‹ Le pilote du BrésilChapitre 15 sur 32 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Description de ïa baie de San-Marcos et du mouillage de San-Luiz, sur la côte de Maranhaô. - Route pour se rendre à ce mouillage et pour en sortir. — Description de la vigie de Manoel-Luiz.

La baie de San-Marcos [ Saint-Marc ] est la partie de mer comprise entre la côte occidentale de l’île de Maranhaô \ Maranhan] et le continent. Son entree gît Nord-Nord-Est et Sud- Sud-Ouest; sa moindre largeur est d’environ six milles, et sa longueur de quatorze lieues. Cette baie est navigable, sur une grande partie de son étendue, pour de grands bâtimens; et des frégates memes peuvent mouiller devant San-Luiz [ Saint- Louis ] , poi t principal de la baie , situé sur la côte occidentale

de I île de Maranhan.

L’entrée de la baie de Saint-Marc étant formée en grande partie par des bancs et des brisans qu’il faut reconnaître avec précaution, nous reviendrons ici sur ce que nous avons déjà dit à son égard, afin de réunir sous un seul point de vue tout ce qui est relatif à cette partie dangereuse de la côte du Brésil. ie plus ordinaire Les vents, aux environs des îles de Maranhan, sont le plus aller à Saint-Louis souvent de la partie de l’Est : c’est donc par l’Est qu’il faut attérir

de Maranhan. . , 11

soit quon arrive d’Europe, de la Guiane ou des Antilles; le cas seul où 1 on aurait des vents bien faits du Nord à l’Ouest doit faire exception; dans tous les autres, on devra prendre connaissance des Lançoes Grandes, ainsi que nous l’avons conseillé page I 80. On a vu que cette plage de sable commence à environ vingt lieues dans l’Est ± Sud-Est de file Sainte-

Anne, et quelle s’étend jusqu’à la côte des Mangliers Verts, terminée par le grand coude des terres du continent , sous ïe méridien de 45° 48' Ouest. ( Voyez la carie n.° 13.)

On pourrait approcher les Lançoes Grandes à quatre ou cinq milles , où l’on aurait de six à dix brasses d’eau ; mais une erreur en longitude, très -présumable sur ce point, pouvant faire prendre les Lançoes Pequenas pour les Lançoes Grandes , auquel cas on se trouverait dans l’Est des petits fonds de Perguiças , au lieu d’en être à l’Ouest, il faut, pour éviter toute inquiétude, se tenir à dix ou douze milles de la côte, et se conserver par des profondeurs de dix à six brasses. A cette distance de terre, on sera entre les parallèles de 2° 3 0' et de 2° 15' de latitude Sud, sur une direction moyenne de l’Est- Sud-Est à l’Ouest-Nord-Ouest, qui est celle de la côte qu’on prolongera.

Parvenu sur le méridien de 45° 4o', qui est celui du milieu de la plage des Mangliers Verts, et à sept ou huit milles de son rivage, on gouvernera à l’Ouest (l) , et l’on ne tardera pas à voir devant soi les brisans du Nord-Est de l’ile Sainte- Anne et cette île elle-même.

On contournera ces brisans à deux ou trois milles de distance , en les laissant dans le Sud. La marque à laquelle on connaîtra qu’on les a passés et qu’on en est dans l’Ouest, consiste, comme nous l’avons dit, à relever les plus hautes terres de l’île Sainte-Anne, au Sud quelques degrés Est.

Nous avons dit plus haut que cette île , qui a beaucoup de ressemblance avec la côte des Mangliers Verts, est cependant

(1) Si , dans ce trajet, on s’aperçoit que la mare'e porte dans îe Sud, on fera prendre du Nord à ta route, en proportion de i’effet du courant. Le flot sur cette partie de ta côte porte au Sud-Ouest, et le jusant au Nord-Est , quelquefois avec une vitesse de deux mittes à l’heure.

plus élevée ; on doit d’autant moins la confondre avec cette côte, quelle en est séparée par un grand espace libre, où le rivage est tout-à-fait interrompu.

Après avoir prolongé les brisans du Nord de l’île Sainte- Anne, on continuera de gouverner à i’Ouest quelques degrés Nord, jusqu à la rencontre des brisans de Coroa Grande, qu’on

peut approcher d aussi près que les premiers et ranger également à deux milles de distance.

Brisans

de Coroa Grande.

On pourrait peut-être reconnaître lesbrisansdeCoroa Grande, à la qualité des fonds de sabfe fin piqué de petits points noirs et roux, qui deviennent très-fréquens à l’époque de son méridien , comme nous bavons dit plus haut ; mais nous répétons que si l’on a fait l’attérage que nous avons conseillé , la position du bâtiment n aura plus rien de douteux lorsqu’on verra Coroa Grande : si l’on a pris connaissance des Lançoes Grandes dans toute leur étendue, on aura déjà prolongé un espace de trente lieues parfaitement déterminé.

pour se rendre ^ partie Nord de Coroa Grande, deux routes se pré-

après avoir reconnu sentent pour entrer dans la baie de San-Marcos et ensuite au les Lançoes. mouijjage je saint Louis Je Maranhan.

