‹ Le Pityriasis Rosé de GibertChapitre 21 sur 69 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

Dans le même crdre d'idée nous signalerons l'opinion de Vipaz qui en fail un érythème pseudo-exanthémique.

Fournier (105) partage une opinion analogue et considère l’éruption dont nous nous occupons comme un pseudo-exanthème, c'est-à-dire, dit-il, quelque chose d’intermédiaire entre une fièvre éruplive et une dermalose chronique, mais se rapprochant plus d’une fièvre éruptive que d’une dermatose.

Besnier (33) envisage cette façon de voir, il décrit cette éruption sous le nom de : pseudo-exanthème érythématodesquamatif, et pour délimiter le partage et bien marquer la différence qui existe entre les pseudo-exanthèmes et exanthèmes vrais, il prend comme pierre de touche la récidive, alors que, dit-il, le pseudo-exanthème récidive, f’exanthème vrai ne récidive jamais.

Théorie arthrilique

L'arthritide de Bazin (17) ou variété aiguë maculeuse de Pityriasis rhumatismal ou celui-ci considère l’arthrite comme une maladie constitutionnelle non contagieuse, caractérisée par la tendance à la formation d’un produit morbide (tophus) et par des affections variées de la peau, de l'appareil locomoteur et des viscères.

Opinion combattue par GaucnEer, lequel à écrit :

« Une affection se terminant généralement par résolution n'est qu'une hypothèse et rien ne la justifie. »

Théorie séborrhéique

Gaucner (123) pense qu'il y a des eczémas séborrhéiques se présentant sous formes de plaques arrondies, squameuses, de petites dimensions qui ressemblent tellement au Pityriasis rosé qu'on doit se poser la question si entre les deux malades il n'existe pas des faits de transition.

Il existe également des manifestations séborrhéiques ne

Nate

s'accompagnant d'aucune eczématisation appréciable. AugrY leur a donné le nom de séborrhéides.

Théorie de l’érythème polymorphe

SaBourAUD (287) base sa conviction sur des recherches anatomo-pathologiques.

En examinant une coupe suivant le rayon d’une lésion adulte de Pityriasis rosé, typique extraite par biopsie, il constate la présence de vésicules ne se constituant pas dans la profondeur, mais sous la surface de l’épiderme, il signale un caractère particulier à ces vésicules : la présence de leucocytes mononucléaires dit macrophages.

Ce serait à tort, d’après lui, que le Pilyriasis rosé serait rangé dans le genre Pityriasis, c’est-à-dire uniquement basé sur son caractère squameux, l’exfoliation n'étant qu’un phénomène accessoire et ultime précédent la guérison.

Il place le Pityriasis rosé à côté des érythèmes polymorphes comme un érythème vésiculeux de cause interne à déterminer.

Théorie infectieuse

Des dermatologistes américains tels que G.H. Fox (108), PoriTzErR (274), HarDiNG, Pusey et d’autres pensent qu'il s’agit d’une infection générale accompagnée de manifestations cutanées.

MercuerskyY (222) croit également à l’étiologie infectieuse du Pityriasis rosé. Il reconnaît à l'affection une incubation de 5 à 15 jours dont la durée correspond à l'intervalle existant entre l'apparition de la plaque primitive et l’éruption généralisée.

En février 1926 il rapporte à la Société de dermatologie 60 cas de Pityriasis rosé.

Il a observé 5 à 15 jours avant l’éclosion des manifestations cutanées, un malaise assez prolongé rappelant une grippe par de la fièvre, des douleurs vagues aux jointures et aux masses musculaires. Dans 81 cas il y a eu une légère angine prodro-

mique, dans les autres cas les phénomènes généraux furent plus frusires et moins évidents.

Hyrke pense de même, se basant sur sa conception spéciale du Pityriasis rosé en tant qu’ « Epithéliose » en est arrivé à cet avis qu'il s'agit de manifestation d’une infection provoquée par un virus particulier.

CHEVALIER (72) partage l'opinion de ce dernier.

Enfin, certains auteurs, BErcès (28), Dusarpn (98), Ferr (99), pensent qu'il s’agit d’une éruption ou bien traduisant une manifestation parasyphilitique ou bien évoluant sur un terrain syphilitique.

Théorie nerveuse

Certains auteurs admettent qu'il s’agit d'une manifestation d'ordre psychique ou nerveuse.

ALDERSON (6) trouva dans tous les cas étudiés par lui quelques troubles intéressant le système nerveux à la suite de soucis, de surmenages intellectuels, d’excès physiques.

Il tombe d'accord avec H5DE (160) qui admet comme cause de l'affectation une modification dans l’état des nerfs de la peau.

SzABokyY (303) trouva dans 66 % de ses cas quelques troubles fonctionnels du système nerveux, particulièrement une sudalion intense déclanchée parfois par des émotions psychiques, des tremblements, des troubles vaso-moteurs (rougeurs, pâleurs), des mouvements reflexes exagérés (tressaillements nerveux au toucher) et il en arrive à cette conclusion que la cause doit être vraisemblablement recherchée dans la disposition spéciale provoquée par l’innervation modifiée de la peau.

Jacouer (164) mentionne un cas où le Pityriasis rosé s’est déclanché chez une fillette à la suite d’une frayeur.

A la suite de cette théorie nerveuse on pourrait encore prendre comme arguments les cas rarissimes signalés par Picx (269)

où la maladie revêt l'aspect de zona. Eruption bénine unilatérale ne prenant qu'un côté du corps.

