‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 88 sur 138 · Lis Cle Titan · texte numérisé non relu

Lis Cle Titan

l'unité d’un même tableau! ou du moins restaient reliés par une espèce d'harmonie intime ?. Ici les traits successifs s'opposent, se contrarient, se combattent l'un l’autre. La tendance vers l'absolu qui aboutit à la concentration de la vision sur le détail et à la netteté hallucinatoire de l’image entre en lutte avecla tendance vers l'infini qu'aucune forme particulière ne peut contenter.

Cet élan vers l'infini revêt souvent une nuance mystique particulière en se mêlant au sentiment du mystère et de linexprimable. La vision se dissout alors devant « l'inexprimable horreur des lieux prodigieux ». Le poète semble aper-

Cevoir L'inconnu, ce qu'aucun regard ne vit jamais ?.

Cet effort pour embrasser l'infini a pour conséquence l'anéantissement des couleurs et des formes :

… Il gisait sur la brume insondable qui tremble, Hors du monde. au delà de tout ce qui ressemble A la forme de quoi que ce soit.

… Au fond de l’immanent et de l’illimité, Parfois, dans les lointains sans nom de l'invisible. Quelque chose tremblait de vaguement terrible, Et brillait et passait, inexprimable éclair *.

L'aspiration du poète vers l'infini aboutit à la dissolution du pittoresque.

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