Première rente. La première consiste à contourner , par le Nord et l’Ouest ,

Coroa Grande, en se réglant sur fa sonde, qui ne doit jamais être au-dessous de dix à douze brasses, tant qu’on suit l’accore du banc, et ensuite, à prolonger la côte occidentale de Ma-

ÆL. ranhan ’ Cl°nt °" d°U voir b Partie N°rd en même temps que fes brisans , si le temps est clair. Nous avons déjà dit que, indépendamment de la plus grande élévation de ses côtes, file de Maranhan se distingue encore de Me Sainte-Anne, lorsqu’on vient du large, par les falaises blanches de sa partie Nord.

S.ÏÏL. La première pointe de Maranhan, qu’on rencontre en suivant l’accore Ouest des bancs de Coroa Grande , est celle de San-

Marcos [Saint-Marc], qui donne son nom à la baie. C’est une terre élevée, qui finit en pente assez rapide à la mer, et sur le haut de laquelle est une maison de vigie et un mat de signaux. Cette pointe se prolonge sous l’eau, ainsi que fa côte qui la suit dans le Sud-Ouest, par quelques plateaux de roches et de sable, d’environ quatre cents toises de saillie, dont if faut se défier.

En continuant fa route au Sud-Ouest et Sud-Ouest Sud , P ont a dos Arcias

^ [Pointe des Sables],

on atteindra bientôt fe parallèle du petit fort de Sant-Antonio de fa Barra, situé à fa pointe das Areicis , pointe Nord de l’entrée du port de Saint-Louis; cette pointe forme l’extrémité Sud des plateaux de roches et de sable que nous venons d’indiquer le long du rivage, et l’on ne doit pas l’approcher par moins de cinq cents toises , tant qu’on en est dans l’Ouest ; on sera , à cette distance , par trente-cinq ou quarante pieds d’eau, de mer basse , sur le parallèle du fort Sant-Antonio , où l’on pourra mouiller.

La seconde route pour aller à Saint-Louis de Maranhan , Deuxième route, consiste à reconnaître le morro Itacolomi , petite montagne du Morro Itacolomi. continent, au côté occidental de la baie de Saint-Marc, à-peuprès sur le parallèle de ï’accore septentrionale des brisans de Coroa Grande : cette montagne ressemble à un chapeau pointu à bords très-larges ; elle est entièrement couverte d’arbres touffus, et elle peut être aperçue de cinq à six lieues, de beau temps.

Son isolement sur une côte plate facilite la reconnaissance de cette hauteur ; les terres qui l’accompagnent dans le Sud continuent de s’étendre dans cette direction, tandis que celles du Nord tournent brusquement à l’Ouest à peu de distance ; enfin, il n’existe dans le voisinage de la baie de San-Marcos, aucune terre qui puisse donner lieu à une méprise avec le morro Itacolomi , et il est généralement pris pour point de départ

sa position. et J’arrivée. II est situé par 2° 8' 38" Sud, et par 46° 44' 4 S" de longitude Ouest.

Quand on est à six milles dans l’Est de ce mondrain , et qu’on veut entrer dans la baie de Saint -Marc, ïa route peut être directe au Sud , quinze milles , c’est-à-dire , jusque sur ie pa- Pomte fat ingu. rallèle et à une lieue dans l’Est de ïa pointe Tatinga. De cette position, on pourrait gouverner au Sud-Sud-Est, directement sur la pointe de Saint-Marc ; mais on ne devra faire cette route directe que de jusant ou de pleine mer étale, afin d’éviter d’être entraîné par le flot sur ïa pointe Nord-Est du petit banc de Cercci, sur ïequeï il ne reste que très- peu d’eau de basse mer. II convient donc de faire d’abord quatre milles au Sud-Est , en partant de trois milles à ï Est de ïa pointe Tatinga. Cette route conduira à environ deux milles dans ïeNord 3 8° Est de ïa pointe de San-Marcos ; de cette nouvelle position, on gouvernera de manière à prolonger ïa côte de Maranhan à sept ou huit cents toises de distance, par des profondeurs de dix, treize et huit brasses, jusqu’au mouillage, comme on l’a conseillé pour la première route.

Dans toute l’étendue du trajet, depuis ïe parallèle de l’Itacoïomi , la seule attention a avoir ( outre celle de sonder sans cesse . comme on doit toujours le faire dans toute navigation proche de terre ou des bancs ) , est de se maintenir jusqu’à ce qu’on soit sur le parallèle de la pointe Tatinga, à l’Ouest de ïa pointe Nord , seule dangereuse , de ce que quelques pratiques du pays j Banc du Milieu , nomment le Banc clu j\îihcu y et pour cela il suffit de se tenir quelques pratiques à quatre ou cinq milles de la côte du continent, qu’on pro-

du pays. . ,N . 1 *

longe jusqu a ia pointe Tatinga.

