui manquent à . Pernambuco, et qu’on ne se procure qua quelque distance de cette viffe. . Koster ajoute « que f’îfe d’Itamaraca est située à environ huit lieues au Nord . de fa ville de Recife. . ( Vol. II , pag. 87 et suivantes. )
Une telle description ne peut avoir été faite que sur fes fieux mêmes- et elle ne permet pas de douter que f’îfe d’Itamaraca ne soit grande , et qu’elle ne puisse pas etre confondue avec les deux îlots du même nom que le pilote a montrés : cette méprise, sans doute, est étrange de fa part d'un homme du pays , qui nous a paru connaître parfaitement tous les autres points de fa cote depuis Pernambuco, où je l’avais embarqué avec moi, jusqu’à rile de Maranhan, où je l'ai mis à terre; mais il est impossible d’expliquer autrement que par son ignorance ou sa mauvaise foi une aussi singulière méprise
LE PILOTE DU BRÉSIL, moitié distance de l’une à l’autre , on trouve un mouillage et l’entrée d’une rivière , que le pilote nous a dit être « Porto » Goyana , seconde embouchure du Rio Goyana.»
Cette assertion ferait supposer que la rivière de ce nom se sépare en deux branches , à quelque distance dans l’intérieur, et que le terrain intermédiaire serait fîle Itamciraca ; au moyen de quoi, les deux îlots ci-dessus indiqués ne porteraient le meme nom que par confusion et à cause de leur proximité avec file principale : mais , comme nous l’avons dit, la solution de cette question de détail ne nous paraît pas mériter d’être approfondie ici ; et nous la laissons de côté, nous bornant à remarquer qu’aucune autre embouchure de rivière ne se trouvant sur cette partie de la côte, depuis Porto Goyana jusqu’à 1 embouchure du Rio Parahyba de Norte , qui en est à douze lieues, il est certain que i’île ïtamaraca doit être au Sud de ce point et qu’ainsi l’incertitude sur la véritable position de cette île ne peut pas être de plus de trois lieues.
A partir de la pointe de Guia, en allant dans le Nord, la côte commence à tourner vers l’Ouest; elle court au Nord 4°
Ouest, jusqu’au cap Blanc [ Cabo-Branco ], situé à six lieues de cette pointe; puis au Nord 6° Ouest, jusqu’au parallèle du fort Cabetlelo , qui est à douze milles plus loin et d’où elle se dirige ensuite au Nord 1 4° Ouest sur une étendue de près de quarante milles , en faisant quelques inflexions.
Le cap Blanc est une falaise de sable blanc , taillée à pic , Le cap Blanc. bien tranchée quand on la relève au Nord ou au Sud , mais confondue avec la côte quand on la voit du large. A deux ou trois milles de distance de terre, on trouve de sept à neuf brasses d’eau, fond de sable, vase et madrépores. La côte n’offre aucun mouillage abrité ni déterminé, si ce n’est à trois milles dans le Sud du cap, sur un point que le pilote nomme Porto
ico
Sa position.
Description do la côte au Nord du cap Blanc.
Rio Pnrnhyba de N o rte.
Francez. « Mauvais ancrage , dans une coupure du récif, sous » la chapelle de Nossa-Senhora da Penha , qui peut servir » d objet de reconnaissance : mais ce mouillage ne corres- » pond à aucune rivière; ii ne reçoit que des caboteurs, et » pendant le beau temps seulement.» ( Renseignemens des pratiques . )
Le cap Blanc est situé par 7° 8' 22" de latitude Sud, et par 3 7° 8' 20" de longitude occidentale.
Depuis le cap Blanc, la côte, en allant vers le Nord, forme deux plans de plus en plus marqués : celui qui touche à la mer est bas, sablonneux et boisé sur sa partie supérieure; l’autre présente une suite de petites collines boisées et d’assez belle apparence. Une rivière coule entre ces deux pians, et se dirige du Sud-Sud-Ouest au Nord-Nord-Est, jusqu’à son embouchure, qui est située par 6° 56' de latitude Sud.
Cette rivière est la Parahijba de N or te. « Depuis Porto » Francez jusqu a l’entrée de cette rivière, les petits caboteurs » peuvent passer entre le récif et le rivage , dans un chenal » où ils trouvent de dix à douze pieds d’eau.» ( Renseigne mens des pratiques. )
La pointe Sud de l’embouchure du Rio Parahijba de N or te , est basse, toute de sable et boisée; c’est l’extrémité du premier plan de la côte dont nous venons de parler.
