‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 34 sur 138 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Belles, leurs cheveux bruns appliqués sur les tempes, Fronts roses empourprés par le reflet des lampes, Des femmes aux yeux purs sont assises, formant

Un cercle frais qui brode et cause doucement ‘.

Il commence à se montrer attentif aux effets d'ombre et de lumière, qui tiendront, plus tard, une si grande place dans son œuvre.

Dans le jardin antique où.les grandes allées Passent sous les tilleuls, si chastes, si voilées...

L'heure met tour à tour dans les vases de marbre Les rayons du soleil et les ombres des arbres ?.

Il demeure sensible au rayonnement et à l'éclat :

L'étang, lame d'argent que le couchant fait d’or *.

Une pose, une attitude, n'échappe pas à l’œil du peintre :

Elle parlait, charmante et fière, et tendre encor, Laissant sur le dossier de velours à clous d’or, Déborder sa manche traînante ‘.

On peut remarquer, en même temps, combien sa palette s'enrichit. Ses tableaux sont plus variés, parce que son observation devient plus ample et qu’elle s'attache à des objets nouveaux avec une prédilection plus marquée et une attention plus soutenue. Nous voyons ici apparaître, non pas seulement un peintre d'intérieurs très séduisant, mais un peintre animalier d’une fidélité singulière. Il devance sur ce point Leconte de Lisle, avec plus de naturel et plus d’aisance, et sans rien de cette tension continuelle que l’auteur des Poèmes barbares donne aux bêtes qu'il fait vivre.

Les animaux tiennent peu de place dans les recueils antérieurs de Hugo. Il décrit bien dans les Odes l'oiseau qui

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