partie Sud des hautes terres formant la vaste baie de Ilha Grande
Le petit ilôt qui accompagne la pointe Joatinga est situe par Position
Ouest.
La pointe Joatinga, ainsi que celle de Cairoçu, est élevée, et peut être rangée de près par toute espèce de bâtimens.
La grande baie de Ilha Grande [ Ile Grande], formée dans le continent par file de ce nom, a deux entrées : lune, celle de i’Ouest, est formée par la pointe Joatinga et i île Grande; l’autre , par cette même île et le promontoire ou plage de Maranhaya : ces deux entrées conduisent dans l’intérieur de la baie, et, comme elle, elles peuvent recevoir de grands bâtimens.
« Des flottes entières pourraient entrer dans la baie de Ilha » Grande, et y trouver un abri contre tous les vents; les sondes » y varient de trente à sept brasses dans une grande partie de »sa surface, et, sur plusieurs des côtes intérieures, on peut - » aisément faire de l’eau et du bois. » ( Renseignemens des pratiques. )
A environ deux milles dans la partie Sud de Ilha Grande, est le petit îlot de Georg es-Greg'o . « Quoique en apparence » aride, il fournit de I eau et du bois ; les plus grands bâtimens » trouvent un bon mouillage sur sa côte Nord, et ils peuvent » se procurer des rafraîchissemens au petit village d’Angra dos Reis , qui y est situé. » ( Renseignemens des pratiques.)
En quittant i’Ile Grande, et en poursuivant la route dans i’Est-Nord-Est, on prolonge la P ray a de Mar ambaya , dont la pointe Ouest est terminée par un mondrain nommé Morro
M o rro
de Marambayi et plage du même nom.
de Marambaya , et la pointe Est, par une petite ouverture,
dans laquelle les bateaux, seulement, peuvent pénétrer pour se
8i LE PILOTE DU BRÉSIL,
rendre dans la baie. Cette langue de terre, d’environ huit lieues de longueur Est et Ouest, est très-basse, et il ne faut en approcher qu’avec précaution lorsque le temps n’est pas clair. La circonspection est d’autant plus nécessaire, qu’une roche \lcige\, accompagnée d’un haut-fond , se projette à trois milles au large dans le Sud, du milieu de son rivage; en se tenant à quatre milles de terre sur ce point, on aura de vingt -deux à trente brasses d’eau , fond de sable et de gravier.
Immédiatement à la pointe orientale de la P ray a de Marambaya , on trouve la grosse pointe de Guaratiba , ou . commencent les rameaux de montagnes qui environnent la baie de Rio-Janeiro. De cette pointe, on aperçoit clairement, de beau temps, à huit lieues de l’Est, Yllha Redonda [ Elle Ronde ] , qui est à l’entrée de cette baie , et que distinguent sa forme et les falaises tranchées de blanc et de vert foncé qui la terminent de tous côtés. On aperçoit également, à environ six lieues dans l’Est-Nord-Est, la Gabia [la Hune], montagne qui, par sa forme remarquable, ne peut être confondue avec aucune
autre, et qui est la plus sûre indication de Rio-Janeiro, sur-
tout en venant de la partie du Sud. La route ensuite, pour aller dans cette baie, n’exige aucune précaution particulière et quand on sera parvenu près de i’IIe Ronde, on choisira j selon le vent régnant , le chenal qu’il conviendra de prendre entre les îles et les îlots environnans, en ayant attention cependant de ne s’engager dans ces canaux qu’avec un vent fait et capable de conduire jusque dans la baie avant la nuit, ce qui n’a généralement lieu que vers midi , époque de la journée o û la brise du large est presque toujours déclarée et suffisamment forte.
Atte. L’attérage de Rio-Janeiro est ordinairement indiqué sur le
sur Rio-janeiro. ^ prj0 . ma;s { \ doit sans doute être entendu que ce n’est que
dans la mousson du Nord et lorsqu’on vient du Nord ou de l’Est, que cet attérage doit être fait. En toute autre circonstance , il aurait au moins le désavantage de donner lieu à une assez grande perte de temps, en allongeant le chemin à faire.
L’IIe Grande, le Morro de Marambaya, et sur-tout la Gabia, objets
P r • . ¥ . , . . . . de reconnaissance
sont autant d objets de reconnaissance, qu on peut choisir dans la mousson du Sud ; ils se voient d’assez loin pour qu’on puisse les bien reconnaître sans cesser d’être maître de la route ultérieure ; leur proximité de Rio-Janeiro permettant qu’arrivé près d’eux , on puisse toujours prévoir l’heure à laquelle on pourra être mouillé dans cette rade.