La pointe Nord est formée, sur le second plan, par une côte élevée , sur le haut de laquelle on voit le couvent remarquable des religieuses de Santa-Thereza. Des brisans très-prononcés accompagnent cette embouchure, à trois milles en face de laquelle on trouve onze brasses d’eau.
Detail* « La ville de Parahuba est à quatre lieues de la mer : mais
sur l’inte'rieur J 1
de » les sinuosités de la rivière forcent de faire six lieues demi U
cette rivière.
» l’embouchure pour y arriver. Les grands bâtimens, de cent
» cinquante à deux cents tonneaux , ne peuvent remonter que ’> jusquau fort Cabedelo, situé à un ou deux milles en dedans » de la pointe Sud. Les petits navires vont jusqu’à la ville » pour se charger de coton, de sucre et de ce bois de tein- » ture (l) si estimé dans le commerce, sous le nom de bois du ” Brésil. » (Renseignemens des pratiques.)
Le fort Cabedelo s’aperçoit du large quand on traverse r,«cw.*,.
embouchure de la rivière, et il peut servir de point de reconnaissance sur cette côte uniforme , où de semblables constructions sont tres-peu nombreuses.
Des deux pointes qui forment l’entrée du Rio Parahyba, celle du Sud s appelle P onia Balea [ pointe de la Baleine] , r-r^Non. quoique les pêcheries de baleines ne s’étendent guère au Nord de Bahia; celleduNord porte le nom dePonta Lucena : toutes deux sont accompagnées de beaucoup de brisans.
En continuant de prolonger la côte, on trouve, à quatre lieues au Nord 26” Ouest de cette dernière, l’embouchure du Rio Mamangapc, torrent qui n’est navigable que pour les caboteurs: sa pointe Sud, extrémité de la plage, est de sable, boisée, très-basse, et elle projette dans le Nord i Nord-Est un brisant très-étendu, au Nord duquel il faut passer pour entrer et pour sortir. Un village s’aperçoit du large sur la pointe Nord de cette embouchure.
Après Mamangapc., la côte, sur une étendue d’environ De„ripli(,n quatre milles et demi, se termine à la mer en falaises rou- de,"4tdeu“NOTd geàtres h pic et presque continues, à la suite desquelles et Rto vis-à-vis une petite inflexion du rivage, une coupure du récif forme un mauvais mouillage que les gens du pays nomment Balua da Traiçaô [Baie de la Trahison].
<1 )Hirapitanga, mot brésilien. Les Portugais te nommèrent im;,, [braise! dou vient le nom de Brasil [ Brésil ], donné au pays.
Baie La plu part des descriptions de cette petite anse lui attribuent
des avantages dont elle ne possède aucun. Elle n’offre nul abri contre les vents du Nord au Sud par lEst • et l’examen que nous en avons fait de très-près, confirme entièrement cette opinion du pilote sur l’insignifiance complète de la baie de la Trahison. «Toutefois un petit ruisseau vient y aboutir. » (. Renseignemens des pratiques. )
Depuis cette baie, la côte change entièrement de nature et d’aspect. En avançant au Nord , elle n’offre plus qu’une suite de dunes de sable blanc, couvertes par intervalles de broussailles, où l’on remarque encore quelques bouquets de cocotiers, mais où l’on ne voit plus de grands arbres. Les jangadas meme disparaissent presque entièrement de la mer qui baigne cette partie de côte; on n’aperçoit plus d’habitations sur la plage, et tout annonce la stérilité du pays et la rareté de sa population. C’est près de cette latitude que commence le Se rtaô (l) , terrain immense, presque infertile, qui forme la partie Nord du Brésil.
Bahta Fermosa. A sept lieues dans le Nord 6° Ouest de ce point, la côte, après avoir fait quelques sinuosités, rentre brusquement à l’Ouest, et forme une petite baie qui, vue de la mer, semble pouvoir offrir un abri contre les vents de l’Est-Sud-Est au Nord-Ouest par le Sud , et que , pour cette raison sans doute , on a nommée Bahia Fermosa [ Belle Baie ] ; mais elle ne justifie pas ce nom. « Le fond y est rempli de pâtés de corail. » ( Refis ei - » gnemens des pratiques ).