Ce banc du Milieu n’est pas exactement déterminé, et son existence même présente quelques doutes. Peut-être ceux qui en font mention entendent- ils parler de quelques sondes de

LE PILOTE DU BRESIL, quatre brasses , que plusieurs cartes anciennes marquent au voisinage et un peu au Sud du parallèle de l’itacolomi , et dont nous avons parlé à (a page 1 85. On voit, par nos routes, que nous n’avons pas trouvé ces petites profondeurs; mais quoi qu’il en soit de leur existence, nous pensons quelles sont assez éloignées de la côte du continent, pour qu'il n’y ait aucun danger à craindre entre elles et la terre. Le canal est assez large pour qu’on puisse y louvoyer; et le premier pilote de Saint-Louis nous a affirmé « qu’on peut être en parfaite sécu- »rité, en se maintenant dans ce canal par douze brasses d’eau » et en virant de bord toutes les fois qu’on trouve une pro- » fondeur plus faible. »

Après avoir fait cette première partie du chemin pour en- Mar,„e, trer, et lorsqu’on aura traversé la baie pour venir chercher la pointe Saint-Marc, on aura une bonne marque pour s’assurer >’«"= d'"cw. qu’on est dans l’Est du banc de Cerca et à une distance suffisante de ce banc et de la côte de Maranhan ; c’est de gouverner de manière à conserver un petit espace ouvert entre les deux petits îlots situés au Sud de file Medo.

Le meilleur mouillage devant le port Saint-Louis de Ma- u. ranhan, est de six cents toises à un mille, dans le Nord 64» Æ-C3. Ouest du fort Saint-Antoine de la Barre, si l’on est dans un grand bâtiment; on trouvera, dans cette position, de trente à quarante-cinq pieds deau, de mer basse. Les petits bàtimens peuvent s’approcher davantage du port, et se placer entre lui et le petit banc de Medo, qui est à peu de distance dans l’Ouest; du mouillage que nous occupâmes sur la Bayad'ere , nous faisions les relèvemens suivans :

La pointe Saint-Marc , au..

Le fort Saint-Antoine , au.

Le milieu de l’îïot Espéra, au

Ces relèvemens sont corrigés de 1° 3 7' de déclinaison de l’aiguille aimantée, observée, Nord-Est, en janvier 18 20.

indication <( Les bâtimens qu’un trop grand tirant deau empêcherait pins intérieur. „ d’entrer dans le port de Saint-Louis, et qui, ayant à réparer » des avaries , voudraient un mouillage encore plus tranquiile » que celui-là, le trouveraient dans le Sud-Ouest de Maranhan, „dans la petite baie d’Ataki. Le fond y est de vase, la pro- » fondeur de quinze à seize brasses ,ïe courant beaucoup moins » rapide que devant Saint-Louis , et la mer toujours calme. On »s’y rend en contournant l’île Medo par l’Ouest, à une distance d’un ou deux milles. » ( Renseignemens donnés par les pratiques du pays. )

Description Le mouillage devant Saint-Louis est borné , dans le Sud et

du mouillage °

devant . le Sud-Ouest , par la pointe de Guia appartenant à Maranhan ,

le port Saint-Louis. 1 1

par l’îïe Medo, et plusieurs hauts-fonds sur lesquels il reste peu d’eau de basse mer; dans l’Est et le Nord-Est, par la côte de Maranhan; dans le Sud-Est, par les bancs qui forment le côté Sud de l’entrée du port; enfin, à environ deux milles dans le Nord-Ouest, par le banc de Cerca déjà nommé, qu’on nous a aussi désigné sous le nom de banc de îllia das Pacas, et qui ne conserve, en certains endroits, que six pieds d’eau, de basse mer. Indépendamment du passage au Nord de ce banc que nous venons d’indiquer pour aller au mouillage, on pourrait encore s’y rendre par le Sud , et passer entre le banc de Cerca et l’îïe Medo : mais cette route ne doit être prise qu’avec des vents du Nord au Sud par l’Ouest ; quand ils sont de la partie de l’Est , il est visible qu’il faut serrer de préférence la côte de Maranhan , pour pouvoir atteindre le mouillage de Saint-Louis à la bordée.

d« port L’entrée du port de Saint-Louis n’a rien de difficile pour les

de Saint-Louis. .

petits bâtimens ; mais ceux d un grand tirant d eau ne pouvant

louvoyer dans le chenal, il leur faut des vents favorables, et ds ne peuvent d’ailleurs se présenter que de mer haute, s’ils ont besoin de plus de vingt pieds d’eau.

