‹ Le plaisir et l'amourChapitre 38 sur 41 · H) CATALOGUE SPÉCIMEN DE F. SARTORIUS · texte numérisé non relu

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roule sur le même thème. Les Compagnons de la Mort viennent donc de paraître cbezSarlorius, avec une préface de Dabadie; une préface très-bien écrite et généreusement pensée. L'auteur des Compagnons de la Mort ne verra pas son succès, car il vient de mourir à dix-huit cents lieues de sa patrie, au moment où il allait s*embarquer & Rio-Janeiro, pour revenir en France. H est mort de la lièvre jaune, il y a quelques mois seulement. Ribeyrolles laisse deux œuvres inachevées : un poème épique, les Filles de MUton et une Histoire des Jacobins. Deux romans >onl terminés : Le Sorcier de Rocamadour et les Compagnons de ta Mort^ c'est ce dernier ouvrage qui vient de paraître. C'est un roman remarquable, écrit avec une puissance et une énergie rares. Voilà du neuf! Voilà de Tinléressant et de l'utile ! Oue tous ceux qui veulent être aux prises avec de nobles passions, de généreux élans, de belles idées, lisent les Compagnons de la Mort. Nous leur promettons qu'ils en seront satij^faits.

On cherche aujourd'hui les livres pleins d'esprit et à^humonr^ et l'on trouve rarement ce rara avis aujourd'hui. Le roman, Je me tiierat demain^ de M. Henry de Kock, possède toutes ces i|uaiités à la fois 11 est écrit avec un naturel charmant. C'est simple, gracieux et pimpant tout à la fois. On sent la main d'un ciseleur, si ce n'est d'un philosophe, Henry de Kock est d'une famille littéraire, et tel père tel lils. Le proverbe n'est juste^ en littérature, que depuis que les pères auteurs ont des fils écrivains.

Je me tuerai demain n'est pas un titre, c'est un litre très-philosophique, la clef du proverbe f se voit forcé de quitter la patrie. Il se dispos garçon le sauve sans le savoir, en l'emmenant dans son pays, à la campagne. lÀ une diversion se produit dans les idées du malheureux, il songe bien encore à mourir, mais tous les jours il dit : Je me tuerai demain.

L'auteur a fort bien écrit cette histoire. C'est plein de facilité, de naturel, el de celte originalité qui est le propre de son talent.

Henry de Kock a une façon toute particulière de faire parler ses héros. Il y a là un personnage très-sympathique, — le machiniste de théâtre — qui plait au delà de toute expression. La comédienne que tout le monde reconnaît sous le voile de Jeanne Chapron ne laisse pas que d'attirer à elle l'intérêt du lecteur. L'auteur a raison de dire que sou livre est humoristique. Uien de plus plaisant, de plus gai, de plus joyeux! i^a lecture amuse, et n'est pas sans porter ses fruits..

LE MASQUE DE VELOVWM, suivi de la RUCSHE NOMTRONAISE, par

Angclo de Sorr.

Le nouveau roman de M. Angelo de Sorr a quelque ressemblance avec la Dame Blanche âe}i. Scribe. Dans les deux œuvres, une femme mystérieuse et fanUstique so livre à des apparitions, parle, prescrit, se fait aimer de Georges Browne, chez M. Scribe, de Raoul d'Ambjrès,chez M. de Sorr, cl le tout se termine par un mariage enfre le héros et le génie bienfais.-mt.

Nous pouvons revenir ici sur cet intéressant chapitre do IMiistoire des peuples. Le merveilleux est un hesoin; nous n'en voulons plus, et il nous déborde, et jamais nous n'avons trouvé tant d'attrait aux fantasmagories et aux sortilèges que depuis que nous n'y croyons plus. L'épisode véridique el mystérieux sur lef[uel l'auteur a fondé tout le merveilleux de son roman est fort henreux, et il explique bien comment un fait réel se cache au fond de toute légende. Cet épisode est charmant et délicat, et M. de Sorr l'a dessiné avec une finesse et une élégance de bon aloi. La suite du roman est pleine aussi de morceaux très-bien réustis.