Description La côte gît ensuite au Nord 18° Ouest jusqu’au cap Saint-
de la côte. ”
Rock , c’est-à-dire , sur une étendue de cinquante-cinq milles. Les principales inflexions quelle forme avant ce cap , sont dé-
(1) Sertao , intérieur, fond, centre d’un pays. Peut-être les Portugais ont-ils voulu dire deserto, désert; car il s’agit d’un pays très-peu habité.
signées par les noms suivans : Rio Cunhaô , anse de Pringi,
Roula Gureo, Rio cia Conceiçad, Barra de Jnferno, Ponta
A egra , Barra de Rio Grande, Rio de Searamirim et Bahia de Massaranguape.
Ponta Negra [ Pointe Noire ] doit probablement ce nom rmta a quelques bouquets de broussailles d’une verdure foncée qu'on remarque sur le sable blanc dont la côte est formée A deux ou trois milles dans le Sud, on voit quelques falaises longes que le pilote appelle Barreiras de Inferno [ Barrières d Enfer], Le petit ruisseau de la Conceiçad débouche au pied de ces falaises dans une coupure du récif, devant laquelle les brisans s étendent d'environ un mille au large ;
une douzaine de cases de pêcheurs s'aperçoivent à l’embouchure de ce ruisseau.
A environ huit milles au Nord 19° Ouest de la pointe Negra, on trouve l’embouchure du Rio Grande de Norte , que les Brésiliens nomment aussi Rio Potangi.
Cette embouchure n’a rien de remarquable et qui puisse Embouchure sapercevoir de loin. Il ne faut pas être à plus de deux ou trois milles de distance pour voir le fort dos Reis-Magos [des Rois-Mages], qui est situé sur une partie basse de la côte, à la pointe méridionale de l’entrée.
Le Rio Grande de Norte « est un torrent rapide et con- ” sicférabie pendant la saison des pluies ; mais , dans la saison » sèche, il est fort réduit; et dans tous les temps, son cours ” est embarrassé par des sables et des rochers qui s’opposent » au passage des bâtimens. Son embouchure même n’est .. accessible qu’à de petites embarcations ; quand la marée est
’’ haute, le fort des Rois-Mages est entouré d’eau. » ( Rensei gnemens des pratiques. )
C’est le cours de cette rivière qui est considéré comme la
u u tuo tjrrande de Norte.
Détails
sur cette rivière.
Position de
son e
Rio
de Searamirim,
Le cap Saint-Koch.
limite méridionale du Sertaô. Son entrée, à peu de distance mbouchure. de laquelle est la ville de Natal , capitale de la province de Rio Grande, est située par 5° 45' de latitude Sud, et par 3 7° 34' 46" de longitude occidentale.
Le Rio de Searamirim , dont on trouve l’entrée à quelques milles au Nord, « n’est qu’un petit torrent qui fait dans le » Sertaô un grand nombre de détours pendant la saison des » pluies, et qui assèche le reste de l’année. Le pilote prétend » que cette rivière communique avec le Rio Grande, et quelle » n’est navigable sur aucune partie de son cours. » A douze milles dans le Nord 7° Ouest de la barre du Rio Searamirim , est le cap Saint-Roch.
Le cap Saint-Roch n’a rien de remarquable , et l’on ne peut, pour ainsi dire, en faire une description. C’est une dune de sable semblable à la côte qui la précède dans le Sud et à celle qui la suit dans le Nord ; le sable en est également blanc et parsemé de quelques petits bouquets de broussailles. On y distingue accidentellement une petite partie de falaises rougeâtres , mais seulement lorsque le soleil la frappe sous une certaine direction, en sorte que cet aspect dépend de l’heure qu’il est et du temps qu’il fait. On voit aussi, un peu dans le Sud, quelques grands arbres sur la côte : leur disparition totale sur la paitie de cote precedente peut les faire remarquer dans cet endroit. \
Le cap Saint-Roch n’est pas un point saillant de la côte d’Amérique, comme la plupart des cartes le marquaient : à partir de lui , la direction des terres n’éprouve pas un changement prononcé ; ce changement n’est encore que de dix degrés relativement au gisement qui précède, et ce n’est qua vingtcinq milles plus loin, à la pointe Calcanhar , que la côte se rapproche tout-à-fait de l’Ouest par le Nord.
