‹ Le plan astralChapitre 3 sur 15 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ficiles, animés d'un zèle studieux et d'une ardeur de néophyte. Ces manuels pourtant ne s'adressent pas uniquement à V étudiant plein d'ardeur que nulle difficulté initiale ne rebute; ils sont écrits pour les hommes et les femmes emportés par le courant de la çie et des activités journalières; leur but est d'expliquer quelques-unes des grandes cérifés qui rendent l'existence plus facile à supporter et la mort plus facile à envisager. Ecrits par les serviteurs de ces Maîtres qui sont les Frères Aînés de notre race,, ils ne peuvent avoir d'autre objet que le service de l'humanité.

INTRODUCTION

L’homme vit, en général sans s’en douter aucunement, au milieu d’un monde invisible, immense et habité. Ce monde, il peut l’apercevoir dans une certaine mesure lorsqu’il dort ou qu’il passe à 1 état de transe, parce qu’alors ses sens physiques sont momentanément inactifs, et il arrive parfois qu’il conserve en se réveillant un souvenir plus ou moins exact de ce qu’il a vu et entendu. Lors de ce changement que nous appelons Mort, il abandonne définitivement son corps physique, il passe dans ce monde invisible et y demeure pendant les siècles qui s’écoulent entre ses incarnations successives dans le monde visible. La plus grande partie, et de beaucoup, de ces longues périodes se passe dans le monde céleste, qui est

décrit dans le sixième manuel. Mais nous allons considérer ici la région inférieure de ce monde inconnu, Fétat dans lequel l’homme se trouve aussitôt après sa mort, Hadès ou le royaume des ombres pour les Grecs; le Purgatoire ou état intermédiaire des chrétiens;, ce que les alchimistes du moyen âge nommaient le plan astral. L’objet de ce manuel est de recueillir tous les documents relatifs à cet intéressant sujet épars dans la littérature théosophique, de les coordonner et enfin d’y ajouter quelques faits nouvellement découverts. Quant à ceux-ci, comme ils ne sont que le résultat des recherches de quelques explorateurs, il est bien entendu qu’ils ne sont donnés que comme tels et pour ce qu’ils valent, sans prétendre aucunement faire autorité. Toutefois, nous avons pris toutes les précautions possibles pour n’avancer rien que d’exact, aucun fait ancien ou récent n’ayant été admis dans ce manuel sans être basé sur le témoignage de deux au moins de nos observateurs dûment entraînés, opérant séparément, et reconnu correct par de plus anciens que nous, dont la compétence en pareille matière doit nécessairement dépasser la nôtre. On peut donc espérer que cette description du plan astral, sans prétendre être tout à fait complète, sera un guide sûr dans les limites où elle se tient.

INTRODUCTION

Le premier point sur lequel il faut insister en décrivant le plan astral, c’est son absolue réalité. Naturellement en me servant de ce mot, je ne me place pas à ce point de vue métaphysique qui envisage tout comme irréel, parce qu’impermanent, excepté l’Absolu non manifesté, je prends le mot dans son sens habituel et courant, et j’entends par là que les objets et les habitants du plan astral sont vrais de la même façon que nos corps, nos meubles, nos maisons, nos monuments, — aussi vrais que « Charing Cross » (1), a dit un des premiers livres théosophiques. Ils ne sont pas plus éternels que les objets du plan physique, mais ce sont, au même titre que ceux-ci, des réalités pendant qu’ils durent — des réalités que nous n’avons pas le droit d’ignorer sous prétexte que l’humanité n’a pas encore, ou n’a que vaguement, conscience de leur existence.

Personne ne peut avoir une compréhension nette des enseignements de la Religion-Sagesse s’il n’a bien compris ce fait que, dans notre système solaire, il existe des plans bien définis, composés chacun de sa matière propre à des degrés divers de densité; et que plusieurs de ces plans peuvent

1. Une des places les plus connues et les plus fréquentées de Londres. C’est comme si nous disions l’Opéra ou la gare Saint-Lazare, à Paris. (Note du Traducteur.)

