DÉPLOIEMENT DE LA MASSE DE MANOŒUVRE
pourrait faire pour s’allonger à gauche. Le second Moltke s’en tint à ce procédé, quoique le nombre plus faible de ses unités rendit l’enveloppement moins certain. Il estimait que si des éléments des forces alliées se présentaient au delà de son aile marchante, par exemple à Anvers, où hi Où trouverait probablement une partie de l’armée belge, ou dans la Flandre occidentale, où débarqueraient peutêtre les Anglais, on les contiendrait par des détachements, pendant que le gros prendrait d'autant mieux en flanc le corps principal de l'ennemi.
La rigidité du front des cinq armées allemandes exigeait une distribution très soigneusement étudiée de leurs zones de marche et un choix judicieux des itinéraires des colonnes, afin qu'il n'y eût ni chevauchements ni vides.
La V° armée formant pivot autour de Metz, puis de Verdun, c’est sur elle que l’ensemble de la ligne devait se régler. D’autre part, l'armée de droite, la I", jouait le
.… rôle stratégique prépondérant, puisque la manœuvre d'encerclement lui incombait. Pour que cette manœuvre obtint son plein effet, il fallait lui laisser le temps de se développer ; comme la [°° armée avait le plus de chemin à . parcourir, elle n’atteindrait le flanc de l'adversaire que si les autres n’attaquaient pas prématurément. En un mot, dans l’espace la ligne devait se conformer au mouvement … de la V° armée et dans le temps à celui de la r°.
| à Ceci ressort nettement de la première directive que le . commandement suprême fit remettre dés le commencement de la mobilisation aux commandants d'armée et qui - concernait le déploiement général.
« Le déploiement allemand contre la France, y est-il dit, s'inspire de lidée directrice suivante. Les forces princi- . pales de l’armée allemande se porteront contre la France | par la Belgique et le Luxembourg et décriront un changement de direction autour du pivot Thionville-Metz.
tout des progrès de l’aile droite. Les mouvements des
L'exécution du changement de direction dépendra avant
armées intérieures seront réglés de manière que les liaï-.
sons entre elles et la liaison avec Metz-Thionville ne soient pas perdues. La mise en marche de l’ensemble des.
armées se fera sur l’ordre du commandement suprême
aussitôt que l'aile droite (1° et II° armées) se trouvera à hauteur de Liége, prête à l'entamer. » x Après le passage de la Meuse par l'aile droite, les armées devaient prendre comme premiers objectifs : l'° armée : Bruxelles,
[I — : front Wavre-Namur,
EE 4 Dinant,
IV° — : Neufchâteau,
V® — : iront Montmédy-Longwy.
La Ve armée s'échelonnerait fortement à gauche pour parer à toute attaque partant de la région de Verdun.
La cavalerie d'armée explorerait en avant du front sans attendre la mise en marche des armées, savoir : |
Le If° C. GC. au nord de la Meuse vers Anvers, Bruxelles, Wavre;
le [ C. C. vers Dinant;
le IVe C. C. avec une division dans la vallée de FH
Semoy et l’autre dans le nord de la Woëvre.
Cette directive initiale, exprimait fort bien le thème de la manœuvre de Schlieffen. Elle attribuait à l’aile droite la mission {a plus importante, mais aussi la plus difficile. Les Ir° et Il: armées avaient, comme entrée de jeu, à franchir l'obstacle de la Meuse sur un front restreint, véritable défilé entre le camp retranché de Namur et la frontière néerlandaise, coupé presque en plein milieu par la forteresse de Liége. C’est seulement après être parvenues sur la rive gauche du fleuve qu’elles trouveraient l’espace nécessaire à leur déploiement. Un autre
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danger Buettait ensuite le flanc droit, les SLA DELS pos= sibles des forces belges d'Anvers devant lesquelles il devait défiler. On se rappelle que Schlieffen craignait encore de voir l'aile droite à l’étroit jusqu’après avoir. dépassé Gand; cetie dernière appréhension disparaissait . en 1914 du fait de la réduction des effectifs qui entraînait celle du front. | Les obligations de l'aile droite aux premiers jours de la campagne nen demeuraient pas moins extrêmement ardues. Qu'on Jette un coup d'œil sur la carte générale indiquant les zones de concentration. On voit que la poche de Maastricht s’interpose entre le territoire belge et toute Ja région où se rassemblait la ["° armée, ce qui contraionait les troupes de Kluck à faire un long détour par Aixla-Chapelle, puis par le couloir qui se resserrait au passage de la Meuse entre Liége et la frontière hollandaise suivant des itinéraires impraticables tant que l'artillerie des forts qui pouvait les battre n’était pas réduite au silence. Comme la [armée avait ultérieurement encore la route la plus longue à parcourir et que les autres devaient se maintenir à sa hauteur, il importait de lui ouvrir la voie aussi vite que possible afin que l'offensive générale ne fût pas . retardée. On‘avait en conséquence le dessein de jeter sur Liége une attaque brusquée aussitôt après l’expiration de . l'ultimatum adressé à la Belgique. On en chargeait un détachement spécial formé de brigades mixtes prélevées sur les corps d'armée arrivant les premiers à la frontière. : Ce coup d’audace avait été imaginé par Moltke; du moins il en a revendiqué la paternité !.
- L'’assaut de Liége n’était pas la seule action préparatoire à entreprendre pendant la période des transports stratégiques. Le plan de concentration utilisait en effet