LE DESSUS DU PANIER, par M. Bén«dict-Henri Révoil.

Ce n'est pas ainsi, je le répète, qu'il faudrait parler; car on aurait l'air de

vouloir enlever tout le merveilleux du pressentiment, et ce mari, comme bit u d'aulres, n'aimerait guère qu'on le ramenfttà la sagesse des probabilités; il fau-

ÉDITEUR, 27, RUE DE SEINE, A PARIS til

drait plutôt lui conseiller «le lire le roule de M. Dénédicl-Uenri Révoil, où il verrait la saisissante histore de TAnglniâ Dallon.

Je n'ai ri«m dit qui ne se rapportât au Deitfut d» Panier, et cette suppo>ilion d'un mari dôsol^par pres<>eiitiment ne m'a été in^pirée que par un des contes que renferme le volume de M. Réveil.

L'auteur a exploité le merveilleux de la manière la plus habile. Il a su fi^iipper l'esprit de ses lecteur^ sans avoir ref0ur> à ce!> créations, plus ridicule» qu'ef-

trausition du réel à l'impossible.

Il faut lire ces contes en plem midi, autrement votre sommeil en serait troublé la nuit. Ibns le Fo^'fuisxeur àe la Mori, il y a certain peiil .«quelette, tout sautant, tout cliancelant, dont je me i^ouviendrai longtemps. De tons ces os qui s'entrechoquent avec un son Grêle, de tous ces mou\ement» secs qui ne sont plu» dirigés par des muscles, il resuite une harmonie singulière qui ébranle jusqu'à la terreur te système nerveux le moins nerveux.

Toute ct'tte fantasmagorie, toutes ces rharmantett invraisemblances font que l'on prend un plaisir extrême à lire ces contes, qui sont écrits avec une exquise distinction.

L'AGEMT MATIIIMOIIIAI*, par M. Jules Sahhoiti:.

Un joli volume rose essentiellement parisien, une esquisse des mœurs à la mode, une étude sur le vif de la soriéle qui recrute fortune et titref« dans les boutiques banales des faiseur:^ de mariages, voilà le roman que nous venons de lire et que nous croyons pouvoir annoncer comme un des succès du jour. On ne peut s'attendre à ce que nous en tassions ici l'analyse ; en donner une idée nous e»t chose impossible. L'espace manque pour tracer les poi traits d'Aithur de Bonuefoi, le courtier matrimonial, et de son compère, l'amateur de v.eux parchemins; de la comtesse de Lorville et d'Ué ènc, qui refuse de cimenter par un contrat odieux la validation de ces faux titres de l'uiurier taux-gentilhomme. Joignez à cela une intrigue d'umour habilement conduite, une action pleine d'intéiét, du drame, de la comédie, et surtout de la bonne comédie de mœurs, ▼ou.« aurez un ensemble qui approche des combinaisons de Balzat. Hftlons-nous de dire que nous ne comparons pas, nous constatons seulement que l'aultur appartient à une bonne école et qu'il se révèle romancier de talent et digne de son maître.

IXS C aiE y EUX de UÉUMETTB, par Angelo de Sorr.

Mélauelte est une jolie poitrinaire, bien aimante et un peu capricieuse, ba vie s'écoule tout doucement à la campagne près de son mari qui la juge une l'orte ingniliante petite personne. Un beau malin elle se révèle a lui sous un jour tout nouveau, elle .^e trouve être spirituelle, bonne, charmante en un mot. iieulement c'est une véritable sensitive ; — son mari se met à l'aimer éperdument et cet amour la tue. H y a là une histoire un peu sentimentale où il est question tort de revenants et qui aurait certainement fait verser quelques larmes à plus d'une lectrice, si l'autcur^n'y avait mis un dénouement un peu burlesque.

Le portrait de Mélanette, placé en tête du volume, représente la plus ravissante ligure qui se puisse voir et explique les regrets du mari.