être visités et observés par des personnes ayant acquis la préparation nécessaire, exactement comme des pays étrangers peuvent être visités par des explorateurs. En comparant soigneusement les observations de ceux qui travaillent sur ces plans, on peut obtenir des preuves au moins aussi satisfaisantes que celles que la plupart d’entre nous acceptent de l’existence du Groenland ou du Spitzberg. De plus, de même que tout homme qui en a les moyens, s’il veut se donner la peine nécessaire, peut aller lui-même voir le Groenland et le Spitzberg, tout homme qui veut prendre la peine d’acquérir les facultés requises par un genre de vie spécial, peut avec le temps arriver à observer pour son propre compte ces plans supérieurs.

Les noms que l’on donne habituellement à ces plans en les classant par ordre de matérialité, du plus dense au plus subtil, sont : le plan physique, le plan astral, le plan mental ou céleste ou dévachanique, le plan bouddhique, le plan nirvânique. Plus haut encore sont deux plans qui dépassent tellement nos pouvoirs actuels de conception qu’il est inutile d’en parler. Il faut concevoir que la matière de chaque plan diffère de celle du plan px'écédent d’une manière analogue à la différence que nous connaissons entre la vapeur et l’état solide, mais à un degré bien supérieur ; du reste

INTRODUCTION

les états de la matière que nous appelons solide, liquide et gazeux ne sont que les trois subdivisions inférieures de la matière qui compose le plan physique.

La région astrale, que je vais essayer de décrire, forme le second de ces plans, le plus rapproché au-dessus, ou au-dedans, de ce monde physique qui nous est familier. On Ta souvent appelé le royaume de Tillusion, non qu’il soit lui-même plus illusoire que notre monde, mais à cause du vague extrême des impressions qu’en rapportent les voyants mal préparés. Ceci peut s’expliquer par deux propriétés caractéristiques du monde astral. Primo : beaucoup de ses habitants ont le pouvoir merveilleux de changer de forme avec la rapidité d’un Prolée, et de jeter un charme illusionnel presque illimité sur ceux dont il leur prend fantaisie de se jouer. Secundo : la vision sur ce plan est une faculté différente de la vision physique et beaucoup plus étendue. L’objet est perçu, pour ainsi dire, par tous lès côtés à la fois, l’intérieur d’un solide est aussi visible que son extérieur ; il est donc évident qu’un voyageur inexpérimenté aura beaucoup de peine à se rendre compte de ce qu’il voit dans ce nouveau monde et plus de peine encore à traduire sa vision en langage ordinaire.

Un bon exemple du genre d'erreur qui a chance

de seproduireest le fréquent renversement des nombres que le voyant lit dans la lumière astrale (1) : ainsi, 139 au lieu de 931, etc. S’il s’agit d’un étudiant en occultisme entraîné par un Maître capable, de telles erreurs ne pourraient être dues qu’à la hâte ou la négligence, puisque l’élève doit avoir passé par une instruction aussi longue que variée dans l’art de voir correctement ; son Maître ou un élève déjà avancé lui présentant sans cesse toutes les formes possibles d’illusions en demandant* que voyez-vous ?» S’il se trompe dans ses réponses, son erreur lui est démontrée, les causes expliquées et ainsi peu à peu le néophyte acquiert un degré de certitude et de confiance dans ses rapports avec le plan astral bien supérieur à celui qui est possible sur le plan physique.’

Ce n’est pas tout de voir correctement, il faut encore traduire correctement sur le plan physique le souvenir rapporté du plan supérieur. Et pour cela, on lui enseigne à transférer sans interruption sa conscience d’un plan à l’autre et à la ramener de même, car, tant qu’il n’est pas capable de cette transposition, les souvenirs peuvent tou-

1, Les expressions àstrïil et luînièrB astrale appartiennent au langage des occulistes du moyen âge et répondent bien à l’aspect extrêmement lumineux qui caractérise, pour la plupart des voyants, le plan dont il est question dans ce volume. (N. d. T.)

INTRODUCTION

jours se perdre ou s’altérer pendant la lacune qui sépare ses périodes de conscience sur les deux plans. Quand ce pouvoir est définitivement acquis, l’élève est en possession de l’usage de toutes ses facultés astrales, non seulement pendant qu’endormi ou en trance il est hors de son corp physique, mais aussi alors qu’il est éveillé et au milieu de sa vie normale.

