Feuilles d'automne, xxvi
3. Ibid., xxvn : « À mes amis L. B. etS. B. ». 4, Ibid., xxxiv : « Bièvre », 1.
Quoique le pittoresque procède par images successives, les divers traits quile composent sont juxtaposés en vue d’une impression d'ensemble. Chaque trait d’ailleurs est puisé en pleine réalité. Le même souci de l’ensemble, la même probité d'observation apparaît également dans les Chants du crépuscule. Il a vu de ses propres yeux et non seulement d’imagina-
tion :
Les parcs majestueux pleins d'horizons bleuâtres Où l'œil, sous le feuillage, entrevoit des albâtres t.
Ces lignes de soldats par des caissons coupées, Ces bivouacs allumés dans les jardins profonds Dont la lueur sinistre empourpre les plafonds ?.
Ces lames que la mer amineit sur la grève, Où les longs cheveux verts des sombres goémons Trempent dans l’eau moirée avec l'ombre des monts ?.
A cette observation patiente, il acquiert une condensation supérieure. Sa vision se précise, se renforce, serre le réel de plus près :
Un câble aux durs replis chargeait son cou noueux f.
Dans la peinture des ensembles, la distribution des traits devient magistrale. Chacun d'eux concourt à l'effet total obtenu avec une maîtrise supérieure :
… Sur le sentier qui près des mers chemine
Une femme de Thèbe ou bien de Salamine, Paysanne à l'œil fier qui va vendre ses blés,
Et pique gravement deux grands bœufs accouplés, Assise sur un char d'homérique origine
Comme l'antique Isis des bas-reliefs d'Egine 5.