Les Voix intérieures, vit : ( À Virgile
Tout l’invisible essaim de ces démons joyeux A dû rire aux éclats 1...
Le progrès du péintre vers la précision et la concentration du dessin est ici très sensible. La netteté du traitest parfaite. La couleur est entièrement sacrifiée à la forme. L'élément intellectuel, analytique, de la peinture, le dessin, est donc manifestement préféré à son élément affectif et synthétique, la couleur.
Ailleurs le poète retrouve l'inspiration des Orientales. Il reprend, sur le même rythme, un sujet déjà traité : il traite le même thème presque avec les mêmes images.
Dans les Orientales, en effet, il avait écrit :
Les boas monstrueux, les crocodiles verts,
Moindres que des lézards sur ses murs entr'ouverts, Glissaient parmi les blocs superbes;
Et colosses perdus dans ses larges contours,
Ses palmiers chevelus, pendant au front des tours, Semblaient d'en bas des touffes d'herbes.
Des éléphants passaient aux fentes de ses murs;
Une forêt croissait sous ses piliers obscurs Multipliés par la démence ;
Des essaims d’aigles roux et de vautours géants,
Jour et nuit, tournoyaient à ses porches géants Comme autour d une ruche immense ?.
Dans les Voix intérieures, il refait dans une certaine mesure ce tableau :
La morne Palenquè gît dans les marais verts.
À peine entre ses blocs d'herbe haute couverts, Entend-on le lézard qui bouge.
Ses murs sont obstrués d'arbres au fruit vermeil
Où volent, tout moirés par l'ombre et le soleil, De beaux oiseaux de cuivre rouge #.
1. Les Voix intérieures, xx11 : & À des oiseaux envolés ». 2. Les Orientales, 1 : « le Feu du Ciel ».