C'cst-k-divc Bonnets Jaunes, (N. D. T
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toutes les sectes thibétaines soient absolument condamnables: il serait plus juste de dire que dans les autres sectes, moins sévèrement réformées, un plus grand relâchement des règles, de la vie et des pratiques doit produire un plus grand nombre de natures égoïstes
2*^ Les morts.
Disons tout de suite que ce mot même de morts n’est pas du tout à sa place ici, puisque la plupart des entités qu’il va servir à désigner sont tout aussi vivantes que nous, souvent même beaucoup plus. Il faut donc l’entendre simplement eomme s’appliquant à ceux qui sont momentanément dépourvus d’un corps physique. Nous en compterons neuf espèces principales :
D Le Nirmânakâya, — Celui-ci est mentionné seulement pour rendre Ténumération complète, car il est, naturellement, bien rare qu’un être si élevé se manifeste sur un plan si bas. Si pour quelque raison, dans le cours de son sublime ministère, il se trouvait avoir besoin de s’y montrer, il est bien probable qu’il se formerait un corps astral temporaire comme nous avons vu que le ferait un adepte revêtu du corps mental, et ceci parce que son enveloppe serait trop subtile pour être aperçue de la simple vision astrale. Afin d’être
en élat de fonctionner instantanément sur tous les plans, il conserve en lui quelques atomes de chacun, noyau autour duquel il peut amasser rapidement la matière du véhicule désiré. On trouvera de plus grands éclaircissements sur Tétât et le ministère du Nirmânakâya dans la Voix du Silence de M’"® Blavatsky et dans mon petit livré sur Les Aides Invisibles,
Disciple qui attend sa réincarnation. — On a vu souvent dans la littérature Théosophique que le disciple arrivé à un certain point peut, avec 1 aide dé son maître, échapper à la loi commune qui fait passer tout être humain par le monde céleste après sa mort, a un moment donné, pour y jouir des résultats spirituels de ses aspirations supérieures pendant la vie physique. Gomme le disciple dans cette hypothèse serait un homme d’une grande pureté de vie et d’une grande noblesse de pensée, il est probable que ces résultats spirituels auraient une amplitude énorme et que s’il « prenait son Devachan » (c’est Texprcssion usitée), il devrait y séjourner fort longtemps. Mais si, au contraire, il choisit la Voie du Renoncement (commençant ainsi selon ses faibles moyens à suivre les traces du grand maître du renoncement, le seigneur Bouddha lui-même), il se trouve libre de donner un autre emploi à cette réserve de forces spirituelles au profit de l’humanité tout entière
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— et ainsi, quelque infinitésimale que soit son offrande, de prendre part à la grande œuvre des Nirmânakâyas. Par ce choix il sacrifie sans doute des siècles de félicité intense, mais il a Ténorme avantage de pouvoir continuer sans interruption sa vie de dévouement et de progrès.
Quand un disciple meurt après avoir choisi cette voie, il quitte simplement son corps comme il l’avait déjà fait souvent et il attend sur le plan astral qu’une réincarnation favorable puisse lui être ménagée par son Maître, ce qui ne peut se faire sans la permission d’une très haute autorité, car c’est une exception marquée à la loi ordinaire. Et la force de cette loi est si grande que, même muni de cette permission, le disciple doit prendre bien garde de quitter le niveau astral pendant cette attente, car s’il touchait, ne fût-ce qu’un moment, le plan mental, il pourrait être entraîné par l’irrésistible courant de l’évolution normale.
Dans des cas très rares on lui épargne la peine d’une nouvelle naissance en le plaçant directement dans un corps adulte dont le propriétaire n’a plus besoin. Mais un corps approprié ne se trouve naturellement pas souvent disponible. Plus fréquemment il luifaut attendre sur le plan astral, comme nous l’avons dit, l’occasion d’une naissance favorable, mais ce n’est pas du temps perdu, car le disciple reste ce qu’il était et peut conti-
nuer la tâche prescrite par son Maître d’une manière qui est même plus prompte et efficace que quand il se trouvait entravé par la fatigue de son corps physique. Il jouit de sa pleine conscience et peut parcourir à volonté et une égale facilité toutes les divisions du plan. Ce disciple en attente de réincarnation n’est pas chose très commune sur le plan astral, mais enfin il peut y être rencontré occasionnellement et il constitue une classe qui deviendra de plus en plus nombreuse à mesure qu’une proportion plus forte de l’humanité entrera dans le Sentier de Sainteté.
3“ Les morts ordinaires, — Inutile de dire que cette classe est des millions de fois plus nombreuse que les précédentes et qu’elle présente la plus extrême variété de types et de conditions. La durée de la vie astrale de ces morts varie également entre les limites les plus étendues, car si quelques-uns la comptent par jours, ou même par heures, d’autres demeurent sur ce plan des années e^es siècles.
Un homme qui a mené une vie pure, dont les sentiments ont été surtout altruistes et les aspirations principalement spirituelles, n’a rien qui l’attire sérieusement à ce plan : laissé à lui-même, il n’y trouverait à peu près rien pour l’y retenir ou même pour l’éveiller à l’activité pendant le séjour relativement court qu’il doit y faire. Car
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il faut bien retenir qu’après la mort l’homme réel se retire en lui-même et de même qu’après avoir quitté son corps physique il abandonne bientôt son double éthérique, il devrait aussi rejeter aussitôt que possible son corpj, aatral pu corps de désir et passer dans le monde céleste, car c’est là seulement que ses aspirations spirituelles peuvent porter leurs fruits.
Un homme, dont le cœur est noble et pur peut arriver à ce résultat, car il a vaincu ses passions pendant la vie terrestre, il a dirigé l’cfFort de sa ^ volonté vers un but élevé, il n’a donc que très peu de désirs inférieurs à épuiser sur le plan astral. Son séjour y sera court et sa conscience probablement très vague, jusqu’au moment où il tombera dans un profond sommeil pendant lequel ses principes supérieurs se libéreront définitivement de l’enveloppe astrale pour entrer dans la joie du monde céleste.
Tel est l’état idéal et désirable, mais ce n’est pas celui de tous, ni même de la majorité. Il s’en faut de beaucoup que le commun des mortels se soit affranchi de tout désir terrestre avant sa mort ; et il lui faut passer un temps fort long dans un état plus ou moins conscient sur les diverses divisions du plan astral pour laisser les forces qu’il a engendrées s’épuiser et arriver ainsi à délivrer son ego supérieur.
Chacun est obligé de traverser les sept sousplans du monde astral pour parvenir au monde céleste, mais il ne faut pas en conclure qu’il sera conscient sur toutes ces divisions. De même que le corps physique se compose de tous les états de matière physique (solide, liquide, gazeux, éthérique), de même le véhicule astral doit renfermer des particules de la matière de chaque sous-plan astral. Les proportions seules varient considérablement selon les personnes.
Maintenant, il ne faut pas oublier qu’en même temps que la matière de son corps astral l’homme a attiré dans celui-ci l’essence élémentale correspondante, qui pendant sa vie se trouve ainsi séparée de la masse générale de nature similaire et devient pour le même temps ce qu’on peut appeler une espèce d’élémental artificiel. Celui-ci acquiert une existence propre, pendant laquelle il poursuit le cours de son évolution particulière dans le sens de la descente dans la matière sans s’inquiéter (du reste sans avoir connaissance) de la convenance, ni des intérêts de l’Ego auquel il se trouve attaché. Voilà la cause de cette lutte entre la chair et l’esprit dont les écrivains religieux parlent si souvent. Mais quoique ce soit là « la loi des membres en guerre contre la loi de l’Esprit », quoique l’évolution de l’homme puisse s’en trouver sérieusement retardée s’il ne sait pas
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rester le maître, il ne faut pas appeler cela le Mal, c’est encore la Loi, encore une émanation du Pouvoir divin poursuivant son cours régulier, mais en descendant vers la matière, au lieu de s’en éloigner, de remonter comme nous faisons.
Quand Thomme quitte en mourant le plan physique, les forces désintégrantes de la Nature commencent à agir sur son corps astral, et cet élémental se voit menacé de perdre son existence séparée. 11 cherche à la défendre en maintenant le plus longtemps possible Tintégrité du corps astral ; le moyen qu’il emploie consiste à en modifier l’arrangement de façon à disposer la matière en couches concentriques, dont l’extérieure appartient au sous-plan le plus bas, est par conséquent la plus épaisse, la plus grossière et la plus résistante à la destruction. Mais l’homme ne peut quitter le septième sous-plan qu’après avoir dégagé le plus possible de son moi réel de la matière de ce sous-plan ; ensuite sa conscience se fixe sur la couche suivante, formée de la matière du sixième sous-plan, ou, pour parler autrement, il passe sur le sous-plan suivant. En d’autres termes, lorsque le corps astral a épuisé l’attrait que lui inspire une division, presque toute la matière de cette division se détache de lui et il se trouve en rapport avec une vie un peu plus élevée. Sa gravité spécifique, si l’on peut s’exprimer ainsi, dimi-
nue sans cesse, et il s’élève régulièrement des strates les plus denses aux plus subtiles, séjournant seulement là où il se trouve en parfait équilibre. Voilà évidemment ce que veulent dire les morts qui apparaissent dans les séances de spiritisme, quand ils déclarent qu’ils sont sur le point de passer dans une sphère supérieure d’où il leur sera impossible ou du moins plus difficile de communiquer au moyen d’un médium. Et c’est un fait positif qu’arrivé au sous-plan le plus élevé, un mort se trouverait à peu près dans l’impossibilité d’agir sur un médium ordinaire.
Nous voyons donc que l’homme sera retenu à chaque niveau du plan astral un temps proportionné à la quantité de matière correspondante renfermée dans son corps astral et que celle-ci dépend à son tour de la vie qu’il a menée, et des désirs auxquels il s’est abandonné, puisque c’est ainsi qu’il a attiré et fixé dans ledit corps astral telle ou telle classe de matière. Il est donc possible, par uné vie pure et des pensées élevées, de réduire au minimum les quantités de matière appartenant aux niveaux inférieurs et d’amener chacune d’elles au point critique où le premier effort des forces désintégrantes suffira à détruire sa cohésion et à la ramener à son état primitif, laissant l’homme libre de passer aussitôt au sousplan immédiatement supérieur*
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Une personne tout à fait spirituelle pourrait ainsi traverser presque instantanément et inconsciemment le plan astral tout entier, pour ne recouvrer la conscience de son entourage que dans le plan supérieur, le monde céleste. Ne pas oublier que les sous-plans n’occupent pas des régions séparées de l’espace, mais qu’ils s’interpénétrent, de sorte que passer d’une division à une autre ne veut pas dire qu’il faille pour cela se mouvoir dans l’espace, mais seulement déplacer le centre de sa conscience d’une couche à l’autre, les prendre successivement pour instruments de perception et de conscience.
