UNE HISTOIRE SANGLANTE
Il est dix heures du soir environ. La pluie tombe à torrents ; des éclairs blafards déchirent le manteau des astres; les roulements du tonnerre remplissent l’espace de sons sourds et caverneux, et le St. Laurent, mêlant sa voix à celle de la tempête, déferle bruyamment ses lames moutonneuses contre les Jetées du rivage.
Les quais de Montréal sont déserts ; les nombreuses tavernes de la rue des Commissaires, et de la rue de la Commune, pour la plupart closes.
Seuls, quelques rares fanaux élevés sur la grève, guident la marche des navires attardés.
La nuit est plus noire que l'aile du corbeau, plus affreuse qu’une égende allemande.
Vous entendez le craquement des vaisseaux quis’entrechoquent, le grincement de leurs chaînes, le sifflement des rafales dans leurs agrès, et, par dessus tout, le grondement rauque et formidable des éléments en furie.
Batelier, prends garde à ton esquif; passant, prends garde à ta bourse ; amis, hâtez-vous de rentrer au logis ; car la ruine, la désolation, la mort, planent de toute leur envergure sur la ville de Montréal.
Voyez, de l'ouragan, c’est le cours furieux, Terrible, il prend son vol, et dans des flots de poudre, Part, conduisant la nuit, la tempôte et la foudre,
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Silence! Ecoutons :
O’er the glad waters of the dark blue sea,
Our thoughts as boundless, and our souls as free, Far as the hreeze can bear, the hillows foam, Survey our empire, and behold our home! k These are our realms, no linits to their aWaY, L Our fiag the sceptre all who meet obey, Ours the wild life in tumalt still to rang
From toil to rest, and joy in every change. … à ti |
Des applaudissements frénétiques accueillent ces paroles lan- | ‘rents ; cées comme un défi à la fureur de la nature. l roule- Qui ose porter cet insolent cartel ? À . : fl caver- Paix! le chant continue : 1 mpète 1 x BEUE) Oh! who can tell ? not thou luxurious slave ! À Jetées AE Whose soul would sicken over the heaving wave; À Not thou, vain lord of wantonness and case! à vernes Whom slumber soothes not pleasure cannot please, 4 pour Oh! who can tell? save he whose heart hath tried, k ; And danced in triump o’er the waters wide, 1 The exulting sense the pulse’s maddening play. É ent la That thrills the wanderer of that trakeless way ? (*) qu’une Les applaudissements redoublent, et la nuit est toujours plus 4 noire que l'aile d'un corbeau, plus affreuse qu'une légende alle- 3 mande. 1 juent, À dans } (*) Voici la traduction aussi littérale que possible de ce morceau : 3 ormi- “ Sur l’onde joyeuse de la mer azurée, sans bornes comme notre esprit et 4 nos âmes, aussi loin que peut souffler la brise, et que la vague écumante peut 4 rde à | mugir, contemplez .iotre empire, voyez notre demeure! C’est là qu’est notre i ; . | royanme; sa domination n’a pas de limites. Notre sceptre est le drapeau À Sr auquel tous doivent ohéir. Notre vie errante est de toujours passer du À sur la travail au repos que la joie accompagne à chaque changement. Oh! qui 4 peut le dire? Ce n’est pas toi, esclave de la luxure! toi dont l’âmne tremble É
à l’aspect de la vague qui s’élance, nit.r. igneur vaniteux, adonnéau libertinage et à la paresse! toi que le sommeil ue calme pas, Oh ! qui peut le dire? si ce n’est celui qui l’a essayé, qui a été bercé en triomphe sur l'immense sein des mers, qui a senti cette émotion enivrante, cette pulsation accélérée qui fait battre le cœur du voyageur qui sillonue les eaux sans laisser de traces,
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Vous entendez le craquement des vaisseaux qui s'entrechoquent, le grincement de leurs chaînes, le sifflement des rafales dans
leurs agrès, et, par dessus tout, le grondement rauque et‘formidable des éléments en furie.