Néanmoins, pour fixer les idées sur la position d’un point qui a eu jusqu’à présent une sorte d’importance géographique sur les cartes, nous donnerons ici la position du point de la côte que la pratique nous a désigné pour être le cap Saint- Roch.
Latitude . . 5° 28 17" S.
Longitude . . . 37. 37. 25. O.
( C’est le milieu du sommet de l’escarpement. )
A une lieue dans l’Est de ce point, la déclinaison de l’aiguille aimantée a été trouvée de 4° 55' Nord-Ouest, au mois de décembre 1819.
La terre s’abaisse par degrés dans le Nord du cap Saint- Pointe Roch, et elle forme, à la distance de huit milles, la pointe basse nommée Petetinga.
Ce petit cap n’est pas plus remarquable que le précédent, et il n’y a que la différence des latitudes qui puisse le faire reconnaître. La côte , entre les deux , continue detre formée de dunes de sable blanc , entrecoupées de broussailles d’un vert noir. Seulement , on voit de distance à autre , sur le haut de quekjues dunes , quelques grands arbres qui forment des masses rondes dont on ne définit pas sur-le-champ la nature, si l’on n’est pas très-près du rivage.
Pimentel, cosmographe portugais déjà cité, dit « qu’on peut » faire de l’eau proche de la pointe Petetinga. » Nous ne l’avons pas vérifié.
Si la position des caps Saint-Roch et Petetinga est peu importante parmi les points saillans et remarquables de la côte d’Amérique, il n’en est pas de même relativement aux intérêts de la navigation. C’est à peu de distance dans l’Ouest du méridien de ce dernier cap que commencent les bancs dési-
Pelctinga.
IGG
Position de la pointe Petetinga.
gnes sous le nom de Bancs du cap Saint-Rock, et pour cette raison nous donnerons ici sa position.
Pointe Petetinga ( Je bas de la pointe ).
Latitude..
Longitude.
Description des bancs
cap
dn LeS, BanCS du caP Saint -Rock commencent à se faire
Saint-Roch. connaître par fa sonde sur ce méridien, et ifs accompagnent fa
côte jusqua celui de fa pointe do Tubaraô, ce qui embrasse une etendue d un peu moins de vingt fieues. Leur largeur moyenne, du Nord au Sud, n’est guère que de deux fieues. « Ifs laissent entre eux et fe rivage un chenal fibre, de cinq » a six miHes de largeur, où les caboteurs tirant sept ou hui! ” pieds d eau peuvent naviguer, et sur plusieurs points duquel
” °n tr°UVe de trois à cin(i brasses d’eau. „ ( Renseignemens clés pratiques. )
La pfus grande distance de i’accore du Nord des bancs du cap Samt-Rochà la côte, est donc d’environ douze milles. Maigre fe peu d élévation de cette côte, if est presque toujours possible de I apercevoir quand le temps est clair, avant d’être sur un brassiage réellement périlleux.
La totalité du développement de ces bancs n’est pas également a craindre. Trois groupes principaux de brisans s’y font remarquer presque en tout temps, et les gens du pays connaissent des passages dans les intervalles qui séparent ces groupes ; mais les étrangers n’en sauraient tirer aucun avantage , et de semblables canaux , aboutissant à une côte déserte, sont absolument sans utilité pour la grande navigation.
e groupe fe plus oriental des brisans est un peu dans l’Ouest et a environ douze milles de fa pointe de Calcanliar; il brise rarement. Le second, en allant à l’Ouest, est à huit milles
dans le Nord 20 Ouest de la pointe dosTres-Irmaôs [desTrois- Frères], et se nomme a Lavandeira [la Blanchisseuse]. Enfin , le troisième ou le plus oriental est le groupe des Urcas , situé à environ douze milles dans le Nord 43° Est de la pointe do Tubcivcio , vis-a-vis la petite anse de S cinto- Alberto , et sur le méridien de la dune d A-gucimcireci, Ces deux dei-
niers brisans sont très-animés en tout temps , mais principalement lorsque les vents soufflent du large. Le brisant des Ui cas, qui termine les bancs du cap Saint-Roch du côté de 1 Ouest, peut être approché par l’Ouest.
Le parallèle le plus Nord de tous les bancs du cap Saint- Roch est celui de . 4° 5l; 0 . S.
La longitude du point le plus Est.. .. 37. 47. 00. O.
Celle du point le plus Ouest . 38. 39. 00. O.