La direction du chenal, depuis le parallèle du fort Saint- Antoine, est d’abord Sud 30° Est et Nord 30° Ouest, en se tenant à environ cent cinquante toises de ce fort, du moment f

qu’on le relève au Nord, puis à la meme distance de la côte qui lui succède dans l’intérieur du chenal. Arrivé au pied des falaises qui terminent la pointe de San-Francisco , on peut

mouiller pour attendre le pilote nécessaire pour aller plus avant, selon la grandeur du bâtiment.

La plus faible profondeur qu’on trouve sur la barre de Saint- Louis est de onze pieds dans les basses mers des syzygies ; elle est d’un peu plus de vingt-sept pieds, de mer haute, dans les mêmes circonstances. On trouve à-peu-près le meme brassiage en dedans, en prolongeant le rivage, comme nous venons de le dire. La plage, au côté Sud du chenal, assèche en grande partie, à moitié jusant. En 18 20, une grande chaloupe était coulée avec ses mâts, à environ deux cents toises dans l’Ouest - Nord-Ouest de la pointe das Areias ; c’était une bonne balise pour marquer la distance a laquelle on devait ranger cette pointe dans ce relèvement : il serait à desirer qu’on la conservât. On voit, pai ce que nous avons dit de la profondeur du port de Saint-Louis, que des frégates pourraient y entrer, en choisissant un vent favoiable et le moment de pleine mer des grandes marées ; mais nous ignorons si , dans l’intérieur du port, elles trouveraient assez d’eau pour y flotter de basse mer;

nous penchons pour l’affirmative à cet égard , sur la foi des pratiques.

La ville de Saint -Louis, capitale de la province de Mara- Details sur k viiie nhan et siège du gouvernement etde l’évêché, est d’une étendue Sahniouis.

Ressources que présente une relâche à Saint-Louis de Maranhan.

I>es vents qui y régnent.

supérieure à ce qu’exigerait sa population. Elle occupe deux petites hauteurs, situées à peu de distance Est et Ouest lune de l’autre, ainsi que le petit vallon qui les sépare. Plusieurs de ces maisons sont remarquables par leur grandeur; on distingue, parmi les édifices publics, une salle de spectacle , 1 hôtel de la trésorerie , celui de la douane, plusieurs couvens et églises , dont la principale, qui est la cathédrale, occupe le côté Nord d’une place carrée couverte de gazon située devant le palais du gouvernement. Les rues sont généralement percées à angles droits; mais le mouvement du terrain y rend la circulation fatigante.

Les bâtimens trouvent à Maranhan les principales ressources qu’exige la navigation. La sûreté du port permet de s’y caréner; l’aiguade est bonne et abondante : on se procure assez facilement, dans ï’île, des bœufs et du riz; mais si l’on a besoin d’un approvisionnement considérable , il faut l’aller faire sur le continent, beaucoup plus fertile de toute manière que file ellïe-méme, et beaucoup plus abondant en bestiaux, fruits, &c.

En 18 20, la population de Saint-Louis de Maranhan était évaluée à seize mille âmes, et celle de l’île entière à quarante mille.

La température est très -élevée dans cette ville, sur-tout depuis le mois de décembre jusqu’à celui de juin. Saint-Louis, bâti dans l’Ouest de l’île , ne ressent pas l’influence salutaire des vents généraux de l’Est, ou ne les reçoit que très-affaiblis.

Sous le rapport des vents et des autres phénomènes météorologiques, l’année peut se partager en deux saisons dans l’île de Maranhan. L’hiver, qui commence en décembre et finit en mai, et l’été, qui dure les six autres mois de l’année. La première de ces deux saisons est celle des pluies: elles tombent abondamment et sont accompagnées d’orages violens, sur-tout

dans les mois de février, mars, avril et même une partie de juin. Le tonnerre et les éclairs sont alors presque permanens, et dans les grains, les vents soufflent avec une grande force du Nord au Sud-Ouest par le Sud. Toutefois, on n éprouvé pas à Maranhan d’ouragans proprement dits ; et dans les plus mauvaises nuaisons, il y a de longs intervalles de temps tolérable. U tombe quelquefois aussi de la pluie pendant l’été; et dans cette saison , les vents régnent le plus ordinairement de l’Est-Sud- Est au Nord-Est par l’Est : ce sont les vents généraux.

L’air qu’on respire à Maranhan est assez sain. On n’y connaît pas de graves maladies endémiques. Dans le temps des pluies, quelques fièvres prennent parfois un caractère dangereux; mais elles cèdent souvent à un traitement approprié.

Les moyens préservatifs sont un régime exempt d’excès ; les principaux remèdes sont les évacuans, particulièrement l’émétique.

Le commerce de la province de Maranhan consiste en coton, riz, cuirs, gingembre et ipécacuanha; la quantité exportable de la première de ces marchandises s’élevait, en 18 20, à 70,000 balles, du poids de 170 livres chacune.