Seuls les hommes dont les désirs ont été grossiers et brutaux, les ivrognes, les luxurieux, etc. se trouvent conscients sur le sous-plan le plus bas du monde astral. Ils y séjournent un temps proportionné à l’intensité de leurs désirs, souvent cruellement torturés par l’impossibilité de les satisfaire, sauf exceptionnellement quand ils parviennent à s’emparer par obsession d’un vivant ayant les mêmes goûts qu’eux.
Un homme de moralité moyenne n’aurait probablement guère à rester sur ce septième sousplan; mais si des préoccupations purement terrestres avaient été Tunique objet de ses pensées et de ses désirs, on le trouverait sur le sixième sousplan, hantant les lieux et les personnes qu’il
avait fréquentés sur la terre. Le cinquième et le quatrième sous-plan sont de même nature, sauf qu’en les traversant l’on attache de moins en moins d’importance aux choses de ce bas monde et que l’on tend de plus en plus à façonner son entourage en conformité avec les plus persistantes de ses pensées.
En arrivant au troisième sous-plan nous voyons cette tendance remplacer entièrement la vision des réalités du plan : car ses habitants vivent dans des villes imaginaires qui ne sont pas exclusivement, comme dans le monde céleste, la création de leur propre pensée, mais un héritage de leurs prédécesseurs auquel ils ajoutent sans cesse de leur crû. C’est là que se trouvent ces églises, ces écoles, ces « demeures du pays de l'été » si souvent décrites dans les séances de spiritisme. Un observateur « vivant » moins prévenu ne les trouverait généralement pas aussi réelles, aussi magnifiques qu’elles le paraissent aux sens charmés de leurs créateurs.
Le deuxieme sous-plan semble être surtout le séjour des dévots bornés et égoïstes : ils s’y trouvent à la joie de leur cœur et célèbrent le culte de leur divinité particulière sous sa forme la plus matérielle.
La subdivision supérieure paraît spécialement réservée à ceux qui ont passé leur vie dans des
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occupations intellectuelles, mais matérialistes, dans le but, non pas d’en faire profiter leurs contemporains, mais de satisfaire leur ambition personnelle ou par simple gymnastique mentale. De telles gens peuvent rester à ce niveau de longues années parfaitement contents de poursuivre la solution de leurs problèmes intellectuels, mais inutiles à tous et n’avançant guère vers le monde céleste.
Rappelons encore qu’aucune idée de localisation ne doit être associée à ces sous-plans. Un défunt fonctionnant sur l’un quelconque d’entre eux pourrait se transporter aisément d’ici en Australie, ou partout où l’entraînerait un désir passager. Mais il ne pourrait transférer sa conscience au sous-plan suivant avant que le processus de libération précédemment décrit soit parvenu à son terme. A cette règle il n’est pas, que nous sachions, d’exceptions, quoique les actions conscientes accomplies sur un sous-plan puissent jusqu’à un certain point abréger ou prolonger le séjour qu’on y fait.
Le degré même de la conscience sur un sousplan donné obéit à une règle un peu plus compliquée. Prenons un exemple extrême pour la faire comprendre. Supposons un homme qui avait apporté d’une incarnation antérieure des tendances ayant nécessité pour leur manifestation une large proportion de matière du sous-plan le plus
}3as, mais qui a eu la chance d’apprendre de bonne heure à résister à ces tendances. Il n’est guère probable que ses efforts dans ce sens aient un succès complet ; mais même dans ce cas la substitution, qui en résulterait, des particules plus fines aux particules grossières dans son corps astral ne pourrait se faire que lentement, et il pourrait conséquemment arriver que l’homme mourût avant d’avoir, à beaucoup près, parachevé cette substitution. Il pourrait ainsi lui rester bien assez de matière grossière dans la composition de son corps astral pour l’obliger à séjourner quelque temps sur le septième sous-plan. Mais comme dans cette incarnation il n’aurait pas eu l’habitude de fonctionner consciemment à l’aide de cette matière, et que cette habitude ne se prendrait pas tout d'un coup, il en résulterait que l’homme passerait bien sur le septième sous-plan le temps nécessaire à la désintégration de la dite matière, mais sans s’en apercevoir. C’est-à-dire qu’il resterait endormi pendant cette période et n’en sentirait aucune des misères.
Disons en passant que, sur le plan astral, l’étendue des communications est déterminée comme ici par les connaissances des habitants. Tandis qu'un disciple revêtu du corps mental peut communiquer ses pensées plus aisément et plus rapidement que sur la terre, au moyen d’impressions mentales, aux
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entités humaines habitant le monde astral, cellesci n'ont pas habituellement cette faculté et paraissent soumises à des restrictions similaires aux nôtres, ou peu s'en faut. Il en résulte qu'on les voit se réunir comme ici en ^ro^es liés par la communion des idées, des ^^fôÿancea^et du langage*-
L'idée poétique de la mort ramenant tout à l’égalité est une absurdité pure, fille de l’ignorance, car dans la grande majorité des cas, la perle du corps physique ne fait aucune ombre de dilférence dans le caractère et l'intelligence de la personne. L’on trouve par conséquent tout autant de variété' dans la mentalité de ceux que nous appelons les morts que dans celle des vivants.
L'enseignement courant des religions occidentales sur le sort réservé à l’humanité apres la mort est si prodigieusement éloigné de la vérité, que même des hommes intelligents se trouvent bien déroutés en s’éveillant dans le monde astral après leur mort. Le nouveau venu se voit dans des conditions si différentes de celles auxquelles il s’attendait qu'il n'est pas rare de le voir se refuser à croire à sa propre mort. Ainsi notre foi tant vantée en l'immortalité de l'âme est si peu solide que le fait d’être resté conscient est tenu par la plupart pour une preuve absolue qu’ils ne sont pas morts 1
L'horrible doctrine des châtiments éternels est
cause aussi de bien des terreurs, aussi peu fondées que pitoyables, chez les nouveaux venus dans la vie supérieure : ils traversent souvent de longues périodes de souffrances mentales aigues avant de parvenir à se soustraire à Pinfluence de cet odieux blasphème et de s’apercevoir que le monde n’est pas gouverné par le caprice d’un démon avide d’angoisses humaines, mais selon la loi bienfaisante et patiente de l’évolution. Beaucoup des gens dont nous parlons n’arrivent jamais à comprendre ce fait de l’évolution, mais vont au hasard et sans but dans le monde astral, comme ils faisaient dans leur précédente vie physique. Aussi bien après la mort qu’avant, combien peu se rendent compte de leur vraie position et savent en tirer le meilleur parti et combien nombreux ceux qui restent dans l’ignorance ! Là comme ici, ces derniers ne sont guère disposés à profiter des conseils, ni des exemples des sages.
Quel que soit le niveau intellectuel du défunt, l’intelligence qu’il possède en corps astral est une quantité qui varie souvent en plus ou en moins, mais qui est en somme décroissante, car si le mental inférieur, attiré en haut par la nature spirituelle et en bas par les forces du désir, oscille entre les deux attractions, il tend, de plus en plus vers la première, à mesure que les désirs inférieurs vont s’affaiblissant.
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Ici se place une des critiques que Ton peut faire aux séances spirites. Évidemment un homme ignorant ou dégradé peut apprendre beaucoup après sa mort au contact d'assistants sérieux dirigés par une personne compétente et peut ainsi être aidé et relevé. Mais dans l'homme ordinaire, la conscience remonte régulièrement de la partie inférieure de sa nature vers la supérieure ; il ne peut donc être favorable à son évolution de le tirer de cet état bienfaisant d'indifférence auquel il tend naturellement, pour le rappeler au contact de la terre en communiquant avec lui au moyen d'un médium. On comprendra mieux le danger de ce rappel, si on se souvient que l'homme, en se retirant de plus en plus en luimême, devient de moins en moins capable d’influencer et de gouverner sa partie inférieure qui, cependant, jusqu'à séparation complète, reste susceptible d'engendrer du karma et, laissée à elle-même, a bien plus de chance d’en semer de mauvais que de bon.
Il y a encore une autre influence qui s'exerce bien plus souvent au détriment des défunts partis pour le monde céleste : c'est le chagrin intense et sans mesure des survivants. Nos idées occidentales sur la mort, si fausses, je dirai même si irréligieuses, ont ce triste résultat — • parmi tant d'autres — de nuire sérieusement à ceux que nous
pjeurons par la force même de nos regrets, sans parler de l’inutilité de la douleur à laquelle nous nous livrons lors de cette temporaire séparation.
Tandis que notre frère disparu tombe paisiblement et naturellement dans le sommeil inconscient qui précède le réveil dans les splendeurs du monde céleste, trop souvent il se voit tiré de ses rêves heureux et rappelé au souvenir de la vie terrestre par la violence du chagrin et les regrets passionnés de ses proches, qui font vibrer son corps de désirs et lui causent un malaise extrême. Il serait bien à désirer pour ceux qui sont partis, que ces faits indubitables apprissent à ceux qui restent à dominer, dans l’intérêt même de leurs chers disparus, ces excès d’un chagrin bien naturel, mais pourtant égoïste en son essence. Non que renseignement occulte conseille Toubli des morts — bien loin de là. Mais il montre que le souvenir affectueux d’un vivant pour un ami défunt est une force qui, convenablement dirigée, sous forme dc^ souhaits bien sentis en vue de ses progrès vers le monde céleste et de son passage paisible à travers l’état astral intermédiaire, peut être véritablement utile. Tandis que, dissipée en vains regrets et désirs de se revoir, elle peut être non seulement inutile, mais nuisible. La religion hindoue et l’église catholique le savent bien quand elles près-
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crivent, Tune les cérémonies des shràddha et l’autre les prières pour les morts.