Plusieurs théosophes ont parlé avec dédain du monde astral, le déclarant indigne d’attention ; cela me paraît une erreur. Très certainement notre but véritable doit être la vie spirituelle, et les résultats de la négligence de ce développement supérieur seraient désastreux pour celui qui se contenterait d’atteindre la conscience astrale. Il y a eu aussi des gens dont le Karma était tel, qu’ils ont eu la possibilité de développer d’abord les facultés plushautes, les facultés mentales, de sauter en quelque sorte le plan astral, mais ce n’est pas la méthode que les Maîtres de la Sagesse appliquent d’ordinaire à l’éducation de leurs élèves. Quand la chose est possible, elle épargne du temps et de la peine, mais pour la plupart d’entre nous, les erreurs et les fautes du passé nous interdisent ce progrès par sauts et par bonds ; tout ce que nous pouvons espérer, c’est de progresser pas à pas et le plan astral étant le plus voisin du nôtre, il est ordinairement l’objet de nos

premières expériences extraphysiques. Le plan astral présente donc un profond intérêt pour ceux qui ne font que commencer ce genre d’études, et la claire compréhension de ses mystères peut avoir la plus grande importance, non seulement en nous permettant de comprendre les phénomènes du spiritisme, des maisons hantées, etc., qui seraient autrement, inexplicables, mais encore en nous apprenant à préserver nous et les autres de dangers possibles.

La première révélation de ce monde remarquable vient à chacun d’une manière différente. Il y a des personnes qui une seule fois dans leur vie, sous l’empire d’influences spéciales, deviennent assez sensibles pour percevoir la présence d’un de ses habitants, et comme l’expérience ne se répète pas, elles peuvent avec le temps croire qu’elles ont été victimes d’une hallucination. D’autres se découvrent une tendance sans cesse croissante à voir et à entendre des choses que ceux qui les entourent ne voient ni n’entendent. D’autres encore, et c’est peut-être la majorité, commencent par se rappeler d’une façon plus ou moins nette ce qu’ils ont vu et entendu sur ce plan durant leur som. meil.

Parmi les personnes qui se livrent à ce genre d’études, il y en a qui cherchent à développer la vision astrale en fixant un cristal ou par d'autres

INTRODUCTION

méthodes; tandis que ceux qui ont le grand avantage d’êlre sous la conduite directe d’un Maître expérimenlé se trouvent généralement transportés sur ce plan pour la première fois sous sa protection spéciale, qu’il leur conserve jusqu’à ce que diverses épreuves l’aient convaincu que chaque élève est désormais à l’abri de tous les dangers et de toutes les craintes qui peuvent l’assaillir. De quelque façon qu’elle se présente, la première apparition de ce grand monde plein de vie et d’activité, au milieu duquel nous vivons inconsciemment, marque une époque mémorable dans l’existence.

Cette vie astrale est tellement abondante et complexe que le néophyte en est d’abord-complètement déconcerté ; le plus exercé des explorateurs n’a guère la tâche plus facile quand il essaye de classer et de cataloguer ce qu’il voit. Supposez que l’on demande à un voyageur qui traverse une forêt tropicale inconnue, non seulement de décrire le pays où il a passé, en entrant dans tous les détails voulus sur ses productions végétales et minérales, mais encore de fournir par genres et espèces la liste des myriades d’insectes, d’oiseaux, de bêtes sauvages, et de reptiles qu’il a rencontrés, il serait en droit de reculer épouvanté devant l’énormité de l’entreprise. Cependant l’explorateur psychique se trouve encore bien

autrement embarrassé, car son cas est encore compliqué premièrement par la difficulté de transporter correctement d’un plan sur l’autre le souvenir de ce qu’il a vu, et ensuite par Tinappropriation du langage ordinaire à l’expression de ce qu’il doit décrire.