Les marées sont régulières à Saint-Louis et dans la baie de Des marges Saint-Marc. Au mouillage indiqué ci-dessus ( page 1 9 3 ), le flot de^tivXrc. se dirige au Sud-Sud-Ouest, et le jusant au Nord et Nord- Nord-Est. La vitesse de l’un et de l’autre est de 1,7 de mille par heure dans les marées ordinaires, et de 2,5 dans les nouvelles et pleines lunes. Dans ces derniers cas, la différence du niveau de basse mer à celui de haute mer est de seize pieds quatre pouces, selon nos observations faites trente-six heures après la lune de janvier 18 20, proche le fort Saint-Antoine.

Dans les marées ordinaires, le mouvement vertical des eaux n’est que de dix pieds, d’une marée à la marée suivante.

Commerce de Maranhan.

PH

Établissement des mare'es à Saint-Louis.

Position

du

fort Saint-Antoine de la Barre.

L établissement des marées au port Saint-Louis a été trouvé de sept heures.

Le pavillon du fort Saint-Antoine de îa Barre est dans la position suivante :

Latitude . 2° 29' 23", 6"' S.

Longitude . 46. 37. 11 , 0. O.

ouïe pour sortir de la baie de Saint-Marc.

Route

avec les vents généraux.

Nous avons dit que la déclinaison de l’aiguille avait été trouvée , dans le meme lieu, de 1° 3 7' Nord-Est, au mois de janvier 18 20.

La route pour sortir de la baie de Saint-Marc, se conclurait aisément de ce que nous avons dit de celle qu’il faut faire pour entrer; nous reviendrons néanmoins ici sur les principales directions à suivre.

Du mouillage devant le port de Saint-Louis, deux routes directes se présenteraient pour sortir de la baie comme pour y entrer, si les vents pouvaient s’y prêter. De ces routes, l’une serait le Nord ~ Ouest, pour passer à l’Ouest du Banc du Milieu; l’autre, le Nord 30° Est, pour passer dans l’Est de ce banc (l), en rangeant la côte de Maranhan et les bancs de Coroa Grande.

Mais les vents ordinaires, dans ce parage, étant de la partie de iEst, cette seconde route pour sortir est souvent impossible; et si ces vents permettent d’approcher de beaucoup de 1 autre, c est rarement d une manière complète et sans quelques déviations.

En supposant les vents de l’Est-Nord-Est à l’Est-Sud-Est, qui sont les plus fréquens, il faut prendre les amures à tribord, en quittant le mouillage de Saint-Louis, et tâcher de o-ouverner de manière à faire valoir la route le Nord 4 Ouest.

(1) Voyez , page 192 , ce que nous avons dit du Banc du Milieu,

Ayant eu soin, comme on le devra toujours dans cette circonstance , de mettre sous voiles au moment précis de la haute mer, cette première bordée, aidée du jusant, fera traverser promptement le petit banc de Cerca, qu’on reconnaîtra au passage subit des profondeurs de quinze et dix-neuf brasses à celles de dix, huit et même cinq brasses, dans le seul intervalle de temps nécessaire pour retirer et jeter le plomb de sonde. Mais ce banc, situé sur une direction Nord-Est et Sud-Ouest, ayant fort peu de largeur , dans le sens presque Nord ^ Nord-Ouest et Sud -- Sud-Est qu’on suivra , on ne trouvera guère qu’une ou deux fois ce dernier brassiage; et pour peu' que le bâtiment ait de vitesse, il retombera sur-le-champ aux profondeurs précédentes, et le banc sera franchi.

La marque pour connaître qu’on est sur l’extrémité Nord Banc de Cerca. de ce banc , par neuf pieds d’eau de basse mer , est de réunir, à très-peu près, les pointes opposées les plus voisines des deux îlots qui sont dans ie Sud de l’île Medo, avec la pointe Ataki de Maranhan, qui paraît derrière eux, en meme temps qu’on relève la pointe de Saint-Marc au Sud 56° Est.

Si la première bordée prend de l’Ouest, on pourra la pro- Suite de la route

j # pour sortir.

longer jusqu au continent, qu’on atteindra sur un point d’autant plus au Nord que le vent aura été plus favorable à la route, et que le jusant aura eu plus de force pour la soutenir contre la dérive. Ce courant portant, comme nous l’avons dit, au Nord et Nord-Nord-Est, dans toute l’étendue de la baie, un seul jusant suffira presque toujours pour mettre le bâtiment dehors , si l’on est parti au moment de la pleine mer.

On pourrait approcher du continent jusqu’à deux ou trois milles de distance, et tous les petits bâtimens peuvent le faire; mais nous répétons que la prudence exige qu’on ne sorte pas , dans cette partie de la baie , des profondeurs de douze brasses ,

sur-tout avec un grand navire; outre les motifs de sûreté , cette précaution est encore fondée sur une autre considération que nous exposerons plus bas.