Cependant le désir de communiquer peut venir de celui qui est parti, et un mort souhaiter particulièrement de dire qnolque chose à ceux qu'il a quittés. Le message peut même parfois être impor. tant, par exemple avoir trait à la découverte d’un testament perdu : le plus souvent il nous paraît bien futile. Mais quel qu'il soit, s’il est fortement ancré dans l’esprit du défunt, il vaut mieux qu’il parvienne à le communiquer, ear le désir intense qui le tourmente pourrait retenir indéfiniment sa conscience vers le monde terrestre et l’empêcher de passer dans des sphères supérieures. En pareil cas, un psychique capable de le comprendre, un médium écrivain ou parlant, peuvent lui rendre un grand service.
Mais, dira-t-on, pourquoi ne peut-il écrire ou parler sans médium ? C’est qu’un état de matière ne peut ordinairement agir que sur l’état immédiatement au-dessous. Le défunt n’ayant rien de plus dense en lui que la matière qui compose son corps astral n’arrive pas à faire vibrer l’air qui est une substance physique, ni à manœuvrer un crayon matériel sans emprunter la matière vivante intermédiaire du double éthérique, à travers laquelle une impulsion partie du monde astral peut facilement se transmettre au plan physique. Il ne
peut être question d’emprunter cette matière éthérique à une personne quelconque dont tous les principes sont trop étroitement liés pour être séparés par les moyens à sa portée. Mais l’essence même du médium est d’avoir des principes aisément séparables, il peut donc fournir sans difficulté la matière indispensable à la manifestation.
Quand le défunt ne trouve pas de médium ou quand il ne sait pas s’en servir, il essaie à sa façon d’entrer en communication et la force de sa volonté met à l’aveuglette les forces élémentales en mouvement. Il en résulte des phénomènes d’apparence incohérente : pierres jetées, sonnettes tirées, etc. Un psychique ou un médium, ense rendant dans une maison où se passent de tels phénomènes, pourront découvrir le but poursuivi par l’entité qui les produit et, en lui donnant satisfaction, mettre fin aux troubles. Pas toujours cependant, car ces forces élémentales sont parfois mises en mouvement par des causes tout à fait différentes.
4o Les Ombres, — Quand la séparation des principes est complète, la vie astrale prend fin et on passe, comme il a été dit, dans le monde mental, Mais de même qu’en mourant on laisse derrière soi le corps physique, de même, en quittant le plan astral, on abandonne le corps astral en voie de désintégration. Si pendant la vie terrestre on
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a renoncé à Ions Jes désirs matériels et dirigé ses aspirations vers l’altruisme et la spiritualité, l'Ego supérieur se trouve à même de résorber la somme totale du mental inférieur projeté par lui en incarnation. Dans ce cas le corps abandonné sur le plan astral n’est qu’un cadavre comme le corps physique après la mort et il ne rentre pas dans cette classe-ci, mais dans la suivante. , ^
Chez un homme ayant; mené une vie physique un peu moins parfaite le résultat peut être à fort peu près le même, si ce qui reste de désirs inférieurs a pu sans obstacle . s’épuiser sur le plan astral. Mais la niajorité des gens ne font que de bien faibles et vagues efforts pour se délivrer des tendances inférieures de leur nature, et se préparent ainsi non seulement un séjour prolongé dans le monde intermédiaire, mais encore ce qu’on peut décrire comme la perte d’une portion du mental inférieur. Bien que ce soit une façon bien matérielle de représenter le reflet du mental supérieur dans l’inférieur, on pourra se faire une idée assez juste du procédé en adoptant l’hypothèse que le principe mânasique envoie une partie de lui-même dans la vie physique à chaque incarnation, comptant, pouvoir la reprendre à la fin de chaque vie, enrichie par des expériences variées. Malheureusement l’homme ordinaire se laisse tellement asservir par toutes sortes de vilains désirs, qu’une cer-
taine portion du mental inférieur devient étroitement unie au corps de désir et que, quand arrive la séparation à la fin de la vie astrale, le principe doit en quelque sorte se déchirer, en laissant sa portion dégradée mêlée au corps astral en décomposition.
Ce corps se compose alors de particules de matière astrale qui retiennent comme en prison la portion du mental inférieur qui n’a pas su se dégager. La matière astrale propre à chaque sousplan se trouve, dans le corps astral en décomposition, dans la proportion où le mental s’est laissé envahir par les passions basses. Il est évident que le mental, en traversant les sous-plans successifs, n’ayant pu se délivrer complètement de la matière propre à chacun, la dépouille astrale renfermera des reliquats de toutes les espèces grossières qui auront réussi à rester agrégées.
Telle est l’origine de la classe d’entités qu’on appelle les ombres. Je ferai observer qu’une ombre n’est pas du tout l’individu lui-même puisque celui-ci est passé dans lo monde céleste ; mais elle en conserve la forme extérieure, la mémoire et les petites originalités, de sorte qu’elle peut aisément être confondue avec lui, ainsi qu’il arrive souvent aux séances spirites. Cette ombre ne s’imagine point tromper personne, puisque, dans son intelligence limitée, elle se croit de bonne foi
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l’individu, mais qu’on se représente l’horreur et le dégoût des amis du défunt, s’ils savaient qu’on leur fait prendre pour le cher disparu un agrégat dépourvu d’âme et composé de ses plus mauvaises qualités .
La durée de l’existence de l’ombre varie selon la quantité de mental inférieur qui l’anime ; mais comme celle-ci ne cesse de diminuer, son intelligence baisse toujours à mesure, quoiqu’elle puisse posséder à un assez haut degré une sorte de ruse instinctive : môme à ta fin de sa carrière, l’ombre est encore en état de communiquer au moyen de l’emprunt temporaire de l’intelligence du médium. L’essence même de sa nature est de céder à toutes les mauvaises influences et, étant séparée de l’Ego supérieur, elle n’a plus en soi d’éléments susceptibles de répondre aux bonnes. Elle se prête donc aisément aux menues opérations des magiciens noirs de catégorie inférieure. Tout ce qu’elle possède de matière mentale finit par se désintégrer et retourner à son propre plan, mais non à un mental individuel — et l’ombre pâlit insensiblement et tombe à la classe suivante.
5» Les coques. — Celles-ci ne sont plus que le cadavre astral à ses dernières phases de décomposition abandonné par les dernières particules mentales. Dépourvues de toute espèce de conscience et d’intelligence, elles flottent passivement sur les
coiirâuls astrals, comme des nuages entraînés par le vent qui passe. Pourtant elles peuvent encore être galvanisées au contact de 4 aura d’un médium et devenir pour quelques instants une odieuse mascarade de la vie. Elles ressemblent encore exactement au mort, peuveut même jusqu’à un certain point reproduire ses expressions favorites ou son écriture. Mais ce n’est qu’un acte automatique des cellules qui la composent et qui tendent, une fois excitées, à répéter leurs mouvements accoutumés ; et ce que ce genre de manifestations comporte d'intelligence ne vient point de l’homme défunt, mais est emprunté au médium ou à ses « guides ».
Bien plus souvent une coque se trouve momentanément vitalisée d’une manière tout autre qui sera décrite à propos de la catégorie suivante. Elle conserve la faculté de répondre aveuglément aux vibrations — généralement grossières — qui lui étaient familières pendant sa période d’existence comme ombre. Il en résulte que les personnes chez lesquelles les mauvais désirs et les passions sont prédominants ont beaucoup de chances de les sentir intensifiés par une sorte de réverbération produite par les coques inconscientes, quand elles assistent aux séances spirites, surtout à celles d’ordre inférieur.
Il y a une autre variété de cadavre dont il faut
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parler ici, quoiqu’elle appartienne à une phase bien antérieure de la carrière posthume du défunt. On sait qu’après la mort du corps physique le double éthérique est bientôt abandonné par le corps astral remanié, et qu’il est voué à une désagrégation lente, tout comme la coque astrale à la période postérieure où nous sommes parvenus. Cette coque éthérique, toutefois, n’erre pas çà et là comme la variété qui vient d’être décrite, mais elle demeure à quelques mètres du corps physique en voie de décomposition. Facilement perceptible aux moindres sensitifs, elle est l’origine des histoires courantes de revenants dans les cimetières. Un psychique traversant une de nos grandes nécropoles aperçoit des centaines de ces formes vagues d’un blanc bleuté flottant sur les tombes où reposent les corps physiques dont elles viennent d’être séparées. Et comme elles se trouvent, comme leur contre-partie physique, à divers degrés de décomposition, le spf tacle n’a rien de plaisant.
Gomme la coque astrale, la coque éthériqu entièrement dénuée de conscience et d’in gence et elle ne peut être ramenée à un seml — toujours affreux — de vie que par les rites r gnants d’une des pires espèces de magie dont il vaut mieux ne pas parler.
On voit donc qu’à chaque étape de sa n
la terre au ciel, rhomme rejette et abandonne à une lente décomposition trois cadavres : son corps physique, son double éthérique, son véhicule astral, qui se résolvent graduellement dans leurs éléments, réutilisés ensuite sur chaque plan par Tadmirable chimie de la nature.
6° Les coques vitalisées, — Ces entités ne devraient pas, à strictement parler, être classées parmi les « humains », puisque seul leur vêtement extérieur, passif, insensible, appartint jadis à l’humanité ; tandis que ce qu’elles peuvent montrer de vie, d’intelligence et de désir appartient à l’élémental artificiel qui les anime et que celui-ci n’est pas humain, quoique, hélas ! créé par la malice humaine. Nous en reparlerons plus à fond à leur vraie place parmi les entités artificielles ; leur origine et leur nature seront alors plus faciles à comprendre. Disons seulement que ce sont tou- *ours des êtres malfaisants, vrais démons tenta- ^rs dont l’influence n’a d’autres limites que s de leur pouvoir. Comme les ombres, elles ént fréquemment aux horribles desseins des îciens du Voudou et de l’Obeah. Quelques /ains les ont nommées « élémentaires », mais rme a été appliqué à diverses époques à presautes les variétés d’entités posthumes ; il est ^evenu si vague qu’il vaut mieux l’éviter.
*5 suicidés et les victimes d'iuie mort subite.
