CHAPITRE XII
Route pour se rendre du Brésil en France.
La régularité des brises de terre permet de fixer le momentdudépart
des
ports du Bre'siL
La régularité des brises de terre, sur la presque totalité des côtes du Brésil, pendant la plus grande partie de l’année, permet aux bâtimens qui fréquentent ces côtes , de fixer le jour et meme l’heure de leur départ du port. On a vu (page 46 ) que ces brises s’élèvent pendant la nuit, fraîchissent ordinairement au point du jour, et durent jusque vers neuf heures ou dix heures du matin : on a donc toutes les facilités désirables pour se préparer à en profiter, et pour se porter à la distance de la côte où, dégagée de tous les obstacles de localités, la navigation n’est plus assujettie qu’à des causes générales.
Ces causes elles -mêmes ne sont ni nombreuses ni variées sur la vaste étendue de mer qui environne, à une grande distance , les côtes du Brésil.
Cette partie du continent d’Amérique, située entre le trentetroisième et le deuxième degré de latitude Sud , est toute entière dans la région des vents généraux de l’hémisphère austral , lesquels soufflent ordinairement de l’Est -Nord-Est au Sud-Est. Le gisement de la partie du littoral du Brésil comprise entre le trente-troisième degré et le vingt-troisième étant le Nord-Est L Nord et le Sud-Ouest ± Sud, il s’ensuit que , pour s’éloigner des ports qui y sont situés, il faut souvent lutter contre des vents contraires et louvoyer.
Cette circonstance est la plus ordinaire, et, à quelque dit- o., terence près dans le degré et la durée des contrariétés, elle doit , le plus souvent , être prévue par les bâtimens qui sortent des ports compris entre Rio Grande de San-Pedro et le cap ’*'“prwd brio pour prendre le large et s’élever dans le Nord-Est.
Au Nord du cap Frio, la côte, sur une étendue de près Des Me™, de trois cents lieues, se rapprochant beaucoup de la direction du méridien, semblerait devoir laisser plus de chances pour ««hw prendre le large, tribord amures, à l’aide des vents généraux; F°ta,« d'oiiuda. mais les bâtimens qui sortent des ports situés entre le cap Frio et les Abrolhos, ont ces ilôts à doubler; et ceux qui partent dun port plus au Nord, se trouvent trop rapprochés d’une cote qui gît au Nord-Est , pour pouvoir toujours espérer de Passer, à la bordée, au vent de la pointe d’Olinda.
Au-delà de cette pointe, les vents généraux sont presque toujours favorables pour prolonger la côte qui court au Nord,
et les circonstances où ils ne le permettent pas peuvent être u roSeVjiind.. considérées comme des exceptions.
D’après ces données fournies par l’expérience, il y a donc environ cinq cent cinquante lieues des côtes du Brésil, d’où les bâtimens ne peuvent généralement s’éloigner qu’en louvoyant; et ces cotes étant précisément celles oii se trouvent les ports les plus fréquentés, il convient d’indiquer les règles à l’aide desquelles la route pour les quitter peut être abrégée.
La plus importante de ces règles consiste à faire de grandes
bordées, et à ne point chicaner le vent, si l’on est contraint de louvoyer.
Sx, en quittant les ports de San-Pedro, de Sainte-Cathe- Règle generale rme, de Santos, de Saint- Sébastien , d’IIha Grande, de Rio ’’ qui quittent Janeiro, d’Espirito-Santo , de Porto-Seguro , de Bahia et a ' situes de la limite
t j T . ° ' J méridionale
neralement tous les points compris entre Rio Grande de San- à hl .æ'oiinj,.
Pedro et la pointe d’Olinda, on veut se porter au large avec des vents qui ne permettent pas de doubler toute la côte en prenant la bordée du Nord , il ne faut pas balancer à prendre ia bordée du Sud, en serrant le vent bâbord amures; il est probable que, dans cette bordée, les variations ordinaires aux vents généraux permettront de gagner assez dans l’Est pour compenser ce qu’on pourra perdre dans le Sud, et que, loin d’alonger la traversée, on l’abrégera. Le louvoyage le long de la côte , assujetti aux courans des marées et aux brises de terre , peut, à la vérité, dans certains concours de circonstances, favoriser les progrès contre le vent; mais cette méthode n’est réellement profitable qu’aux très-petits bâtimens qui approchent d’assez près le rivage pour pouvoir ressentir les brises de terre et les mettre à profit. Sauf des exceptions , les grands navires ne peuvent lutter, avec un prompt succès, contre les vents généraux , dans les mers du Brésil , que par de grandes bordées.
Distance L’opiniâtreté des vents de Nord-Est force quelquefois les