On peut encore citer comme une marque très-facile à reconnaître , à l’entrée de Rio-Janeiro , l’aspect d’une partie des montagnes qui environnent cette baie. Lorsqu’on vient du large, depuis l’Est-Sud-Est jusqu’au Sud-Ouest, la configuration de leurs sommets présente, d’une manière très-sensible, une figure d’homme couché de l’Ouest-Sud-Ouest à l’Est-Nord- Est, dont la Gabia forme la tête et le Pain de Sucre les pieds. Lorsque la crête des montagnes est dégagée de nuages ou de vapeurs, il est presque impossible de ne pas être frappé de cette apparence (l).
La Gabia est située à environ trois lieues dans l’Ouest x Sud- Description
t et position
Ouest de l’entrée de Rio-Janeiro ; vu de tous les points du de la Gahia' large , depuis l’Est jusqu’au Sud-Sud-Ouest , son sommet paraît plat et un peu plus large à sa surface supérieure, qu’à quelque distance au-dessous, ce qui lui donne effectivement.
(1) Lors de 1’arrivée du Roi de Portugal au Brésil, en 1807, cette apparence sugge'ra à un officier de l’arme'e qui accompagnait Sa Majesté', l'idée inge'nieuse d’un dessin représentant ce colosse couché , qu’il désigna comme le génie du Brésil. La flotte royale entrait à pleines voiles dans la capitale du pays, et on lisait dans une gloire, placée au-dessus du tableau : Géant , lève-toi!
de la ressemblance avec la hune d’un bâtiment. Cette forme, qui exclut toute méprise avec toute autre montagne à vue, fait de la Gabia le meilleur point de reconnaissance.
Sa position. Cette montagne est située par 22° 59; 0" de latitude Sud, et 45° 42' 58" de longitude Ouest. Au mois de juin 1819, la
déclinaison de l’aiguille a été trouvée , à sa vue et sur son méridien, de 3° 43' Nord-Est.
Pain de Sucre. A environ huit milles dans l’Est 15° Nord de la Gabia, se trouve le Pain de Sucre [ Paô de Açucar ], montagne conique de roche, qui forme le côté occidental de l’entrée de Rio- Janeiro. Cet énorme rocher est ordinairement indiqué comme la balise qui sert à reconnaître l’entrée de cette baie ; mais beaucoup moins élevé que la Gabia et déjà un peu dans l’intérieur, il ne paraît ni d’aussi loin , ni d’un aussi grand nombre de relèvemens du dehors que cette montagne; et quand on le reconnaît , on n’a plus guère besoin d’éclaircissemens sur la position qu’on occupe : cependant, il est bon de relever aussi ce pic, remarquable entre toutes les hauteurs coniques, assez nombreuses sur cette côte, par l’inclinaison sensible d’une de ses faces au Nord-Ouest.
II est prudent , en général , de se tenir à quelque distance de la côte qui joint Rio-Janeiro au cap Frio, parce que, quand le vent souffle du Sud-Ouest à l’Est-Sud-Est par le Sud, la houle y porte incessamment, et que, de gros temps, le mouillage n’y serait pas sûr.
On a conseillé plus haut de ne s’approcher des îles situées à l’entrée de Rio-Janeiro, que lorsque la brise du large de Rio-janeiro. est établie; on ajoute ici qu’il faut se ménager assez de
jour pour pouvoir arriver au mouillage avant la nuit. On s’exposerait, sans cela, à rester parmi les îles ou dans l’entrée, pendant le calme qui sépare les brises du large et de terre, ou
Précautions à prendre pour entrer dans la baie
a recevoir celle-ci, qui est directement opposée à la route à laire pour entrer, et assez souvent accompagnée de grains quelquefois violens, sur-tout à l’époque des nouvelles et pleines lunes.
Si, malgré les précautions qu’on aura prises, la brise de terre s’élevait avant qu’on fût entré, et si les mauvaises qualités du bâtiment, ou le courant qui sort presque toujours, ne permettaient pas de gagner le dedans de la baie en louvoyant, il serait préférable de se replacer en dehors des îles, plutôt que de chercher à se maintenir parmi elles ou à y mouiller. Le louvoyage y est très-borné, sur-tout pendant la nuit; le fond y est dur , et la houle d’autant plus forte et plus incommode , quon est plus près de l’entrée. Les grains les plus forts de la brise de terre s’étendent rarement au large de l’îïe Ronde.
La direction générale de la côte, entre file Sainte-Catherine et l’entrée de Rio-Janeiro, est le N. 46° E., et la distance 392 milles.
Le gisement de l’île de Mel , par rapport à la pointe Rapa de Sainte-Catherine, est le S. 2° O., et la distance 110 milles.
Le gisement de ï’île de Mel , par rapport à la pointe Pirasonungo (S. E. de l’île Saint-Sébastien), est le N. 60° E. , et la distance 193 milles.
Enfin, le gisement de la pointe Pirasonungo, par rapport au Pain de Sucre, est le N. 62° E., et la distance de 129 milles.