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— On comprendra facilement qu’une personne brusquement arrachée à la vie en pleine force et en pleine santé, par accident ou par suicide, se trouve sur le plan astral dans des conditions toutes différentes de celui qui meurt de maladie ou de vieillesse. En ce dernier cas, l’empire des désirs terrestres est sûrement plus ou moins affaibli et les particules les plus grossières ont chance d’avoir été éliminées, de sorte que l’homme peut se trouver de suite dans la sixième ou la cinquième subdivision ou même plus haut. Les principes ont été préparés peu à peu à se séparer et la secousse n’est plus si violente. Mais dans le cas d’une mort accidentelle ou d’un suicide, il n y a pas eu de préparation et l’extraction des piincipes supérieurs hors de leur enveloppe physique a été justement comparée à l’arrachement du noyau d’un fruit vert : beaucoup de matière astrale grossière adhère encore à la personnalité qui se trouve ainsi retenue dans la septième subdivision astrale, la plus basse du plan. On sait que c’est un séjour qui est loin d’être agréable. Cependant tous ceux qui sont obligés d’y séjourner pour un temps n’y éprouvent pas les mêmes sensations. Les victimes d’une mort subite dont la vie a été pure et noble, n’ont aucune affinité pour ce plan et y passent leur temps, d’après une ancienne lettre sur ce sujet, « soit dans un heureux état d in-
conscience et d’oubli, soit dans un paisible sommeil, hanté d’heureux rêves. »
Au contraire, après une vie terrestre brutale, égoïste et sensuelle, elles se trouvent, tout comme les suicidés, pleinement conscientes dans cette fâcheuse région et susceptibles de devenir de terribles et dangereuses entités. Brûlant de toutes sortes d’horribles désirs qu’ils ne peuvent plus satisfaire directement, privés qu’ils'-sont d’un corps physique, ils cherchent à assouvir leurs révoltantes passions par l’intermédiaire d’un médium ou d’un sensitif qu’ils obsèdent. Et ils éprouvent une joie infernale à se servir des artifices que leur fournit le plan astral pour illusionner les vivants et les pousser aux excès qu’ils paient eux-mêmes si cher.
La même lettre dit encore : « Ce sont les Pisâchas, les incubes et les succubes des écrivains du moyen âge, les démons de l’ivrognerie, de la gourmandise, de la luxure et de l’avarice, puissamment rusés, cruels et mauvais, excitant leurs victimes à commettre d’affreux crimes et exultant de les voir commettre. » Ils fournissent avec la précédente classe les tentateurs, les diables des livres pieux, mais ils échouent complètement contre un esprit pur et droit, ils ne peuvent rien contre un homme, s’il ne s’adonne déjà aux vices où ils cherchent à l’entraîner.
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. Un psychique peut voir des foules de ces malheureux rassemblés autour des boucheries, des cabarets, ou autres lieux plus honteux encore, où ils trouvent l’atmosphère grossière qu’ils recherchent et i-encontrent des vivants de môme acabit qu’eux-mêmes. C’est un grand malheur pour un de ces défunts de rencontrer un médium approprié; non seulement il prolonge ainsi énormément cette affreuse vie astrale, mais comme il retrouve la possibilité de créer, peut-être indéliniment, du mauvais karma, il se prépare une réincarnation de l’espèce la plus vile, courant de plus le risque de perdre une large portion de son pouvoir mental. S’il a la chance de ne pas rencontrer de sensitif capable de lui servir d’intermédiaire, ses désirs, faute de satisfaction, s’apaiseront peu à peu et les souffrances qui en résultent épuiseront probablement beaucoup du mauvais karma de sa vie passée.
La situation du suicidé se complique en outre du fait que son action violente a considérablement diminué le pouvoir que possède l’Ego supérieur de l’ésorber sa portion inférieure et 1 expose ainsi à d’autres' dangers aussi graves que variés. Il ne faut pas oublier pourtant que la culpabilité d’un suicidé varie beaucoup selon les circonstances, de l’acte réfléchi et moralement inattaquable d’un Sénèque ou d’un Socrate à celui
du misérable qui se donne la mort pour écha pper aux conséquences de ses crime^. La situation après la mort varie en conséquence.
Il faut remarquer que cette catégorie ainsi que celle des ombres et des coques vitalisées forment ce qu’on pourrait appeler les vampires mineurs, puisque tous cherchent à prolonger ledr existence en soutirant la vitalité d’êtres humains soumis à leur influence. Voilà pourquoi le médium et les assistants sont souvent si épuisés à la fin d’une séance spirite. On enseigne aux étudiants de l’occultisme à se défendre contre de telles attaques, autrement il est dificile à qui se risque sur leur chemin d'éviter de leur payer plus ou moins son tribut.
8. Les vampires et les loups-cfaroiis, — Il reste encore à décrire deux espèces d'entités présentant, avec des différences considérables et multiples, des caractères communs d’horreur fantastique et d’extrême rareté, les derniers n’étant autre chose que des épaves de races primitives, hideux anachronismes, terrifiants débris d’un temps où l’homme et son ambiance étaient tout autres qu’à présent.
Hommes de la cinquième grande race, nous devrions être, par notre degré d’évolution, complètement à l’abri de pareils dangers, et par le fait ce genre d’entités n’est plus guère considéré que comme une fable du moyen âge. Pourtant il y
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en a encore parfois de nos jours des exemples, surtout dans les pays où il y a beaucoup de sang de la quatrième race, comme la Russie et la Hongrie^ Les légendes populaires sont évidemment exagérées, mais il reste un fond impressionnant de réalité dans les étranges récits que répètent les paysans de TEurope centrale. Les traits généraux en sont assez connus pour qu’ils suffise d’y faire allusion. On en trouvera un exemple typique, quoique de pure imagination, dans Garmilla de Sheridan Le Fanu, et une remarquable description d’un vampire d’espèce rare dans Isis Unveiled^ vol. I, p. 454.
Les lecteurs des livres théosophiques savent qu’il est possible de vivre d’une manière si complètement dégradée et égoïste, si criminelle et brutale, que le mental inférieur tout entier se trouve emprisonné par les désirs et séparé absolument de sa source spirituelle, l’Égo supérieur. 11 semble même que quelques étudiants considèrent cet accident comme fréquent et pensent que nous sommes exposés à rencontrer des quantités de ces « hommes sans âmes » dans notre vie de tous les jours. Ceci n’est heureusement pas exact. Pour atteindre une si effroyable excellence dans le mal qu’il en soit exposé à perdre entièrement sa personnalité, Un homme devrait étouffer jusqu’à la moindre lueur d’altruisme et de spiritualité et
n’avoir plus l’ombre d’une bonne qualité : si on réfléchit que dans les pires criminels on trouve toujours quelque partie qui n’eèt pas entièrement gâtée, on verra que les personnalités abandonnées par leur Ego supérieur. doivent être , une bien infime minorité. Cependant, si peu, qu’il y en ait, elles . existent ’ et c’est parmi elles que se trouve la catégorie encore plus rare des vampires L’entité perdue.se trouverait peu de temps après la mort incapable de rester dans le monde astral et tomberait fatalement et en pleine con science dans la mystérieuse huitième sphère, s* légitime séjour, pour s’y désintégrer lentemc au milieu de sensations qu’il vaut mieux ne p décrire. Mais si elle meurt de mort violente par suicide, elle peut, surtout si elle a des c naissances de magie noire, échapper parfois à horrible sort par un autre qui ne lui cède gu en horreur : la vie dans la mort, qui est l’effro b le existence du vampire. Gomme la huitm sphère n’a de droit sur le défunt consid, qu’après la dissolution de son corps physique, le maintient dans un état cataleptique par l’I rible expédient de la transfusion de sang emprui. à des êtres humains par son corps astral parti^ lement matérialisé et il retarde ainsi l’accomp) sement de sa destinée à force de meurtres. Le meilleur remède en pareil cas, comme les « supe)
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iitions» populaires reuseiguent, est d’exhumer le corps et de le brûler pour supprimer le point d’appui de l’horrible créature. Quand on ouvre la tombe, on trouve généralement le corps bien conservé et souvent le cercueil plein de sang. Celte espèce de vampire n’existe naturellement pas dans les pays où l’incinération est en usage.
Les loups-garous, également horribles, résultent d’une autre sorte de karma, et auraient peutêtre été plus à leur place dans la première division des habitants humains du plan astral, car c’est toujours pendant sa vie que l’homme commence à se manifester sous cette forme. Gela exige une certaine connaissance des arts magiques, au moins ce qu’il en faut pour projeter le corps astral.
Quand un homme absolument cruel et brutal '‘^^\père cette projection, il peut arriver que certaines entités du monde astral se saisissent de son iorps astral et le matérialisent sous la forme de "^pelque animal sauvage, généralement le loup ; "‘"ainsi transformé, il parcourt la contrée tuant bêtes t gens pour satisfaire sa propre soif de sang et celle des démons qui le poussent. Dans ce cas, éomme il arrive si souvent dans les matérialisations spirites, une blessure infligée à l’animal se retrouvera sur le corps humain du sujet selon la oi étrange de la répercussion ; mais après la mort du corps physique, l’astral, qui continue sou-
vent à apparaître sous la même forme, devient moins vulnérable, et aussi moins dangereux, car à moins de trouver un médium approprié, il ne peut plusse matérialiser complètement. De telles manifestations empruntent probablement beaucoup de la matière du double éthérique et sans doute aussi une partie des éléments constituants du corps physique, comme cela arrive pour certaines matérialisations. Dans un cas comme dans Fautre, le corps fluidique du loup-garou paraît avoir la faculté de s’éloigner du corps physique, bien davantage que cela n’est possible, dans les autres cas connus, à un véhicule qui renferme, pour le moins, une certaine quantité de matière éthérique.
C’est une mode à notre époque, de se moquer de ce qu’on nomme les sottes superstitions de paysans ignares ; mais l’occultiste découvre, dans ces traditions comme sous bien d’autres, sous les dehors de l’absurdité, des traces de vérités naturelles oubliées et il apprend ainsi à ne les rejeter — ou les admettre — qu’avec circonspection.
Ceux qui désirent explorer les régions astrales n’ont guère à redouter la rencontre de ces déplaisantes entités, puisqu’elles sont devenues, comme on l’a dit, extrêmement rares et le deviendront de plus en plus. Du reste leur apparition ne peut habituellement se produire que dans les en-
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Virons de leur corps physique, comme la matérialité de leur nature le fait assez supposer.
Les magiciens noirset leurs disciples. — Ceuxci correspondent exactement, à l’autre bout de 1 échelle, à notre seconde catégorie d’entités défuntes : les disciples qui attendent leur réincarnation. Mais ici, au lieu d’obtenir la faveur d’employer une méthode plus rapide de progrès, il s’agit de violer les lois de révolution pour se maintenir dans le monde astral au moyen des arts magiques — et des pires.
