TES
Aux dépens des anciens... Mais comment le reçut-il ' H Puisque le ciel l'ordonne^ nous dit-il , je consens à vous commander; mais jamais vous ne verrez mon visage. A défaut de mon casque, il sera couvert d'un voile rouge; de plus je serai maîlre de vous coinluirc partout où il me plaira. Je ne connais d'autres ennemis que les Anglais. Notre vaisseau s'appellera la Vengeance.
KEIINOC.
On accepta toutes ses conditions.
YVES
Quand c'était à nous à lui dicter les nôtres.
KERNOC.
Mais il se comporta bien. Grâce à lui nous avons souvent fait de riches prises et souvent battu les Anglais...
YVES
Et, grâce à lui, nous venons d'être battus par eux.
KERNOC.
Dis donc par la tempête ; car sans elle la fuite nous restait du moint)....
YVES
Pourquoi nous abandonner ainsi? — Depuis quinze jours qu'il nous a laissés, qu'il est parti, seul, toujours voilé, sans guides. « Vous avez besoin de repos, nous a-t-il dit; je vous laisse dans un bon mouillage^ avec des vivres, des provisions de toute espèce ; ne descendez pas à terre; sous peu de jours je reviendrai parmi vous, peut-être pour ne plus vous quitter. »
KERNOC.
Il ne paraissait pas se presser de remplir sa promesse
YVES
Dis plutôt qu'en nous quittant il avait l'inlcntion do ne jamais revenir.
KKRNOC.
Tii crois Cependant, une fois déjà il nous avail laissés pour descendre seul à terre , et deux jours après il était
de retour.
WES.
C'est vrai.
KERNOC.
Il y a un an de cela : le 27 mars 1»351 ; un beau dimanche.
YVES
Le jour du célèbre duel des trente Bretons contre
trente Anglais.
KEROC.
Et où nos braves Bretons furent vainqueurs, par saint
inam !
YVES
Oui... (Après un moment de silence.) Kernoc ^ sais-tu que nous voilà dans une fâcheuse position?
KERNOC.
A qui le dis-tu ?
YVES
Où sommes-nous i'
KERNOC.
Qui le sait ?
Chez un partisan de Montfort, peut-être.
KERNOC.
Et dans ce cas-là nous sommes perdus.
YVES
Si nous ne sommes pas les plus forts...
KERNOC.
Quoi ! voudrais-tu !'.
C'est possible.
Ton projet ?
Je n'en ai pas.
YVES
KERNOC.
YVES
la
KERNOC.
Mais si nous sommes chez des amis?
YVES
Des pirates en ont-ils i*
KERNOC.
Des partisans de Cliarles de Blois.
WES.
Nous nous battrons pour Jean de Montfort.
KERNOC.
Jusqu'ici nous nous sommes battus contre lui ou plutôt contre les Anglais, ses défenseurs...
Oui, depuis que l'étranger nous commandait; mais
avant...
KERNOC.
Nous nous battions contre tout le monde.
YVES
Nous ferons comme avant.
KERNOC.
Mais notre petit nombre.
YVES
Un brave vaut quatre hommes.
KERNOC.
Le château doit être bien défendu.
YVES
Si l'on nous y introduit ?
KERNOC.
Des armes?
YVES
Il doit y en avoir.
KERNOC.
Un chefP
YVES
Le plus brave.
KERNOC.
Kt quel €St-ikP
Celui qui saura mériter ce lilre.
KERNOC.
Mais...
YVES
Silence , Kernoc ! — Tu es \n\ vaillant Breton et un bon pilote: mais tu n'as pas plus d'idée qu'iu» veau marin Laisse agir ton lieulcnanl, et tu verras comment Yves de Lambezellcc sait réparer les torts de la fortune. Qui vient là?... Par Noire-Dame de Rccouvrance , la genlc fille que voilà !
KERNOC.
Vertu-Dieu, le joli petit oiseau de bruyères.
YVES
Cache-toi donc , si tu ne veux pas qu'il prenne sa volée.