‹ Le plan astralChapitre 6 sur 15 · III. — Artificiels · texte numérisé non relu

III. — Artificiels

Cette classe, la plus nombreuse des entités as* traies, est aussi de beaucoup la plus importante pour rhomme ; étant exclusivement sa propre création, elle tient à lui par les liens karmiques les plus étroits et son action sur lui est continuelle et directe. C’est une masse énorme d’entités mal venues, semi-intelligentes, aussi variées que les pensées des hommes, et défiant, ou peu s’en faut, toute tentative de classification. La seule division possible est celle qui distingue les élémentals artificiels créés inconsciemment par la majorité des hommes de ceux que les magiciens forment dans un but déterminé. On peut reléguer dans une troisième classe un très petit nombre d’entités artificielles qui ne sont pas du tout des élémentals.

1. — Elémenlals inconsciemment créés, — On a déjà expliqué que l’essence élémentale qui nous entoure de tous côtés est dans chacune de ses innombrables variétés étrangement sensible à l’influence de la pensée humaine.

On a décrit l’action de l’idée la plus fugitive transformant la masse en une foule mouvante de formes éphémères. Indiquons maintenant ce

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qui se passe quand l’esprit humain formule la pensée ou le désir d’un objet, ou d’un but bien déterminé.

L’effet produit est très saisissant : la pensée s’empare de cette essence plastique et la modèle instantanément en un être vivant de forme appropriée, un être qui, une fois créé, ne demeure point sous le contrôle de son auteur, mais vit de sa vie propre pendant un temps proportionné à 1 intensité de la pensée ou du désir qui l’a appelé à l’existence, en somme tout le temps que la force de la pensée suffît à en maintenir l’assemblage. Les pensées de la plupart des gens sont si vagues et si flottantes que les élémentals qu’elles engendrent ne durent que quelques minutes ou quelques heures. Mais une pensée souvent répétée ou un désir ardent créent un élémental qui peut survivre plusieurs jours.

Comme les pensées d’un homme ordinaire sont surtout tournées vers lui-même, les élémentals qui en proviennent flottent constamment autour de lui, tendant à provoquer la répétition des mêmes idées, qui, au lieu de créer de nouveaux élémentals, viennent fortifier les anciens et prolonger leur existence. Ainsi donc un homme qui se complaît souvent à un même désir, se forme une sorte de compagnon astral qui, sans cesse nourri par de nouvelles pensées, peut le hanter pendant des

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années, gagnant toujours en force et en influence. On comprend que dans le cas d’un mauvais désir, l’effet sur sa moralité sera tout à fait désastreux.

Plus fécond encore en résultats bons ou mauvais sera ce qu’un homme pense au sujet des autres, car alors les élémentals ne restent pas autour de lui, mais vont flotter autour de la personne qui est l’objet de la pensée. Une pensée amicale, un souhait sincère de prospérité forment et lancent vers elle un élémental bienfaisant. Si le souhait est précis comme par exemple un vœu de guérison, l’élémental sera une force sans cesse agissante pour accélérer le rétablissement et éloigner toute cause de rechute. Il semble montrer alors un degré considérable d’intelligence et de souplesse, quoique ce ne soit en réalité qu’une force qui agit suivant la ligne de moindre résistance, exerçant une poussée constante et toujours vers le même but, profitant de tous les points qu’elle découvre comme l’eau d une citerne envahit à l’instant le seul tuyau qu’elle trouve ouvert parmi tous ceux qui sont fermés, et continue ensuite à s’écouler.

Si le souhait n’a en vue que la prospérité, le bien de la personne, d’une manière générale, l’essence élémentale, avec sa merveilleuse plasticité, répondra fidèlement aussi à cette idée moins précise, exercera son pouvoir dans la première direction avantageuse qui se présentera. En tous cas la quan-

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tité de force et sa durée dépendent entièrement de la puissance du désir ou de la pensée qui a créé Télémental, qui peut d’ailleurs, ne l’oublions pas, être nourri et fortifié et voir son existence prolongée par la répétition de bons souhaits ou de sentiments affectueux envoyés dans le même sens.

De plus cet être, comme la plupart des autres, semble poussé par un désir instinctif de prolonger sa propre vie ; il réagit sur son créateur comme une force tendant constamment à provoquer la répétition du sentiment auquel il doit la yie. 11 influence aussi de la même manière, mais à un degré moindre, tous ceux avec lesquels il vient en contact.

Tout ce qu’on vient de dire de l’effet des bons souhaits et des pensées affectueuses est aussi vrai des méchants désirs et des pensées de colère. Et à voir tout ce qui existe dans le monde d envie, de haine, de malice et de méchanceté, on peut s’imaginer si, parmi lesélémentals artificiels, ily en a de terribles. Un homme dont les pensées ou les désirs sont de nature jalouse, brutale, avare, sensuelle, porte partout avec lui une atmosphère empoisonnée peuplée des êtres horribles qu’il s’est donnés pour compagnons. 11 n’est donc pas seulement lui-même dans un triste état, mais il constitue un danger pour tous ceux qui ont le malheur

de l’approcher, par le risque de contagion morale, par l’influence des horreurs dont il se plaîL à s’entourer.

Un sentiment de haine ou d’envie contre une personne déterminée lui envoie un mauvais élémental qui erre autour d elle, guettant le point faible par où il pourra opérer : et si le sentiment persiste, la créature, continuellement nourrie et fortifiée, peut prolonger sa fâcheuse activité pendant une très longue période. Mais Teffet ne peut se produire sur la personne visée que si elle possède quelque tendance qui puisse être développée, un point d’appui pour le levier, si l’on peut ainsi parler. Sur l’aura d’un homme dont l’âme est pure et la vie vertueuse, de telles influences, ne trouvant où s’accrocher, rebondissent immédiatement comme sur une cuirasse et dans ce cas, par l’effet d’une loi curieuse, elles réagissent de toutes leurs forces sur celui qui les a créées. Elles y trouvent naturellement un champ favorable d’action et ainsi le karma de son mauvais désir s’accomplit au moyen de l’entité même qu’il a formée.

Il arrive parfois qu’un élémental de ce genre se trouve empêché pour une raison quelconque de décharger sa force sur son objet et sur son créateur. Dans ce cas, il devient une espèce de démon errant, aisément attiré par toute personne qui s’abandonne au genre de sentiments

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auquel il doit sa naissance. Il cherche alors soit à lui inspirer de semblables idées pour en tirer un accroissement de force, soit à déverser sur elle toute l’influence mauvaise dont il est chargé, s’il en trouve la possibilité. S’il est suffisamment fort, il saisit au passage une coque et en fait sa demeure, ce qui lui permet de faire durer plus longtemps ses redoutables réserves. Sous cette forme il peut se manifester au moyen d’un médium et sous le déguisement d’un de leurs intimes, prendre parfois de l’influence sur des gens sur qui il n’aurait pu sans cela avoir aucune prise.

Tout ceci montre bien l’importance qu’il y a à rester toujours maître de ses pensées. Bien des hommes bien intentionnés qui remplissent scrupuleusement leurs devoirs envers leur prochain en actions et en paroles, croient cependant que leurs pensées ne regardent qu'eux^mêmes et les laissent vagabonder dans toutes les directions, sans savoir qu’ils peuplent le monde d’essaims entiers de créatures nuisibles.

