‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 39 sur 138 · Les Chants du Crépuscule, xxrv · texte numérisé non relu

Les Chants du Crépuscule, xxrv

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qu'il peut écrire des vers comme ceux-ci, où le fantastique s'insère si aisément dans un décor réel et donne presque l'impression de la chose vue :

Rêveurs, nous surprendrons Ja secrète attitude, : Dans la brune carrière où l’arbre au tronc noueux, Prend le soir un profil humain et monstrueux, Nous laisserons fumer à côté d’un cytise Quelque feu qui s'éteint sans pâtre qui l’attise, Et l'oreille tendue à leurs vagues chansons, Dans l'ombre, au clair de lune. à travers les buissons, Avides, nous pourrons voir à la dérobée, Les satyres dansants qu’imite Alphésibée {.

La brillante couleur des Orientales a disparu, et avec elle, le jaillissement continu des images éblouissantes dans l'infinie variété de leur succession. Mais l'ensemble de la composition est ordonné avec un art parfait. et la pâle couleur demeure d'une grande beauté.

L'art de Hugo s'est donc transformé. Moins de vivacité dans la couleur, moins de richesse dans la peinture, plus de mesure, plus de sobriété, plus de discipline dans le groupement des images, autant de traits par lesquels le poète devient plus classique. Il était cependant trop romantique par tempérament pour ne pas être tenté, par moments, de revenir à ses anciens dieux. Mais même alors, il ne revient pas purement et simplement en arrière, et rien ne permet mieux d'apprécier le progrès accompli que les passages courts, mais caractéristiques où le poète revient après plusieurs années à l'inspiration des Ballades et des Orientales :

… Les esprits, les sylphes et les fées Que le vent dans ma chambre apporte par bouffées, Les gnômes accroupis là haut près du plafond Dans les angles obscurs que mes vieux livres font, Les lutins familiers, nains à la longue échine, Qui parlent dans les coins à mes vases de Chine,

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