L’on pourrait subdiviser les membres de cette classe selon leurs méthodes et la durée possible de leurs existences sur ce plan ; mais ce ne sont pas des sujets bien attrayants et l’occultiste n’a guère besoin que de savoir comment les éviter ; nous passerons donc à un autre chapitre. Disons pourtant en passant que toute entité humaine qui cherche à prolonger son existence au delà des limites normales ne peut y parvenir qu’aux dépens des autres et en absorbant leur vie sous une forme ou une autre.
IL — Non humains.
Quoiqu’il soit suffisamment évident, même à un observateur superficiel, que les choses de la nature
terrestre n’ont pas été exclusivement ordonnées en vue de notre agrément, ni même de notre avantage final, il était inévitable que l’humanité dans son enfance se crût le centre du monde et s’imaginât que tout existe pour son usage et à son profit. 11 serait temps vraiment de perdre ces illusions enfantines et de comprendre notre vraie place et les devoirs qu’elle comporte. Mais mille choses dans notre vie courante montrent que la plupart d’entre nous n’en sont pas là, notamment les pratiques cruelles à l’égard des animaux, dont se font un jeu bien des gens qui se croient des plus civilisés. Le moindre débutant dans la science de l’occultisme sait que toute vie est sacrée et qu’il n’y a pas de progrès possible sans une compassion universelle, mais c’est seulement en avançant plus loin dans ses études qu’il découvre combien l’évolution est complexe et quelle modeste place occupe, comparativement, l’humanité dans l’économie de la nature.
11 s’aperçoit que, de même que la terre, l’air et l’eau nourrissent des myriades de formes de vie invisibles à l’œil nu, mais révélées par le microscope, de même les plans supérieurs en rapport avec notre terre sont habités par une population des plus denses dont nous n’avons habituellement pas conscience. A mesure qu’il progresse, il devient de plus en plus certain que, d’une façon ou d’une
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autre, tous les moyens pouvant aider à révolution sont utilisés au suprême degré et que, lorsque nous croyons voir dans la nature des forces perdues ou des occasions inemployées, ce n’est pas le plan de l'univers qui est en défaut, mais notre compréhension de ses méthodes et de ses intentions.
Il n’est pas nécessaire, pour notre description actuelle des habitants non humains du plan astral de parler de ces formes tout à fait primitives de la vie universelle qui évoluent, d’une manière que nous ne pouvons guère concevoir, en s’enfermant successivement dans les atomes, les molécules et les cellules. Même si nous commençons par le plus bas des règnes élémentals,nous aurons à comprendre dans ce'groupe un très grand nombre d’habitants du plan astral qui ne pourront être qu’à peine effleurés, car leur description un peu détaillée gonflerait ce petit volume jusqu’aux dimensions d’une encyclopédie.
Pour classer commodément les entités autres qu’humaines, on les divisera en quatre classes, avec cette réserve que les classes ne représenteront pas des subdivisions comparativement peu nombreuses, mais de grands règnes de la nature, au moins aussi considérables et complexes que, par exemple, le règne animal ou le règne végétal. Quelques-unes de ces classes sont bien inférieures
à rjîumanité, d'autres égales, d’autres nous surpassent de beaucoup en perfection et en puissance. Il y en a qui font partie de la même évolution que nous, c’est-à-dire qui ont été ou deviendront des hommes comme nous ; d’autres se développent selon un plan entièrement distinct.
Avant de les étudier, nous dirons, afin d’éviter qu’on nous reproche d’être incomplet, que dans celte partie du sujet deux points seront laissés dans l’ombre. 11 ne sera pas question des rares apparitions de très grands adeptes appartenant à d’autres planètes, ni de visiteurs plus augustes encore venus de bien plus loin : de tels sujets ne seraient pas à leur place dans un essai destiné au public. De plus, il n’est guère probable, quoique théoriquement ce ne soit pas impossible, que des êtres si sublimes aient jamais à se manifester sur un plan aussi inférieur que l’astral. S’ils venaient à en avoir le désir, ils revêtiraient un corps temporaire emprunté à la matière du plan comme le font les Nirmânakâyas.
De plus, tout à fait en dehors de nos quatre classes et sans aucun rapport avec elles, deux autres grandes évolutions coexistent avec l’humanité sur notre planète : mais il est défendu de donner aucun renseignement à leur sujet quant à présent, car il n’est pas dans le plan général que l’homme en ait connaissance, ni qu’elles aient connaissance
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de lui. Si jamais nous venions à les rencontrer, ce serait plutôt sur le plan physique, car elles n’ont que de bien faibles rapports avec le plan astral, où leur présence ne peut être due qu’à un accident rare dans certaine opération de magie cérémonielle que, très heureusement, un petit nombre des plus grands sorciers sont seuls à savoir pratiquer. Cependant cet accident, si improbable qu’il soit, est arrivé au moins une fois et peut se renouveler, de sorte que, sans la défense ci-dessus mentionnée, nous aurions dû les ajouter à notre liste.
1° IJ essence élémentale appartenant à notre évolution, — De môme que le mot « élémentaire » a été employé indistinctement par divers écrivains pour décrire tous les états possibles de l’homme après sa mort, de même le terme élémental a été appliqué à diverses époques à n’importe quelle sorte d’ « esprits » non humains, depuis les plus divins des Dévas jusqu’à l’essence sans forme répandue dans les règnes inférieurs au minéral, en passant par toutes les variétés d’esprits de la Nature. De sorte qu’après avoir lu plusieurs livres on ne sait plus que penser parmi tant de renseignements contradictoires. Qu’il soit bien convenu que le nom (J essence élémentale s’appliquera dans ce traité à l’essence monadique durant certaines étapes de son évolution, l’essence monadique pouvant à son tour être définie comme une émanation
de là force divine, de l’esprit divin, projeté dans la matière.
On sait déjà que cette émanation, avant d’arriver au degré d’individualisation où elle anime l’homme, a déjà traversé et animé six phases inférieures de révolution ; les règnes animal, végétal, minéral et les trois règnes élémentals. Pendant ses manifestations dans plusieurs de ces règnes, on l’a appelée parfois la monade animale, végétale ou minérale, mais cela peut induire en erreur puisque, bien longtemps avant d’arriver à ces règnes, ce n est plus une^ mais plusieurs monades. Le terme a été adopté, cependant, pour faire comprendre que, malgré les différenciations survenues dans l’essence monadique, elle n’avait pas encore atteint l’individualité. Quand cette essence monadique agit dans les trois grands règnes élémentals qui précèdent le règne minéral, on l’appelle essence élémentale. Mais, avant de parler de sa nature et de son genre d’activité, il faut rappeler comment l’esprit se revêt de la matière lorsqu’il y descend.
Posons en principe que, pour l’esprit, descendre d’un plan quelconque (disons le plan n’^ 1) au plan immédiatement inférieur (disons le plan n® 2) c’est s’envelopper de matière appartenant à ce dernier plan, c’est-à-dire s’enrouler dans un voile de matière du plan n° 2. De même
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s’il continue à descendre sur le plan n° 3, il doit encore revêtir la matière du plan n° 3 et son vêtement extérieur est fait alors de matière n® 3. La force agissante, — Tâme, en somme, de cet atome — n’est plus tout à fait au même état que sur le plan n° 1, puisqu’en outre de la force divine, il y a le voile de matière n° 2. En arrivant sur le plan n® 4, l’atome est encore plus complexe, car il revêt un corps de matière n"* 4 habité par un esprit déjà voilé deux fois — de la matière des plans 2 et 3. On comprendra que ce processus se renouvelant à chaque sous-plan du système solaire, quand la force originelle arrive à notre plan physique, elle est si complètement enveloppée qu’il n’est guère étonnant qu’on n’y sache souvent pas reconnaître l’esprit.
Supposons que l’essence monadique ait continué à se voiler ainsi jusqu’au niveau atomique du plan mental et qu’au lieu de traverser les diverses subdivisions de ce plan, elle tombe directement dans le plan astral, attirant autour d’elle un corps de matière astrale atomique, on aura l’essence élémentale du plan astral, qui appartient au troisième des grands règnes élémentals, celui qui précède immédiatement le règne minéral. Au cours de ses 2401 différenciations sur le plan astral, elle attire des combinaisons nombreuses et variées de ses subdivisions ; mais elles ne sont que
temporaires et il n’y a toujours qu’un règne dont le caractère particulier est d’être composé d’essence monadique descendue (involuée) seulement jusqu’au niveau atomique du plan mental, et se manifestant ensuite au moyen de la matière atomique du plan astral.
Les deux règnes élémentals supérieurs existent et fonctionnent respectivement sur les niveaux supérieurs et inférieurs du plan mental ; nous n’avons donc pas à nous en occuper ici. Le règne astral est une vaste réserve d’essence élémentale, étonnamment sensible à la plus fugitive des pen sées humaines, vibrant à l’unisson du moindre désir humain — même inconscient — dans l’espace d’une fraction infinitésimale de seconde, avec la plus exquise justesse. Mais dès l’instant que sous l’influence d’une pensée ou d’un désir, une portion limitée de l’essence élémentale se trouve prendre la forme d’une force vivante, d’une chose qui est un élémental (1), elle cesse par le fait môme d’appartenir au groupe que nous étudions pour entrer dans la classe des artificiels. Cette existence séparée est d’ailleurs habituellement des plus fugitives : aussitôt la force impul-
1. On verra plus loin que ce nom a été donné à trop de choses différentes, y compris les esprits de la nature, que des auteurs — non des moindres — ont été jusqu’à confondre avec des manifestations de l’essence élémentale. (N. D. T.)
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sive épuisée, Pélémental retourne à la masse non différenciée de Tespèce d’essence élémentale qui Ta fournie. Il serait monotone d’énumérer toutes ces espèces ; leur liste même serait incompréhensible, sauf pour celui qui les connaît par expérience, qui peut les évoquer et les comparer. On peut cependant sans grand’peine se faire une idée générale de leur classification et y trouver de l’intérêt.
Il y a d’abord la grande division qui a donné leur nom aux élémentals et qui les distingue par les éléments physiques dont ils font leur demeure. On retrouve ici comme partout le caractère septénaire de notre évolution, car il y a sept groupes principaux correspondant aux sept états de la matière physique ; « la terre, l’eau, l’air, le feu », ou pour traduire le symbolisme du moyen âge en style d’une précision plus moderne, les états solide, liquide, gazeux et les quatre états éthériques.