Si cet homme pouvait se faire une idée de cette production d’élémentals artificiels par un effet direct de sa pensée et de son désir, il serait épouvanté d’une pareille révélation ; d’un autre côté, beaucoup d’âmes dévouées et reconnaissantes, qui souffrent de ne pouvoir rien faire en retour çjes bontés reçues, trouyeraient là une source de

soulagements. Car le plus pauvre, comme le plus riche, peut former des pensées amicales et des souhaits ardents et il est au pouvoir à peu près de tout le monde, si on veut s’en donner la peine, de créer et de maintenir un véritable ange gardien aux côtés du frère, de la sœur, de Tami, de l’enfant qu’il aime, quel que puisse être d’ailleurs son éloignement.

Maintes fois, l’amour et les prières d’une mère ont ainsi constitué un protecteur à son enfant, et sauf le cas presque impossible oü l’enfant ne serait sensible à aucune bonne influence, elle lui a par là donné aide et protection. La vision clairvoyante aperçoit souvent des protecteurs de ce genre et il y a même eu des cas où certains d’entre eux ont eu la force de se matérialiser et de devenir momentanément visibles à l’œil physique.

Un fait curieux qui mérite d’être mentionné ici, c’est que la mère, même après son entrée dans le monde céleste, en répandant sa tendresse sur les enfants qu’elle s’imagine avoir autour d’elle, agit sur ces mêmes enfants vivant dans le monde physique et nourrit l’élémental protecteur qu’elle avait formé pendant sa vie terrestre, jusqu’à ce que ces bien-aimés viennent à leur tour à mourir. Gomme le dit Blavatsky, « Son amour continue à être senti par les enfants encore incarnés; il se manifeste dans leurs rêves et souvent

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dans les événements sous forme de protection et de préservation providentielle — car l’amour est un bouclier puissant et n’est limité ni par l’espace ni par le temps. » {Clef de la Théosophie, p. 150.)

Tous les récits d'intervention d’anges gardiens ne doivent pourtant pas être rapportés à l’action des élémentals, car dans bien des cas Tâme d’êtres humains vivants ou récemment décédés a pu jouer ce rôle « d’ange », parfois aussi, mais plus rarement, un déva. (Voir Aides invisibles, p. 24.)

Ce pouvoir d’un vœu ardent, surtout s’il est souvent répété, de former un élémental actif qui ne cesse d’agir avec force dans la direction de son accomplissement, est l’explication scientifique de ce que des gens plus dévots qu’instruits appellent l’exaucement de la prière. Dans certaines occasions, rares de notre temps, le karma de la personne qui prie peut être tel qu’il permette à un adepte ou à son disciple de lui donner une assistance immédiate; et il reste la possibilité plus rare encore de l’intervention d’un déva ou d’un esprit de la nature bienveillant. Mais dans tous les cas le moyen le plus simple et le plus facile de donner cette assistance serait toujours le renforcement et la direction intelligente de l’élémental formé par le vœu lui-même.

Un exemple curieux et instructif de l’extrême

persistance de ces élémentals artificiels, quand les circonstances sont favorables, a été observé récemnaent par un de nos investigateurs. Tous ceux qui s intéressent à ces sortes de choses savent que plusieurs de nos anciennes familles passent pour avoir une sorte d’avertissement funèbre, un signe quelconque qui annonce ordinairement quelques jours à l’avance la mort du chef de la maison. Nous en avons un exemple bien frappant dans l’oiseau blanc des Oxenham qui, depuis le règne d’Elisabeth, est connupour présager sûrement la fin de quelque membre de la famille ; on en a un autre dans la voiture fantômale qui s’arrête à la porte d un certain château dans le même cas et avec le même effet.

Un phénomène de ce genre se produit dans la famille d’un de nos membres, moins saisissant et plus commun que ceux déjà cités, cela consiste en un air solennel de musique funèbre, que l’on entend dans l’air trois jours avant que la mort n arrive. Notre collègue ayant entendu deux fois lui-même cette mystérieuse mélopée et ayant reconnu l’exactitude de l’avertissement, sachant de plus que selon la tradition familiale le même fait se reproduisait depuis plusieurs siècles, se mit à rechercher par des méthodes occultes la cause de l’étrange phénomène. Le résultat fut aussi intéressant qu’imprévu. Il se trouva qu’au xn« siècle

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le chef de la famille alla à la croisade et qu’il emmena avec lui, pour lui faire gagner ses éperons dans la guerre sainte, le plus jeune de ses fils, sa plus chère espérance. Malheureusement le jeune homme fut iué à la bataille et le père plongé dans le désespoir, non seulement par la perte de son fils, mais plus encore, par l’inquiétude d’avoir vu ses jours tranchés si soudainement et dans toute la force des passions de la jeunesse.

La désolation du pauvre homme fut si grande qu’il abandonna son armure de chevalier pour entrer dans un des grands ordres monastiques, après avoir fait vœu de passer le reste de sa vie en prière, premièrement pour sauver l’âme de son fils, et ensuite pour obtenir qu’aucun de ses descendants ne fût exposé au terrible danger d’une mort subite, ou à ce qu’il cro3^ait tel dans la simplicité et la piété de son âme. Jour et nuit pendant de longues années, il tendit toute l’énergie de son âme vers ce but, fermement convaincu qu’il arriverait d’une façon ou d’une autre au résultat ardemment souhaité.

Un occultiste voit facilement l’effet d’un si long courant de pensée. Notre chevalier-moine créa un élémental artificiel d’une force énorme et merveilleusement adapté à son objet, accumulant en lui des réserves de forces qui le mettaient à même de réaliser ses vœux indéfiniment. Un élémental

est uu accumulateur parfait, presque sans déperdition d’énergie. Et si l’on tient compte de sa puissance originelle et de la rareté des occasions de la dépenser, ou ne s’étonnera guère de le voir encore manifester une vitalité restée intacte, en avertissant les descendants du croisé de leur fin prochaine par l’étrange et plaintive musique qui fut un jour le requiem d’un jeune et vaillant guerrier, il y a sept cents ans, en Palestine.

2® Elémentals sciemment formés, — Si de tels résutats ont été atteints par la force de la pensée d’hommes qui ne se doutaient pas de ce qu’ils faisaient, on devine aisément ce qu’un magicien qui connaît à fond la matière et peut voir l’effet qu’il produit, doit avoir à sa disposition de pouvoir de ce genre. C’est un fait que les occultistes des deux écoles, les magiciens blancs ou noirs, emploient souvent des élémentals artificiels et que, quand ceux-ci ont été scientifiquement préparés et dirigés habilement, en connaissance de cause, ils trouvent peu de tâches au-dessus de leurs forces, car celui qui sait s’y prendre reste en communication avec son élémental pour le diriger à quelque distance qu’il l’ait envoyé, de façon que la créature semble douée de toute l’intelligence de son créateur.

On a vu des anges gardiens nettement définis et très agissants produits de cette façon, mais il

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est rare que le Karma permette d’intervenir à ce poînt dans la vie d’un homme. Cependant il arrive' qu’un disciple des Adeptes qui doit, dans le cours de sa mission, courir pour eux le risque d’attaques de forces trop supérieures aux siennes, est pourvu d’un gardien de cette sorte, dont l’incessante vigilance et le pouvoir formidable se sont pleinement affirmés.

