Orientales, 1, « Feu du ciel
Il est très apte’à suivre dans l’ensemble d'un paysage ou d'un groupe d'objets les lignes essentielles. Ici « les champs murés à hauteur d'appui avec des cordons de pierre sèche dessinent sur les plaines un bizarre échiquier » !. Là « la table mortuaire, étant derrière le poteau comme une barre horizontale, une sorte de grande croix vague résulte de Javert debout et de Mabœuf couché? ». Aïlleurs il remarque que la bombe « courbant son éclair » entre Semlin et Belgrade leur «trace un pont de feu dans l'air » #. Sa vision est celle d'un dessinateur et d’un peintre.
Il a d’ailleurs le goût et le don de la couleur. La lune glissant à travers les mille arceaux arabes « sème les murs de trèfles blancs »*. La mer qui se brise « là-bas d’un flot d'argent brode les noirs îlots » *. Les arbres et les blés 4« jettent sur les chemins de soleil accablés leur frange d'ombre au bord d’un tapis de lumière » #. « L'horizon amincit sa bande de carmin 5.» Paris lui apparaît « marqueté de ses mille toits d’ardoise et de tuiles comme une mosaique rouge et bleue » 6. Sa palette est d’une prodigieuse richesse. Il ne se contente pas de noter les différentes couleurs. Il tient encore souvent compte de la nuance spéciale qu'elles revêtent et de leur éclat particulier. Il observe par exemple, que « le ciel a toutes les nuances du bleu depuis la turquoise jusqu’au saphir, et la baie toutes les nuances du vert depuis l’'émeraude jusqu'à la chrysoprase » 7. Il voit des nuages « d’or, de plomb, de cuivre et de fer $ », l'aile du papillon « or, pourpre, émail, vermil-