Néanmoins, de même que le voyageur (physique) devrait probablement commencer son rapport sur la contrée inconnue par une sorte de description générale de son aspect et de ses caractères, il sera bon pour nous de placer au début de cette légère esquisse du plan astral, une faible image des paysages qui forment le fond de ses activités merveilleuses et toujours changeantes. Dès les premiers pas l’extrême complexité du sujet s’élève comme une difficulté presque insurmontable. Tous ceux qui ont la pleine vision du plan astral sont d’accord pour comparer l’entreprise d’évoquer ces paysages devant des regards non exercés à tout ce qu’on peut dire à un aveugle de l’exquise variété des teintes d’un soleil couchant. Quelque détaillée et précise que soit la description, on ne peut avoir la certitude que l’image évoquée dans Tesprit de l’aveugle ressemble à la réalité.

LE DÉCOR

Il faut d’abord se rappeler que lep|gg^ou monde as^al a sept subdivisions caractérisées chacune par un degré„ différent de matérialité et un état particulier de la matière qui lui appartient. Quoijâ PAUyreté langage phjsique nous oblige ces subdivisions, ou sous-plans, d’inférieurs et de supérieurs, ce serait une erreur que de nous lés représenter comme occupant des régions distinctes dans l’espace, comme superposés l’un a l’autre à. la manière des rayons d’une bibliothèque, ou comme se recouvrant l’un l’autre à la façon des pelures d’un oignon, 11 en est du reste de même pour les grandes divisions qui s’appellent les plans. Comprenons bien que la matière de chaque plan ou sous-plan pénètre la matière plus grossière du plan ou sous-plan que nous sommes convenus d’appeler inférieur, de telle sorte que tous existent ensemble à la surface de la terre et y occupent le même espace. Pourtant les ( variétés de matières dites supérieures (c’est-à-dire f les plus subtiles) s’étendent plus loin de la terre physique que les plus grossières.

TÆ PLAN ASTRAL

Ainsi donc, j^uand nous disons d^un homme qu’il s’élève d’Un plan ou d’un sous-plan à un autre, nous n’entendons pas par là qu’il se déplace dans l’espace, mais plutôt qu’il transfert sa conscience d’un état à un autre, cessant graduellement dé répondre aux vibrations d’un ordre inférieur de matière pour répondre, par contre et de plus en plus, à celles d’un ordre plus subtil et plus raffiné. De sorte que, à mesure qu’un monde avec tous ses aspects et sa population s’évanouit lentement à ses yeux, un monde nouveau et plus élevé se révèle à la place.

Si nous énumérons ces sept sous-plans en commençant par le plus élevé, nous les voyons se diviser en trois classes, la première comprenant les subdivisions 1 , 2 , 3, la seconde les numéros 4,5,6 et la troisième le sous-plan septième et dernier. Entre ces classes les différences de matière pourraient se comparer à celles qui existent entre un solide et un liquide, tandis que les différences entre deux subdivisions d’une même classe ressembleraient à des variétés de solides, comme, par exemple, le sable et l’acier. Laissant pour l’instant de côté le septième sous-plan, nous dirons que les sixième, cinquième et quatrième subdivisions du plan astral ont pour décor le monde pliÿsique dans lequel nous vivons avec tous les accessoires qui nous sont familiers. La vie sur le

LE DÉCOR

sixième sous-plan est semblable à notre vie terrestre habituelle moins le corps physique et ses nécessités. En s’élevant dans les cinquième et quatrième sous-plans, elle devient de moins en moins matérielle et s’abstrait de plus en plus de notre monde inférieur et de ses intérêts.

L’aspect de ces subdivisions inférieures est donc celui de la terre telle que nous la voyons, mais beaucoup plus complexe, car vus dans ces nouvelles conditions, à l’aide des sens astrals, les objets purement physiques eux-mêmes présentent un tout autre aspect. Gomme on l’a déjà dit, une personne dont la vue astrale est complètement développée voit les objets, non d’un seul point de vue comme nous faisons, mais de tous les côtés à la fois — ce qui est déjà bien déroutant — et quand nous aurons ajouté que toutes les particules de l’intérieur d’un solide sont aussi visibles que celles qui en forment l’extérieur, on comprendra que les objets les plus familiers semblent d’abord parfaitement inconnus.