Les procédés les pljis avancés de magie noire peuvent aussi donner l’existence à des élémentals artificiels puissants et ce genre d’entité a fait parfois bien du mal. Mais, comme la classe précédente, ils réagissent avec une force terrible sur leur auteur, si la personne visée se trouve, par la pureté de sa nature, à l’abri de leur influence, de sorte que le vieux conte du magicien déchiré par les démons qu’il avait évoqués n’est pas une pure fable, mais peut très bien avoir un fonds de vérité.

Diverses causes peuvent faire parfois échapper ces créatures au contrôle de ceux qui les emploient, elles deviennent alors des démons errants comme ceux dont nous avons déjà parlé ; mais douées de bien plus d’intelligence et de pouvoir, avec une plus longue durée d’existence, elles sont d’autant plus dangereuses. Elles cherchent toujours des moyens de prolonger leur vie, soit en se repaissant, comme les vampires, de la vitalité d’êtres humains, soit en les poussant à leur faire des

offrandes, et, parmi des tribus à demi sauvages, on en a vu réussir en manœuvrant adroitement à se faire reconnaître comme le dieu d’un village ou d’une famille. Toute divinité qui exige des sacrifices comportant l’effusion du sang peut être rangée parmi les élémentals les plus inférieurs et les plus répugnants de cette catégorie. Des types moins fâcheux se contentent d’offrandes de riz et de mets cuits. On peut encore de nos jours trouver les deux variétés dans certaines parties de l’Inde et elles doivent être bien plus communes encore en Afrique.

Grâce à la nourriture qu’elles tirent des offrandes et surtout grâce à la vitalité qu’elles soutirent à leurs dévots, ces étranges divinités peuvent prolonger leur existence pendant des années, des siècles, en gardant même la force d’accomplir de menus phénomènes destinés à stimuler le zèle et la foi de leurs adorateurs ou pour les molester s’ils négligent les sacrifices accoutumés. Par exemple on a affirmé récemment que des incendies spontanés éclataient régulièrement dans un village de 1 Inde toutes les fois que la divinité locale ne recevait pas ses repas habituels. Ces incendies se produisaient parfois par trois ou quatre en même temps, dans des circonstances où il était impossible de soupçonner une intervention humaine. D’autres histoires du même genre

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sont dans la mémoire de tous ceux qui connaissent un peu les parties écartées de cet étonnant pays.

L'art de préparer des élémentals artificiels d’un pouvoir et d’une virulence extrêmes paraît avoir spécialement appartenu aux magiciens de l’Atlantide, nommés les « seigneurs de la Face Noire ». La Doctrine secrète nous donne un exemple de leurs capacités en ce genre, quand elle nous parle de ces étônnants animaux parlants à qui l’on dut offrir du sang pour les empêcher de réveiller leurs maîtres et de les prévenir de leur prochaine destruction. Mais en outre de ces bêtes étranges, ils créèrent d’autres entités artificielles tellement puissantes que l’on prétend qu’il en survit encore quelques-unes, plus de onze mille ans après le cataclysme qui engloutit leurs maîtres. La terrible divinité hindoue qui inspirait les crimes des Thugs, la sombre Kâli dont on célèbre encore aujourd’hui le culte avec des rites trop abominables pour être décrits, pourrait bien être un reste de ce système qui, pour être détruit, nécessita la submersion d’un continent et la perte de soixante-cinq millions de vies humaines.

3® Humains artificiels, — Cette classe d’entités, quoique composée de peu de membres, a conquis par ses rapports étroits avec un des grands mouvements des temps modernes, une importance

disproportionnée à ce petit nombre. On se demande si elle appartient réellement à la première ou à la troisième de nos divisions principales. Mais quoique certainement humaine, elle est si loin du cours ordinaire de l’évolution, si exclusivement produite par une volonté extérieure, que peut-être est-elle plutôt à sa place parmi les êtres artificiels.

Il sera plus facile pour la décrire de commencer par raconter son histoire, en remontant, pour ce faire, à la grande race atlante. Quand on pense aux adeptes et aux écoles d’occultisme de ce peuple remarquable, l’esprit évoque instinctivement l’image des pratiques blâmables de ses derniers jours; mais il ne faut pas oublier qu’avant ces âges d’égoïsme et de dégradation, la noble civilisation de l’Atlantide avait produit de grandes et admirables choses et que parmi ses dirigeants, il s’en trouve quelques-uns qui sont maintenant parvenus auxplus sublimes hauteurs que l’homme ait pu atteindre jusqu’ici.

Parmi les loges formées par les Adeptes de la bonne Loi pour les études occultes préliminaires à l’initiation, il s’en trouvait une dans certaine partie de l’Amérique alors tributaire d’un des grands rois de l’Atlantide, « des divins maîtres de la Porte d’Or ». Et à travers mille vicissitudes, changeant de résidence à mesure que chaque pays se trouvait envahi par les éléments discor-

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dants d’une civilisation plus récente, cette loge existe encore aujourd’hui, observant toujours le même antique rituel, enseignant même comme une langue secrète et sacrée, le vieux langage atlantéen qui se parlait lors de sa fondation il y a des milliers et des milliers d’années.

Elle demeure ce qu’elle fut au début ; une loge d’occultistes ne visant que des objets purs et philanthropiques, capable de pousser ceux de ses disciples qu’elle en jugeait dignes fort loin sur le chemin de la connaissance, et de conférer les pouvoirs psychiques dont elle dispose après les épreuves les plus concluantes des aptitudes du candidat.

Ses instructeurs n’ont pas atteint au niveau des Adeptes, mais ils ont appris à des centaines de disciples à trouver le chemin qui les a menés à l’Adeptat dans des vies subséquentes. Quoique leur loge ne fasse pas directement partie de la Confrérie de l’Himalaya, il y a des membres de cette dernière qui, ayant passé par l’autre dans des incarnations précédentes, continuent à s’intéresser avec une sympathie plus qu’ordinaire à ses actes.

Les chefs de cette loge, tout en tenant leur société et leur personne dans l’ombre, ont cependant fait de temps en temps des efforts pour aider aux progrès de la vérité dans le monde. Il y

a un demi-siècle, émus du matérialisme abject qui semblait devoir étouffer toute spiritualité en Europe et en Amérique, ils résolurent d’essayer de le combattre par des méthodes nouvelles, en offrant à tout homme sensé la possibilité d’acquérir des preuves absolues d’une vie en dehors du corps physique, c’est-à-dire du fait que la science tend à nier. Les phénomènes exhibés n’étaient pas absolument nouveaux, puisqu’ils reparaissent sous une forme ou sous une autre tout au long de l’histoire, mais leur caractère particulier, — la production presque à volonté — était une chose réellement nouvelle dans le monde moderne. Le mouvement qu’ils commencèrent ainsi devint peu à peu le vaste édifice du spiritisme actuel et, s'il serait injuste de rendre les auteurs du projet responsables de tous ses résultats, il faut reconnaître qu’ils ont atteint leur but en ce sens qu’un grand nombre ont cessé de ne croire à rien pour acquérir à tout le moins une foi solide en une survie quelconque. Le résultat est sans conteste magnifique, quoique certains estiment qu’il a coûté trop cher.