Parvenu à la fin de la bordée , à la profondeur prescrite , on virera sur I île de Maranhan , et l’on serrera le vent bâbord amures, jusqu à ce quon ne trouve plus que douze brasses d’eau. II est probable que la seconde bordée du côté du Nord achèvera le trajet de la sortie; mais s’il en était autrement, il n’y aurait qu’à continuer de louvoyer tant que le jusant subsistera, en ne passant jamais a des fonds au-dessous de douze brasses.

En renfermant les bordées dans ces limites, le long du continent, on évitera tout danger de la part du Banc du Milieu . supposé quil existe, comme quelques personnes le disent. Celles qui exagèrent le plus ses dimensions, avouent d’abord qu elles sont circonscrites entre le parallèle du mont Alegre , a environ huit milles au Sud de i’Itacoïomi , et celui de ce dernier mondrain. Au Sud de cette position et jusqu’à la pointe Nord du banc de Cerca , tout bâtiment peut traverser la baie en sûreté après une heure de flot; on affirme de plus qu’à î Est et à I Ouest d une ligne Nord et Sud très-étroite comprise entie ces deux parallèles, on peut louvoyer sans inquiétude en prenant les précautions que nous venons d’indiquer.

Tous les marins du pays s’accordent à donner la préférence au chenal qui prolonge le continent , sur celui qui suit la côte de Maranhan et les brisans de Coroa Grande , et nous sommes de leur avis, sur-tout s’il s’agit de sortir de la baie et de tirer avantage du courant. Le premier chenal, en effet, est le plus profond des deux; et par cette raison, le courant dont il faut toujours s’aider pour louvoyer, y est plus fort et par conséquent plus profitable que dans I autre. C est par une considération sem-

blabïe que nous conseillons de se maintenir par des sondes de douze brasses , bien qu’on put sans danger aller jusqu’à celles de dix et même au-dessous, sur les deux bords. La vitesse des eaux est proportionnée à leur profondeur ; et le milieu du chenal étant plus profond que les côtés , c’est dans ce milieu que le courant doit être le plus rapide et par conséquent le plus favorable.

Si les vents soufflaient de la partie Sud-Est au Sud-Ouest, au moment du départ, avec une apparence de durée, la route la plus convenable à faire serait de prolonger la côte de Maranhan et l’accore occidentale des brisans de Coroa Grande ; d ne s’agirait alors que de suivre des directions diamétralement opposées a celles qui ont ete indiquées pour entrer.

Arrivé à deux ou trois lieues dans l’Est du Morro Itacolomi , on quitte ordinairement le pilote dont on s’est servi poui soitn, et Ion prend la route qu exige la destination du bâtiment. De ce moment, un seul obstacle reste à éviter sur les routes qui conduisent au Nord de Maranhan et nous allons le décrire.

A la distance de soixante-dix-sept milles dans la direction au Nord 8° Est, à partir de ï’itacolomi, se trouve un des hautsfonds les plus 1 edoutabïes qu on puisse rencontrer à la mer \ c’est la vigie de Manocl-Luiz.

Ce danger, qu’on ne connaissait plus que parles nombreux naufrages qu il occasionnait avant que nous l’eussions retrouvé et dont on ne pouvait plus assigner la position , consiste en plusieurs groupes de rochers coniques à fleur d’eau, séparés entre eux par des intervalles inégaux en distance et en profondeur.

Située dans une mer rarement exposée à des vents violens, cette vigie ne brise que par instans fort courts et seulement

Route

avec des vents

du S.-E. au S.-O.

Route

pour s’e'Ioigner de la baie de Saint-Marc.

Vigie

de Manoel-Luiz.

Sa description.

Notre exploration a embrassé PE., le Sud et POuest de la vigie.

quand la marée est tout-à-fait basse , en sorte qu’il est presque impossible de l’apercevoir, même en en passant fort près. Néanmoins , ceux des rochers de ce plateau que nous avons explorés ne conservent pas plus de cinq à quinze pieds d’eau , de basse mer, bien qu’on trouve huit, dix et douze brasses à leur pied : on peut donc rencontrer inopinément ce danger ; et un échouage sur un écueil de cette nature entraînera presque toujours une perte sans ressource.

Les brisans instantanés qui s’en élèvent ont l’apparence d’un remous de baleine lorsque la mer est calme autour d’eux ; et quand ils disparaissent , ils laissent des masses d’écume blanche qui subsistent assez long-temps. Lorsque le ciel est dégagé, on peut apercevoir les roches sous l’eau, où elles offrent de grandes taches noires; mais ces taches ne sont visibles que de trop près pour qu’il soit prudent de compter sur cette indication : après deux heures de flot, et seulement à demi-mille de distance, il est probable qu’on ne verra aucune trace d’écueil , si la mer est belle.