Aucun danger ne nous a paru exister au large, à une distance de douze lieues de ces bancs. Nos bordées , en se prolongeant jusque là, ont toujours passé sur des profondeurs qui augmentaient en proportion de notre éloignement de la terre ; et le pilote que j’avais à bord nous a assuré n avoir jamais entendu parler d’aucune vigie ou haut-fond placé au large des limites que nous avons reconnues avec lui aux bancs que nous venons de décrire.
Il paraît donc au moins probable que la vigie portée, sur quelques cartes, dans l’Est 20° Nord du grand coude de la partie de la côte d’Amérique qui nous occupe, n’est, comme nous l’avons dit ( page 3 7 ), que le groupe des Roccas , qui, étant placé à vingt-cinq lieues dans l’Ouest quelques degrés Sud de Fernando de Noronha, tandis qu’il est à près de
Limite» de.» bancs du
cap Saint-Roch.
On n’indique aucune vigie dans le voisinage des bancs du
cap Saint-Roch,
quarante lieues des bancs du cap Saint-Roch , paraît dépendre bien plus de cette île que du continent.
On ne peut signaler d’autre indication du voisinage de ces
bancs que la latitude et fa sonde* encore celle-ci ne doit-elle être consultée que sous le seul rapport de la profondeur. Aucune loi na encore été découverte dans ies qualités du fond, dont on puisse tirer des inductions satisfaisantes sur la distance ou I on est des dangers. Dans toutes les directions de leuis appioches, le plomb de sonde rapporte généralement des madrépores blancs et broyés, mêlés de sable et parfois de petits graviers, comme sur une grande partie de la côte Sud. Cependant nous croyons avoir observé que le sable est dau-
irc des fonds . T T . , 1
approches tant p us laie et les graviers d autant plus communs, que les sondes sont plus petites et plus voisines des bancs. Ceux-ci sont, en outre, entourés, à petite distance de leurs accores, et couverts d'une mer que Je peu de profondeur rend verdâtre, et qui, pendant le jour, tranche bien avec la couleur des eaux du large. Il ne faut jamais pénétrer dans cette mer verte, dont les limites sont si accores qu’en les franchissant on passe en un moment de dix-huit brasses à huit brasses et au-dessous
Mouvement T t
Ce mouvement des marées , aux environs des bancs du cap Saint-Roch , est de six pieds dans les circonstances ordinaires, et de près de dix pieds dans les syzygies. Les courans y portent généralement à l’Ouest-Nord-Ouest et au Nord-Ouest avec une vitesse double de celle qu’ils ont sur la côte du Sud : circon-
Observation
sur
la nature des fonds aux
des bancs du
eap Saint-Roch.
des
marees et courans.
stance qui s’explique par la direction presque constante des
vents regnans, et par celle que prennent les terres au Nord du cap Saint-Roch.
Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, que le gisement de la côte entre la pointe d’Olinda et celle de Guia , était le Nord 6° Est, et la distance intermédiaire de 33 milles.
De la pointe de Guia au point du rivage correspondant au parallèle du fort Cabedelo, la côte court au Nord 5° Ouest, et la distance est de 29 milles.
Du fort Cabedelo au coude du rivage qui précédé immédiatement Bahia Fermosa, le gisement de la côte est le Nord 14° Ouest, et la distance de 3 8 milles.
De ce coude, au cap Saint-Roch, la direction est le Nord 19° Ouest, et la distance de 56 milles.
Du cap Saint-Roch jusqu’au parallèle de 4° 40' Sud, qu’ii convient d’atteindre avant de se rapprocher de l’Ouest, quand on veut prolonger la côte du Brésil dans cette partie et les bancs du cap Saint-Roch, il y a 48 milles qu’il faut faire directement au Nord.
On sera alors sur le parallèle de 4° 40‘ Sud, et sur le méridien de 3 7° 3 7' 25" Ouest, qui est celui du cap Saint-Roch. Du point de section de ce parallèle et de ce méridien , pour se rendre à l’extrémité occidentale des bancs du cap Saint-Roch, la direction sera I Ouest , et la distance à parcourir d’environ 64 milles.
La direction moyenne à suivre pour se rendre de la pointe d’OIinda à l’extrémité occidentale des bancs du cap Saint-Roch, est donc d abord le Nord ■- Nord-Est environ 50 milles, puis environ 150 milles au Nord ~ Nord-Ouest, et enfin 72 milles à l’Ouest.