Il est depuis longtemps de mode de parler avec une pitié dédaigneuse de l’ignorance des alchimistes du moyen âge, parce qu’ils nommaient « éléments » des substances que la chimie moderne sait être composées. Mais c’est une grande injustice; car ils en savaient plus long que nous en réalité sur ce point. Qu’ ils aient — ou qu’ils n’aient pas — dressé la liste des 50 ou 60 corps que nous
appelons maintenant éléments, une chose est sûre, c’est que jamais ils ne leur ont donné ce nom, car leurs études occultes leur avaient appris qu'il n’y a qu'un élément dont toutes les formes de la matière ne sont que des modifications, vérité que, parmi les grands chimistes de nos jours, quelquesuns commencent seulement à soupçonner.
La vérité est que l’analyse de ces ancêtres dédaignés allait plus loin que la nôtre. Ils connaissaient l’éther et savaient l’observer, tandis que, pour la science moderne, ce ne peut être qu’un simple postulatum nécessaire à l’ensemble de ses théories ; ils avaient reconnu qu’il est fait de matière physique où se distinguent nettement quatre subdivisions ou états de matière plus subtiles que l’état gazeux, fait qui n’a pas encore été redécouvert. Ils savaient que tous les objets physiques se composent de l’un ou l’autre des sept états de matière et que tous les sept entrent en des proportions diverses dans la. composition de tous les corps organiques. De là leurs humeurs aqueuses ou ignées et leurs « éléments » qui nous semblent si ridicules. Il est évident qu’ils employaient ce dernier terme uniquement comme équivalent de « parties constituantes » sans aucune intention de lui donner le sens de « substance irréductible ». Ils savaient encore que chacun de ces ordres de matière fournit une base de manifestation à une
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grande classe d’essence monadiqueen cours d’évolution et ils appelèrent cette essence « élémental ».
Il faut donc essayer de se rendre compte que dans toute particule de matière solide réside, tant qu’elle reste dans cet état, un élémental terreux (pour nous servir de ic phraséologie pittoresque du moyen âge), c’est-à-dire une certaine quantité de l’essence élémentale vivante appropriée; de même que des élémentals spécifiques sont inhérents à toute particule liquide, gazeuse ou éthérique.
Ces sept classes d’essence élémentale astrale, ou d’élémentals, diffèrent entre elles par leur degré de matérialité, et il est aisé de concevoir que considérée à ce point de vue, chacune se subdivise à son tour en sept sous-classes, puisqu’il y a différents degrés de densité parmi les solides, les liquides, le gaz et aussi les éthers.
On y constate en outre une division d’un tout autre genre et ceci est plus malaisé à faire entendre, surtout à cause de la grande réserve observée par les occultistes par rapport à quelques-uns des faits que viserait une explication détaillée. Ce que l’on pourrait dire de plus clair, c’est que dans chaque classe et sous-classe du premier genre on trouve sept types distincts d’élémentals différenciés, non plus par le degré de matérialité, mais
par leur nature, ce qu’on pourrait appeler leur caractère et leurs affinités. Chacun de ces types réagit sur les autres à un tel point que, sans qu’ils puissent faire échange de leur essence, on trouve dans chaque type sept sous -types différemment colorés par l’influence à laquelle ils obéissent le plus facilement. On voit ainsi que cette division est d’un caractère tout autre, bien plus fondamentale et permanente que la première. Car, tandis qu’en vertu des lois de son évolution, tout le règne élémental doit passer lentement par toutes les classes et sous-classes l’une après l’autre, les types et sous-types demeurent à jamais immuables.
Il ne faut pas perdre de vue que l’évolution de l’essence élémentale est actuellement sur ce qu’on appelle quelquefois la branche descendante de l’arc évolutionnel, c’est-à-dire marche vers la matérialisation complète que nous observons dans le monde minéral, au lieu de s'en éloigner comme presque toutes les évolutions qui tombent plus ou moins sous nos sens. Ainsi pour le règne élémental, le progrès, c’est la descente dans la matière, au lieu de l’ascension vers les plans supérieurs; et cela lui donne à nos yeux une singulière apparence d’anomalie tant qu’on n’a pas bien compris son but. 11 ne faut pas perdre ce fait de vue sous peine de se heurter souvent à de grandes difficultés.
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Malgré ces nombreuses subdivisions toutes les variétés de cette étonnante et vivante essence ont certaines propriétés communes, mais tellement différentes de tout ce que nous voyons sur le plan physique, qu'il est bien difficile de les expliquer à qui n’a pas la faculté de les voir en action. Supposons d’abord que quelque portion de cette essence se trouve momentanément à l’abri de toute influence extérieure, ce qui est d’ailleurs presque impossible : elle ne possède alors aucune forme particulière, et se manifeste par un mouvement rapide et perpétuel. Mais la moindre perturbation, telle que celle provenant d’une pensée passagère, la transforme instantanément en une effarante confusion de formes continuellement mobiles et changeantes, qui paraissent, s’agitent et disparaissent comme les bulles à la surface de l’eau qui bout. Quoique ces apparitions fugitives ressemblent d’ordinaire à des créatures vivantes, humaines ou autres, elles ne constituent pas plus des entités séparées que les vagues également changeantes et variées qui s’élèvent en quelques instants sur un lac paisible au passage d’une rafale. Elles paraissent être de simples réactions des vastes réserves de la lumière astrale, mais on y trouve généralement quelque rapport avec la pensée qui les a évoquées, presque toujours avec quelque déformation grotesque, quelque chose
de déplaisant on de terrifiant dans leur aspect.
On se demande naturellement quel est le genre d’intelligence qui décide de la forme ou de sa déformation. Comme il ne s’agit pas ici du persistant et puissant élémental créé par une pensée forte et définie, mais du résultat produit par ce courant de vagues idées à demi inconscientes et involontaires qui traverse sans but le cerveau de la majorité des hommes, il semble bien que l’intelligence ne vient pas du penseur distrait. Et on ne peut pas non plus l’attribuer à l’essence élémentale, plus éloignée encore que le minéral de l’individualisation et de l’éveil des qualités mentales. Cependant elle possède une adaptabilité merveilleuse qui semble s’en rapprocher et qui a fait appeler les élémentals « les créatures semiintelligentes de la lumière astrale dans un de nos premiers livres. On verra de nouvelles preuves de cette faculté dans la classe des artificiels. Quand on lit qu’un élémental est bon ou mauvais, c’est qu’il s’agit ou d’une entité artificielle ou d'une des nombreuses variétés d’esprits de la nature, car les règnes élémentals ne comportent pas par eux-mêmes des conceptions comme l’idée du bien et du mal.
Cependant presque toutes leurs subdivisions ont une tendance plutôt hostile à l’égard de l’homme. Tous les néophytes le savent, car leur
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première impression du monde astral, c’est la présence de hordes immenses de spectres protéens qui accourent d’un air menaçant, mais se retirent ou s’évanouissent si on leur tient tête. C’est à cette tendance hostile qu’il faut attribuer les déformations grimaçantes mentionnées plus haut, et les écrivains du moyen âge nous apprennent que l’homme en est lui-même la cause. Au temps de l’âge d’or qui précéda notre sordide époque, les élémentals étaient plus gracieux parce que les hommes étaient moins égoïstes et plus spirituels. Maintenant ils sont hostiles en conséquence de notre indifférence, de notre défaut de sympathie envers les autres êtres vivants.
A voir avec quelle délicate exactitude l’essence élémentale répond à la moindre sollicitation de nos pensées et de nos désirs, on comprend que ce règne dans son ensemble est à peu près ce que le fait la pensée collective de l’humanité. Quiconque voudra réfléchir un moment au peu d’élévation de cette pensée collective ne s’étonnera guère de ces résultats et de voir cette essence, sans perception consciente, qui reçoit et reflète indistinctement tout ce qu’on lui envoie, montrer souvent un caractère peu accueillant : nous récoltons simplement ce que nous avons semé. Il n’est pas douteux que, quand l’humanité dans son ensemble auia, dans des races ou des rondes à venir
atteint un niveau supérieur, les règnes élémentais, influencés par le courant continuel de la pensée humaine améliorée, ne deviennent, d’hostiles qu’ils sont, dociles et serviables comme on nous le prédit pour le règne animal. Quel qu’ait été le passé, il est évident que nous pouvons espérer un àcje d'or très passable dans l’avenir, si nous devons voir un temps où la majorité des hommes sera devenue généreuse, altruiste^ et par là môme assurée de la coopération bienveillante des forces de la nature.
Puisque nous avons le pouvoir d’influencer si fortement les règnes élémentals nous sommes responsables de la manière dont nous en usons. C’est qu’en effet, quand on considère leurs conditions d’existence, il est clair que le résultat produit sur eux par les pensées et les désirs de tous les êtres intelligents habitant la même planète doit avoir été prévu dans le plan général comme un facteur de leur évolution.
Malgré les avertissements concordants de toutes les grandes religions, la masse de l’humanité ne se préoccupe nullement des responsabilités qu’elle encourt dans le inonde des pensées ; un homme qui peut se dire innocent en paroles et en actions croit avoir rempli tous ses devoirs. Il ne se doute pas qu’il a pu pendant des années exercer une influence déprimante et dégradante
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sur l’esprit de ceux qui l’entourent et peupler rambiance des créations déplaisantes d’une âme basse. La question nous apparaîtra sous un aspect plus sérieux encore à propos des élémentals artificiels. Mais pour l’essence, il reste établi que nous avons le pouvoir d’en accélérer ou d’en retarder l’évolution selon l’usage que nous en faisons, consciemment ou inconsciemment.
Les limites de ce petit traité ne permettent même pas d’essayer d’expliquer l’emploi qu’un homme instruit à les manier peut faire des forces inhérentes aux variétés d’essence élémentale. La plus grande partie des cérémonies magiques dépendent presque uniquement de leur manipulation, soit par application directe de la volonté du magicien, soit par l’intermédiaire de quelque entité astrale évoquée par lui.
C’est au moyen de cette essence que sont produits presque tous les phénomènes physiques des séances spirites, et aussi les bruits, coups de sonnettes, et pierres lancées dans les maisons hantées. Ce sont les résultats d’efforts maladroits de quelque défunt, encore trop attaché à la terre, pour attirer l’attention, ou simple gaminerie de petits esprits de la nature de notre troisième classe. L’ « élémental » n’agit pas de lui-même, il n’est qu’une force -latente qui a besoin d’un pouvoir extérieur pour se mettre en mouvement.