Cependant, si on y réfléchit, on verra bientôt qu’un tel mode de vision se rapproche bien davantage de la vérité que la vue physique. Examinés sur le plan astral, par exemple, les faces d’un cube de verre paraîtraient égales comme elles le sont vraiment, tandis que sur le plan physique la face postérieure, étant plus éloignée, nous sem-

blerait plus petite que la face antérieure, ce qui est naturellement un effet de perspective, une illusion d’optique. Ce caractère de la vision astrale l’a fait appeler parfois vision à quatre dimensions, expression très suggestive.

Il faut ajouter à ces sources d’erreurs possibles de nouvelles complications du fait que cette vision supérieure atteint des variétés de matière ^li, bien qu’encore purement physiques, sont cependant invisibles à la vue ordinaire. Telles sont par exemple, les particules qui composent l’atmosphère, les émanations variées qu’émet tout ce qui a vie et quatre degrés encore plus subtils de matière que, faute de noms distinctifs, on englobe sous le vocable d’éthériques. Ces derniers forment un système par eux-mêmes et pénètrent librement à l’intérieur de toutes les autres formes de matière physique. L’étude de leurs vibrations et des modifications que diverses forces supérieures leur font subir, ouvrirait un champ de recherches profondément intéressantes aux hommes de science qui posséderaient la vision nécessaire pour les examiner.

Même quand l’imagination aura bien saisi les conséquences de ce qui précède, on ne comprendra pas encore, môme à demi, la complexité du problème, car en dehors de ces variétés nouvelles de la matière physique, il faut compter avec les

LE DECOR

subdivisions encore plus nombreuses et plus embarrassantes de la matière astrale.

Il faut remarquer d’abord que chaque objet matériel^ chaque particule même, a sa contrepartie astrale et que celle-ci, loin d'être simple, est habituellement très complexe, se trouvant composée de diverses sortes de matière astrale. De plus tout être vivant est entouré d’une atmosphère personnelle, qu’on appelle l’aura et qui forme par elle-même une branche d’étude très attirante quand il s’agit d’êtres humains. Elle a l’apparence d’un nuage lumineux d’une composition extrêmement compliquée et que sa forme ovale a fait quelquefois appeler l’œuf aurique.

Le lecteur théosophe apprendra avec plaisir que dès le premier degré du développement de la vision supérieure, il est possible à l’élève de s’assurer, par l’observation personnelle, de l’exactitude des enseignements de Blavatsky relativement à quelques-uns au moins des « sept principes de l’homme ».

En regardant un de ses semblables^ il ne voit plus seulement sa forme physique, mais il distingue clairement le double éthérique d’une étendue à peu près égale et il peut voir aussi le fluide vital universel, absorbé et spécialisé par le corps y circuler sous l’aspect d’une lumière rosée, puis

rayonner à l’extérieur quand la personne est en parfaite santé.

, Une aura plus brillante et peut être plus facile I à apercevoir, quoique composée d’un ordre de I matière plus subtil, bastral, est celle qui traduit I par des éclats rapides de couleurs sans cesse I changeantes, les désirs qui traversent à chaque \ instant l’esprit d’un homme. C’est l’aura du vrai : corps astral. Après lui, composé de matière plus subtile encore, — celle des subdivisions rûpa (à formes) du plan mental, — viennent le corps du mental inférieur, et son aura, dont les couleurs, en lentement, à mesure que l’homme vit son existence, montrent les dispositions et les caractéristiques de sa personnalité et le courant ( général de sa pensée. Plus haut encore, et infi- . niment plus beau, pour peu qu’il soit nettement , développé, se voit le corps causal, sous forme de j vivante lumière \ c’est le véhicule du moi supé- I rieur, et il montre le degré d évolution du v^nj table Ego à travers toutes ses vies. Mais pour voir ; ces derniers corps, il faut naturellement que l’élève ait acquis la vues péciale des plans auxquels ils appartiennent.