Les recherches que nous avons faites de cette vigie nous ont donné lieu de connaître assez bien ses approches dans l’Est, dans le Sud et dans l’Ouest , pour pouvoir garantir qu’il n’existe rien de dangereux dans ces directions. Je desirais vivement me mettre à même de parler avec autant de confiance de la partie Nord ; mais il aurait fallu que les circonstances me favorisassent huit jours de plus, et c’est ce quelles ne firent pas. Dès le lendemain de la découverte de la vigie, la mauvaise saison se développa avec violence; le temps ne se prêta plus à aucune observation astronomique, et je perdis mon avant-dernière ancre. Dans cet état de choses, avec un bâtiment seul et du tirant d’eau de la Bayadcre , continuer des recherches qui avaient été déjà si hasardeuses durant les dix jours de circonstances favorables

LE PILOTE DU BRÉSIL, qui venaient de s’écouler, n’aurait été qu’une obstination gratuite et sans espoir de succès possible, du moment que les circonstances étaient entièrement changées ; je ne pus donc contourner la vigie par le Nord. Malgré la contrariété que j’en éprouvai , je pouvais croire cette lacune peu regrettable.Toutes les traditions que j’avais recueillies sur les rochers de Manoel- Luiz , s’accordaient , au milieu de leurs contradictions , à placer ces écueils plus Sud que je ne les avais trouvés , et à les circonscrire dans des limites plus étroites que celles que j’avais sous les yeux il était donc difficile de n en pas conclure que j avais tout rencontré. Toutefois, je ne l’affirmai point - et nos reconnaissances ayant embrassé les approches du danger dans les directions réeliement importantes pour les bâtimens qui fréquentent Maranhan, je me bornai à m applaudir d’avoir résolu la question de la vigie de Maiioel-Luiz, sous les rapports les plus essentiels , dans l’ordre des recherches qu’embrassait ma mission : laissant à une occasion pius favorable, au hasard peut-être , à découvrir ce qui pourrait rester d’intéressant dans cette question , pour la navigation générale.

Nos observations faites au mouillage, à quatre cents toises dans le Sud des roches les plus occidentales de la vigie de Manoel-Luiz, et dans des circonstances qui nous autorisent à en assurer l’exactitude , placent ces roches de la manière suivante :

Latitude. .

Longitude

Position de la vi de

Manoel-Luiz.

Déclinaison de l’aiguille aimantée, observée le 29 janvier 18 20 au même mouillage, 0° 57' Nord-Est.

Le même jour, qui était la veille de celui ou la lune entrait Marees

i y . t à vue de ce ds

dans son plein , nous trouvâmes que la mer monta et descendit

Analogie entre la nature de ces rochers et celle

des autres rochers et îlots

situe's à petite dist.

sur

la côte orientale du Bre'sil.

Second

groupe de rochers au Nord

de Manoel-Luiz.

sur les rochers de Manoel-Luiz, d’environ douze pieds, et cju elle fut pleine à cinq heures ; que le flot dura six heures et porta de 0,6 de mille par heure au Sud-Ouest; et que le jusant porta au Nord-Est, pendant la meme duree et avec la même vitesse.

Enfin , la nature des rochers qui forment cet écueil , nous paraît être absolument la même qu’aux Abrolhos et que dans la plupart des autres îlots ou rocs situés à petite distance des côtes du Brésil, et dont nous avons donné la description.

Telles étaient nos connaissances, d’après nos recherches, sur la vigie de Manoel-Luiz , lorsqu’on apprit, en 1 8 25 , qu’un autre groupe de roches venait d’être rencontré à près de sept lieues plus au Nord et presque sur le même méridien que les nôtres.

Cette rencontre, entièrement due au hasard, a été faite et annoncée dernièrement par M. da Silva , officier de la marine brésilienne, qui, se rendant à Para, aperçut des brisans sur sa route et reconnut les roches dont il s’agit. J’ignore les détails de cette decouverte ; mais la position assignée à ce nouvel écueil a été transmise ainsi qu’il suit :

Latitude . 0° 32' 0" S.

Longitude . 46. 37. 36. O. de Paris.

Et d’après les renseignemens reçus , on paraît ne pas pouvoir élever de doute, au moins, sur la latitude.

Une question se présente donc ici ; c’est de savoir à laquelle des deux vigies , celle de M. da Sylva et la mienne , il faudra désormais donner le nom de Manoel-Luiz. Si l’on consulte toutes les anciennes cartes qui font mention de cette vigie, on trouvera si peu d’accord entre elles, qu’il sera impossible de se décider pour l’une ou pour l’autre. Elles ne

marquent toutes qu’un seul groupe de rochers, et aucune ne le place dans la position où nous avons trouve les nôtres,

M. da Sylva et moi. Je suis donc tenté de croire que ces deux découvertes doivent être considérées comme se rattachant à un même plateau. Son étendue, qui serait alors de sept lieues Nord et Sud, ayant pu donner lieu à la rencontre successive de plusieurs de ses parties , expliquerait jusqu a un certain point les différentes indications qui ont été données jusqu à nous. Je conviens que cette hypothèse ne les justifierait pas toutes, puisque, comme je m’en suis assuré, l’opinion populaire àMaranhan, par exemple, plaçait la vigie sur des parallèles de près d’un degré plus Sud que celui où nous l’avons rencontrée, et sur lesquels nous nous sommes assurés qu’il n’existe aucun danger ; et l’on peut en dire autant relativement à la rencontre faite par M. da Sylva : cependant il me paraît hors de doute que ce qu’on a appelé jusqu’ici vigie de Manoel-Luiz est un des points du plateau spacieux dont nous avons, M. da Sylva et moi, assigné les limites dans le sens du méridien; et que, par cette considération, il peut paraître juste de lui conserver son nom primitif, si c’est celui du premier navigateur qui a eu connaissance de ce redoutable écueil.

