‹ Le Pin A Crochets Spontané Dans Les CévennesChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 28 FÉVRIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 28 FÉVRIER

traies (Christ), les Carpathes et les Sudètes (Pax), il est rare dans les Apennins et les montagnes de Macédoine (Boissier), et sporadique au Caucase (Radde). Cette forme paraît tout à fait indépendante de la nature du sol.

Une forme (var. data F. Gérard) plus maigre, plus élancée, mais à peine séparable du type, couvre d’une forêt continue la grande tourbière à l’aval du lac de Gérardmer et plusieurs autres tourbières des Vosges françaises.

C’est avec raison, sans doute, que M. F. Krause(l) nie l’existence, dans les Vosges, de la variété Mughus; il eût été plus complet s’il avait précisé le fait de l’existence spontanée du Pin de montagne dans ce massif, sous une forme rapprochée du type (Pin à crochets).

Vers la limite supérieure, dans cette zone contestée dontM. A. Mathey a si bien écrit Y histoire (2), en tout cas au delà de 2000 m. dans nos montagnes de France, il arrive que des individus du type (Pin à crochets) sont écrasés ou brisés par la neige el qu’ils se reconstituent en prenant une forme buissonneuse; il arrive aussi qu’ils soient abroulis par le bétail. Il faut se garder de les confondre avec les variétés suivantes caractérisées par les détails de leurs cônes mieux encore que par leur port.

Le Pinus montana var. Pumilio (P. Pumilio Ilænke, 1791) est ordinairement un arbrisseau à branches couchées et tortueuses; plus répandu que le type dans les massifs montagneux de l’Europe centrale et orientale, à ce qu’il semble, il ne parait pas exister du tout en France.

Le Pinus montana var. Mughus (P. Mughus Scopoli, 1772) est aussi un arbrisseau traînant. Il paraît fréquent dans les Alpes orientales, et n’existe pas en France, où les anciens botanistes l’ont sans doute confondu avec une des formes que nous rattachons ici au type (Pin à crochets).

I n examen superficiel peut assurément laisser appliquer la diagnose de la variété Pumilio à un individu du type français uncinata déformé aux hautes stations. Koch (Consp. Fl. Germ.) encourage encore des confusions regrettables en nommant le Pumilio : P. Mughus var. P. Pumilio. Mais ceux-là ne sauraient s’v tromner

(1) E.-H.-L. Ivrause, Ueber dus angebliehe Indigenat der Pinus Mughus in tien Vogescn (Ber. d. deiitsch. bot. Ges. XII, 1894, pp. 236-239).

(2) A. Mathey, Le pâturage en montagne. Besançon, 1900, pp. 94 et suiv.

d’alverny.

qui ont vu le vrai P. Mughus Seop. dans sa station : cette grande broussaille traînante est trop commune et trop caractéristique de l’extrême zone subalpine dans les grandes Alpes orientales, au Tvrol, en Carinthie, etc. D'ailleurs elle semble franchement ealcicole, et le Pin à crochets, comme il a été noté plus haut, ne marque aucune préférence relative à la composition du sol.

L’existence d’un bois de Pin à crochets dans le Massif central a un autre intérêt. Les phytogéographes contemporains se préoccupent de la distribution des Conilères aux époques géologiques antérieures à la nôtre. M. Fliche a signalé des faits importants

relatifs à la distribution du Pin silveslre, du Mélèze et de l’Epicea pendant la période de la grande extension des glaciers.

Nous savons, grâce à lui, que le Pin de montagne habitait alors le plateau lorrain (Jarville, [très de Nancy, liois-l’Abbé, près d’Épinal), que le Pin silvestre était spontané dans le bassin de la Seine pendant la période de réchauffement interglaciaire (1). Nous savons encore que le Pin Laricio existait à l’époque quaternaire

aux environs de Montpellier (2).

N’y a-t-il pas lieu de considérer le bois de Pin à crochets de

Ghalmazel, comme un témoin, comme un survivant d’une époque antérieure, au même titre qu’on voit des témoins de l’époque quaternaire dans les quatre iloLs de Pin Laricio qui, sous une forme spéciale (.Pinus Laricio var. Salimanni), représentent actuellement l’espèce à l’état spontané en France (3) ?

M. Guérin fait la communication suivante :

(1) P. Fliche, Bull

(2) G. Planchon

ull. Soc. jcoloij. de France , 3* série, XXV, 1897, |>- 051*, , Étude des Tufs de Montpellier. Paris et Montpellier.

(3) G. Fabre, Co’mpt. rend. Acad. Sc. Paris, 13 janvier 18%.

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