Leur méthode consistait à choisir un défunt ordinaire, à le rendre pleinement conscient sur le plan astral, à lui enseigner dans une certaine mesure les forces et les possibilités de ce plan, et à lui confier ensuite la direction d’un cercle spi-

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rite. Il « développait » à son tour et de la même manière d’autres personnalités défuntes, et tous par leur influence sur les assistants aux séances « développaient » des médiums. Ainsi crût et prospéra le spiritisme. Sans doute quelques membres vivants de la loge initiatrice se manifestèrent parfois dans certains cercles sous leur forme astrale — peut-être même le font-ils encore — mais le plus souvent ils se contentèrent de donner les instructions et la direction qu’ils jugeaient nécessaires aux « guides » qu’ils avaient ainsi institués. Il est certain que le mouvement marcha beaucoup plus vite qu’ils ne l’avaient prévu et qu’il échappa bien vite et tout à fait à leur contrôle, de sorte que, comme on l’a dit plus haut, ils ne sont qu’indirectement responsables de la plupart de ses derniers développements.

Naturellement, l’intensité anormale de la vie astrale suscitée chez les personnes ainsi chargées d’un cercle, retardait beaucoup leur avancement naturel. Et malgré l’idée que le bon karma engendré par l’aide qu’ils donnaient aux chercheurs de la vérité devait largement compenser ce retard, on s’aperçut bientôt qu’on ne pouvait pas employer le même « esprit guide » pendant longtemps sans lui nuire gravement et pour longtemps.

Parfois un guide fut retiré êt remplacé par un

autre ; parfois quand tel ou tel motif ne permettait pas ce changement, on eut recours à un expédient remarquable auquel la classe d’entités que nous avons appelées « artificiels humains » doit son existence.

On laissait les principes supérieurs du guide poursuivre leur évolution retardée vers le monde céleste, mais on s’emparait de Y ombre qu’il laissait derrière lui, on la soutenait et on agissait sur elle de telle sorte qu’elle pût apparaître à peu près telle qu’avant au cercle dont elle faisait l’admiration. Tout d’abord, il semble que les membres eux-mêmes de la loge aient pris cette peine, puis ayant trouvé cela gênant et une trop grande perte de force, comme l’eût été la çréation d’un élémental artificiel, on décida que la personne désignée pour succéder au guide précédent s’acquitterait de cette charge, mais en prenant possession de l’ombre, ou de la coque de celui-ci, par le fait en revêtant seulement sa ressemblance.

On dit que quelques membres de la loge s’opposèrent à cela, parce que malgré l’excellence de l’intention l’exécution iTallait pas sans quelque tromperie ; mais l’avis le plus général semble avoir été, que puisque l’ombre restait la m ême et contenait toujours une partie du mental inférieur primitif, il n y avait pas là de véritable tromperie.

Telle fut la genèse des entités humaines arti-

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ücielles. Il paraît que dans bien des cas le changement passa inaperçu ; mais il est aussi arrivé que des expérimentateurs spirites ont fait la remarque qu’après un laps de temps considérable certaines différences dans les manières et le caractère de « Fesprit » devenaient soudain évidentes.

Inutile de dire qu’aucun des membres de la Confrérie des Adeptes n’a jamais contribué à la formation d’artificiels de cette espèce, mais ils ne pouvaient aucunement empêcher personne de le faire, s’il lui semblait bon. Le point faible de cet arrangement, c’est que bien d’autres loges peuvent l’adopter et que rien ne peut empêcher les magiciens noirs de fabriquer des « esprits » à « communications ». Il est, du reste, notoire qu’ils Font déjà fait.

Avec cette classe nous terminons l’étude des habitants du plan astral. Sous les réserves mentionnées quelques pages plus haut, le catalogue peut être considéré comme bien complet. Mais il faut insister sur le fait que ce traité ne prétend être que la plus légère esquisse d’un immense sujet qui demanderait toute une vie d’étude et de travail assidu pour être traité en détail.

PHÉNOMÈNES

Bien qu’au cours de cet ouvrage, divers phénomènes hyperphysiques aient déjà été mentionnés et dans une certaine mesure expliqués, il semble pourtant à propos, avant de terminer, de donner au moins une énumération de ceux qui tombent le plus souvent sous l’observation des gens qui s’adonnent à ces recherches, et de montrer quels sont, parmi les agents que nous avons essayé de faire connaître, ceux qui les causent d’ordinaire. Les ressources du monde astral sont toutefois si variées que presque tous les phénomènes connus peuvent être produits de plusieurs manières et qu’il n’est pas possible d’établir de règle absolue» Les apparitions, fantômes, revenants, en sont un bon exemple, car de la manière vague dont ces termes sont employés d’ordinaire, ils peuvent représenter n’importe quels habitants du plan astral. Naturellement, les gens développés psychiquement voient constamment de ces choses ; mais pour qu’une personne ordinaire puisse « voir m reyenaot » il faut ; ou que l’apparition 3e

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térialise ou que la personne ait un éclair momentané de perception psychique. Si ces deux conditions n’étaient pas si rares, nous verrions autour de nous autant de revenants que de gens vivants.

Apparitions dans les cimetières. — Si l’on voit l’apparition aux environs d’une tombe, c’est probablement alors le double éthérique de la personne nouvellement enterrée, quoique cela puisse être le corps astral d’un vivant qui hante durant le sommeil la tombe d’un ami ; ou encore une forme-pensée matérialisée, c’est-à-dire un élémental artificiel créé par l’énergie avec laquelle quelqu’un se figure être présent en cet endroit. Une personne habituée à se servir de la vision astrale distinguerait aisément ces variétés, mais une personne inexpérimentée les appellerait indifféremment des « revenants ».

Apparitions de mourants. — Les apparitions au moment de la mort ne sont pas du tout rares et sont souvent de vraies visites rendues par le corps astral du mourant au moment qui précède immédiatement la mort, c’est-à-dire la séparation d’avecle corps physique. Mais ici encore nous pouvons être en présence d'une forme-pensée créée par Tardent désir de revoir une personne aimée avant de passer dans l’inconnu. Il y a des cas où la visite s’est faite aussitôt après la mort et non avant.: alors le visiteur est vraiment un revenant

mais pour diverses causes cette sorte d’apparition est bien plus rare que les précédentes.

Localités hantées, — Les apparitions à l’endroit où un crime a été commis sont habituellement des formes-pensées émises par le criminel qui, vivant ou mort, mais surtout mort, repasse continuellement en pensée par toutes les péripéties de son crime. Et comme ces pensées sont plus particulièrement fortes en son esprit aux anniversaires du crime, les élémentals artificiels qu’il crée ne sont souvent assez forts pour se montrer à la vue ordinaire qu’à ces jours-là — ce qui explique la périodicité de certains phénomènes de ce genre.

Un autre point relatif à ce sujet, c’est que partout où une commotion mentale plus qu’ordinaire, épouvante, douleur, haine ou n’importe quelle passion violente, a été ressentie, une impression tellement forte s’est faite sur la lumière astrale que la personne la plus faiblement douée au point de vue psychique ne peut qu’en être profondément troublée. La moindre augmentation temporaire de sensibilité suffirait pour faire apercevoir la scène tout entière — pour voir l’événement avec tous ses détails se passer en apparence de nouveau — et on ne manquerait pas de dire alors que l’endroit est hanté et qu’on a vu des revenants.