On évitera bien des difficultés en regardant du premier coup ces auras non pas comme de simples émanations, mais comme une partie de la manifestation de l’Ego sur les divers plans, et en se

LE DÉCOR

pénétrant bien du fait que c'est Tœuf aurique total qui constitue Thomme réel et non pas seulement le corps physique qui en occupe le milieu. Avant de se réincarner l'Ego habite les niveaux supérieurs du plan mental, les sous-plans dits « sans formes (arûpa) » qui sont sa vraie demeure ; il a alors pour véhicule unique le corps causal. Mais pour retourner^ en réincarnation il redescend d'abord dans les niveaux inférieurs du même plan, les subdivisions ou sous-plans dits « à formes (rûpa) », c’est-à-dire, en d'autre termes, qu'il attire à lui, tout en conservant son corps causal, de la matière appropriée de ces sous-plans et en forme son corps mental ou dévachanique, qui seul peut le mettre à même d’agir dans ce nouveau milieu. Il forme ensuite, de la même façon, son corps astral, ou corps desi. désirs, au moyen de la matière du plan"“aslral, et poursuivant ce qu’on appelle sa descente, il arrive à notre plan physique, le plus bas de tous, par le fait que son corps physique se forme finalement au milieu de l'œuf aurique qui contient ainsi l’homme tout entier. On trouvera de plus grands détails sur ces auras dans le n° 18 des Transactions de la Loge de Londres et dans mon livre Uhomme visible et invisible, mais ce qui vient d'être dit suffit à montrer qu’elles occupent toutes le même lieu dans l'espace, les plus subtiles pénétrant les plus grossiè-

LE PLAN ASTJIAL

l’es, de sorte que le novice n’arrive à les distinguer Tune de l’autre au premier coup d’œil qu’après de sérieuses études et beaucoup de pratique. Malgré cela, l’aura humaine, tout au moins en partie, est assez souvent le premier objet purement astral perçu par un ignorant et il est naturel qu’en pareil cas les indications en soient mal comprises.

Quoique les brillants éclairs colorés de l’aura astrale attirent souvent davantage la vue, le double éthérique et l’éther du système nerveux sont en réalité beaucoup plus denses, appartenant au monde physique, bien qu’invisibles à la vue ordinaire. En étudiant avec les facultés psychiques le corps d’un nouveau-né, on le trouve imprégné non seulement de matière astrale de tous les degrés de densité, mais aussi de chacune des quatre classes de matière éthérique. Et si l’on prend la peine de remonter à l’origine de ces corps intérieurs, on voit que ce sont les agents des Seigneurs du Karma qui forment en cette dernière matière le double éthérique, qui sert de moule au corps physique, tandis que la matière astrale a été cueillie sur le plan astral, d’une façon automatique et inconsciente, par l’Ego dans sa descente (vpn* JC-arzMa, de Besant).

Tous les degrés de matière éthérique entrent dans la composition du double, mais dans des proportions qui varient beaucoup et sont détermi-

LE DÉCOR

nées par divers facteurs tels que la race, la sousrace et le type de Thomme autant que par son karma individuel. Si Ton se rappelle que les quatre subdivisions de matière éthérique sont composées de nombreuses combinaisons qui à leur tour forment des aggrégats qui entrent dans la composition de F « atome », — le soi-disant élément des chimistes, — on verra que ce second pFinv^ipe de l’homme est extrêmement complexe et que ses variétés possibles sont pour ainsi dire infinies. Il en résulte que quelque compliqué et extraordinaire que puisse être le karma d’un homme, il est possible, à ceux qui en sont chargés, de préparer un modèle parfaitement approprié à ce que le corps doit être. Pour se renseigner davantage sur ce vaste sujet du Karma, consulter l’opuscule de Besant, /iiarmci, et le chapitre IX de la Sagesse Antique^ également de Besant. Disons encore, à propos de la matière physique vue du plan astral, que la vision supérieure, quand elle est entièrement développée, a le pouvoir de grossir à volonté la plus minuscule parcelle de matière physique à la façon d’un microscope et à un degré qu'aucun microscope présent ou à venir n’atteindra probablement jamais.

