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L'œuf est, à ce moment, une large vésicule sphérique, remplissant la partie de la cavité utérine qu'elle occupe, mais sans adhérer à la muqueuse. Le seul fait à signaler c'est que la partie de l'œuf où commence à se dessiner l'embryon, le pôle embryonnaire de l'œuf (blastodisque de V. Beneden; la fig. 7 représente un blastodisque isolé) est toujours dirigé vers le côté mésométrique de l'utérus (en haut sur la figure 1) et que là le contact est plus intime que partout ailleurs entre l'œuf et la muqueuse. Sur la pièce représentée par la figure 1, cette particularité dans la disposition des contacts est un peu exagérée, les réactifs fixateurs ayant amené un léger retrait de l'œuf qui n’est demeuré en contact avec la muqueuse que vers le côté mésométrique, sans doute parce que, sans qu’il y eût encore fixation proprement dite de l’œuf vers ce côté, il y avait cependant un léger commencement d’adhérences, comme il sera facile de le comprendre en étudiant par la suite le processus qui prépare et amène la fixation.
L'état de la muqueuse est donc à ce moment la seule chose intéressante.
A un faible grossissement (fig. 1), on voit que son épaisseur est bien différente du côté mésométrique et du côté opposé.
Du côté non mésométrique (en 3) la muqueuse est mince, formant de très petits plis. Du côté mésométrique elle est épaisse et forme des plis dont l'ensemble se soulève sous la forme de deux grosses saillies (1 et 2) séparées par un sillon profond (4). Ces deux grosses saillies correspondront aux deux lobes ou cotylédons du placenta; nous les appellerons donc les saillies lobaires ou cotylédonaires du placenta maternel ou cotylédons maternels; et le sillon qui les sépare pourra être dit interlobaire ou intercotylédonaire. Cette disposition est connue depuis longtemps; elle a été l’objet d'une étude spéciale de Ja part de H. Hollard. Déjà Bischoff avait fait remarquer que la muqueuse, par suite de l'imprégnation, se développe et offre du côté de la ligne mésométrique des renflements qui deviendront le placenta utérin. Hollard a étudié ces renflements, en ouvrant simplement des cornes utérines et examinant leur surface, et il a fait cet examen sur des lapines avant la fécondation et au début de la gestation. « En ouvrant, dit-il ‘, une corne utérine qui est dans son état normal, on remarque qu’elle est divisée par des sillons
4. H. Hollard, Recherches sur le placenta des Rongeurs et en particulier sur celui des lapins. (Annales des sciences naturelles, 1863, 4e série, t. XIX, p. 229.)
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longitudinaux en un certain nombre de bandelettes. Un sillon, cor: respondant à l'insertion du mésomètre, sépare deux bandelettes plus larges que toutes les autres. Chacune de ces bandes médianes est bordée d’une bande plus étroite, et, au delà de celle-ci, la région de la muqueuse opposée aux premières bandes est couverte de petits plis irréguliers... Par suite de la fécondation, et bien avant l’arrivée de l'œuf dans la corne utérine, la muqueuse s'injecte, se fronce; ses bandes médianes, traversées de distance en distance par des sillons transverses, se partagent en une double série de coussinets quadrilatères, mais dont les angles s’arrondissent. » Les saillies cotylédonaires figurées en 1 et 2 (fig. 1) représentent deux de ces coussinets. Tout ce que nous avons à ajouter, pour compléter ce qu'on constate à l'œil nu, ou sur une coupe vue à un faible grossissement, c’est qu’en général deux seulement de ces coussinets continuent à se développer, d'où la disposition du placenta en deux lobes; mais que ces deux lobes peuvent correspondre aussi bien à deux coussinets placés transversalement côte à côle, ou bien se faisant suite en série longitudinale, ou même obliquement, de sorte que le sillon intercotylédonaire n’est pas nécessairement dirigé parallèlement à l'axe de la corne utérine, mais peut être transversal ou au moins très oblique. Toutefois la direction longitudinale de ce sillon est de beaucoup la plus fréquente, et c’est la disposition qui est représentée dans nos diverses coupes d'ensemble, dans lesquelles, la coupe étant faite perpendiculairement à l’axe de l'utérus, on voit le sillon intercotylédonaire coupé perpendiculairement à sa direction, de sorte qu'il est régulièrement bordé, de chaque côté, par la saillie cotylédonaire correspondante.
Au point de vue de leur structure histologique ces renflements cotylédonaires utérins présentent déjà des modifications importantes comparativement à la muqueuse du côté non mésométrique. La figure 2 représente, à un grossissement de 70 fois, une partie de la paroi utérine de la région non mésométrique (par exemple de la région qui porte le chiffre 3 dans la fig. 1). Outre les couches musculaires longitudinales (en 1, fig. 2) et transversales (en 2), on voit ici la muqueuse composée d’un chorion (3) et d’un épithélium (4). Le chorion est formé d’un tissu cellulaire lâche, pauvre en éléments fibrillaires, riche en cellules étoilées, et parcouru par de nombreux vaisseaux qui ont presque tous la structure de capillaires,
c'est-à-dire se composent d'un endothélium doublé extérieurement