PHÉNOMÈNES

Il est certain qivil y a des gens qui n’ont pas encore la vision psychique à volonté, mais qui sont néanmoins péniblement impressionnés quand ils passent par des endroits de ce genre. Il y en a beaucoup, par exemple, qui se sentent mal à l’aise en passant près du lieu où se font les exécutions capitales, ou ne peuvent rester dans la Salle des Horreurs de Tussaud, et qui ne se doutent pas que leur malaise est dû aux tableaux tragiques imprimés dans la lumière astrale autour d’endroits et d’objets imprégnés de crime ou d’horreur, ainsi qu’à la présence des entités astrales répugnantes qui hantent en foule les lieux de l’espèce.

Revenants familiaux. — Le revenant familial qui ne manque pas d’accompagner le donjon féodal dans les histoires fantastiques peut être, soit une forme-pensée, soit une impression particulièrement forte sur la lumière astrale, ou encore un ancêtre réellement enchaîné à ce monde terrestre et aux lieux où il vivait.

Sonneties tirées, pierres lancées, etc. — On a déjà fait allusion à une autre sorte de hantise qui prend la forme de sonnettes tirées, de pierres lancées, de porcelaines brisées, etc., et qui est à peu près toujours l’œuvre de forces élémentales mises en mouvement soit par les efforts maladroits d’un défunt ignorant qui essaie d’attirer l’atten-

lion de ses proches encore vivants, soit par la malice puérile d’un esprit de la nature.

Les fées, — Les esprits de la nature sont encore cause de ce qu’il peut y avoir de vrai dans les histoires de fées si répandues dans certains pays. Parfois un éclair momentané de clairvoyance qui n’a rien de rare chez les habitants des pays montagneux permet à un voyageur attardé de contempler leurs danses joyeuses ; parfois des tours singuliers sont joués à la victime épouvantée, ou bien une hallucination lui fait voir, par exemple, des gens et des maisons là où il n’en existe pas. Et ceci dépasse souvent la simple illusion d’un instant, car un homme croit souvent passer par de longues et dramatiques aventures pour se retrouver soudain tout seul dans une vallée solitaire ou au milieu d’une plaine balayée par le vent. Mais il n’est guère prudent d’accepter comme sérieuses toutes les légendes populaires de ce genre, car la superstition la plus grossière est souvent mêlée aux préjugés des paysans sur ces êtres étranges, comme l’a montré récemment un terrible assassinat en Irlande.

Il faut encore attribuer à ces entités une grande partie des phénomènes psychiques des séances spirites. Bien des séances sont données uniquement par ces malicieuses créatures et peuvent très bien présenter des faits très frappants comme des ré-

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ponses à des questions et des communications par des balancements de table ou coups frappés, 1 exhibition de lueurs, des apports d'objets, la lecture des pensées des personnes présentes, des précipitations d’écritures ou de dessins, même des matérialisations. En somme les esprits de la nature, s’ils voulaient s'en donner la peine, pourraient donner à eux seuls une séance aussi remarquable que toutes celles que nous connaissons, car s’il leur serait difficile de produire certains phénomènes, par contre leur merveilleux pouvoir dhllusion leur permettrait de faire croire sans peine à tout un cercle qu’ils les produisent, à moins toutefois qu’il n’y eût dans Tassistance un observateur compétent au courant de leurs procédés et capable de les déjouer.

Règle générale : toutes les fois que des tours ridicules ou de grosses farces font partie de la séance, on peut conclure à la présence d’esprits de la nature d un rang inférieur ou d'êtres humains assez vulgaires pour s'être amusés de pareilles sottises pendant leur vie.

Communications, — Quant aux entités qui peuvent « communiquer » ou prendre possession d’un médium et le faire parler en transe, leur nom est légion. Il n'y a peut-être pas une seule classe d habitants du plan astral qui ne puisse en fournir, mais on comprendra d’après ce qui précède

qu’il y a bien peu de chances pour que l’entité ainsi manifestée soit d’une espèce bien relevée. Un « esprit » qui communique est souvent ce qu’il prétend être, mais souvent aussi il est tout autre chose, et un assistant ordinaire n’a aucun moyen de discerner le vrai du faux ; et les habitants du monde astral disposent de si puissants moyens de le tromper que l’on ne peut se fier même à ce qui semble la plus irréfutable des preuves.

S’il se manifeste quelque chose qui se dise être le frère depuis longtemps décédé d’un assistant, celui-ci ne peut pas en avoir la certitude. Si on lui révèle un fait connu uniquement de lui et de ce frère, il n’est pas pour cela convaincu, car il sait que ce fait peut avoir été lu aisément dans son esprit ou autour de lui dans la lumière astrale. Même si on va plus loin et qu’on lui dise quelque chose de relatif à son frère qu’il ignorait, mais qu’il peut ensuite vérifier, il n’ignore pas non plus que cela peut avoir été lu aussi dans les Archives astrales, ou bien que ce qu’il voit peut n’être que 1’ « ombre » de son frère, encore en possession de sa mémoire sans être lui-même. Loin de moi la pensée de nier que des communications importantes aient été faites parfois k des séances par des entités qui étaient réellement ce qu’elles prétendaient être ; je veux dire seulement

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qu’il est impossible pour une personne ordinaire qui assiste à une séance d’être sûre de ne pas être trompée d'une demi-douzaine de façons différentes.

Dans" un petit nombre de cas, des membres de la loge occulte sus-mentionnée ont eux-mêmes donné par un médium des séries de renseignements précieux sur des sujets très intéressants, mais seulement à des séances strictement privées et non à des réunions publiques et payantes.

Ressources de V Astral, — Pour comprendre par quelles méthodes sont produits beaucoup de ces phénomènes, il faut se faire une idée des ressources variées dont il a déjà été parlé et qu’une personne fonctionnant sur le plan astral se trouve avoir à sa disposition. Ceci est une partie de notre sujet particulièrement difficile à exposer, surtout à cause de certaines restrictions dont la nécessité est évidente. On fera bien de se rappeler que le plan astral peut être considéré, sous beaucoup de rapports, comme une extension du plan physique, et l’idée que la matière visible peut passer à l’état éthérique (qui, bien qu’invisible, est encore purement physique) peut nous faire comprendre comment un plan se fond dans l’autre. Dans la manière dont les Hindous conçoivent Jagrat, « l’état de veille », le plan physique est combiné avec le plan astral et sept subdivisions

y sont envisagées, qui correspondent aux quatre états de la matière physique et aux trois grandes divisions de la matière astrale décrites plus haut. Ceci posé nous pouvons faire un pas de plus et comprendre que la vision ou plutôt la perception astrale peut être définie comme la faculté de recevoir un nombre infiniment plus considérable de groupes de vibrations. Physiquement nous sommes sensibles à un certain groupe de vibrations perçues comme son, à un autre groupe bien plus rapide perçu comme lumière ; il y a aussi le groupe des vibrations électriques. Mais il existe un nombre énorme de vibrations intermédiaires qui n’affectent en rien nos sens et dont nous n’avons pas connaissance. On se rendra aisément compte que si quelques-unes seulement de ces vibrations intermédiaires, avec toutes les complications résultant des différences possibles dans leur longueur d’onde, sont perceptibles sur le plan astral, notre compréhension de la nature doit être grandement accrue dans ce milieu et que nous y serions à même d’acquérir de nombreuses notions qui nous sont inaccessibles.