L’occultiste connaît ainsi comme des réalités la molécule et l’atome qui sont encore pour le savant de simples hypothèses, mais il les sait bien

autrement complexes que celui-ci n’est porté à l’admettre. Encore un vaste champ d’études passionnantes auxquelles un volume entier pourrait être consacré. Et un savant chercheur qui posséderait à la perfection la vue astrale, non seulement trouverait ses expériences sur les phénomènes ordinaires, connus, grandement facilitées, mais encore verrait s’ouvrir devant lui des possibilités nouvelles qu’une vie entière ne suffirait pas à approfondir. Par exemple, une des plus belles et curieuses nouveautés révélées par cette vue serait l’existence de couleurs entièrement inconnues jusqu’ici, en dehors des limites du spectre visible à la vue ordinaire, les raies de l’ultra-violet et de l’ultra-rouge que la science a découvertes par d’autres moyens devenant pleinement visibles à la vision astrale. Mais ne nous égarons pas dans ces attrayants sentiers de traverse et revenons à notre esquisse générale du plan astral.

On aura compris maintenant que bien qu’il ait été dit que les objets familiers du monde physique forment le fond du décor sur certaines divisions du plan astral, ces objets sont vus d’une façon tellement plus complète et plus voisine de la réalité, que l’effet général est très différent de celui qui nous est familier. Pour donner un exemple, prenons un objet des plus simples, un rocher. Pour un voyant bien exercé, ce n’est plus un

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bloc de pierre inerte. Tout d’abord il peut voir toute sa matière physique au lieu d’une partie seulement ; 2® il perçoit 1^ agitations des particules physiques ; 3® il découvre un double astral composé de divers genres de matière astrale dont les particules sont aussi en mouvement perpétuel; 4^ il voit la vie universelle circuler à travers la masse et rayonner tout autour ; 5® il distingue une aura qui l’entoure, moins étendue et moins complexe, naturellement, que dans les règnes supérieurs ; 6® l’essence élémentale qui lui est propre se montre pénétrant tout le rocher, sans cesse agitée et balancée. Dans le cas d’un végétal, d’un animal, d’un homme, les complications sont naturellement encore bien plus grandes.

Quelques lecteurs objecteront sans doute que la plupart des psychiques ne décrivent point toutes ces choses quand ils ont eu un aperçu plus ou moins occasionnel du plan astral, et que les entités qui se manifestent aux séances spirites n’en parlent pas davantage, mais il est facile d’expliquer cela. Peu de gens vivants ou morts arrivent à voir les choses comme elles sont sur ce plan, même après une très longue expérience, s’ils n’ont pas passé par un entraînement ; ceux mêmes dont la vue est complète sont souvent trop éblouis et trop troublés pour comprendre et se rappeler. Et parmi la petite minorité qui comprend et se rappelle, à

peine s’en trouve-l-il qui sachent traduire leurs souvenirs en langage terrestre. Beaucoup de psychiques non exercés n’étudient jamais scientifiquement leurs visions ; ils reçoivent simplement une impression qui peut être juste, mais qui peut être aussi à moitié fausse et même tout à fait erronée.

Cette dernière hypothèse devient encore plus probable si nous faisons entrer en ligne de compte les tours que jouent fréquemment les facétieux citoyens de l’autre monde aux curieux qui n’ont pas appris à se défendre. Noter aussi que les habitants ordinaires du plan astral, humains ou élémentals, n’aperçoivent ordinairement que les objets de ce plan et que pour eux la matière physique est aussi invisible que la matière astrale pour nous. La distinction peut paraître superflue si l’on se rappelle ce que nous avons dit plus haut, à savoir que tout objet physique possède sa contrepartie ou double astral, [laquelle devrait rester visible pour eux, mais elle est essentielle pour une compréhension exacte de la question.

Cependant si une de ces entités se sert constamment d’un médium, il lui est possible d’oblitérer assez les délicats sens astrals pour remplacer par la perception de notre monde physique celle des degrés supérieurs de son propre plan. Seul un vivant convenablement exercé, parfaitement

LE DÉCOR

conscient sur un plan comme sur Tautre, peut être sûr de voir les deux clairement et simultanément. Qu’il soit donc bien entendu que cette complexité est réelle et que Ton n’est entièrement à l’abri des mensonges ou des erreurs que quand on sait la voir tout entière et en démêler scientifiquement toutes les parties.

