‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 31 sur 138 · Les Orientales, xxxvi : &« Réverie · texte numérisé non relu

Les Orientales, xxxvi : &« Réverie

Brouillard à la fenêtre, et longs flots de fumée Qui baïignent en fuyant Pangle obscurei des toits !.

Mais l'observation du réel demeure encore très générale. Dansles Feuilles d'automne, elle commence déjà à porter sur des détails très précis :

Tu te demanderas comment ce bourgeon frêle, Peut, si tendre et si vert, jaillir de ce bois noir ©.

En même temps le poète s'attache très visiblement à décrire des vues et des paysages réels, qu’il désigne expressément par leur nom. Il évoque:

.… Rouen, la ville aux vieilles rues, La ville aux cent clochers carillonnant dans l'air, Le Rouen des châteaux, des hôtels, des bastilles, Dont le front hérissé de flèches et d'aiguilles Déchire incessamment les brumes de la mer ?.

Plus loin, il entreprend de décrire un paysage, et cette fois son talent de peintre se révèle dans une composition charmante qui rappelle Corot et les paysagistes du xix° siècle.

Une rivière au fond, des bois sur les deux pentes. Là des ormeaux brodés de cent vignes grimpantes, Des prés où le faucheur brunit son bras nerveux ; Là des saules pensifs qui pleurent sur la rive,

Et comme une baigneuse indolente et naïve,

Laissent tremper dans l’eau le bout de leurs cheveux.

Là-bas un gué bruyant dansles eaux poissonneuses,

Qui montrent aux passants les jambes des faneuses ; Des carrés de blé d’or ; des étangs au flot clair ;

Dans l'ombre un mur de craie et des toits noirs de suie ; Les ocres des ravins, déchirés par la pluie ;

Et l’aqueduc au loin qui semble un pont de l’air f.

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