Il est admis que certaines , de ces vibrations traversent aisément la matière solide et cela permet d’expliquer scientifiquement les particularités de la vision éthérique : mais pour la perception astrale, la théorie de la quatrième dimension

fournit une explication plus nette et plus complète. Il est évident que la seule possession de la vision astrale suffit à expliquer la possibilité de faits qui nous paraissent tout à fait merveilleux.

Clairvoyance. — Par exemple la lecture d’un passage dans un livre fermée et comme cette faculté comprend celle de la lecture de la pensée au plus haut degré et, si elle est combinée avec la connaissance de la projection de courants dans la lumière astrale, celle de pouvoir observer ce qu’on veut dans presque n’importe quelle partie du monde, on voit que la plupart des phénomènes de clairvoyance sont explicables sans le secours d’un plan plus élevé. Ceux qui désirent étudier de plus près ce sujet intéressant peuvent lire mon petit traité sur la Clairvoyance où toutes ses variétés on été réunies et expliquées, avec de nombreux exemples à l’appui.

Prévision et seconde vue. — La clairvoyance vraie, exercée, absolument sûre, met en jeu des facultés tout à fait différentes, mais qui, appartenant à un plan supérieur à l’astral, n’entrent pas dans le cadre de cet ouvrage. La faculté de prévoir avec exactitude dérive aussi de ce plan supérieur, mais la vision purement astrale peut en apercevoir comme des éclairs et des reflets, surtout chez les gens simples qui vivent dans des conditions appropriées. La double vue des High-

landers, en Écosse, en est un exemple bien connu.

Il ne faut pas oublier, non plus, qu'un habitant intelligent du plan astral peut, non seulement percevoir les vibrations éthériques qui échappent aux sens physiques, mais encore apprendre à les adapter à ses propres fins et à les mettre en mouvement.

Forces astrales, — On comprendra facilement que les forces hyperphysiques et fart de les manier ne soient pas chose à exposer longuement au public pour le moment, quoiqu’il y ait des raisons de supposer que le temps n’est pas très éloigné où des applications de quelques-unes d’entre elles arriveront à être connues de tous. Sans dépasser les limites permises, nous tâcherons d’en donner une idée suffisante pour faire pressentir comment on obtient certains phénomènes.

Tous ceux qui ont une grande expérience des séances spirites où se produisent des phénomènes physiques, ont été quelquefois témoins de l’emploi d’une force à peu près irrésistible; par exemple, dans le transport instantané de poids énormes ; et pour peu qu’ils aient un tour d’esprit scientifique, ils ont dû se demander d’où venait cette force et quel en était le mécanisme. Comme toujours dans le cas de phénomènes astrals, le tra-

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vail peut avoir été accompli de plusieurs façons . nous parlerons seulement de quatre.

: Courants éthériques. — Primo, il y a de grands

; courants éthériques qui parcourent sans cesse la î surface de la terre d’un pôle à Tautre et qui sont d’un volume tel que leur pouvoir est aussi irrésis- I tible que celui de la marée, et il y a des métho- ; des qui permettent d’employer sans danger cette force colossale, quoiqu’il soit effroyablement dan- ; gereux de s’y risquer sans l’habileté requise.

Pression éthéri que. — Secundo, il y a ce qu’on peut appeler la pression éthérique, analogue à la pression atmosphérique, mais infiniment plus puissante. Dans la vie ordinaire nous ne sentons pas plus une de ces pressions que l’autre, mais elles existent toutes deux et si la science savait épuiser l’éther aussi bien que l’air dans un espace donné, on pourrait prouver l’existence de l’une comme on prouve celle de l’autre. La difficulté, c’est que la matière à l’état éthérique traverse sans obstacle la matière à tous les états inférieurs, de sorte que les physiciens ne connaissent I encore aucun moyen d’isoler l’éther. Mais c’est ; une chose qu’on apprend dans la pratique de l’occultisme, et par conséquent la force prodigieuse de la pression éthérique peut être mise en jeu.

Énergie latente. — Tertio, il y a de vastes réserves d’énergie potentielle qui se sont accumu-

mulées à l’état latent dans la matière pendant l’involution du subtil dans le grossier, et en chan- ^ géant l’état de la matière, on peut libérer et utiliser une portion de cette énergie, un peu comme, en changeant l’état de la matière physique, on libère de l’énergie latente sous forme de chaleur (1).

Vibrations sympathiques, — Enfin des résultats frappants grands et petits peuvent être obtenus par l’extension d’un principe que l’on peut appeler des vibrations sympathiques. Des comparaisons tirées du plan physique me semblent le plus souvent obscurcir plutôt qu’éclaircir les phénomènes du plan astral parce qu’elles ne sont qu’à demi applicables. Mais deux faits très simples de notre vie ordinaire pourront nous aider à comprendre ce point difficile, à condition de ne pas vouloir pousser l’analogie trop loin.

On sait que si les cordes d’une harpe sont pin-

1. Nous lisons dans un article de M. Gustave Lebon sur La, vieillesse des atomes et V évolution cosmique {Revue Scientifique, 1906) :

Tous les corps, le radium comme les autres, représentent un immense réservoir d’énergie concentrée sous un faible volume à l’époque de leur formation.

Il y a deux phases dans l’histoire du monde : 1® condensation de l’énergie ; 2° dépense de cette énergie. M. Sageret cité par M. Gustave Lebon.) (N. D. T.)

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cées vigoureusement, les cordes de toutes les harpes qui l’entourent vibrent à Punisson pourvu qu’elles soient accordées sur la première. On sait aussi que, quand des troupes doivent traverser un pont suspendu, il faut leur faire rompre le pas parce que la parfaite régularité de leur marche ordinaire produirait des vibrations croissantes à chaque pas au point de dépasser la limite de la résistance du fer et de déterminer la rupture du pont. Avec ces deux analogies présentes à l’esprit (sans oublier qu’elles ne sont que partielles), on comprend mieux que celui qui sait exactement quel genre de vibrations produire, — qui connaît en quelque sorte la tonalité de la matière sur laquelle il veut agir — peut en frappant la note juste éveiller une quantité immense de vibrations sympathiques. Sur le plan physique il ne se développe aucune énergie supplémentaire ; mais sur le plan astral, il y a cette différence que la matière étant beaucoup moins inerte répond à ces vibrations sympathiques en ajoutant sa propre force active à l’impulsion première, qui peut être ainsi considérablement multipliée. Et en répétant d’une façon rythmée cette première impulsion — comme quand les soldats passent sur le pont — les vibrations peuvent prendre une intensité hors de toute proportion avec leur cause. On peut même dire qu’il n’y a guère de limite au5ç applications de cette

force entre les mains d’un grand adepte, qui en connaît pleinement les ressources, car la construction même de Funivers n’est que le résultat des vibrations éveillées par le Verbe.