Il convient de remarquer que bien que toutes les classes de l’essence aient la faculté de refléter les images de la lumière astrale comme il a été dit plus haut, certaines variétés reçoivent un genre d’impressions plus facilement que les au • très, et semblent avoir des formes favorites qu’elles revêtent à chaque occasion, si elles ne sont pas absolument forcées d’en prendre d’autres, et qui sont un peu moins fugitives qu’à l’ordinaire.
Avant de quitter cette partie du sujet, il faut mettre le lecteur en garde contre toute confusion entre l’essence élémentale que nous venons d’étudier et l’essence monadique en manifestation dans le règne minéral. L’essence monadique dans sa marche vers l’humanité se manifeste d’abord dans le règne élémental et seulement plus tard dans le règne minéral. Et le fait que deux blocs distincts d’essence monadique à ces deux différents degrés d’évolution sont en manifestation au même moment, que l’une de ces manifestations, un élémental terreux, occupera le même espace que l’autre manifestation, en fera même sa demeure comme dans un rocher par exemple, ne saurait être un obstacle à l’évolution de l’un ou de l’autre de ces deux blocs, de même qu’il n’implique aucun rapport entre eux. Le rocher se trouve en outre imprégné de la variété qui lui est propre du principe de vie omniprésent, totalement
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distinct, lui aussi, des deux essences susdites.
2° Les corps astrals des animaux, — Classe extrêmement nombreuse, qui n’occupe pourtant pas une position importante sur le plan astral, parce que ses membres n’y font guère qu’un court séjour. Les animaux, en grande majorité, n’ont pas encore acquis l’individualité permanente et quand l’un d’eux vient à mourir, l’essence monadique qui l’animait retourne à son milieu originel, rapportant avec elle ce qu’elle a pu acquérir d’expérience nouvelle pendant la vie de l’animal. Gela n’est pourtant pas possible immédiatement, car le corps astral de l’animal est remanié comme celui de l’homme et conserve sur le plan astral une vie très réelle dont la durée, jamais très longue, varie selon l’intelligence du sujet. Généralement cette vie semble une sorte de rêve plutôt inconscient, mais très heureux.
Quant aux très rares animaux domestiques qui ont déjà atteint l’individualité et qui ne peuvent plus, par conséquent, revenir sous forme animale en ce monde, leur vie astrale est bien plus longue et plus active que celle de leurs confrères moins avancés ; ils tombent à la fin, peu à peu, dans un état subjectif qui doit durer fort longtemps. Les singes anthropoïdes dont il est question dans la Doctrine Secrete (1. 172) forment une intéressante subdivision de cette classe. Ils sont déjà individua-
lisés et prêts à se réincarner dans l’humanité dans la prochaine ronde, peut-être, même avant pour quelques-uns d’entre eux.
3“ Les esprits de lu nature de toutes espèces, — Cette classe comprend des subdivisions si nombreuses et si variées que, pour les décrire convenablement, il faudrait tout un traité. Il suffira d’indiquer ici quelques-uns des caractères qui leur sont communs.'
Tout d’abord il importe de se rendre compte que nous allons avoir à faire à des entités qui diffèrent radicalement de toutes celles que nous avons considérées jusqu’ici. Quoiqu’il soit légitime de classer l’essence élémentale et le corps astral des animaux comme non-humains, cependant l’essence monadique qui les anime doit avec le temps atteindre le degré où elle pourra se manifester dans une humanité comparable à la nôtre. Et si nous étions capables de revoir le chemin parcouru par notre propre évolution dans des cycles mondiaux passés, à travers des âges sans nombre, nous verrions ce qui.est maintenant l’humanité s’élevant peu à peu en des étapes similaires.
Il n’en est pas de même dans le vaste règne des esprits de la nature : ils n’ont jamais fait, et ne feront jamais partie d’une humanité comme la nôtre ; ils évoluent sur un plan entièrement diffé-
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rent et leur seul contact avec nous consiste en ce que nous occupons momentanément la même planète. Naturellement, puisque ce sont nos voisins temporaires, nous devons entretenir avec eux des relations de bon voisinage, mais leur développement et le nôtre suivent des chemins trop divergents pour que nous puissions faire grand’chose les uns pour les autres.
Plusieurs écrivains ont classé ces esprits parmi les élémentals, et ils sont en réalité les élémentals, ou peut-être plus exactement les animaux, d’une évolution supérieure. Beaucoup plus développés que noire essence élémentale, ils ont avec elle quelques caractères communs : par exemple la division en sept grandes classes habitant respectivement les sept états de matière physique indiqués plus haut comme imprégnés des variétés correspondantes de Tessence. Ainsi, peur ne citer que les plus aisés à concevoir, il y a des esprits de la terre, de l’eau, de Tair et du feu (ou éther), tous entités astrales bien définies, intelligentes, qui résident et agissent dans chacun de ces milieux.
On peut se demander comment une créature quelconque peut habiter la substance solide d’un rocher, ou la croûte terrestre. C’est que les esprits de la nature étant formés de substance astrale, la matière du rocher ne peut être un obstacle, ni à
leurs mouvements, ni à leur vision, et de plus, c’est justement dans la matière physique à Tétât solide qu’ils sont dans leur élément, qu’ils se sentent chez eux. De même pour ceux qui vivent dans Teau, Tair ou les divers éthers.
Dans la littérature du moyen âge les esprits de la terre sont des gnomes, les esprits aériens des sylphes et les esprits de Téther (ou du feu) des salamandres. Le langage populaire leur donne des noms variés — fées, pixies, brownies, péris djinns, trolls, satyres, faunes, kobolds, imps, gobelins, bonnes gens, etc., etc. — Les uns désignant une seule variété, les autres la classe entière. Ils ont des formes nombreuses et variées, mais se montrent le plus souvent sous la forme humaine plus ou moins rapetissée. Gomme tous les habitants du monde astral, ils peuvent prendre à leur gré toutes les apparences, mais ils ont sans aucun doute des formes qui leur sont propres ou que tout au moins ils préfèrent, qu’ils prennent quand ils n’ont pas de raison d’en prendre d’autres. Ils sont d’ordinaire invisibles pour la vue purement physique, mais ils peuvent se faire voir à nous, quand ils le désirent, en se matérialisant.
On trouve parmi eux un très grand nombre de subdivisions ou races, et les individus de ces races diffèrent entre eux d’humeur et d’intelligence
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comme les êtres humains. La grande majorité paraît éviter le contact des hommes, dont les habitudes et les émanations leur répugnent, et qui, par leurs désirs continuels et mal réglés, mettent en mouvement des courants astrals qui les troublent et les ennuient. Cependant il y a de nombreux exemples d’esprits de la nature ayant lié amitié avec des êtres humains et leur ayant fourni toute Taide qui était en leur pouvoir. Tels sont les brownies des contes écossais bien connus et les fées allumeuses de feu mentionnées dans la littérature spirite .
Cette attitude bienveillante est toutefois très rare, et, en général, quand les esprits se trouvent en contact avec rhomme, ils se montrent plutôt indifférents ou contrariés et prennent même souvent un malin plaisir à le tromper et à lui jouer des tours de gamins. On relève cette tendance caractéristique dans maintes histoires qui se racontent parmi les paysans des cantons montagneux écartés; et quiconque a fréquenté les séances spirites à effets physiques se rappellera les sottes plaisanteries et les farces d’ailleurs sans méchanceté qui dénoncent la présence de quelque sorte inférieure d’esprits de la nature.
Ils sont grandement aidés en cela par le merveilleux pouvoir qu’ils ont de jeter un charme sur ceux qui subissent leur influence, de sorte que
leur victime momentanée voit et entend tout ce qu’ils veulent, exactement comme le sujet magnétisé voit, entend, sent et croit tout ce que veut le magnétiseur. Les esprits de la nature, toutefois, n’ont pas comme celui-ci le pouvoir de dominer la volonté humaine, excepté s’il s’agit de caractères exceptionnellement faibles, ou de volontés paralysées par une terreur folle. IJis ne peuvent que produire des illusions, mais dans cet art ils sont passés maîtres et il ne manque pas d’exemples où ils ont jeté un charme de ce genre sur un grand nombre de personnes à la fois. C’est en recourant à leur aide que les prestidigitateurs hindous accomplissent leui's tours les plus remarquables où tous les assistants deviennent les victimes d’une hallucination commune et s’imaginent voir et entendre toute une série de choses qui n’ont jamais eu lieu.
On pourrait presque regarder les esprits de la nature comme un j espèce d’humanité astrale, si ce n’est qu’aucun d’eux, même des plus grands, ne possède une individualité permanente pouvant se réincarner. C’est donc un point par lequel leur évolution diffère évidemment de la nôtre, que la proportion d’intelligence développée avant l’individualisation permanente soit beaucoup plus grande. Mais nous ne pouvons savoir que bien peu de chose des étapes qu’ils ont parcourues, ni
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de celles qui leur restent à franchir. La durée de la vie varie beaucoup d’une subdivision à une autre : tantôt très courte, tantôt plus longue que la nôtre. Les conditions de leur existence s’éloignent tellement des nôtres prises en bloc que nous ne pouvons guère les comprendre ; leur vie nous apparaît comme étant simple, joyeuse, insouciante, telle qu’une troupe d’enfants heureux pourrait la mener dans un milieu physique spécialement favorisé.
Farceurs et malicieux, ils sont rarement méchants à moins d’être provoqués, importunés par quelque impardonnable fâcheux; mais dans l’ensemble, ils paraissent partager l’universel sentiment de méfiance inspiré par l’homme et prendre assez mal l’arrivée des néophytes sur le plan astral. On fait donc généralement leur connaissance sous un aspect déplaisant ou terrifiant. Si cependant on ne se laisse pas effrayer par leurs tours, ils vous acceptent bientôt comme un mal inévitable et cessent de s’occuper de vous. Quelques-uns d’entre eux finissent même par devenir aimables et manifester un certain plaisir à vous rencontrer.
Parmi les nombreuses subdivisions de cette classe, il y en a de bien moins enfantines et de plus graves et c’est parmi elles que l’on trouve les entités vénérées comme divinités des bois, dieux de village, etc. De telles entités pourraient
parfaitement être sensibles aux hommages et prêtes à rendre en retour tous les petits services en leur pouvoir. (Le dieu de village est aussi souvent un artificiel, mais ceci se verra en son lieu.)