Mademoiselle Troia-Êtoiles et les Deux Destinées sont deux de ces petits volumes qu'édite avec soin M. Sartorius : couverture blanche, lettres dérouleur, jolie gravure sur acier en tête de l'ouvrage, gravure représentant presque toujours un portrait de femme ; tout le luxe typographique est déployé pour rornementation

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l'â^a de vinpt ans, en s'efforçant de ▼eiller, même après sa mort, sur sa soeur qo ele laUte seule sur la terr» eii tac|uelle t>a prévoyan'e Iionté assure un appui. Ces pages, r«*mplies d'une senbibilité exquise, bont profondémenl émouvanlef: •t fout le plus grand boniieor À la plume délicate qui les a tracées.

MadtmoiêeUe TroU-Ètoilei^ de M. AUterl Blanqu* t, est aussi Théro^ne d'une histoire rooins embrouillée, mais, en revanche, pus lugubre. Cette jeune liile, qu'une charmante gravure de MM. Belin et Nargeot, nous montre le vi>a{;e couvert d'un manque de velours, eht une éni(:me dont l'auteur ne nous donne qu'à moitié )o mot. Sa beauté est fatale à ceux qui l'admirent et elle jure à Tun d'eux qui meurt pour elle, de n'apiarlenir jamais qu'à lui

Do autre livre qui vaut mieux que beaucoup êk romans de nos jours, c'est as • '»urAnent V^monrqHi tve, de M. Benedict-Uenri itévoil. Ce petit drame est poignant au pos>ible. Deux amants s'aiment. Il n'y a là rien que de très-naturel. Oui. mais ce qui l'est moins, c'est que ]» femme est mariée et qu'elle aime tout de m^me un autre que son mari, qu'elle l'aime sagement comme un onCmt aime son frère, et qu'elle ne faillit nullement, même une minute, à cette vertu si rare de l'amour roojugai. i^ donnée est très-belle, et l'auteur a »-u la rendre avec talent. On a tant montré l'adultère effronté et triomphant depuis quelque temps, qu'il était bon de prendre la (hos;e au rebours, et de le montrer seulement ea idée.... Il est fâcheux que ce livre soit si court.

APPEL MBS DEBIldbllES VICTOISS DE LA TERREUR, par Mullm. eau forte de M. E. Hédouin.

Ce magnifique tableau de M. MuUer fut le morceau capital dn Salon de iK50. iamais peintre, depuis David, n'avait obtenu un ^urcès au.«si universel, aussi iit-^ contesté; jamais aussi les hontes et les crimes des mauvais jours de la Révolution n'avaient été retracés avec plus d énergie, d'horreur et de poc>ie. Les Dernière* Piet mut de la Ter eur! Quel émouvant souvenir, et comment ne pas s'ait» ndrir eu songeant i ces infortunes qui feimèrent la longue marche funèbre d'^s hôcatombo humaines et moururent ce jour-là, alors que le lendemain devait être le 9 thermidot I Oh! les belles, les saintes, les nobles femmes! comme elles savaient mourir! One seule, parmi elles, s'iibaisse à prier ses bourreaux; c'est une artrice de la Comédie Française; et ces hommes graves et sereins, du milieu desqueb m* détache la têie pûle du poSte immoitel, André Chénier, assis à côté de nudemoi>elie de Coigny; et ces piques qui fourmillent, ces bonn<ts rouges, res sansculottes en sabots, en carmagnole; et tout au fond, la belle princesse de Chimav qu'on entraine, pauvre femme, à !a charrette fatale ! «- Cette grande page lii>torique se trouve aujourd'hui au Musée du Luxembourg.

Les pcreoiinee qni cbofalronf pour CENT ft'aiics, dans oe Catalo- Ifoe, reoevronf non eenlement fontes les primes annoncées, mais en entre elles Jonironf d'nn escompte de 10 fk*. En eniroyant la demanda des Ihrres on gravures, sjcnter 00 fk*. en bon anr Paris. On expédia 'raneo dans tonte la France.

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