Maiitras, — La classe de Mantras, ou incantations qui produisent leur effet sans l’aide d’un élémental, mais seulement par la répétition de certains sons, emprunte aussi son efficacité à cette action des vibrations sympathiques.

Désagrégation. — Le phénomène de la désagrégation peut aussi être obtenu par l’application de vibrations extrêmement rapides qui détruisent la cohésion des molécules de l’objet visé. Des vibrations encore plus accélérées et d’un type un peu différent décomposent les molécules en atomes. Un corps ramené par ces moyens à la condition éthérique peut être porté par un courant astral d’un lieu à un autre avec une grande rapidité ; et dès que la force qui a été employée pour l’amener à cet état cesse d’agir, la pression éthérique le ramène à son premier état. Les débutants ont souvent peine à comprendre comment, dans cette expérience, l’objet peut conserver sa forme. On objecte que si un objet métallique — une clé, par exemple — est fondu et porté à l’état gazeux par la chaleur, en se refroidissant il retourne bien à l’état solide, mais que ce n’est plus une clé, seulement un lingot de métal. L’objection

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paraît juste, mais Tanalogie n’est pas complète. L’essence élémenlale qui anime la clé se dissiperait en effet dans ce changement d’état, non parce qu’elle serait directement influencée par l’action de la chaleur, mais parce que, quand son corps solide temporaire est détruit, elle retourne au grand réservoir commun de cette essence , de même que les principes supérieurs de l’homme, bien qu’insensibles par eux-mêmes au froid et au chaud, s’échappent de son corps, quand il est détruit par le feu.

Par conséquent quand le métal de la clé refroidit, l’essence élémentale de l’espèce « terreuse » ou des solides, qui revient dans le lingot n est plus du tout la même qu’avant et il n’y a aucune raison pour qu’elle reprenne la même forme. Mais un homme qui désintègre la clé dans le but de la transporter par un courant astral, aurait grand soin de maintenir l’essence élémentale dans sa forme jusqu’à ce que le transport fût accompli , et quand il suspendrait l’effort de sa volonté, elle se trouverait former comme un moule ou plutôt un canevas que les particules en se solidifiant à nouveau viendraient remplir aussitôt en reconstituant l’objet. Alors, à moins que le pouvoir de concentration de l’opérateur n’ait été insuffisant, la forme serait, exactement conservée.

C’est ainsi que des objets sont parfois apportés

LK plan astral

presque instanlanément d^une grande distance pendant les séances spirites, et il est clair que Ton peut facilement les faire passer à travers des corps solides tandis qu’ils sont désintégrés, par exemple à travers les murs d’une maison ou les parois d’une boîte fermée. De sorte que ce qu’on appelle « le passage de la matière à travers la matière », n’est pas plus difficile à opérer, quand on sait s’y prendre, que le passage de feau à travers un filtre, ou d’un gaz à travers un liquide dans une expérience de laboratoire.

Puisqu’il est possible, en modifiant la nature des vibrations, de changer l’état de la matière, de l’éthérique au solide, on comprend qu’en renversant l’expérience on peut amener la matière éthérique à l’état solide.

Matérialisation. — De même que le premier procédé explique le phénomène de la désintégration, le second explique celui de la matérialisation; et de même que, dans le premier cas, il faut un effort de volonté pour empêcher l’objet de revenir à sa forme primitive, il faut aussi, dans le second, un effort soutenu pour que la matière matérialisée ne retourne pas à l’état éthérique.

Dans les matérialisations que l’on voit dans les séances ordinaires, la matière nécessaire est empruntée autant que possible au double éthérique du médium, — opération nuisible à la santé et fâ-

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cheuse à plusieurs autres points de vue. C’est ce qui explique pourquoi la forme matérialisée se tient presque toujours aux environs immédiats du médium et qu’elle est continuellement attirée vers le corps d'où elle est sortie ; de telle sorte que si on la retient trop longtemps loin du médium, l'apparition s’évanouit et la matière qui la composait, revenue à l’état éthérique, retourne précipitamment à sa source.

Il n'est pas douteux que^ dans certains cas, de la matière physique dense et visible soit aussi empruntée au corps du médium, quelque difficile qu’il soit pour nous de comprendre la possibilité de ce transfert. J’ai été moi-même témoin de phénomènes de ce genre, bien prouvés par une diminution considérable dans le poids du corps physique du médium. Des cas semblables sont cités dans Gens de Vautre monde du colonel Olcott et Un cas de dématérialisation partielle d’Aksakow.

Pourquoi V obscurité? — La raison pour laquelle les êtres qui dirigent les séances préfèrent opérer dans l’obscurité ou avec une lumière très faible, c’est que leur pouvoir est d’ordinaire insuffisant pour maintenir la matérialisation d’une figure ou môme d'une main pendant plus de quelques secondes au milieu des vibrations intenses accompagnant une brillante lumière.

Les habitués des séances spirites auront remar-

qué que les matérialisations sont de trois sortes : 1® celles qui sont tangibles, mais non visibles ; 2° celles qui sont visibles, mais non tangibles ; 3® celles qui sont à la fois visibles et tangibles. Au premier genre, le plus nombreux, appartiennent les mains invisibles qui caressent si souvent les assistants ou transportent de petits objets à travers la pièce, et les organes vocaux qui produisent la « voix directe », En ce dernier cas on emploie une espèce de matière qui ne reflète ni intercepte la lumière, mais qui est susceptible d’éveiller dans l’atmosphère des vibrations que nous percevons comme son.

Photographies spirites, — Une variante de cette classe est cette espèce de matérialisation partielle qui, sans pouvoir réfléchir aucune lumière visible, agit cependant sur les rayons ultra violets et, faisant ainsi une impression plus ou moins nette sur la plaque sensible, nous donne les photographies spirites.

Quand le pouvoir est insuffisant pour produire une matérialisation parfaite, on obtient les formes vaporeuses qui constituent notre seconde classe et, en ce cas, les « esprits » avertissent généralement les assistants de ne pas toucher aux apparitions. Quand, ce qui est plus rare, la matérialisation est complète, c’est que la force est suffisante pour maintenir, au moins quelques instants, des

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formes qui peuvent être à la fois vues et touchées.

Si un Adepte ou son disciple a besoin, dans un but quelconque, de matérialiser son véhicule astral ou mental, il n’emprunte rien à son double éthérique, ni à celui de personne, car il a apprjs à extraire la matière qui lui est nécessaire directement de Téther ambiant.

Duplication, — Un autre phénomène étroitement rattaché à cette partie de notre sujet est celui de la duplication ; il se produit tout simplement en formant une image mentale parfaite de Tobjet à copier et en rassemblant autour de ce canevas la matière astrale et physique nécessaire. Naturellement, il faut pour cela que toutes les particules intérieures aussi bien qu’extérieures de l’objet soient simultanément présentes à l’esprit, de sorte que ce phénomène demande un pouvoir considérable de concentration. Les personnes qui ne savaient pas extraire directement la matière de l’éther ambiant l’ont parfois empruntée à l’objet primitif qui se trouve alors avoir perdu une portion correspondante de son poids.

