Voir la carte générale à la fin du volume
ra
relèvent à Îa fois son unité propre et celle d'off de ses collègues, est porté naturellement à se servir de cette dernière au profit de la sienne, surtout si le SORA n’est que temporaire.
Les instructions générales données au prince Rupprecht à la mobilisation se ressentent des préoccupations d'ordre différent, politique et militaire, qui se partageaient Pesprit de leur auteur. Désirant à la fois préserver le plus possible le territoire de l'empire et attirer une grande quantité de forces françaises dans le piège qu'il voulait leur tendre, Moltke fut conduit à envisager un grand nombre de cas et à formuler des directives très compliquées. ;
Pendant la période initiale de concentration, qui devait durer quinze jours, les troupes de couverture des pays annexés avaient mission de repousser les détachements ennemis de faible et de moyenne importance. Cette mission ne présentait aucune difficulté en Lorraine, où la couverture était très serrée ; en Alsace au contraire, surtout dans le sud de la province, la région dite du Sundgau, les éléments de protection se trouvaient assez clairsemés.
La concentration terminée, Les VIS et VIl°armées devaient aussitôt se grouper de manière à exécuter la manœuvre de double enveloppement prévu par le plan de campagne, mais en ne perdant pas de vue qu'avant toute chose ii leur incombait d'assurer l’inviolabilité du flanc gauche de la masse des cinq armées qui envahiraient la Belgique et le nord de la France. Cette aile gauche s’appuyait au camp retranché de Metz-Thionville, prolongé vers l’est par une position organisée derrière la Nied Allemande. Des ouvriers civils et plusieurs bataillons de landwehr, pris dans les Vset VI‘ armées seraient immédiatement mis au travail sur cette position, qu'on doterait d’un armement propre de huit batteries de 100. La place de Metz et la position annexe de la Nied relèveraient de la V° armée.
Si de grandes forces françaises se portaient en avant entre Metz et le Donon, la VIe armée devait leur céder d’abord du terrain en ramenant sa gauche sur la Sarre et sa droite derrière la position de la Nied Allemande, tandis que les trois corps de la VIT: armée se rassembleraient au nord du massif du Donon, prêts à déhoucher des Vosges. Lorsque l'ennemi aurait pénétré assez loin entre les deux branches de la tenaille, on entreprendrait une double contre-offensive, la VII armée partant des Vosges vers le nord-ouest, le gros de la VI*s’élançant de la Nied vers le sud, appuyée à droite par la défense mobile de Metz, qui prendrait l'ennemi à revers entre la Nied Française et la Moselle.
Pour arriver en temps utile dans la région du Donon, les trois corps de la VIL° armée étaient obligés d'abandonner leur mission de couverture en Alsace à la fin de la période de concentration, c'est-à-dire le 16 août au plus tard ; les unités de landwehr (4 1/2 brigades) et des divisions d’ersatz les remplaceraient. Si celles-ci se voyaient alors aux prises avec des forces supérieures, elles se replieraient vers l’est et le nord pour reporter leur défense sur la ligne du Rhin, de Huningue à Kehl, et la ligne de la Bruche, de Strasbourg au Donon, que jalonnent les forteresses d’Istein, de Neuf-Brisach, de Strasbourg et de Molsheim (Feste Kaiser Wilhelm I).
Enfin on émettait encore une dernière hypothèse, d’ailleurs assez improbable, celle d'une attitude purement défensive de la part de l'ennemi. La VI armée devait alors attaquer elle-même sur la Meurthe et sur la Moselle en aval de son confluent avec la Meurthe, de manière à y fixer les troupes françaises de l’est et à en empêcher le transport sur les champs de bataille du nord.
Ces prescriptions de Moltke étaient relativement simples en ce qui concerne la VIS armée, mais d’une exécution beaucoup plus malaisée pour la VIT, à laquelle on imposait
partie de ses troupes à à date fixe, ele que far: à ce moment la situation militaire. ai