H. Renwpu (282), dans le même ordre d'idée, signale un trouble de la sensibilité dans un cas de Pilyriasis rubra circiné caractérisé par une diminution de la sensibilité tactile avec analgésie très prononcée au centre des plaques.

Théorie tuberculeuse

Le Damany (198) soutint que ie Pityriasis rosé est de nature tuberculeuse. À l'appui de sa théorie il apporte les différents arguments suivants :

1° Récidive possible de l'affection. Il rapporte en effet des cas de récidives.

2° Fréquence et importance des symptômes généraux qui accompagnent, précèdent ou suivent l’éruption. Pour lui les symptômes généraux sont importants, ils se traduisent par de la fatigue, de la dépression, de la courbature, un amaigrissement marqué de 3 à à kilogs, il est d’ailleurs formel :

« Si les traites classiques ne font pas mention des altérations de l’état général dans le Pityriasis rosé, cela est dû probablement à ce que souvent les malades ne les ont remarquées et surtout à ce que les médecins ne les recherchent pas. »

3° Existence constante dans les formes généralisées, fréquente dans les formes discrètes ou localisées, d’une micropolyadénopathie de longue durée.

La micropolyadénopathie existe toujours selon LE Damany.

Les micropolvadénopathies débuteraient suffisamment tôt pour que leur développement soit complet lorsque le médecin examine le malade pour la première fois. Elles persisteraient pendant un temps assez long, mais encore indélerminé, après la disparition de l’éruption.

4° Fréquente coexistence de diverses manifestations tuber-

culeuses; lichen scrofulosorum, tuberculose pulmonaire associée.

lle

Le Damany pense que le Pityriasis rosé se voit surtout chez les sujets dont les lésions tuberculeuses sont ou discrètes ou latentes.

»° Réactions produites par la tuberculine chez des sujets atteints de celte dermatlose et en apparencé absolument sains par ailleurs.

Il le dit

« Nous pensons qu'un examen minutieux pratiqué à ce point de vue diminuera notablement le nombre de Pityriasis rosé sur lesquels ne pèsera plus aucun soupçon de tuberculose. Du reste un examen clinique négatif ne prouve rien : car dans des cas où notre examen est resté tel, constamment et complètement, la recherche des réactions produites par la tuberculine nous a donné des résultats positifs. »

poussa plus avans ses conclusions poussa plus avant ses conclusions.

« En s’aidant de la seule clinique en dépit äe l'histologie, de la bactériologie, de l’expérimentation, BESNER n'a cessé de soutenir que le lupus érvthémateux est une tuberculide et de nalure tuberculeuse.

Le Pityriasis rosé de GIBERT si semblable dans ses caractères primordiaux aux tuberculides, pourquoi ne jouirail-il pas du même crédit et ne rentrerait-il pas dans le groupe de ces exanthèmes tuberculeux non bacillaires. »

Sa conviction est lelle qu'il n'hésite pas à voir dans loul porteur de Pityriasis rosé un tuberculeux latent. L'apparition d’une éruption pityriasique chez un individu doit être considérée comme un signal avertisseur de bacillose.

Sans attendre d’autres symptômes on doit instiluer immédiatement une prophylaxie antibacillaire.

Théorie loxique

Pour certains auteurs le Pityriasis rosé est une éruplion toxique, c’est-à-dire une manifestation eulanée due à une

aulointoxication qui peut avoir son origine dans des troubles gastriques ou intestinaux ou dans des processus pathologiques intéressant d’autres organes.

FeuLarp (102), un des premiers, avait signalé la coexistence du Pityriasis rosé avee une dilalation de l'estomac. Il rapporte à la Société de dermatologie le cas d’une jeune femme atteinte de Pityriasis rosé chez laquelle il a constaté une dilatation de l'estomac, celui-ci descend à 2? ou 3 travers de doigts au-dessous de l’ombitic. Il s'agissail d’une grosse mangeuse qui de plus avait l'habitude d’absorber chaque soir au coucher cinq à six verres d'eau.

Jacquer (164), en 1891, de son côté, suivant l’opinion de BoucuARD, a tendance à assimiler cet exanthème aux éruptions ab ingesla consécutives à l’eclasie gastrique.

Il cite le cas de deux malades atteints de Pitvriasis rosé chez lesquels on peut constater à côté d’une tuméfaction marquée des articulations phalango-phalangienres (nodosites de Bou- CHARD) une dilatation gastrique assez accenluée.

Généralisant ses observations il n'hésite pas à déclarer que la dilatation gastrique est la cause de faffection.

« Deux cas c’est peut pour conclure, dit-il, et pourtant, malgré tout, pour que sur 10 cas BoucHanp ait rencontré 5 fois le Pityriasis rosé, suffisent pour conclure. »

BarTer (14) a signalé la coexistence d’une hépatite aiguë non suppurée.

De son côté, Pricipps (265) rapporte une observation d’une éruplion prolongée chez un individu qui présenta deux poussées d’ictère.

PAPONNET (253) rapproche de ces observations un Pitvriasis rosé chez une femme au début d'une grossesse par autointoxication gravidique. « Pour que nos deux pityriasiques, les être deux dilatés, il nous semble qu'il doit y avoir là autre être deux dilatés, il pous semble qu’il doit y avoir là autre chose qu’une coïncidence.

Tranchons le mot, nous croyons ici à une relation directe

Page 1