L’Adepte sait se faire servir par les esprits de la nature, quand il en a besoin, mais le magicien ordinaire ne peut obtenir leur aide que par invocation ou évocation, c’est-à-dire en les suppliant et en faisant avec eux une sorte de marché, ou en s’efforçant de mettre en jeu des influences qui les peuvent contraindre. Ces deux méthodes sont fâcheuses et la seconde même extrêmement dangereuse, en ce que l’opérateur peut éveiller des ressentiments qui peuvent lui être fatals. Il est inutile d’ajouter qu’aucun de ceux qui étudient l’occultisme sous un maître qualifié n’est jamais autorisé à des tentatives de ce genre.
Les Dévas, — Le plus haut système d’évolution en rapport avec notre terre est, pour autant que nous sachions, celui des êtres que les Hindous appellent Dévas et qu’on a nommés ailleurs des anges, des fils de Dieu, etc. On peut les regarder comme le règne immédiatement supérieur au règne humain, de même que l’humanité est immédiatement au-dessus du règne animal, mais avec cette importante différence que pour l’animal il n’y a pas, sauf erreur de notre part, de possibilité d'évolution hors de l’humanité. Tandis que l’homme
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arrivé à un certain niveau voit s^ouvrir devant lui plusieurs voies de progrès, dont Tune est celle de la grande évolution des dévas.
Comparé au renoncement sublimedes Nirmânakâyas, le choix de cette ligne d’évolution est parfois désigné par cette expression : céder k la tentation de devenir un dieu ; mais il ne faut pas en conclure qu’aucune ombre de blâme y soit attachée. Ce n’est pas le plus court chemin, mais c’en est un fort beau et si une intuition alors grandement développée attire un homme de ce côté, c’est que c’est le plus approprié à ses aptitudes. N’oublions icanais que l’ascension des sommets tant spiriîuels que physiques n’est pas possible pour tout le monde par le sentier le plus raide. Beaucoup ne sauraient arriver que par une pente plus douce, et nous serions d’indignes disciples des grands instructeurs, si nous permettions à notre ignorance la plus légère pensée de dédain à l’égard de ceux dont le choix est différent du nôtre. En dépit de l’assurance que peut nous donner l’ignorance des difficultés à venir, nous ne pouvons pas savoir encore ce que nous serons capables de faire quand, après de nombreuses vies d effort, nous aurons gagné le droit de choisir notre voie, et par le fait nous verrons bientôt que ceux qui « cèdent à la tentation de devenir des dieux » ont devant eux une glorieuse carrière. Pour éloi-
gner toute cause de malentendu, ajoutons par parenthèse qu’on donne parfois dans certains livres, un tout autre sens, et un mauvais, à cette expression « devenir un dieu ». Mais si on la prend dans ce sens, la « tentation » ne saurait se produire chez l’homme évolué et en tout cas cela n’a rien à voir avec le sujet qui nous occupe.
Dans la littérature orientale, le mot déva est souvent employé d’une façon générale pour signifier n’importe quelle entité non humaine, depuis les grandes divinités jusqu’aux esprits de la nature et aux élémentals artificiels. Nous l’appliquerons seulement aux membres de l’évolution magnifique que nous étudions ici.
Quoique en relation avec notre terre, les dévas ne sont pas confinés à ses limites ; l’ensemble de notre chaîne de sept planètes est pour eux ce qu’est pour nous une seuleplanète, leur évolution ayant à parcourir un grand système de sept chaînes. Leurs phalanges se sont recrutées jusqu’à présent surtout parmi d’autres humanités du système solaire, les unes inférieures, les autres supérieures à la nôtre, dont une bien faible partie seulement a atteint le niveau où il nous est possible de devenir des leurs. Il parait certain aussi que quelques-unes de leurs nombreuses classes, dans leur marche ascendante, n’ont passé par aucune humanité comparable à la nôtre.
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Nous ne sommes pas en état de comprendre grand'chose à leur évolution, dont le terme semble toutefois bien plus élevé que le nôtre: c^est-àdire que, tandis que l’objet de l’évolution humaine est d'élever ceux de ses membres qui n’auront pas échoué à un certain degré de développement occulte à la fin de la septième ronde, celui de l’évolution des dévas est d’élever leurs rangs supérieurs à un niveau infiniment plus haut dans la période correspondante. Pour eux, comme pour nous, s’ouvre un chemin plus court, mais plus dur/ vers des hauteurs plus sublimes encore, mais en ce qui les concerne, nous ne pouvons guère risquer que des conjectures.
Les rangs les plus inférieurs de cette classe auguste ont seuls à nous occuper dans notre étude du plan astral. Les trois premières grandes divisions en commençant par le bas sont appelées respectivement Kâmadévas, Rûpadévas et Arûpadévas. De môme que notre corps habituel, le plus grossier que nous puissions avoir, est le corps physique, le corps habituel d’un Kâmadéva est le corps astral, de sorte qu’il est à peu près dans la position que l’humanité atteindra sur la planète F. Vivant ordinairement dans un corps astral, il lui est possible d’en sortir et d’atteindre les sphères supérieures dans un corps mental, comme nous pourrions le faille en corps astral, et il ne lui
est pas même plus difficile (arrivé à un certain développement) de passer en corps causal qu’à nous de nous servir du corps mental.
De même, pour les Rûpadévas, le corps habituel est le corps mental, puisqu’ils habitent les quatre sous-plans rûpas du mental; et les Arûpadévas appartiennent aux trois sous-plans supérieurs et ne possèdent pas de corps plus matériel que le causal. Mais les Rûpa et Arûpadévas ne se manifestent guère plus souvent sur le plan astral que les entités astrales dans le monde physique. Il suffit donc de les avoir mentionnés.
Ce serait une erreur de croire que tous les membres de la subdivision des Kâmadévas nous soient infiniment supérieurs, puisque quelquesuns proviennent d’une humanité relativement moins avancée que la nôtre. La moyenne est certainement bien plus élevée, car le mal, soit en volonté, soit en action, a depuis longtemps été extirpé chez eux ; mais leurs natures sont très diverses et un homme vraiment noble, altruiste, et spirituellement développé, peut très bien être sur un échelon de l’évolution plus haut que le leur.
On peut attirer leur attention par certaines évocations magiques, mais la seule volonté humaine qui puisse dominer la leur est celle d’une certaine classe très haute d’Adeptes. Enprin-
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cipe ils semblent s’apercevoir à peine de notre présence sur le plan physique, mais de temps à autre il arrive que Tun d’eux, remarquant un homme dans l’embarras, le prend en pitié et lui prête assistance, à peu près comme nous le ferions pour un animal. Mais ils savent parfaitement que pour le présent leur intervention nous est plus dangereuse qu’utile. Au-dessus des Arûpadévas se trouvent quatre autres grandes divisions et, audessus du règne des dévas, les phalanges des Esprits Planétaires, êtres glorieux, qu’il serait hors de propos d’envisager dans un essai sur le plan astral. Toutefois c’est peut-être ici le lieu de parler des quatre Dévarâjas, quoique ces êtres aussi merveilleux que considérables, ne rentrent guère dans nos quatre classes. Le mot déva qui fait partie de leur nom ne garde pas ici le sens que nous lui avons donné, car ces quatre Rois ne régnent pas sur le monde des dévas, mais sur les quatre « éléments », la terre, l’eau, l’air et Je feu, y compris les esprits de la nature et les essences qui les habitent. Nous ignorons à travers quelle évolution ils se sont élevés à un si haut degré de pouvoir et de sagesse, mais nous savons qu’ils n’ont jamais passé par rien qui corresponde à notre humanité.
On les appelle souvent les Régents de la terre ou les Anges des quatre points cardinaux ; dans
les livres hindous, ce sont les quatre Mâhârâjas : Dhritarâshtra, Virûdhaka, Virûpaksha et Vâishrâvana. Dans les mêmes livres nous trouvons leurs troupes d’élémentals sous le nom de Ghandarvas, Kumbhandas, Nâgas et Yakshas, selon qu’ils appartiennent à Test, au sud, à l’ouest ou au nord ; et leurs couleurs symboliques sont le blanc, le bleu, le rouge et l’or. La Doctrine secrète les décrit comme des « globes ailés et des roues de feu », et dans la Bible le prophète Ezéchiel s’efforce de les décrire presque dans les mêmes termes. On trouve des allusions à ces quatre personnages dans la symbologie de toutes les religions ; et on les a toujours considérés avec le plus grand respect, comme les protecteurs du genre humain.
Ce sont les agents du Karma durant la vie terrestre de l’homme et ils jouent ainsi un grand rôle dans notre destinée. Les grandes divinités karmiques du Kosmos, appelées Lipikas dans La Doctrine secrète, pèsent les actions de chaque personnalité à la fin de sa vie astrale, à la séparation finale de ses principes, et fournissent en quelque sorte le modèle d’un double éthérique exactement approprié pour la naissance (physique) suivante : mais ce sont les Dévarâjas, maîtres des « éléments » dont se compose ce double, qui en ménagent les proportions de façon à remplir ponctuellement les intentions des Lipikas.
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Ce sont eux aussi qui surveillent toute la vie pour contrebalancer les changements que le libre arbitre de Thomme et de ceux qui Fentourent introduit continuellement dans son état, afin quhl n y ait point d’injustice et que le karma puisse être épuisé, soit d’une manière, soit d’une autre.
On trouvera dans la Doctrine secrète^ vol. I, p. 87 et 88, une érudite dissertation sur ces êtres merveilleux. Ils peuvent prendre à volonté la forme humaine et on connaît plusieurs cas où ils font fait.
Tous les esprits de la nature les plus élevés et des légions d’élémentals artificiels sont les agents de la tâche prodigieuse qu’ils ont à accomplir, mais ils en tiennent tous les fils en mains et en assument l’entière responsabilité. Ils ne se manifestent pas souvent sur le monde astral, mais ils en sont alors, parmi les non-humains, les plus remarquables habitants. Un occultiste devinera aisément que, comme il y a sept classes d’esprits de la nature et d’élémentals, il doit y avoir sept et non quatre dévarajas; mais en dehors du cercle des Initiés on ne sait que bien peu de chose des trois premiers, et c’est encore plus que ce qu’on n’a le droit de révéler.