Précipitation, — Il est beaucoup question dans la littérature théosophique de la précipitation de lettres ou de dessins. Ce résultat, comme tous les autres, peut être obtenu de plusieurs façons. Un Adepte qui désire communiquer avec quelqu’un pourrait placer devant lui une feuille de papier,

former une image mentale de ce qu’il veut écrire et emprunter à l’éther la matière nécessaire pour reproduire l’image sur le papier ; ou il pourrait encore aussi facilement la faire apparaître sur une feuille de papier chez son correspondant, quelle que fût la distance. Une troisième méthode plus souvent employée, parce qu’elle prend moins de temps, c’est de suggérer le contenu de la lettre à un disciple et de lui faire faire tout le travail mécanique de la précipitation. Le disciple prend sa feuille de papier, s’imagine qu’il voit la lettre écriteau-dessus de la main de son maître et procède comme il a été dit pour la faire apparaître. S’il avait de la peine à accomplir simultanément les deux: opérations de l’emprunt de la matière à l’éther et de la précipitation de l’écriture, il pourrait mettre sur la table à côté de lui une petite quantité d’encre ou de poudre colorée qui seraient d’un emploi plus facile, étant déjà à l’état de matière dense.

Il est tout à fait évident que ce pouvoir serait extrêmement dangereux entre les mains d’une personne sans scrupules, puisqu’il est aussi facile d’imiter une écriture que l’autre et qu’il serait impossible, par les moyens ordinaires, de découvrir un faux commis de cette manière. Un disciple qui est positivement attaché à un Maître possède toujours un signe infaillible pour reconnaître si

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un message vient de ce Maître ou non, mais les autres n’ont de preuves que celles fournies par le contenu de la lettre et l’esprit qui l’anime, car l’écriture, si ressemblante qu’elle soit, n’a aucune valeur comme preuve.

Quant au temps nécessaire pour cette précipitation^ un disciple peu au courant de ces procédés, ne pourrait visualiser que quelques mots à la fois et n’écrirait guère plus vite que par les moyens ordinaires, mais un sujet plus expérimenté se représenterait siraultanémont toute une page ou peut-être la lettre entière et terminerait plus rapidement sa tâche. C’est ainsi que de longues lettres sont parfois produites en quelques secondes aux séances spirites.

Quand il s’agit de précipiter une peinture, la méthode est absolument la môme, saut qu’il est impérieusement nécessaire de visualiser tout le tableau à la fois. Et s’il demande plusieurs couleurs on se trouve en présence d’une nouvelle complication : fabriquer ces couleurs, les tenir séparées et reproduire exactement les teintes de l’original. Il y a là de quoi déployer tout un talent artistique et il s’en faut que tous les habitants du monde astral soient capables de produire un bon tableau ; un homme qui, vivant, aurait été un grand peintre et saurait par suite voir, et quoi voir, réussirait naturellement beaucoup mieux

qu’une personne ordinaire, s’il essayait de faire une précipitation après sa mort.

Ardoises. — L’écriture entre des ardoises, exécutée dans des conditions de garantie imposées, qui a rendu fameux certains médiums, est parfois produite par précipitation ; mais plus souvent, un morceau de crayon enfermé entre les ardoises est guidé par une main fantomale, dont seuls les bouts des doigts sont matérialisés pour le tenir.

Lévitation. — Un phénomène qui se produit quelquefois aux séances, et plus fréquemment chez les Joguis de l’Inde, est celui qu’on appelle lévitation : le corps humain flottant dans l’air. Sans doute, quand ceci arrive à un médium, il est souvent simplement porté par des « mains d’esprits » mais il y a une manière plus scientifique d’y parvenir que l’on emploie toujours dans l’Inde et parfois en Europe. La science occulte sait les moyens de neutraliser et même de renverser complètement l’attraction due à la pesanteur, et il est clair que, par un usage judicieux de ce pouvoir, on peut produire facilement des phénomènes de lévitation. C’est sans doute la connaissance de ce secret qui permettait aux nefs aériennes de l’Inde ancienne et de l’Atlantide de s’élever de terre et d’être rendues assez légères pour être mues et dirigées avec facilité. Il est probable aussi que la connaissance des forces subtiles de la nature

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intervint pour faciliter le travail de ceux qui élevèrent les pierres énormes employées clans Tarchitecture cyclopéenne ou la construction des Pyramides et des ruines colossales de Stonehenge.

Lumières spirites, — La production de lumières spirites est très facile aux habitants du plan astral grâce à toutes les ressources que ce plan met à leur disposition, soit quhl s’agisse d’une simple phosphorescence ou de la variété éblouissante, ou de ces curieux globules dansants et lumineux, en lesquels certaine classe d’élémentals du feu se transforme aisément. Toute lumière étant une vibration de l’éther, il est évident que quiconque sait produire ces vibrations obtient l’espèce de lumière qu’il désire.

Manipulation du feu. — C’est aussi à l’aide de l’essence élémentale éthérique que le phénomène remarquable de la manipulation du feu sans brûlures se produit, quoique cela puisse encore se faire par d’autres moyens. La couche la plus mince de substance éthérique peut être préparée de manière à rendre insensible à la chaleur la main qu’elle recouvre et un médium ou un assistant ainsi garanti peut saisir un charbon ardent ou du fer rouge sans aucun risque.

Transmutation des métaux. — La plupart des phénomènes spirites ont été cités dans ce qui pré-

cèd6, mais 6n dehors d’eux s’en trouvent un ou deux plus rares qui ne doivent pas être passés sous silence.

La transmutation des métaux est d’ordinaire considérée comme n’étant qu’un rêve des alchimistes du moyen âge et sûrement, dans la plupart des cas, la description du phénomène n’est qu’un symbole de la purification de l’âme. Mais il semble bien prouvé qu’à plusieurs reprises le phénomène fut vraiment produit. Et même aujourd hui il y a dans l’Inde des petits magiciens qui prétendent le faire dans des conditions qui seraient tout à fait probantes. Quoi qu’il en soit, il est clair que puisque l’ultime atome est le même dans toutes les substances et que, seules, les combinaisons different, quiconque sait réduire un morceau de métal à 1 état atomique et réarranger ensuite ses atomes autrement, ne peut avoir de peine à effectuer, autant qu’il veut, la transmutation.

Répercussion, — Le principe des vibrations sympathiques cité plus haut fournit l’explication d’un phénomène étrange et peu connu appelé répercussion, par lequel toute blessure infligée ou toute marque faite à la forme matérialisée se reproduit sur le corps physique. Nous en trouvons des exemples dans les preuves recueillies au cours des procès de sorcellerie du moyen

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âge, où Ton voit souvent qu’un coup porté à la sorcière sous la forme d’un chien ou d’un loup s’est retrouvé à la partie correspondante de son corps humain. La même étrange loi a motivé parfois des accusations bien injustes de fraude envers un médium quand, par exemple, une matière colorante frottée sur la main de l’esprit matérialisé s’est ensuite retrouvée sur la main du médium. L’explication, c’est que dans ce cas, comme il arrive souvent, l’esprit n’était que le double éthérique du médium forcé par les influences dirigeantes à prendre une forme différente. En réalité ces deux parties du corps physique sont si intimement liées qu’il est impossible de faire résonner la tonique de l’un sans produire, dans l’autre, des vibrations correspondantes.

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