La septième et plus basse division du plan astral a aussi pour théâtre notre monde physique, mais sous un aspect bien tronqué et bien altéré, puisque tout ce qui est lumineux et beau et bon disparaît.

Voici comment le scribe Ani l’a décrite, il y a quatre mille ans, dans un papyrus égyptien : « Quel est ce lieu où je me trouve, sans eau, sans air, profond, insondable, sombre comme la plus sombre nuit, où des hommes errent misérablement? Là nul ne peut vivre le cœur paisible. » Pour le malheureux tombé à ce niveau il est vrai que « toute la terre est pleine d’obscurité et de cruelles habitations » mais c’est de lui-même que provient cette obscurité qui lui fait passer son existence dans une nuit perpétuelle pleine de maux et d’horreurs — un très réel enfer, bien que comme tous les autres enfers, il soit de création purement humaine.

La plupart des étudiants considèrent l’exploration de cette région comme une corvée pénible,

car on y éprouve comme une sensation de densité et de grossièreté matérielle extrêmement répugnante au corps astral libéré, qui a l’impression d'avoir à se frayer un chemin à travers une sorte de fluide noir et visqueux, au milieu d'habitants et d'influences particulièrement désagréables.

Les première, deuxième et troisième subdivisions, quoique occupant le même lieu dans l’espace, donnent l’impression d’un plus grand éloignement du monde physique et par conséquent d’une moindre matérialité. Les entités qui les habitent perdent de vue la terre et les choses terrestres ; ils sont profondément absorbés pour la plupart et créent eux-mêmes dans une large mesure le décor qui les entoure, décor qui est même suffisamment objectif pour pouvoir être perçu par les autres entités et par les clairvoyants. C’est cette région dont les « esprits » nous parlent si souvent dans les séances spirites sous le nom « de summerland (le pays d’été) » et qu’ils nous décrivent d’une manière qui reste fidèle à la vérité dans la mesure où ils la connaissent. C’est sur ce plan que les désincarnés appellent par un effet de leur imagination « à une existence temporaire leurs maisons, leurs écoles et leurs cités, et toutes ces choses restent assez réelles pour un temps, quoique bien différentes, pour une vue plus

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nette, de ce qu’elles paraissent aux yeux charmés de leurs créateurs. Beaucoup des fantaisies qui prennent forme là pour un temps ne manquent pas de beauté et un visiteur qui ne connaîtrait rien de supérieur passerait assez agréablement son temps à errer à travers des forêts et des montagnes, des lacs et des jardins fleuris, bieù plus beaux que tout ce qui existe dans le monde physique. Il pourrait encore au besoin créer ses paysages selon sa propre fantaisie. On comprendra mieux les détails des différences qui existent entre ces trois subdivisions supérieures quand il sera parlé de leurs habitants humains.

Une description du milieu astral serait incomplète, si l’on n’y donnait une place à ce qu’on a appelé à tort les Archives ow Tableaux de la Lum ière astrale. Ces archives — qui sont à vrai dire une sorte de matérialisation de la mémoire divine, des photographies vivantes de tout ce qui est jamais arrivé — ne sont réellement et ineffaçablement gravées que sur un plan très supérieur et ne se reflètent que d’une manière instable sur le plan astral où il n’est guère possible de percevoir que des tableaux momentanés et décousus au lieu d’une représentation bien suivie. Néanmoins ces images reflétées de toutes sortes d’événements passés se reproduisent sans cesse dans le monde astral et y forment une part importante de l’en-

tourage de l’explorateur. Je n’ai pas ici l’espace nécessaire pour m’étendre sur ce sujet qui est plus pleinement expliqué au chapitre XII de mon petit livre sur la Clâirvoyünce.

LES HABITANTS

Ayant ainsi esquissé — bien légèrement — le fond de notre tableau, nous devons maintenant y placer les personnages, décrire les habitants du plan astral. 11 est très difficile de les classer à cause de leur extrême variété. Le mieux sera peut-être de les diviser en trois grandes classes : les humains, les non-humains et les artificiels.

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