‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 79 sur 138 · Voyez par exemple bo (Contemplations, VI · texte numérisé non relu

Voyez par exemple bo (Contemplations, VI

degré sur ses impressions visuelles et les fixe en quelque sorte sous son regard, la dureté du contour étant ainsi l'effet de la méditation continue et de l’obsession imaginaire.

La même tendance aboutit aussi à un sentiment plus profond de la masse, du poids et de la résistance. Elle tend à matérialiser l’impondérable.

Alors on aperçoit sur ces êtres.

Des rejaillissements de rayons comme si

L'on avait écrasé sur eux de la lumière !.

… Il tomba les deux bras en arrière,

Comme s’il eût été poussé par la clarté ?.

Elle transforme la mer en une masse métallique : Toi, mer, qui resplendis comme un liquide airain ?.

La mer, par le couchant chauffée au rouge sombre ‘.

.… La mer triste entrechoque en grondant Sous les nuages lourds que les souffles assemblent Ses monstrueux airains en fusion qui tremblent °.

Le durcissement des contours apparaît encore dans ces quelques strophes qui ont l’avantage de former des tableaux complets.

Le soir qui verse, d mystère |!

Le ciel noir sur le ciel bleu, Entre l’espace et la terre Pose une barre de feu.

Le couchant, dorant mon bouge, Ferme sur l'ombre où je suis, Comme un verrou de fer rouge.

La porte énorme des nuits.

L'arbre, près du flot qui râle, Tord ses bras comme un banni; On ne sait quel reflet pâle

Des lueurs de l'infini

. La Légende des siècles, 1v : «le Titan », 1. . Ibid., 11v : « la Vision de Dante » (in fine). . Fin de Satan, n : «le Glaive ».

Dieu, 11, 2 : «le Hibou ».

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Où & © D

Perce les bois sans feuillée Et teint d'un livide éclair Cetle cuirasse écaillée

Que nous appelons la mer !.

Ailleurs, ilcompare la mer à une peau d’écailles ?. Dans les Chätiments, ilne voyait encore dans les flots que des écailles dorées et frissonnantes ?. Le durcissement des contours et la diminution de la couleur marchent de pair.

Ce durcissement des contours qui a pour effet de simplifier la peinture, en accentuant l'énergie du trait, en réduisant les choses à leurs contours essentiels, a sa source dans une tendance profonde du génie de Hugo, tendance antagoniste de celle qui le porte à abolir les formes et à fondre les contours dans le sentiment des ensembles. Si Victor Hugo se sent emporté vers l'infini, il est également épris d'absolu. C'est un point que M. Mabilleau me paraît avoir si heureusement mis en lumière, que je juge ne pouvoir mieux faire que de le citer : « Les personnages des drames, écrit-il, sont absolus de deux facons: les uns par l'unité de leur nature, bons ou méchants, grands ou vils, puissants ou faibles, sans nuances ni rémission ; les autres par le contraste de leur nature, par l’antithèse qui fait le fond de leur vieintellectuelle ou morale. Quelquelois par une brusque conversion, l'un d'eux passe d'une catégorie dans une autre, mais nul ne s'attarde jamais... dans le domaine indécis où les contraires sont possibles. Ainsi toutes les âmes des héros sont simples, même les âmes doubles où Victor Hugo a eu l'illusion de croire qu'il avait exprimé la complexité de la vie {. » À mon sens, c'est ce besoin d'absolu qui se manifeste ici, comme ;l se manifeste souvent dans cette concision brusque, ces phrases hachées, que Victor Hugo affectionne dans ses

1. Les Quatre Vents de L'Esprit : « Livre lyrique », xIt : € Nuits d'hiver »- 2. Dieu, 1, 1: «l'Esprit humain ».

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