Nous revenons aux résultats de nos connaissances.

Il nous paiait difficile de tirei de la sonde, des indications insuffisance

i I a II- vt, dessoudes

de quelque surete sur la distance ou 1 on peut se trouver il0ur connaître

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de la vigie de Manoel-Luiz. Les profondeurs et la nature certaine pre'cisio

1 la distance

du fond sont si variables, à un certain éloignement de ce oîSe

danger, qu’on ne peut en déduire que des données fort peu temltlât» concluantes.

Les fonds de sable blanc piqué de petits points noirs et roux, que nous avons indiqués (page 184) comme les plus

communs dans la portion de mer comprise entre le méridien de Coroa Grande et celui de la côte orientale du continent voisin, s’étendent, comme nous l’avons dit, à dix ou quinze lieues au Nord de l’entrée de la baie de Saint-Marc ; mais ils n’y sont pas sans mélange, et on les trouve souvent accompagnés de fonds qui n’ont nul rapport avec eux.

Au-delà de cette limite, de meme qu’à l’Est du méridien de Coroa Grande, les fonds de sable et madrépores brisés ou broyés, prennent le dessus; ce sont à-peu-près les mêmes que ceux qu’on trouve si constamment le long de la côte du Brésil , depuis les Abrolhos : nous les avons trouvés à l’extrémité de toutes nos routes dans l’Est et sur le parallèle de la vigie ; il est probable qu’ils s’étendent au Nord et à l’Est beaucoup plus loin.

Ce sont encore ces fonds de madrépores broyés qui sont les plus communs immédiatement autour et dans l’Est, le Sud et l’Ouest de ce danger ; mais ils se mélangent parfois , quoique rarement, de gros graviers, de débris de coquilles, et, plus rarement, de quelques roches sous des profondeurs quiw variant d’une sonde à l’autre, de quatre ou cinq brasses, dans des sens opposés , ne permettent pas de déterminer , à quatre ou cinq lieues près la distance où l’on est de la vigie. Nous venions d’avoir vingt-cinq brasses de fond , lorsque, à une heure et demie de la nuit du 28 janvier, nous ne trouvcàmes que douze brasses dans le seul intervalle de temps nécessaire pour retirer un plomb à main et le rejeter ; il se trouva qu’alors nous n’étions pas à plus de quatre milles des roches.

Les disparates dans la profondeur ne sont pas aussi marquées sur la totalité de l’espace que nous avons exploré autour de cet écueil ; mais elles le sont assez pour qu’on ne puisse pas, jusqu’à présent, se flatter de trouver dans la sonde un

renseignement digne de foi. La seule observation qui semble assez londée pour être de quelque utilité aux bâtimens qui vont à Maranhan en arrivant par l’Est et le Nord-Est, est le décroissement du fond que nous avons reconnu sur le parallèle à partir d’environ quinze lieues de la vigie. U paraît qu a cette distance , une ligne tirée du Sud-Est au Nord-Ouest séparerait assez exactement les profondeurs de cent brasses et au-dessus, de celles de cinquante à quatre brasses. On ne doit pas donner à cette remarque une importance absolue; mais on voit , par nos sondes , quelle n’est pas sans vraisemblance ; et c’est déjà quelque chose de tranquillisant, quand on se trouve dans le voisinage d’un danger tel que celui qui nous occupe ici, que de savoir quon en sera au moins à quinze lieues, tant qu’on aura plus de cinquante brasses de fond.

La plus efficace, la plus sûre des précautions à conseiller aux bâtimens qui vont à Maranhan , même quand ils sont pourvus de montres marines, consiste, comme nous l’avons dit, à prendre connaissance de la plage des Lançoes Grandes, entre les méridiens de 45° et de 45° 4o' Ouest, en s’approchant de huit à dix milles de terre pour la cotoyer ensuite.

Quant à ceux qui, sortant des ports de la baie de Saint- Marc, veulent se porter au Nord, la connaissance de la position que nous avons assignée à la vigie ne leur suffirait pas, dans certaines circonstances, pour éviter ce danger. Leur route devra se régler d’après des combinaisons avec des courans variables; et nous présenterons ces combinaisons dans le chapitre suivant, consacré à indiquer la route pour se rendre des différens ports du Brésil en France.

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